Présentation Recherche Photothèque Liens Informations Formulaire de contacts Plan du site
 
Rapport annuel des évêques

Année: 1929
Pays: Malaisie
Mission: Malacca
Rédacteur:Mgr Perrichon

II. — Malacca.

Population catholique 63.247
Baptêmes d’adultes 1.190
Baptêmes d’enfants de païens 2.623
Conversions d’hérétiques 60


« Le bon Dieu a daigné bénir le travail des missionnaires dans le diocèse de Malacca, nous écrit Mgr Perrichon. S’il y a eu un léger fléchissement dans le nombre des baptêmes d’adultes à l’église et dans les hôpitaux, les autres chiffres d’administration sont sensiblement plus élevés que ceux du précédent exercice. En particulier, le chiffre des chrétiens passe de 59.431 à 63.247.
« La santé de notre vénéré Père Mgr Barillon n’a pas été aussi bonne que ses missionnaires l’auraient désiré. Que le bon Dieu daigne exaucer les vœux qu’ils font pour l’amélioration de la santé de Sa Grandeur .
« La mort nous a enlevé deux confrères, MM. Brossard et Duvelle, ce dernier mort à l’hôpital de Port-Saïd. M. Goyhénètche, grand blessé de guerre, nous a quittés au mois de février sur l’ordre des médecins. Les dernières nouvelles étaient bonnes, et nous espérons que notre cher confrère pourra rejoindre sa Mission dans quelques mois. Pour réparer ces pertes, la bonne Providence nous a envoyé de France M. Dupoirieux qui fait son apprentissage à Malacca avec M. François, et donné la joie d’ordonner deux prêtres originaires du diocèse, MM. Edmond et Aloysius, tous deux Indiens. Je dois ajouter que nous ne pourrons pas ordonner de nouveaux prêtres avant janvier 1932 .
« Le nombre de nos séminaristes au Collège de Pinang est de sept ; deux sont en seconde année de théologie, deux en seconde année de philosophie, et un en première année de philosophie. Le Petit Séminaire de Sarangon, sous la direction de M. Auriol aidé de M. Aloysius, compte neuf élèves. Les études durent trois ans.
« Pendant le précédent exercice, j’ai béni trois églises. La première, Saint-Joseph des Workshops à Kuala-Lumpur, remplace une chapelle qui était devenue absolument insuf- fisante. M. Hermann qui l’a construite, a réussi à doter la mission d’une véritable église, et si le nombre des missionnaires le permettait, il faudrait y mettre un prêtre à demeure.
« La deuxième église, Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus de Singapore, a été bénite le 7 avril 1929. Ce fut un jour de grande joie pour M. Lee qui pendant près de deux ans a mis tout son cœur pour s’assurer les ressources nécessaires, et a réussi à bâtir une belle église, la plus grande de toutes celles de la Mission. Hélas ! cette église reste sans pasteur, et continue à être desservie par le clergé de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul .
« M. Maury, curé de Batu-Gajah, m’a fait bénir la troisième ; elle remplace l’ancienne église en planches de bois dur qui a duré près de quarante ans, mais que les intempéries et les fourmis blanches avaient endommagée au point que son remplacement était devenu nécessaire. M. Maury y pensait depuis longtemps ; avec l’argent mis de côté, aidé des souscripteurs qu’il a le secret de trouver là où un autre n’oserait les chercher, même chez les païens, il a élevé une église grande, solide, en briques et ciment armé. Le mobilier est en place, tout est complet .
« Le 29 juin 1929 était le cinquantième anniversaire de l’ordination sacerdotale du vénéré Mgr Mérel. Les missionnaires de Malacca, reconnaissants de l’aide précieuse que Sa Grandeur nous procure, ont voulu lui exprimer, les uns de vive voix, les autres par écrit, leurs sentiments de gratitude filiale, et ont demandé à Dieu de nous conserver longtemps encore Mgr de Craina. Les chrétiens n’ont pas voulu être en retard, et ont fêté Sa Grandeur comme les Chinois savent le faire : compliments, présents, avec force pétards .
« Le mouvement d’immigration des Chinois et des Indiens continue, de nouvelles plantations s’ouvrent . Il y a bien sept ou huit endroits où il faudrait mette un missionnaire à demeure, mais où prendre ce personnel ? Chacun s’ingénie de son mieux pour que les groupes éloignés aient sa visite de temps en temps. C’est à cause des absences nécessitées par cet état de choses que Frères et Sœurs en communautés n’ont pas toujours la consolation d’entendre la messe quotidienne .
« M. Ruaudel, Vicaire Général et Curé de la cathédrale, se plaint que l’exode de ses chrétiens vers la banlieue où les loyers sont moins chers, se soit accentué encore pendant le présent exercice. L’ouverture de la nouvelle église de Sainte-Thérèse a quelque peu décon-gestionné l’église principale, sans toutefois résoudre la question du manque de place. C’est d’ailleurs la même plainte un peu partout ; nos églises, dont plusieurs ont été agrandies à maintes reprises, sont trop petites. Un autre problème que le curé de la cathédrale cherche à résoudre, est celui de l’administration spirituelle de la base navale et du camp d’aviation, qui situés l’un et l’autre à une quinzaine de milles de la ville, se développent d’année en année . Il y a là environ 200 catholiques indigènes, et une quinzaine d’Européens catholiques aussi.
« L’église Saint-Pierre et Saint-Paul, la plus ancienne église de Singapore, est administrée par M. St.Lee, un Chinois. Depuis le mois de janvier, il a un assistant, M. Cordeiro, un Eurasien. M. Lee constate une augmentation sensible dans le nombre des confessions et communions de dévotion depuis qu’il a un vicaire. Il est tout à la joie d’avoir pu terminer l’église Sainte-Thérèse. Au lieu de se reposer, il travaille à la construction d’une « maison de doctrine » . Le presbytère viendra en son temps. Quoique Chinois, il se plaint de la difficulté des langues dans sa paroisse : Teechew, Hokkien, dialectes d’Amoy, de Foochow et de Hongwha. Quand donc les Chinois ne parleront-ils qu’un seul dialecte ?
« A l’église du Sacré-Cœur réservée aux chrétiens Hakkah et Pounti, Mgr Mérel constate que les chrétiens ont rempli avec leur fidélité ordinaire, leur devoirs religieux. Beaucoup d’entre eux, les femmes surtout, se montrent animés d’une grande dévotion et font la commu-nion quotidienne. Cette paroisse, qui ne compte que 1.300 chrétiens dont un grand nombre habite loin de l’église, donne un total de 24.080 commuions de dévotion pour l’année. Par suite du retour en France de M. Goyhénètche, Sa Grandeur a été privée de son vicaire M. Sy. L’arrivée de notre nouveau confrère M. Girard permettra de donner de l’aide à Mgr Mérel.
« A la paroisse indienne de Singapore, l’église a subi des réparations importantes. Le plâtre des plafonds a été remplacé par du ciment, le clocher a été refait. Cette église, réservée aux Indiens, se trouve dans un quartier habité maintenant presque exclusivement par des Chinois. M. Burghofer a ouvert une école de filles .
« M. Bécheras, curé de Sarangoon à sept milles de Singapore, va agrandir son église devenue trop petite. Le dimanche elle est comble d’assistants aux deux messes. Les fidèles, presque tous cultivateurs, sont bons, les écoles marchent bien. Le pasteur a été retenu à l’hôpital pendant sept semaines pour une fracture de la cuisse. La guérison est parfaite, d’aucuns même prétendent qu’il marche mieux qu’avant l’accident.
« Malgré ses quatre-vingt-un ans, notre doyen M. Belliot soigne les chrétiens de Bukit-Timah, autre paroisse dans l’île de Singapore. Ici les fidèles ne sont pas nombreux .
« M. H. Duvelle est le seul missionnaire résidant dans l’Etat de Johore. Outre le poste principal à la capitale, il y a là une demi-douzaine de chapelles dans des endroits qui peuvent devenir plus tart des centres importants.
« M. François ne compte pas moins de 5. 200 fidèles sous sa houlette. Un certain nombre se trouve dans la ville de Malacca. L’église de cette ville est dédiée, comme de juste, à Saint-François Xavier. Les chapelles, bâties par M. François, sont toutes dédiées à des Apôtres. La dernière en date est sous la protection de Saint Thaddée. M François écrit : « Voilà bientôt « mes douze Apôtres autour de Saint-François-Xavier. Je voudrais bien maintenant qu’un « curé s’installe à Muar pour tout le Nord de Johore. Il aurait un bon millier de chrétiens, et « pas mal de milles à parcourir. Mais où sont les curés disponibles ? » M. François a un vicaire, M. Dupoirieux. Un autre prêtre, M. de Silva, réside aussi à Malacca, du moins d’une façon intermittente. Il s’occupe des Indiens dispersés pour la plupart dans les plantations de Malacca et de Negri-Sembilan. C’est un travail bien pénible et bien méritoire. Pendant le présent exercice, j’ai donné 215 confirmations parmi les Indiens de M. de Silva .
« Dans son rapport, M. Fourgs déplore la perte d’un de ses paroissiens chinois, excellent chrétien et insigne bienfaiteur de l’Eglise : « Baptisé à l’âge de trente-cinq ans, il est mort « le 24 mai dernier à l’âge de soixante-cinq ans, il a donc vécu trente ans dans l’Eglise « catholique. On peut dire qu’il a passé ces trente années en faisant le bien, par les exemples « de sa fidélité chrétienne et par les largesses de sa charité. Que de bonnes œuvres il a « soutenues : entretien de pauvres vieillards, assistance aux orphelins, églises entièrement « bâties par lui ou aidées, soit ici soit en Chine ! il serait difficile de tout mentionner. « Filialement soumis à l’Eglise, son grand cœur aurait voulu voir tout le monde en faire « partie ; et il n’était jamais si heureux que le jours où les baptêmes d’adultes étaient « nombreux. A ses funérailles, l’église était comble : catholiques, protestants, païens, en grand « nombre, étaient venus témoigner une dernière fois de la profonde estime, qu’ils avaient pour « cet homme de bien . »

« Dans son compte rendu, M. Perrissoud déplore la mort du regretté curé de Saint-John, M. Louis Duvelle : « Son départ, écrit-il, a laissé un vide immense que son petit successeur ne « peut songer à remplir. Il était vraiment la vie de la paroisse, et à sa paroisse il a donné sa « vie jusqu’au dernier souffle, jusqu’au moment où ses fores le trahirent, l’obligeant à « s’écrier : Je n’en puis plus ! Le bon serviteur a maintenant sa récompense au ciel, et un peu « aussi ici-bas où ses nombreux amis et obligés lui gardent un profond et vivant souvenir . »
« M. Perrissoud signale la célébration du vingt-cinquième anniversaire de la fondation de l’école des Frères, dont MM. Renard et Duvelle avaient pris l’initiative. Les fêtes furent très solennelles, et tout le monde fut heureux d’y voir M. Renard fondateur, et le Frère Gilbert, premier directeur de l’école.
« Dans la même ville de Kuala-Lumpur, M. Hermann, chargé des Indiens, aidé de son vicaire le P. Edmond, constate une augmentation de 800 communions de dévotion, et nous dit que le Tiers-Ordre de Saint-François de Sales, établi il y a deux ans, semble être en faveur auprès de l’élite de la paroisse ; il compte 24 membres, dont 12 profès.
« A vingt-deux milles de Kuala-Lumpur, M. Souhait, curé de Klang, bâtit son presbytère. Le nombre de ses paroissiens travaillant dans les plantations semble augmenter, le chiffre des « baptêmes également : « D’autre part, dit-il, les conditions d’émigration ne sont plus les « mêmes qu’autrefois. Un coolie vient rarement des Indes sans sa femme et ses enfants, et ce « sont des familles qu’on trouve maintenant dans les plantations. Comme généralement les « coolies sont favorisés au point de vue matériel, beaucoup s’installent définitivement en « Malaisie. Il est à croire que cette population catholique ne fera qu’augmenter, et il faudrait « songer à ouvrir d’autres postes permanents. » M. Arcand, tout en apprenant le tamoul, aide M. Souhait.
« M. Baloche, le nouveau pasteur de Telok-Auson, se réjouit de voir le nombre des élèves qui fréquentent l’école des Sœurs passer de 177 à 235, et ceci lui fait regretter d’autant plus de ne pas avoir d’école de Frères. Les garçons vont à l’unique école de l’endroit, et cette école est aux mains des Méthodistes.
« A Batu-Gajah, M. Maury, au lieu de se reposer, signait au lendemain de la bénédiction de son église le contrat de réparation et agrandissement de ses deux écoles, de son caté-chuménat, des habitations des catéchistes et des maîtres d’école. Voilà donc un poste qui, grâce à lui, ne laisse plus rien à désirer au point de vue matériel. M. Maury compte à Batu-Gajah une centaine de catéchumènes.
« La maladie de M. Goyhénètche a laissé sans titulaire le poste de Saint-Michel à Ipoh. J’ai dû y envoyer M. Sy, vicaire de Mgr Mérel. M. Maury, de Batu-Gajah, veut bien l’aider, non seulemenl de ses conseils, mais aussi en venant tous les quinze jours dire la messe et prêcher. Il faudrait bien trouver une solution pour faire cesser ce provisoire.
« A Tai-Ping, M. Olçomendy continue sans négliger les Tamouls, à glaner quelques épis parmi les Télougous, païens ou Luthériens. Son domaine s’est augmenté par la cession de Stiawan, à cinquante-sept milles de l’église principale. Il y a là une belle chapelle en l’honneur de Saint François de Sales, bâtie par M. Perrissoud, avec un noyau d’environ 400 chrétiens.
« A Bagan-Serai, M. Belet se démène tant qu’il peut, et ce n’est pas le travail qui lui a manqué. Ses deux écoles ont été réparées, et il en a ouvert une à Parit-Buntar. Cette dernière permettra aux enfants, une cinquantaine, d’apprendre le catéchisme. Les trois paroisses de Machan-Buho, Bukit-Mertajam et Matang-Tingghy, sous la conduite de M. Seet, ne présen-tent rien de particulier. Dans ce dernier poste une église est en construction, qui sera un véritable bijou .
« Les ouailles de M. Riboud sont dispersées dans 111 plantations. C’est dire le travail qu’il a à faire pour les visiter tous, et il y parvient grâce à son auto-chapelle. Il nous apporte, entre autres fruits spirituels, la belle gerbe de cent baptêmes d’enfants de païens. Les plantations les plus importantes ont un hôpital, et plusieurs infirmiers sont des catholiques ; le missionnaire les a exhortés à baptiser les enfants, et leur a appris la manière d’administrer convenablement le sacrement qui fait les chrétiens.
« Nous arrivons à Pinang, grande ville distante de Singapore, par chemin de fer, comme Marseille l’est de Paris. M. Devals, curé de l’Assomption, est tout à la joie d’avoir enfin son église agrandie. Des retraites, données aux enfants par un Père Jésuite de Calcutta, ont eu un « grand succès. Si le nombre des communions a augmenté de 6.000, pense M. Devals, cela « est dû à la régularité des enfants des écoles à s’approcher de la sainte Table, et c’est un « résultat tangible de l’impulsion donné par la parole apostolique du cher Père. A la même « occasion., une confrérie des Mères chrétiennes a été organisée sous la direction des Dames « de Saint-Maur ; soixante membres fréquentent régulièrement les réunions mensuelles. Les « autres congrégations d’hommes, de garçons et de filles, ont aussi continué à donner le bon « exemple. »
« Les paroisses indienne et chinoise de Pinang ne présentent rien de bien particulier à signaler. Celle de Pulo-Tikus, à côté du Collège, n’est pas nombreuse, mais elle est fervente, témoin le nombre des communions ; il est bon de dire que les paroissiens pour la plupart habitent tout près de l’église. A Balek-Pulau, M. Auguin constate que la gêne règne parmi ses fidèles, et, ajoute-t-il, le temporel influe sur le spirituel. Cependant, dans l’ensemble, la paroisse est bonne. M. Auguin agrandit son école de filles, ou plutôt en bâtit une nouvelle à côté de l’ancienne. Quand les travaux seront terminés, les Sœurs prendront la direction de l’école. « Après des années d’attente, écrit notre confrère, j’ai enfin pu commencer la « bâtisse de ma nouvelle école de filles. J’ai fait comme l’homme de l’Evangile ; je me suis « assis, et j’ai computé pour voir si j’aurais assez d’argent pour mener l’œuvre à bonne fin. « J’ai vu que je n’avais pas assez, mais j’ai commencé tout de même, confiant dans la bonne « Providence et dans les âmes généreuses. »
« Nos dévoués auxiliaires, les Frères des Ecoles Chrétiennes et les Sœurs du Saint-Enfant-Jésus, ont travaillé comme par le passé. Le bon Dieu bénit visiblement leurs efforts. Leurs écoles sont pleines, et plusieurs sont en train de s’agrandir. Les Religieuses ne négligent pas l’œuvre des baptêmes in extremis des enfants de païens. Celles du Couvent de Kuala-Lumpur apportent 618 baptêmes de ces enfants, qui grâce à elles sont allés tout droit au ciel. »

~~~~~~~


<< Retour page précédente



© Mepasie (missions étrangères de Paris en Asie) - Toutes les archives disponibles dans 15 pays : Birmanie, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, France, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Vietnam