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Rapport annuel des évêques

Année: 1920
Pays: Malaisie
Mission: Malacca
Rédacteur:Mgr Mariette

II. — Malacca

Population catholique 39.610
Baptêmes d’adultes 933
Baptêmes d’enfants de païens 1.163
Conversions d’hérétiques 25
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Dieu soit béni ! malgré les difficultés des temps, écrit M. Mariette, Vicaire général, malgré la fatigue, malgré la maladie, chacun a fait son devoir et apporté sa gerbe de baptêmes, de confessions et de communions. Ces dernières continuent de suivre une marche ascendante : 361.462 pour 1918-19 ; 404.517 pour 1919-20.
C’est l’église du Sacré-Cœur de Singapore qui détient le record avec 23.670 communions pour 1.200 chrétiens. Ceux qui connaissent M. Gazeau ne s’étonneront pas des résultats obtenus par cet apôtre de la communion fréquente. A remarquer que la paroisse du Sacré-Cœur n’a sur son territoire ni couvent ni école et que, par conséquent, ces communions sont uniquement celles des paroissiens.
Cette année, nous avons eu la joie de voir rentrer nos derniers mobilisés, et leur retour a permis à plusieurs confrères malades, ou très fatigués, d’aller chercher en France guérison ou renouvellement de forces.

La Mission a quelques élèves, malheureusement trop peu nombreux, au collège de Pinang. Afin de préparer des jeunes gens pour le Grand Séminaire, Monseigneur de Malacca songeait depuis longtemps à l’établissement à Singapore, d’une Ecole préparatoire au Petit Séminaire. Il avait réservé dans ce but un magnifique emplacement tout près de l’Evêché, mais le manque de ressources, puis l’absence des confrères mobilisés avaient empêché Sa Grandeur de réaliser son projet. Quand nos « poilus » furent sur le point de rentrer, nous allions faire préparer les plans, lorsque le gouvernement s’avisa d’avoir besoin de ce beau terrain, à nous concédé mais encore inoccupé ; et, malgré nos réclamations réitérées nous nous en sommes vus dépossédés pour une compensation ridicule.
Pour remédier à ce malheur, nous avons dû installer provisoinement l’école préparatoire, dans le vaste presbytère de Sarangong, à douze kilomètres de la ville, et nous avons commencé bien humblement avec 2 séminaristes sous le gouvernement paternel de M. Bécheras, curé de Sarangong. Le bon Dieu, qui connaît nos besoins, nous en enverra d’autres. Mais, jusqu’à présent, nos chrétiens n’ont guère compris leur devoir, ni l’honneur que Dieu leur fait en appelant leurs enfants dans les rangs de ses ministres.
Autres désappointements : nous espérions bénir, cette année, deux nouvelles églises : l’une, un superbe édifice en ciment armé, à Johore, la capitale de l’Etat de ce nom ; l’autre, une belle église en briques, à Mantin, dans les NegriSembilan. Ni l’une ni l’autre n’ont pu être achevées. Le missionnaire de Johore, M. Henri Duvelle a dû partir pour la France au mois d’avril et son constructeur, aux prises avec les plus grandes difficultés pour le recrutement des ouvriers, n’a pu tenir ses engagements dans le temps déterminé. Le croirait-on ! Le principal souscripteur pour l’érection de ce bel édifice, c’est le Sultan lui-même mahométan, cela va sans dire, mais grand ami du défunt curé, M. Saleilles, et du curé actuel. D’ailleurs il déclare tout haut son estime pour les missionnaires catholiques.
A Mantin, la nouvelle église s’élève ; « mais, dit M. Fourgs, à mesure que les murs montent, les fonds baissent ». Le caoutchouc, unique ressource des paroissiens, ne se vendant plus, ceux-ci ne peuvent payer leurs souscriptions.
M. Coppin est plus heureux à Ipoh. A force d’énergie, il avait réussi à fonder dans ce poste une école de garçons et l’avait mise sur un excellent pied. Puis, comme il était menacé de manquer de maîtres, il allait être contraint de la fermer, à la grande joie des Méthodistes et de l’école gouvernementale. Mais saint Michel, patron de l’école, a encore une fois vaincu le diable : les Frères des écoles chrétiennes viennent d’en prendre la direction et s’y installent ; ils y trouvent 400 élève et n’auront qu’à développer, en la continuant, l’œuvre du fondateur.
Les confrères chargés des coolies indiens employés dans les plantations méritent une mention spéciale. Ils ne sont pas les moins méritant des ouvriers apostoliques de Malacca Leur ministère est très pénible, car il leur faut courir d’une plantation à l’autre à la recherche de leurs ouailles, de plus en plus nombreuses et de plus en plus dispersées. En outre, si quelques administrateurs facilitent leur tâche, d’autres se montrent peu sympathiques, sinon hostiles.
Au milieu de mille difficultés, nos chers « souamis » accomplissent courageusement leur devoir. Ils sont trop occupés pour trouver le temps de décrire leurs pénibles travaux, mais Dieu qui les voit à l’œuvre, connaît leurs fatigues et compte leurs sueurs, et cela leur suffit ! Leur ministère souvent ingrat, n’est pas sans consolation et ils y trouvent un commencement de récompense.


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