| Année: |
1969 |
| Pays: |
Malaisie |
| Mission: |
MALAISIE |
REGION DE MALAISIE
Remarques préliminaires
1. Carte politique
Il est peut-être bon de rappeler que notre Région comprend 3 pays indépendants :
1. La Malaisie (de l’Est et de l’Ouest) ;
2. La République de Singapore ;
3. L’Etat de Brunei.
Sans vouloir remonter trop loin dans le passé, signalons les trois dates qui expliquent ces divisions territoriales :
— 31 août 1957 : indépendance de la Fédération de Malaisie.
— 16 septembre 1963 : création de la Grande Malaisie, comprenant l’ancienne Fédération de Malaisie, Singapore et les territoires de Sabah et Sarawak. Ces derniers territoires sont situés dans le Nord-Bornéo et sont maintenant appelés : Malaisie de l’Est. Seul, dans cette région du Nord-Bornéo, le petit Etat de Brunei reste indépendant.
— 9 août 1965 : par agrément mutuel, Singapore se sépare de la Malaisie et devient République indépendante.
2. Carte ecclésiastique
Du point de vue ecclésiastique, la Conférence épiscopale de Malaisie-Singapore comprend les trois diocèses de la Malaisie de l’Ouest et de Singapore (Penang-Kuala Lumpur-Singapore, dans lesquels travaillent nos confrères) et les trois vicariats apostoliques de la Malaisie de l’Est (Kota Kinabalu - Miri - Kuching) dans lesquels travaillent les Pères de Mill Hill. Mgr M. Olçomendy, archevêque de Singapore est le président de cette Conférence épiscopale depuis sa fondation. Lors de la rédaction de cet article cependant, on apprend officiellement que Mgr Galvin, vicaire apostolique de Miri, vient d’en être élu le nouveau président et nous représentera à ce titre au Synode épiscopal à Rome. Mgr J. Jadot, résidant à Bangkok, est délégué apostolique pour toute la Région.
3. La Malaisie de l’Est
Ce compte rendu annuel portant essentiellement sur la situation en Malaisie de l’Ouest et à Singapore, on ne peut toutefois parler de la Malaisie en tant que telle sans mentionner la Malaisie de l’Est. Sa superficie est supérieure d’un quart à celle de la Malaisie de l’Ouest, le seul Etat de Sarawak étant presqu’aussi étendu que tous les Etats de la Malaisie de l’Ouest réunis. Sa population, par contre, n’est que de 1 500 000 habitants, pour 8 500 000 en Malaisie de l’Ouest. Mis à part quelque 300 000 Chinois, la grosse majorité de cette population se compose d’aborigènes que l’on classifie officiellement comme « Malais » (environ 38 %) s’ils ont embrassé l’Islam — et quelle que soit par ailleurs leur origine ethnique — tandis que les autres appartiennent à divers groupes humains, parmi lesquels on peut citer comme plus importants : les Ibans, les Kadazans, les Dayaks et les Muruts.
Confiée aux Pères de Mill Hill depuis 1881, cette région est maintenant divisée en trois vicariats apostoliques avec Mgr Buis (Kota Kinabalu), Mgr Reiterer (Kuching) et Mgr Galvin comme vicaires apostoliques. Environ 130 prêtres, parmi lesquels plus de 20 prêtres locaux, s’occupent de 80 000 fidèles, la plupart dispersés en de nombreux villages ou « long houses » accessibles seulement par rivière. Les prêtres locaux reçoivent leur formation au Collège de Penang. De nombreuses écoles tenues par les Pères de Mill Hill ou par d’autres congrégations religieuses : « Frères des Ecoles chrétiennes, Franciscaines Missionnaires de St-Joseph, Franciscaines de l’Immaculée Conception, Filles de St-Paul, Petites Sœurs de St-François, Frères Maristes, assurent l’éducation chrétienne dans les villes les plus importantes.
Du point de vue politique, la Malaisie de l’Est, dès sa réunion avec la Malaisie de l’Ouest (1963), a eu à souffrir de la « Confrontation » avec l’Indonésie, jusqu’en 1966. Cette question à peine réglée, ce fut au tour des Philippines de réclamer l’Etat de Sabah, et ce problème épineux continue encore à l’heure actuelle à envenimer les relations entre la Malaisie et les Philippines. Il semblerait aussi que la Malaisie de l’Est manifeste une certaine réticence à recevoir les directives de Kuala Lumpur. Les élections qui devaient avoir lieu en mai 69 auraient sans doute permis d’évaluer l’état d’esprit des deux Etats de Sabah et de Sarawak. Après les événements du 13 mai à Kuala Lumpur, ces élections ont été remises à une date ultérieure, lorsque la situation sera redevenue « normale », en Malaisie.
I. - Malaisie de l’Ouest
Situation générale
Evénements politiques
L’année écoulée aura été marquée par trois événements principaux : la dispute avec les Philippines, les élections et les « riots » du 13 mai.
1. — Démêlés avec les Philippines
Depuis 1967, les Philippines réclament l’Etat de Sabah. En juin 1968, les ministres des Affaires étrangères des deux pays se sont rencontrés à Bangkok avec leurs délégations, pour discuter cette revendication des Philippines. Cette rencontre n’aboutit à aucun résultat, les Philippines ayant annoncé après cinq semaines et d’une façon unilatérale qu’ils avaient prouvé la justice de leur revendication. Le président Marcos ordonna le retrait du personnel de son ambassade à Kuala Lumpur. Peu de temps après et malgré de pressants avertissements de la part de la Malaisie, les Philippines adoptèrent une loi fixant les limites de leurs eaux territoriales et annexant nominalement tout le territoire de Sabah. Cette « annexion », même si elle n’était que nominale, a néanmoins déclenché contre les Philippines des manifestations en Malaisie et à Sabah et, ici et là, le président Marcos a été brûlé en effigie. Les voisins de la Malaisie : Indonésie, Thaïlande, Birmane. Vietnam, voulant garder l’amitié des deux pays, essayent de ne point se compromettre dans cette dispute. Les Etats-Unis, ayant par ailleurs déclaré que leur reconnaissance de la Malaisie, incluant Sabah et Sarawak, n’était pas affectée par la présente querelle, la situation à l’heure actuelle demeure inchangée, mais vient de passer au second plan après les élections de mai 1969 en Malaisie et leurs conséquences.
2. — Elections 1969
A la veille des élections, la position des partis était la suivante :
Le Parti de l’Alliance, au pouvoir depuis la proclamation de l’indépendance en 1957, est formé de l’alliance de trois partis :
— l’U.M.N.O. (United Malay National Organisation),
— le M.I.C. (Malaysian Indian Congress) et
— le M.C.A. (Malaysian Chinese Association).
Ayant à sa tête le Tunku Abdul Rahman, Premier ministre, et son député, Tun Abdul Razak, ce parti, doté depuis toujours d’une confortable majorité, est en fait responsable de la politique générale du pays jusqu’à l’heure actuelle.
Les Partis d’opposition
— Le P.M.I.P. (Pan Malaysian Islamic Party), majoritaire dans les Etats de la côte est.
— Le Labour Party, durement décimé par l’arrestation de plusieurs centaines de ses mem-bres, accusés de collusion avec les communistes, et par le retrait d’une partie substantielle de ses éléments modérés qui, sous la conduite du Dr. Tan chee Khoon, ont formé un nouveau parti.
— Le Parti Gerakan (Gerakan Rayat Malaysia), issu d’une division du précédent et de la fusion avec l’United Démocratic Party de Mr. Lim Chong Eu, avec le support de noms prestigieux tels que Wang Gang Wu, ancien professeur d’histoire à l’Université de Kuala Lumpur et le professeur Hussein Alatas, voudrait être un parti d’opposition sérieuse et constructive.
— Le D.A.P. (Parti d’Action Démocratique), influent dans la région de Kuala Lumpur.
— Le P.P.P. (People’s Progressive Party), influent dans la région d’Ipoh.
Tous ces partis se déclaraient également prêts à contester les élections.
Les élections, précédées en beaucoup d’endroits par une violente campagne des partis de l’opposition contre le parti de l’Alliance, par conséquent anti-gouvernementale, se déroulèrent dans le calme le dimanche 11 mai.
Les résultats des élections, connus dès le lundi matin, montrèrent clairement que l’Alliance avait perdu le support d’une grande partie de l’électorat. Le M.C.A. perdait les 2/3 de ses sièges au profit des partis d’opposition. Presque aussitôt, Mr. Tan Siew Sin, leader du M.C.A., annonçait la décision de son parti de se retirer de l’Alliance. L’extrême droite, malaise et musulmane (P.M.I.P.), renforçait ses positions au Kelantan et dans les Etats de la côte est. Les partis de la gauche moderne, soutenus par de nombreuses voix chinoises, remportaient un net succès : l’Etat de Penang passait à l’opposition, les Etats de Perak et Selangor voyaient l’opposition remporter la moitié des sièges, la plupart des grandes villes de Malaisie : Taiping, Ipoh, Kuala Lumpur, Seremban, Butterworth, Bukit Mertajam, avaient voté l’opposition. Sans avoir conquis la majorité absolue, les partis d’opposition repré-sentaient désormais une force politique importante. On s’attendait généralement à ce que l’opposition soit appelée à prendre une part plus active à la politique générale du pays. Au lieu de cela, nous avons eu ce qu’il est convenu d’appeler, les événements du 13 mai.
3. — Les événements du 13 mai et leurs conséquences
La cause immédiate des troubles, à Kuala Lumpur, semble être un défilé de victoire des partis d’opposition, défilé qui ne respecta pas la route assignée par la police, s’engagea dans les quartiers malais et se livra vraisemblablement à des actes provocants. Ceci, le lundi soir. Le réaction ne se fit pas attendre : le mardi 13, dans la soirée, une populace, composée essentiellement de Malais, surtout des jeunes, attaqua en plusieurs endroits de la ville tous les Chinois qui n’avaient pu trouver un abri sûr. De nombreuses maisons furent brûlées, leurs occupants abattus à coup de « parang » (sorte de hachoir), des voitures incendiées... La police, rapidement débordée, fit appel à l’armée qui n’hésita pas à ouvrir le feu sur les combattants de l’un et de l’autre bord (avec assez de partialité, entend-on dire). On estime à plus d’un millier le nombre de morts, bien que le gouvernement n’ait jamais publié de chiffres précis pour ne pas envenimer la situation. Dès le 13 au soir d’ailleurs, l’état d’urgence était proclamé pour toute la Malaisie, les élections pour la Malaisie de l’Est remises à une date indéterminée et un couvre-feu de 24 h sur 24 imposé à la capitale et à de nombreuses villes de Malaisie. La presse, la radio, la télévision, strictement contrôlées par un gouvernement provisoire, ne laissèrent plus filtrer désormais que les nouvelles jugées aptes à la diffusion, tout le reste étant considéré comme « rumeurs » sans fondement, dont les propagateurs étaient passibles de prison. Les correspondants étrangers se virent refuser l’autorisation de circuler dans certains quartiers et on leur demanda de puiser leurs nouvelles à l’agence du gouvernement. Les revues étrangères qui donnaient des nouvelles ne concordant pas avec la version officielle furent purement interdites ou considérées comme « documents subversifs ».
Un Conseil national d’opération fut immédiatement mis sur pied par Tunku Abdul Rahman. Le directeur des opérations, Tun Abdul Razak, exerce également les fonctions de vice-Premier ministre, de ministre de la Défense, de ministre des Finances. Un cabinet provisoire a été constitué où l’on note la présence de Tun Ismaïl, ministre de l’Intérieur, et l’ancien président du M.C.A., Tun Tan Siew Sin, comme « conseiller gouvernemental » et ministre sans portefeuille. Aucune place n’a été faite dans ce cabinet aux membres de l’opposition. Ces derniers sont devenus d’ailleurs assez suspects, puisqu’ils ont été accusés tout d’abord d’avoir fomenté les troubles ; le gouvernement a, par la suite, accusé les com- munistes, puis les gangsters, puis finalement les « éléments subversifs », c’est-à-dire, en pratique, tous ceux qui ne sont pas de l’avis du gouvernement. Ces mesures énergiques ont du moins eu le mérite d’empêcher que les troubles ne se répandent de Kuala Lumpur sur toute la Malaisie, où quelques incidents localisés se sont néanmoins produits. Comme l’a déclaré Tun Ismaïl, « la démocratie est morte », mais, pour l’instant, il valait mieux sauver la paix que la démocratie.
Ces troubles de mai, avec leurs séquelles de juillet — lorsque les Indiens furent à leur tour attaqués dans la banlieue nord de Kuala Lumpur, à Sentul — vont avoir pour le pays de graves conséquences parmi lesquelles on peut citer la tension raciale entre Malais d’une part, Chinois et Indiens d’autre part.
Tension raciale.
Parmi ces conséquences, la première est la tension raciale entre Malais d’une part et Chinois et Indiens d’autre part. L’élément essentiel de cette tension semble être à l’heure actuelle la peur de voir se renouveler soudainement les scènes de mai. Il faudra sans doute attendre longtemps avant qu’un climat de confiance solide s’établisse à nouveau entre les races. Une des manifestations de cette peur est le nombre de demandes d’émigration : plus de 100 000, dit-on, surtout pour l’Australie et le Canada.
Prise de conscience.
D’un côté, les Chinois se sont rendu compte que les Malais sont mécontents. En dépit des privilèges dont ils jouissent et qui leur sont garantis par la loi, en dépit des concessions qui leur ont été accordées : l’Islam déclaré religion nationale, le malais choisi comme langue nationale, subsides pour le développement rural et l’éducation, contrôle de l’armée et de nombreux postes-clefs dans les rouages gouvernementaux... les Malais ne sont pas satisfaits. Leurs « ultra » réclament la démission du Tunku et envisagent même une Malaisie « malaise », pauvre peut-être, mais dégagée de la domination économique des Chinois.... alors que les plus modérés d’entre eux voudraient une participation plus grande à la puissance économique et financière des Chinois.
D’un autre côté, les Malais comprennent que les « autres races » supportent difficilement de se voir traitées en citoyens de deuxième zone et n’acceptent pas le slogan : les « bumiputraa » (fils du sol) d’abord, les autres citoyens ensuite. Ils se rendent compte aussi que les Chinois, en dépit de leur supériorité sur les plans culturel, social, économique et financier, aspirent à une plus grande égalité sur le plan politique. Les résultats des élections montrent clairement cette tendance.
Echec de la démocratie.
Le gouvernement provisoire, dont la tâche principale est de restaurer la paix, n’en adopte pas moins des mesures impopulaires pour une grande partie de la population. Parmi ces mesures récentes, on peut citer : l’introduction du malais comme seule langue d’enseigne-ment dans les écoles anglaises, à commencer par la première classe (standard I) dès 1970... premier pas, semble-t-il, vers le malais comme seule langue de l’enseignement dans toutes les écoles, y compris les écoles chinoises. Citons aussi l’introduction du permis de travail pour les non-citoyens, alors que la citoyenneté est très difficile à obtenir et que les demandes s’empilent dans les dossiers.
Nouvelle poussée du communisme.
Il est bien évident que le communisme va essayer de tirer avantage de cette situation tendue. Déjà des escarmouches ont eu lieu à la frontière de Bornéo... et leur propagande agira parmi les mécontents des deux camps.
Problèmes sociaux
1. — Chômage des jeunes.
Un problème, assez peu mentionné dans la presse locale et qui prend cependant une importance croissante, est la difficulté pour nombre de Malaisiens, surtout parmi les jeunes qui sortent des écoles ou qui en sont éliminés par les examens, c’est de trouver un emploi dans la société. Ce chômage, en particulier ce chômage des jeunes, prend parfois des proportions alarmantes. Par exemple, une enquête récente, dans une paroisse tamile de ville, a révélé que, parmi les jeunes chrétiens indiens sortis des écoles et dans le groupe d’âge de 15 à 25 ans, on en trouvait 2/3 sans travail.
2. — Planning familial.
Le gouvernement donne tout son appui au planning familial, au contrôle des naissances. D’après les chiffres de 1968 — chiffres approximatifs seulement : un recensement complet doit avoir lieu en 1970 — la population de la Malaisie serait de 9 828 884 habitants, dont 8.500.000 en Malaisie de l’Ouest. Le rythme de croissance de cette population (3,8 % en 1967) continue d’être un des plus hauts du monde. Malgré de gros efforts de propagande du gouvernement et l’ouverture de nombreuses cliniques, il ne semble pas que le planning familial ait fait de grands progrès, surtout dans les milieux malais, encore peu affectés par cette propagande.
3. — Education.
Les derniers chiffres indiquent une population scolaire de 1 786 833 pour les écoles primaires et secondaires. L’éducation est gratuite dans toutes les écoles primaires. La politique de rendre le malais de plus en plus obligatoire se poursuit. Dès à présent, un « pass » (certificat) en malais est requis pour le succès au L.C.E. (Lower Cambridge Exam.), après 3 ans d’études secondaires. En 1970, l’examen du Senior Cambridge (fin d’études secondaires) sera supprimé, pour être remplacé par son équivalent local, le Malaysian certificate of éducation (M.C.E.), pour l’obtention duquel le malais est obligatoire. Le ministre de l’Education a annoncé récemment que le malais devenait obligatoire comme « medium » d’instruction dans les écoles anglaises à partir de 1970, en commençant par le Standard I du primaire et progressivement, année par année, dans toutes les classes. Les écoles anglaises n’enseigneront plus l’anglais que comme une matière parmi les autres. Bien que les écoles chinoises et tamiles ne soient pas affectées par cette loi, il est très probable qu’elles le seront dans le futur, ne serait-ce que pour permettre à leurs élèves de passer les examens du gouvernement en malais. Les étrangers à la Malaisie, de passage ici, ne semblent voir aucun problème à cette politique d’éducation. Ceux qui auront lu plus attentivement les paragraphes ci-dessus concernant la tension raciale se demandent si cette politique ne va pas créer davantage de mécontentement dans l’ensemble du pays. Tout le monde admet le bien fondé de rendre le malais obligatoire dans toutes les écoles, et ce comme matière d’enseignement (subject) : au-dessus de cela, le « dosage », doit être savamment calculé pour qu’il ne devienne pas explosif.
Commerce, industrie
La Malaisie continue à dépendre pour sa balance commerciale principalement du caoutchouc, — dont elle reste le premier producteur mondial : 67 % de la surface cultivée ; 45 % du revenu d’exportation — et de l’étain. On peut noter que l’U.R.S.S. a été le principal client de la Malaisie pour le caoutchouc et que l’exportation de ce produit vers la Chine a augmenté de 40%. Un effort important a également été fait pour le commerce du bois (15 % des exportations, plus de la moitié en provenance de la Malaisie de l’Est) et pour l’huile de palme. A noter également l’intérêt des compagnies japonaises à l’extraction du minerai de fer en Malaisie.
L’industrialisation est un facteur relativement récent de l’économie malaisienne et elle a été encouragée par la concession d’un statut spécial à 131 « pioneer firms ». Ces « pionniers », ont ouvert des industries légères qui emploient près de 70 000 ouvriers en 2.500 usines et qui contribuent dans la proportion de 11 % à la production nationale brute. Des industries lourdes s’établissent : raffineries de pétrole, fabriques de rouleaux d’étain, de matériaux de construction... Le montage des voitures automobiles est en plein essor et les Malaisiens peuvent maintenant acheter des Fiat, Volvo, Volkswagen, Vauxhall, Toyota, Renault, Morris, Ford et Holden, assemblées sur place. Une importante aciérie (japonaise) fonctionne à Prai et va bientôt produire annuellement 112 000 tonnes d’acier, avec un bénéfice net de 22 millions de dollars pour la Malaisie.
Situation de l’Eglise locale
1. — Rôle des Communautés M.E.P.
Avant de parler de la situation de l’Eglise locale, il vaut mieux insérer ici quelques notes sur le rôle de la communauté m.e.p., car ce qui en est dit pour la Malaisie de l’Ouest reste valable pour la République de Singapore et il est difficile de traiter des groupes m.e.p. comme d’une entité à part dans l’Eglise locale, une des caractéristiques de notre région étant l’insertion des. m.e.p. dans le clergé local.
L’insertion des M.E.P. dans le clergé local.
Nous nous voulons le plus possible intégrés à l’Eglise locale, nous voulons sentir avec elle, résoudre avec elle les problèmes d’évangélisation de la Malaisie. Nous croyons que toutes les initiatives, toutes les idées nouvelles, tout ce que nous pouvons apporter à cette Eglise, en tant que communauté ou en tant qu’individus, n’a de véritable valeur que si cet apport devient propriété commune, est fait sien, est réellement adopté par l’Eglise locale. Mieux vaut un pas en avant avec les autres que deux ou trois tout seul. D’où l’importance du dialogue, tant pour faire passer des idées qui, en soi, peuvent être excellentes que pour réaliser le point de vue du clergé local qui peut juger, aussi valablement que nous, la façon pratique dont ces idées excellentes peuvent s’appliquer en Malaisie. Cette insertion dans le clergé local de notre communauté m.e.p. entraîne comme conséquence une certaine réticence à nous singulariser par des réunions, des sassions, des retraites… qui nous soient exclusivement réservées. Ce qui est bon pour nous l’est également pour les autres, puisque nous vivons dans des circonstances identiques. Tout ce qui est organisé pour nous est donc largement ouvert au clergé local. Sans devenir un impératif absolu — car il nous arrive bien de faire quelques réunions entre m.e.p. seuls — cette idée de « fusion », avec le clergé local, si elle nous a empêché de nous serrer davantage les coudes, a fait que nos relations avec le clergé local sont peut-être plus étroites qu’en certaines autres missions de la Société.
Cette insertion dans le clergé local se manifeste en particulier :
— par le travail en commun dans une même paroisse, un m.e.p. étant indifféremment curé ou vicaire de prêtres locaux.
— par l’appartenance aux structures de district ou aux autres structures diocésaines. De nombreux m.e.p. font partie des conseils épiscopaux, conseils presbytéraux, commissions diocésaines.
— par un dialogue ouvert avec le clergé local à l’occasion de recollections mensuelles (com-munes), de retraites annuelles (communes), de sessions (communes), ou simplement à l’occasion de rencontres fraternelles chez les uns ou chez les autres.
S’il fallait signaler quelques activités purement m.e.p., nous pourrions noter ici :
— Le succès et l’intérêt provoqué auprès des confrères par les réunions préparatoires à l’Assemblée 1968, tant à l’échelon diocésain qu’à l’échelon régional. Des échanges de vues très animés ont réveillé chez beaucoup la réalité de leur appartenance à la Société.
— L’intérêt provoqué par les travaux de l’Assemblée par nos délégués (Mgr E. LIMAT et le P. ARRO) et surtout par notre Régional. En fin d’Assemblée, la Malaisie se trouve représentée par deux ex-malaisiens au Conseil Central : les PP. LADOUGNE et ITÇAÏNA.
— Les « conférences de presse » faites aux confrères par nos délégués à leur retour en Malaisie.
— La création d’un nouveau Conseil régional. Après consultation des confrères, les PP. GAUTHIER, PALLIER et ARRO ont été nommés par Paris respectivement supérieur régional, vice-supérieur et conseiller. Jugeant que ce Conseil était trop limité pour représenter convenablement les trois diocèses de Malaisie et conformément aux vœux exprimés par les confrères avant l’Assemblée, un « conseil élargi » a été mis sur pied en faisant élire un délégué des confrères par diocèse. C’est ainsi que les PP. BINET (S’pore), GRIFFON (Kuala Lumpur) et CATEL (Penang) viennent apporter leurs lumières au Conseil, où l’économe régional, le P. GIRARD, et le supérieur de la maison de Tanah Rata, le P. DUBOIS, ont aussi leur place. Ce conseil élargi s’est déjà réuni deux fois, en avril et en juillet, et a examiné surtout les questions de formation permanente, recyclage, etc... en fonction des besoins du clergé local. Le Document d’Orientation, reçu tard dans l’année, n’a encore provoqué aucune réaction intéressante
Incertitude de l’avenir
Une des composantes de l’apostolat m.e.p. en Malaisie, qui affecte principalement les jeunes confrères, est l’incertitude de l’avenir. Une loi prévoit en effet que tout étranger, entré en Malaisie après l’indépendance, ne peut rester plus de dix ans dans le pays, et ce à partir de 1963. Une loi plus récente (juillet 1969) demande que tous les non-citoyens soient en possession d’un permis de travail, valable pour deux ans au plus et non renouvelable. Ces lois seront-elles appliquées strictement pour les missionnaires ? L’avenir seul nous le dira.
2. — Problèmes de langues
Une des difficultés principales de l’apostolat en Malaisie — tant pour les m.e.p. que pour le clergé local difficulté abondamment signalée dans les comptes rendus précédents — est l’impressionnante diversité des langues : anglais, malais, divers dialectes chinois, diverses langues de l’Inde. En général, la connaissance ou l’étude d’une langue oriente vers un certain type d’apostolat... et vers des paroisses à juridiction personnelle d’après la langue parlée. Peu de diocèses ont réalisé des paroisses territoriales où l’équipe paroissiale puisse « couvrir » les besoins des gens. De ce point de vue purement linguistique, en faisant abstraction de tout autre point de vue, l’introduction progressive du malais sera sans doute bénéfique à l’église locale.
3. — Mise en place de nouvelles structures
On ne peut dire que la mise en place de nouvelles structures soit très rapide, très uniforme,
ou donne des résultats spectaculaires. Cependant, peu à peu, ces nouvelles structures émergent, se rodent, un dialogue de plus en plus substantiel s’établit entre hiérarchie et clergé d’une part, entre clergé et laïcat d’autre part. Il y a encore pas mal de remous d’opinion : « beaucoup trop de dialogue », disent les uns, « beaucoup trop peu », répondent les autres. Quoi qu’il en soit, l’ensemble donne l’impression d’une certaine vitalité dont les colonnes de notre journal catholique, le Malaysian Catholic News, reflètent assez souvent la virulence. Les trois diocèses de Malaisie-S’pore ont mis sur pied leur Sénat (conseil presbytéral). Un peu partout, les conseils paroissiaux se forment, tandis que des commissions liturgiques, catéchétiques, financières, œcuméniques, d’apostolat des laïcs font leurs premiers pas. Jusqu’à présent, aucun conseil pastoral diocésain n’a été formé, mais la question est à l’étude.
4. — Importance grandissante de l’apostolat des laïcs
Les mouvements d’A.C. : J.O.C., J.E.C., C.F.S.M. (mouvement chrétien d’action familiale et sociale), prennent une importance grandissante dans la vie des paroisses. Bien souvent démarrés à l’échelon national ou diocésain par les m.e.p., ils passent peu à peu aux aumôniers locaux, au fur et à mesure que ceux-ci réalisent l’importance de la formation du laïcat chrétien. La J.O.C. de Malaisie, par exemple, a déjà formé des leaders solides et l’un d’eux. Rupert Thiagarajan, a été choisi comme membre du comité exécutif de la J.O.C. internationale, tandis qu’un autre, Sébastian Tan, est l’un des trois membres de l’équipe d’extension de la J.O.C. en Asie.
Les communautés missionnaires M.E.P.
1. — DIOCÈSE DE PENANG
CONSÉCRATION DE MGR GREGORY YONG
Le siège de Penang, vacant depuis la mort de Mgr Francis Chan, le 20 octobre 1967, et administré par Mgr J. Aloysius, vicaire capitulaire, a été pourvu d’un évêque en la personne de Mgr Gregory YONG. Elu au mois d’avril, le nouvel évêque a été consacré au cours d’une très belle cérémonie en plein air au collège de Penang, le 1er juillet 1968. Agé de 43 ans, ordonné prêtre en 1951, Mgr G. Yong a fait des études de Droit Canon à Rome, a enseigné au petit séminaire de S’pore, a fait du ministère en paroisse à S’pore et a été le premier prêtre local à faire partie du staff du collège de Penang, lorsque ce collège a été pris en charge par la Conférence épiscopale de Malaisie. Il a affirmé dans son premier discours qu’il se voulait évêque de dialogue : avec ses prêtres et ses religieux, avec ses laïcs, avec ses frères séparés et les non-chrétiens.
LE DIOCÈSE — GÉNÉRALITÉS
C’est le diocèse le plus peuplé de Malaisie (4 129 130 habitants) mais il a la plus faible proportion catholique (57 757 baptisés, soit 1,4 %).
Dès novembre 1968, le Sénat diocésain (conseil presbytéral) était constitué. Il se compose de 6 prêtres élus, 3 de la région nord du diocèse — parmi lesquels un m.e.p., le P. CATEL —, 3 de la région sud du diocèse — parmi lesquels le P. RICOTTIER. A ces 6 élus renouvelables par 1/3 tous les ans, s’ajoutent le vicaire général (ex officio) et le P. BOSC (représentant du collège). Sur l’initiative de Mgr YONC, les réunions mensuelles du Sénat se tinrent avec les conseillers épiscopaux. Cette façon de faire, si elle permit aux sénateurs de se rendre compte de l’ampleur et de la diversité des problèmes diocésains, freina par ailleurs la mise en place des différentes commissions diocésaines. Il est probable que, pour la deuxième année d’existence du sénat, les deux organismes reprendront une existence séparée, ce qui apparaîtrait plus logique, les fonctions du conseil épiscopal et du sénat étant différentes.
Avant de créer un conseil pastoral diocésain, il a paru plus sage de laisser les paroisses établir leurs conseils paroissiaux. Le Conseil pastoral devrait progressivement s’élaborer sur les bases solides des divers conseils paroissiaux. Ceux-ci ont commencé de naître en plusieurs points du diocèse. Certaines paroisses ont un conseil paroissial composé en grande partie des représentants des mouvements d’A.C. Certaines autres ont préféré une représentation du laïcat par quartiers ou par secteurs ruraux. D’autres enfin ont une formule combinée. Dans l’ensemble : grande liberté pour la création du conseil paroissial, pour sa composition et pour sa fonction. Ce stade expérimental permettra de se rendre compte de la meilleure formule, que d’autres pourront imiter s’ils jugent qu’elle convient à leur paroisse.
L’essai de mise en place de commissions diocésaines n’a pas produit les résultats espérés. Il semblerait que l’erreur a été de poser le toit avant la charpente et l’ensemble est assez chancelant. Là aussi, avec de la bonne volonté, et en consolidant le travail déjà fait, on peut être assez optimiste quant à l’avenir des commissions. Dans le présent, leur création aura donné lieu à d’intéressants échanges de vues entre sénateurs et évêques, et entre sénateurs et leur « électorat » lors des recollections mensuelles du clergé.
Autre initiative intéressante, la division de la ville de Penang en paroisses territoriales. Ceci est surtout vrai des Eurasiens et des Chinois car, pour l’instant, il s’est encore avéré impossible d’intégrer les Indiens qui continuent à dépendre de la paroisse tamile de St-François-Xavier.
Un petit séminaire (probatorium), connu sous le nom de « Pope John’s Home » avait été ouvert en janvier 1968 par le P. GAUTHIER. De 5 jeunes la première année, l’effectif est passé à 10 au début de 1969. L’idée de ce probatorium n’est pas de « couver » des vocations, mais d’encourager celles que les prêtres du diocèse jugent préférable d’y envoyer et ce, dans une atmosphère très ouverte. Un prêtre tamil a été chargé de la direction spirituelle ; depuis le départ de Taiping du P. Gauthier, il assure complètement la bonne marche du Home.
On ne saurait parler du diocèse de Penang sans mentionner l’importance pour le diocèse du Collège général. Sous la houlette du P. BOSC, 6 Pères des M.E. : les PP. COURTOT, L’HOUR, BLAIS, FÉLIX-FAURE, DANTONEL, PALLIER, et 3 Pères locaux : 1 Malaisien. 1 Singaporien, 1 Thai, s’occupent de la formation des futurs prêtres de la région (Thaïlande, Malaisie, Singapore). Non seulement la formation y est « up to date », mais du point de vue diocésain qui nous intéresse ici, les professeurs rendent de grands services par l’aide qu’ils apportent aux paroisses et aux mouvements d’A.C., surtout dans la ville de Penang, ainsi que par leur active participation à des sessions de formation, camps de jeunes… et par leur accueillante hospitalité. Nul doute que le Collège est d’un appoint précieux dans la pastorale du diocèse et toutes ses ressources n’ont pas été pleinement exploitées, alors qu’elles ne demandent qu’à l’être. J’espère qu’un article, indépendamment de ce compte rendu, rendra plaine justice à tout ce que le Collège représente.
TRAVAUX DES CONFRÈRES
Nous trouvons 16 M.E.P. en activité dans le diocèse. Dans l’île de Penang, près du débarcadère, la cathédrale de l’Assomption abrite le P. Paul DECROIX. Conseiller épiscopal, habile administrateur, il vient de voir sa très ancienne paroisse eurasienne se transformer en paroisse territoriale. En conséquence, c’est l’apostolat de plus de 60 000 Chinois du quartier du port qui lui est confié. Afin de pouvoir contacter plus facilement ce milieu, il a décidé l’érection d’un centre communautaire avec presbytère fonctionnel, salles de récréation, ateliers de couture, classes d’apprentissage pour réparation radio-télé... Pendant la mise en place de ces édifices matériels, l’édifice spirituel n’est pas négligé : assisté d’un Père jésuite et d’un Père local Chinois, le P. Decroix établit ses contacts avec paroissiens et futurs paroissiens.
A la paroisse N.-D. des Sept-Douleurs, le P. A. JULIEN, vicaire de carrière, monopolise — presque — l’apostolat des « Chinois chinoisants » de la ville. Son zèle n’a pas de limites. Ses diverses entreprises : mouvements d’A.C., écoles de couture, écoles chinoises bâties par lui — primaire d’abord, secondaire ensuite, cette dernière à peine achevée — lui amènent des conversions nombreuses et solides. Il est très difficile de contacter le P. Julien, d’une part parce que le presbytère qu’il habitait vient d’être démoli pour céder la place à un bâtiment plus spacieux, d’autre part parce que le P. Julien se déplace de l’un à l’autre de ses centres d’activité avec une rapidité telle qu’il est difficile de le suivre à la trace.
Poussons un peu plus loin et nous arrivons à la plus belle église de Penang, celle du St-Esprit, à Green Lane, récemment construite par le P. SURMON. Cette église, de conception moderne, a été bénite par Mgr Yong début juin 1969. Le P. Surmon a su s’entourer d’un grand nombre de collaborateurs laïcs, très actifs, à qui il fait pleine confiance. Il doit être un des rares bâtisseurs d’église qui puisse s’enorgueillir d’avoir pu prendre un congé en France pendant la construction de son œuvre. Il est vrai que le P. J. TAVENNEC, qui avait quitté la côte est après un séjour de plus de dix ans, assurait son remplacement et avait l’œil à tout. Le P. Tavennec, en fait, s’est vu confier un nouveau secteur de la ville de Penang, le secteur d’Ayer Itam, où tout est encore à faire. Ce travail de pionnier convient bien au P. Tavennec qui, sans perdre de temps, a acheté un petit terrain, transformé une modeste maison en centre communautaire et ouvert un lieu de culte sous le vocable du « Christ Ressuscité ». En février 1969, sachant son père gravement malade, notre confrère a dû rapidement partir en congé. Fort heureusement, la santé de son père s’est rétablie et il nous est revenu plein d’ardeur fin juillet.
Le P. BESSON, retour de Taïwan en janvier 1969, après deux ans d’études de la langue mandarine, a été nommé vicaire du P. Surmon... et du P. Tavennec. Il essaye de contacter les nombreux « Chinois chinoisants » des deux secteurs. Au moment des troubles en Malaisie, notre sympathique « jeune » a eu les honneurs de la presse pour s’être porté volontaire dans le « Vigilante Corps », et le « Goodwill Committee », organisations pour la promotion de la paix et de l’harmonie inter-raciale. Le P. Besson a beaucoup d’idées en tête et, comme tout jeune missionnaire, s’efforce de réduire l’écart entre l’idéal et le possible.
Le P. DAVIAS, après avoir rendu de grands services comme aumônier des Petites Sœurs des Pauvres, à Penang, nous a quittés, fin janvier 1969, pour le diocèse de Banméthuot où il désire compléter la composition d’un dictionnaire en langue rhadé.
Nouvel arrivé dans la ville de Penang, le P. BELLEVILLE, à son retour de congé (juin 1969), a été affecté à la paroisse indienne de St-François-Xavier. Il laisse à Butterworth, son dévoué, connaissant son monde comme le bon dernier poste, le souvenir d’un curé actif et pasteur sait les connaître. Plus tangiblement, il laisse à Butterworth un nouveau presbytère et une église juste bénite à la veille de son départ en congé.
Quittons maintenant l’île de Penang et allons sur la côte est, dans l’Etat de Kelantan pour rendre visite au missionnaire le plus isolé de Malaisie, le P. CASET. Le seul moyen de le joindre, si vous ne voulez pas faire un détour de deux jours via le centre de la Malaisie et la côte est, ou encore passer en train par le Siam, est de prendra l’avion de Penang à Kota Bharu, et, de là, gagner Kuala Krai par la route. Dans un vieux bungalow, dont l’étage a été transformé en chapelle et le rez-de-chaussée en jardin d’enfants, vous trouverez un P. Caset un peu à l’étroit certes, mais souriant, confiant en la Providence et caressant des projets d’avenir. In simplicitate obtuli universa...
Revenons sur la côte ouest pour un premier arrêt en face de l’île de Penang, à Butterworth. Le P. CATEL y a pris la succession du P. Belleville et continue le bon travail de son prédécesseur dans cette paroisse, dont le développement industriel devient de plus en plus important. Membre du sénat diocésain, élu représentant des confrères de Penang au conseil régional, le P. Catel a de nombreuses idées en tête et les met en application avec la rigoureuse logique des gars du Nord. Un de ses « pet-projects », pour l’instant, est l’établissement d’un « survey » (enquête) paroissial qui pourra servir de modèle aux autres paroisses du diocèse.
A la paroisse voisine, distante seulement de 15 km, à Bukit-Mertajam, le P. GRANVUILLEMIN essaye de canaliser vers les valeurs chrétiennes le fameux pèlerinage de Ste Anne qui attire des foules considérables de toute la Malaisie. Cette année, le pèlerinage a été présidé par Mgr J. Jadot, délégué apostolique, venu tout exprès de Bangkok. Le grand nombre de pèlerins hindous qui se joignent spontanément à ce pèlerinage pourrait permettre d’envisager Bukit-Mertajam comme un centre de dialogue avec les religions non chrétiennes, la religion hindoue en particulier.
Quelques kilomètres plus loin, nous voici à Kulim, chez le P. SELLIER. Il n’est aucun problème insoluble qui puisse résister à la philosophie du curé. Grand autodidacte, le P. Sellier a parfois des théories qui font dresser les cheveux sur la tête à ces messieurs du Collège, mais il garde toute l’affection de ses paroissiens qui suivent avec confiance en houlette débonnaire.
Prenons la route du sud, arrêtons-nous à Taiping, à St-Louis où, en 1968, le P. GAUTHIER y a combiné les fonctions de curé, de directeur d’école, de « superviseur » de l’orphelinat et du petit séminaire diocésain. Depuis le départ du P. Lalougne à l’Assemblée et après la nomination de ce dernier comme assistant, il a également assuré la fonction de Régional intérimaire. Nommé régional en janvier, il a attendu avec une impatience grandissante son successeur éventuel comme curé de St-Louis. Ce dernier ayant enfin rejoint le poste en juin 69, le P. Gauthier, après avoir vu démarrer la construction de son dernier projet (construction de l’église d’Aulong), a pu quitter Taiping, où il s’était très attaché pendant dix ans, Depuis lors, il a sillonné toutes les routes de Malaisie pour visiter les confrères et a finalement établi sa résidence au Centre catholique d’Ipoh, d’où il espère être à la fois, accessible aux confrères et rendre quelques services sur le plan urbain ou diocésain.
A Taiping également, à la paroisse chinoise de Klian Pau, le P. CHINEAU s’occupe activement de tous ses paroissiens, tant en ville que dans les « out-stations » (dessertes). Il a construit cette année une jolie chapelle dans le village de pêcheurs de Port Weld. Toujours au travail en dépit de migraines persistantes, il ne s’accorde de repos que pour un brin de bricolage électrique : son système d’alarme, connecté au tabernacle de l’Eglise, fait l’admiration des visiteurs : les cambrioleurs qui l’avaient plus d’une fois dévalisé se sont passé le mot, et la situation est maintenant calme et « under control ».
Reprenons la route du sud et gagnons Ipoh, grande ville de plus de 200 000 habitants au centre du district de Kinta, le plus important du monde pour la production de l’étain. A la paroisse N.-D. de Lourdes, les PP. RIGOTTIER et GRANDGIRARD s’occupent de la paroisse tamile la plus importante du diocèse. Leurs 6 250 chrétiens, en ville et dans les plantations environnantes, ne leur laissent guère de loisirs, Toujours jeune d’idées, allant sans cesse de l’avant malgré une santé qui pourrait lui donner quelque inquiétude, le P. Rigottier a été élu sénateur diocésain. C’est chez lui que se retrouve tout le clergé du Pérak pour la récollection mensuelle. Le P. GRANDGIRARD a plus d’une corde à sa guitare. A l’aise avec les jeunes, il est aumônier J.E.C. pour le sud du diocèse et ne compte plus le nombre de meetings hebdomadaires avec l’un ou l’autre des groupes d’A.C. de la paroisse.
Avant de quitter Ipoh, passons chez le P. CIATTI qui, n’ayant jamais pris de congé depuis 1946, calcule qu’il doit presque pouvoir se reposer pour le restant de ses jours. En attendant, il continue à administrer de main de maître la paroisse St-Michel (5 800 Chinois). Les constructions continuent à sortir de terre. Cette année, ce sont les agrandissements de l’école primaire et de l’école secondaire chinoise qui seront terminés. Cette école paroissiale, confiée aux Frères Maristes, est l’une des plus cotées de la ville. On dit aussi que le P. Ciatti a dans sa manche les « blue prints » (plans) pour l’érection d’une nouvelle paroisse à Ipoh... et pour la construction d’un presbytère, destiné à remplacer l’actuel qui doit dater de la fondation du poste. Le catéchuménat des adultes absorbe le plus clair de son temps avec ce résultat que le chiffra annuel des convertis est l’un des plus forts du diocèse.
A une cinquantaine de kilomètres au sud d’Ipoh, nous arrivons à Tapah chez le P. AUDIAU, doyen d’âge du diocèse. Si la valeur n’attend pas toujours le nombre d’années, il arrive aussi qu’elle s’accroisse avec elles. Ce doit être le cas du P. Audiau, car on se demande à quelle fontaine de jouvence (à moins que ce soit le vin d’Anjou), il puise sa vitalité. S’occupant d’un secteur très étendu, englobant les plantations de thé de Cameron Highlands et les plantations de caoutchouc de l’extrême sud du diocèse, le P. Audiau réussit à visiter régulièrement tous ses chrétiens, à organiser des centres de catéchisme, des cours de machine à écrire et à maintenir une école paroissiale privée. Un de ses violons d’Ingres est la visite, bien souvent en compagnie de son voisin le P. G. LEE, des « orang asli », aborigènes qui constituent des groupes importants dans son secteur.
PENANG
RESPONSABILITÉS DIOCÉSAINES
Conseil épiscopal PP. DECROIX Paul
GAUTHIER Pierre
Sénat diocésain RIGOTTIER Arsène
CATEL Lucien
Commission financière DECROIX Paul
GAUTHIER Pierre
RESPONSABILITÉS M.E.P.
Supérieur régional, Ipoh GAUTHIER Pierre
MINISTÈRE PAROISSIAL
KUALA KRAI (KELANTAN) CASET Jean
PENANG-Ville
— Cathédrale de l’Assomption DECROIX Paul
— N.-D. des Sept-Douleurs JULIEN Albert
— Saint-Esprit SURMON Maurice
BESSON André
— Christ Ressuscité TAVENNEC Jean
— St-François-Xavier BELLEVILLE Georges
BUTTERWORTH, Nativité CATEL Lucien
BUKIT MERTAJAM, St-Anne GRANDVUILLEMIN Pierre
KULIM, Sacré-Cœur SELLIER Marcel
TAIPING
— St-Louis (Indiens) GAUTHIER Pierre
— N.-D. du Sacré-Cœur (Chinois) CHINEAU René
IPOH
— N.-D. de Lourdes (Indiens) RIGOTTIER Arsène
GRANDGIRARD Emile
— St-Michel CIATTI Jean
TAPAH, Ste-Marie AUDIAU François
MINISTÈRE EXTRA-PAROISSIAL
Aumônier J.O.C. (Nord) JULIEN Albert
Aumônier J.O.C. (Sud) GRANDGIRARD Emile
Aumônier des Petites Sœurs des Pauvres DAVIAS-BAUDRIT Jean (1)
ÉTUDES
Sociologie, à Rome DE GIGORD Michel
Catéchétique, à Londres COUVREUR Paul
__________
(1) Affecté à la mission de Banméthuot (Janvier 1969).
2. — DIOCÈSE DE KUALA LUMPUR
GÉNÉRALITÉS
Mgr D. VENDARGON continue à diriger ce diocèse de 2 764 987 habitants, dont 54 123 catholiques (2 %). Au cours de l’année écoulée, il a reçu du gouvernement le titre hautement honorifique de « Tan Sri ». Officiellement il est donc appelé « « Yang Berhormat Tan Sri D. Vendargon ». Ce titre, conféré personnellement par Sa Majesté le « Yang di-Pertuan Agong » (i.e. le Roi), ne peut être attribué à plus de 75 personnes dans toute la Malaisie. C’est donc dire toute l’estime dans laquelle l’évêque de Kuala Lumpur est tenu. Secrétaire de la Conférence épiscopale, Mgr Vendargon est également l’un des membres consulteurs de la Congrégation pour l’Evangélisation des peuples. A ce titre, il a dû se rendre plusieurs fois à Rome pour participer aux travaux de cette congrégation.
Sur 65 prêtres, les m.e.p. en activité dans le diocèse ne représentent qu’un petit groupe de 16 membres. Pour faire face à la pénurie des vocations, Mgr Vendnrgon a largement fait appel aux religieux qui constituent un groupe important de 23 prêtres, parmi lesquels les Oblats de Marie, les Jésuites, les Disciples du Seigneur et, pendant un certain temps, les Capucins, se sont vu confier l’administration de certaines paroisses. Le total des prêtres locaux est de 26. Il faut signaler ici la bonne entente qui règne entre m.e.p., clergé local et religieux. Parmi ces derniers. les o.m.i. sont très proches de nous.
Une première expérience de Sénat diocésain élu a ramené au pouvoir, si l’on peut dire, l’ensemble des conseillers épiscopaux, preuve sans doute que ces derniers avaient été bien choisis. Force fut donc d’avoir un Sénat-conseil. Réalisant par la suite que la formule n’était pas heureuse, le diocèse fut divisé en districts, chaque district envoyant un représentant au sénat. Les PP. LIMAT et GIRAUD ont été élus à ce sénat. Ce nouvel assai étant de date récente, il faut attendre quelque temps pour juger de son efficacité.
Un certain nombre de commissions diocésaines ont vu le jour, parmi lesquelles les commissions de liturgie et d’apostolat des laïcs ont abouti à des résultats plus concrets. On peut citer, par exemple, un rapport de cette dernière commission sur la place et le rôle des laïcs dans l’Eglise de Malaisie, rapport élaboré après deux ans de recherche et de réflexion.
La plupart des paroisses ont mis en place leur conseil paroissial... et certaines ont commencé des expériences intéressantes dans la ligne d’une participation active du laïcat à tous les aspects de la pastorale paroissiale.
Plusieurs paroisses territoriales s’établissent peu à peu (6 pour K.L. à l’heure actuelle) et semblent donner plus de satisfactions que les anciennes paroisses linguistiques.
La fermeture du petit séminaire diocésain peut surprendre, puisque, au même moment, le diocèse de Penang ouvrait le sien. Les motifs de cette décision semblent être le manque de candidats d’une part, le faible taux de persévérance parmi les jeunes, dont certains y trouvaient un endroit favorable à la poursuite de leurs études et de leurs intérêts personnels d’autre part. Les bâtiments, désormais vacants, ont été immédiatement occupés par le Centre catéchétique, tenue par les Sœurs Franciscaines. On y trouve les bureaux des mouvements comme la J.O.C., la J.E.C., le C.F.S.M. (mouvement familial et social), les Cœurs Vaillants diverses sessions pour la formation d’apôtres laïcs y sont organisées.
Il est bien évident que nos confrères de K.L. et de Sentul furent les plus affectés par les troubles raciaux des mois de mai, juin et juillet. Dans toute la mesure du possible, ils se sont dépensés à soulager les détresses qui résultent inévitablement de ces explosions de violence. Ils prirent part aux collectes et distributions de vivres et de vêtements, à la visite des quartiers sinistrés, des hôpitaux, des centres de réfugiés (tel ce stade de K.L. qui hébergeait près de 5.000 sans-abris).
TRAVAUX DES CONFRÈRES
A Kuala Kubu Bharu le P. DIFFON est revenu s’installer dans ce joli coin, au pied des montagnes qui séparent le Selangor de la Côte est. Au cours de l’année écoulée, le P. Diffon s’est rendu à Genève pour assister à un congrès de Cœurs Vaillants, dont il est aumônier national pour la Malaisie. Il en a profité pour consulter la faculté, car sa santé reste toujours assez précaire et, à son retour d’Europe, il s’est trouvé en demi-repos à la cathédrale de K.L., avant de reprendre son poste à Kuala Kubu Bharu.
A Kuala Lumpur, rendons-nous d’abord à la cathédrale St-Jean. Suivant les périodes de l’année, nous aurions pu y rencontrer différents confrères. Le P. PALLIER, à son retour de congé en novembre 1968, y avait commencé un intéressant apostolat. Il a dû quitter car, en février 1969, il a été appelé à faire partie du staff du collège de Penang. Très estimé des séminaristes, notre vice-supérieur régional s’est habitué avec aisance à sa nouvelle situation. On dit même que, non content de passer l’année 1969 au collège comme convenu, il risque d’y rester également pour 1970.
Le P. GRIFFON, très remuant et très entreprenant aumônier national de la J.O.C. en Malaisie, est resté en résidence à la cathédrale pendant l’année écoulée. Il serait plus exact de dire qu’il a utilisé cette résidence comme base de départ pour d’innombrables tournées, afin de créer ou regonfler les nombreuses sections J.O.C. Il a apporté un soin particulier à la formation de l’équipe nationale ainsi qu’à la formation de leaders laïcs à plein temps. Parmi ses activités, il faut signaler le succès d’un congrès national J.O.C. à Malacca, en avril, et une tournée d’un mois à Sabah-Sarawak pour aider les Pères de Mill Hill à lancer la J.O.C. en Malaisie de l’Est. En dernière heure, le P. Griffon, tout en continuant de s’occuper de l’aumônerie de la J.O.C., serait affecté à la paroisse de l’Assomption, Petaling Jaya, où il aiderait un curé chinois pour le ministère auprès des Indiens.
Le P. PERRODEAU, après un bon repos en France, vient de reprendre son poste à la cathédrale où il accueille chaque confrère avec un bon sourire. Son curé, Mgr Dunker, vicaire général du diocèse, lui laisse une ample initiative et nul doute que le zèle du P. Perrodeau n’y trouve son compte.
Passons maintenant à Sentul, où nous trouvons le P. LE GUEN, curé de la paroisse St- Joseph. Paroisse très active, en milieu indien d’ouvriers du chemin de fer, et dont le curé, assisté de deux vicaires locaux, arrive à maintenir le « tonus » grâce aux mouvements d’A.C. et aussi à une liturgie vivante et adaptée. Une des réalisations intéressantes du P. Le Guen est la création d’un centre audio-visuel dont il a promis de nous entretenir dans les Echos.
Non loin de là, au sixième mile, Ipoh Road, le P. DECROOCQ est en train d’ouvrir une nouvelle paroisse. Pour l’instant, il a loué une maison dont il occupe l’étage et dont le rez-dechaussée est utilisé comme jardin d’enfants. Le gros coin de banlieue de Jinjang — où l’église est déjà implantée avec une importante école de Frères et où les Sœurs Canossiennes tiennent un jardin d’enfants — ainsi qu’une nouvelle zone d’habitation, où tout reste à faire, dépendent de ce nouveau centre d’Ipoh Road. D’ici quelque temps, soyons sûrs que l’énergie du P. Decroocq aura mis sur pied tout un complexe paroissial dont il a déjà les plans dans la tête. Souhaitons-lui bonne chance… et bonne santé... car, de temps en temps, on peut voir le P. Decroocq à l’hôpital où il fait réparer les dégâts occasionnés par son zèle.
De la banlieue nord, dirigeons-nous maintenant vers la banlieue sud où le P. GUITTAT nous attend au Sacré-Cœur de Peel Road. Ses cheveux blancs témoignent de 34 ans de travail en Malaisie, mais le P. Guittat a néanmoins gardé l’œil malin d’un jeune, bien mieux il a tout bonnement gardé le cœur et l’esprit d’un jeune. Il dirige sans histoire une importante commu-nauté chrétienne.
Empruntant le « Federal Highway », autoroute de dégagement vers l’ouest, allons mainte- nant faire un tour à Petaling Jaya où nous saluons le P. MAURY, doyen d’âge de Malaisie, qui attend Noël 1969 pour fêter ses 87 ans. Retiré dans une petite maison près d’Assunta Hospital, il a gardé une mémoire que l’on prend rarement en défaut et, soumettant chaque visiteur à un interrogatoire serré, il reste un des mieux informés de ce qui se passe dans la région. Conduisant lui-même en voiture, il a pris, sauf accident, le chemin de la centaine.
Près de lui, à Assunta Hospital, nouvellement arrivé dans le diocèse en juillet 1969, après vingt ans de professorat au collège de Penang, le P. VOLLE a commencé ses fonctions d’aumônier de l’hôpital, d’aumônier diocésain des infirmières catholiques et de vicaire suppléant à l’Assomption.
Puisque nous sommes en direction de l’ouest, poussons jusqu’à Klang, où le P. GIRAUD, — en êtes-vous surpris ? — bâtit un nouvel ensemble paroissial. Comme certains lui reprochent parfois de se « salir les mains » à collecter de l’argent, le P. Giraud, qui a les deux pieds sur terre, répond qu’il préférerait évidemment dépenser l’argent que d’autres auraient collecté pour lui, mais que, si nous avions tous suivi cette politique, nos fidèles se réuniraient encore sous les cocotiers. Il n’est d’ailleurs pas prouvé que l’humilité de tendre la main ne puisse être mise en balance avec l’esprit de pauvreté de celui qui se refuse à rien demander. C’est donc en toute tranquillité d’âme que le P. Giraud poursuit son projet, qui sera vraisemblablement terminé en 1970.
Une heure de voiture en direction du sud de K.L. nous amène à Seremban où nous trouvons trois confrères à la même paroisse de la Visitation. Mgr LIMAT, vicaire général du diocèse, toujours égal à lui-même, jouit de l’estime générale dans cette paroisse très active. Il a brillamment représenté les confrères de Malaisie à l’Assemblée de 1968. Dans un diocèse où le dialogue ne s’exprime pas toujours en termes diplomatiques, son solide bon sens doit lui être très utile et lui permettre de faire le point entre les générations.
Le P. PERBET, ayant achevé ses études de mandarin à Taïwan à la fin de 1968, fait ses premières armes à Seremban. L’abondance du travail paroissial en anglais lui rend difficile la mise en pratiqua de son mandarin qu’il s’efforce néanmoins d’utiliser au maximum. Ses compétences en matière liturgique lui ont valu une place dans la commission liturgique diocésaine.
Le P. BRETAUDEAU, « petit Pierre » pour les intimes, voit grand dans ses projets. Curé des Indiens du Négri Sembilan, en visite d’estates (plantations) cinq jours sur sept, ce n’est pas en quelques mots que l’on peut rendre justice à la façon dont il s’occupe de la « pastorale des plantations ». En attendant un article qu’il nous a promis sur le sujet, qu’il suffise de dire que son « Mouvement pour le relèvement des travailleurs des plantations » intéresse les ouvriers de 95 plantations de caoutchouc, que des groupes de couture fonctionnent pour les filles, tandis qu’un centre d’apprentissage de réparation radio a été lancé pour les garçons. Réunions de responsables de plantation, de responsables de secteurs, achats de matériel, recrutement et transport du personnel enseignant, voilà plus qu’il n’en faut pour occuper un curé, déjà pris par son ministère ordinaire. Notons en passant que nos trois Pères ont profité des heures creuses du couvre-feu pour apprendre à jouer au badminton. Ils s’affrontent parfois, la nuit venue, et les exclamations — oh ! combien savoureuses ! — ne sont ni en tamil, ni en mandarin, mais en bon français républicain... ou impérial.
Reprenons la route, et cette fois, depuis Kuala Lumpur, franchissons la chaîne centrale de montagnes. Une étape de près de 300 km nous amène à Kuantan, jolie petite ville en plein développement sur la mer de Chine. C’est le fief du P. HENRIOT. Une très belle église, à l’architecture originale, à la décoration intérieure en bois du pays, témoigne du bon goût et des efforts du curé. Ne prenant jamais de repos, travaillant en collaboration avec les Frères de St-Gabriel (qui ont là une école florissante) et les Sœurs Franciscaines Missionnaires, le P. Henriot continue à bâtir sa communauté chrétienne. Récemment, la base aérienne de la « Malaysian Air Force » vient de s’installer à Kuantan, et en prévision des développements futurs, un centre communautaire dédié à sainte Thérèse a été construit à proximité.
Après cette tournée, si nous voulons quelques jours de repos, on ne peut trouver mieux que Cameron Highlands où le P. X. DUBOIS cumule les fonctions de supérieur de notre maison régionale et de curé de Tanah Rata. Cette année, c’est le P. DANION que nous y aurions trouvé pendant le congé du P. Dubois en Suisse. Tous deux étant d’excellent accueil, Tanah Rata est resté très populaire pour tous ceux qui veulent s’y reposer du surmenage de la plaine.
Mentionnons que le P. DERMIGNY a quitté le diocèse en octobre 1968 pour faire un essai à la Trappe. Aux dernières nouvelles, il se trouverait à l’abbaye de Latroun, en Israël.
C’est avec tristesse qu’il nous faut signaler les décès de deux excellents confrères. Le P. MONNIN, ancien de Birmanie et affecté à K.L. au début de 1968, a soudainement été frappé de congestion en juillet. Resté de longs mois dans le coma, sans jamais reprendre connaissance et malgré les soins dévoués des Franciscaines Missionnaires d’Assunta Hospital, il fut décidé de le rapatrier pour tenter une opération. Parti de K.L. dans des conditions très spéciales — avion avec place spécialement aménagée, Sœur accom-pagnatrice... — le P. Monnin. après un mois d’hôpital à Paris, a rejoint la maison du Père le 4 avril 1969, laissant aux siens la consolation d’avoir pu l’assister dans ses derniers moments.
KUALA LUMPUR
RESPONSABILITÉS DIOCÉSAINES
Vicaire général Mgr LIMAT Edouard
Conseil épiscopal PP. GRIFFON Gilbert
Sénat diocésain LIMAT Edouard
GIRAUD Edouard
Commission liturgique PERBET Michel
LE GUEN Laurent
PALLIER Antoine (1)
Commission catéchétique BRETAUDEAU Pierre
Commission des laïcs PALLIER Antoine
GRIFFON Gilbert
RESPONSABILITÉS M.E.P.
Vice-supérieur régional PALLIER Antoine
MINISTÈRE PAROISSIAL
KUALA KUBU BAHRU DIFFON Léon
KUALA LUMPUR
— Cathédrale St-Jean PALLIER Antoine
PERRODEAU Albert
— St-Joseph, Sentul LE GUEN Laurent
— Ipoh Road DECROOCQ Pierre
— Sacré-Cœur, Peel Road GUITTAT Louis
KLANG
— N.-D. de Lourdes (Chinois) GIRAUD Edouard
SEREMBAN
— Visitation (Chinois) LIMAT Edouard
PERBET Michel
— Visitation (Indiens) BRETAUDEAU Pierre
KUANTAN, St-Thomas HENRIOT Antoine
TANAH RATA DUBOIS Xavier
MINISTÈRE EXTRA-PAROISSIAL
Aumônier national J.O.C. GRIFFON Gilbert
Aumônier national Cœurs Vaillants DIFFON Léon
Aumônier C.F.S.M DECROOCQ Pierre
Aumônier des Infirmières catholiques VOLLE André
Aumônier Boys Town, Batu Tiga DERMIGNY Jacques (2)
Détaché au collège de Penang PALLIER Antoine
RETIRÉ DU MINISTÈRE
A Petaling Jaya MAURY Noël
EN FRANCE
A Ménil-Flin MOREAU Georges
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(1) Affecté au collège de Penang en février 1969
(2) Entré à la Trappe en octobre 1968
(3) Le P. MAURY est décédé dans sa mission le 18 janvier 1970.
Peu de temps après, le 16 juin 1969, le P. LAURENT s’éteignait doucement à l’hôpital de Mount Alvernia, à Singapore. Très connu dans toute la Malaisie, il y avait occupé de nombreux postes depuis son arrivée en 1934. Citons par exemple : vicaire à St-Pierre-et-Paul, S’pore (1934-1936), curé de Balik Pulau, Penang (1936-1938), curé de Bukit Mertajam (1938-1939), curé de Seremban (1947-1950), curé de St-Michael’s, Ipoh (1950-1952), curé de la cathédrale St-Jean, K.L. (1957-1958). Le P. Laurent avait également rempli les fonctions de supérieur local (1952-1955) et de supérieur régional (1958-1960). Il était très connu et estimé de nombreux confrères de la Société qui l’avaient particulièrement apprécié comme économe de la maison de Paris pendant la difficile période 1941-1946. Hospitalisé depuis 1962, son état alla en empirant d’une façon insensible jusqu’à une paralysie presque totale, jusqu’à la fin, le P. Laurent aura gardé toute sa connaissance... et son sourire. Il ne laisse que des amis.
II. - République de Singapore
Situation de l’Eglise locale
1. — Evénements politiques
Nation indépendante depuis la séparation d’avec la Malaisie, le 9 août 1965, la Républi- que de Singapore compte 2 030 000 habitants, parmi lesquels 1 454 500 Chinois et 283 500 Malais. Le Président de la République, Inche Yusof bin Ishak, est malais, mais le pouvoir effectif est entre les mains du Premier ministre, Mr. Lee Kuan Yew, dont le parti. le P.A.P., (People’s Action Party, parti d’action populaire) a remporté la totalité des sièges aux élections du 13 avril 1968. A part un refroidissement avec l’Indonésie, au moment de la pendaison par S’pore de deux saboteurs indonésiens qui avaient été capturés au moment de la « confrontation », peu d’événements ont marqué la vie politique de la République, et la tension raciale y est pratiquement inconnue.
Le retrait des Anglais de leurs bases navale et aérienne est la seule question qui va poser quelques problèmes épineux. Ce retrait, qui doit s’achever en 1971, bien qu’adouci par une promesse d’aide britannique de 50 millions de livres, va entraîner une perte de 14 % dans le revenu national et l’obligation de reclasser les quelque 40 000 Singaporéens employés par les bases.
2. — Affaires sociales, économiques, etc.,.
Pour maintenir la prospérité de S’pore, la solution de Mr Lee Kuan Yew a été de « retrousser les manches », de bâtir pour S’pore une « rugged society » (société de « durs ») qui se mette résolument au travail et de faire de l’île non seulement un entrepôt commercial, mais aussi un important complexe industriel. Sous son impulsion, une campagne de propreté (« Keap S’pore Clean ») a grandement amélioré l’apparence de la ville : un mégot négligemment jeté vous donne droit à une amende draconienne… après quoi, vous préférerez le placer délicatement dans les boîtes réservées à cet effet ! Les écoles tiennent très grand compte du « muscle » et les élèves s’enrôlent dans des associations para-militaires. Le service militaire va être obligatoire pour les garçons et pour les filles. L’armée elle-même a reçu des instructeurs israéliens, appelés actuellement « les mexicains » et les tanks français AMX ont défilé à la parade de l’Indépendance. En août 1968, le ministre des Affaires sociales ayant remarqué que, dans les écoles de S’pore, 140 000 élèves étudiaient dans la branche académique contre 18 000 seulement dans la branche technique, le gouvernement a lancé un programme massif pour former en série les ouvriers qualifiés et les cadres de son industrie en développement.
Parmi les réalisations récentes de S’pore, quelques-unes frappent le visiteur. On peut citer, par exemple, l’extraordinaire développement des « Housing-estates » (cités d’habitations), tels celui de Ton Payoh qui va grouper 300 000 habitants, ou ceux de Queenstown, Mac Pherson. Tiong Bahru. Plus de 100 000 unités de logements ont été construites depuis 1960 et l’on dit que la cadence de construction à l’heure actuelle a atteint une unité toutes les 45 minutes. Très spectaculaire également le développement de l’immense complexe industriel de Jurong, où l’on compte déjà 137 usines en pleine production et où plus de 100 autres s’installent… pour créer une ville industrielle satellite de 500 000 habitants. Dans un autre coin de l’île, 1 000 acres de terrain ont été « réclamés » (récupérés) sur la mer, à la cadence d’un hectare par jour. La paroisse de Katong et l’école St-Patrick qui étaient limitrophes de la mer s’en trouvent maintenant à plus de 500 mètres. Pour fournir en eau une population grandissante, la capacité du réservoir de Seletar a été plus que doublée. Pour attirer le tourisme enfin, de magnifiques hôtels de première classe sont en construction ou déjà achevés, tels que le Malaysia Hôtel, le Singapore Hilton, le Ming Towers ou le Merlin.
L’impression générale est que Singapore fait face à l’avenir avec confiance.
Situation de l’Eglise locale
1. — Rôle de la Communauté M.E.P.
On ne peut que renvoyer ici à ce qui a été dit plus haut au sujet de la communauté M.E.P. en Malaisie.
2. — Limites
Faisons remarquer de suite que les limites du diocèse de S’pore débordent de beaucoup les limites de la République. Son appellation exacte est d’ailleurs archidiocèse de Malacca-Singapore, et il englobe les Etats de Malacca et de Johore, c’est-à-dire toute la partie sud de la Malaisie. Cela ne va pas sans créer certains problèmes, comme par exemple le transfert des prêtres d’un pays à l’autre. Etant citoyens de l’un ou de l’autre, il leur est difficile de passer de l’un à l’autre, autrement qu’en visa « touriste ». Géographiquement, politiquement et pastoralement, la partie Johore-Malacca du diocèse de Singapore fait partie de la Malaisie et les remarques faites plus haut sur l’Eglise en Malaisie s’appliquent davantage à elle qu’à ce que l’on va ajouter sur S’pore.
3. — Mgr Olçomendy
Evêque de Malaisie depuis 1947, archevêque de Malacca-Singapore depuis 1953, Mgr OLÇOMENDY dirige ce diocèse dont la population totale est de 3 764 900 habitants (dont 2.030.000 à S’pore). La proportion catholique (92 800 fidèles, soit 2,5 %) y est la plus forte de la région. 111 prêtres, dont 34 religieux et 46 locaux, sont en activité. Le groupe M.E.P. comprend 31 confrères. Parmi les religieux, notons la présence de Rédemptoristes, de Jésuites, de Pères de Scheut, de Franciscains et de Pères de Picpus. Personnel abondant, certes, mais encore très insuffisant pour les besoins du diocèse.
4. — La mise en place de nouvelles structures
Elle se fait lentement, mais avec assez de bonheur. La situation est encore assez floue, mais va en se précisant et en s’améliorant de mois en mois. Tout le diocèse a été quadrillé en districts qui envoient leurs représentants au Sénat diocésain ; de plus, les vicaires de paroisses et les aumôniers d’A.C. sont également représentés. Ce sénat, qui se réunit tous les deux mois, a permis d’établir un début de dialogue par des questionnaires envoyés aux prêtres. A l’intérieur du sénat, deux groupes d’études ont été créés, l’un concernant la vie des prêtres présidé par le P. MUNIER et l’autre, concernant l’apostolat diocésain présidé par le P. CHARBONNIER.
Quelques paroisses ont établi leurs conseils paroissiaux.
L’apostolat des laïcs, notamment la J.E.C., avec les PP. ARRO et TROQUIER, et le C.F.S.M., avec le P. CHARBONNIER, contribue à former un laïcat de plus en plus conscient de ses droits et de ses devoirs. La commission préparatoire du laïcat a récemment étudié et publié une charte pour l’insertion du laïcat dans la pastorale diocésaine.
La commission catéchétique, par l’entremise d’un centre catéchétique animé par les Franciscaines Missionnaires de Marie et quelques laïcs spécialisés, s’occupe activement de la formation des enseignants chrétiens, soit par des cours et des sessions, soit par des contacts directs avec les enseignants dans les écoles.
Un cours de préparation au mariage, organisé par le P. MEISSONNIERS groupe chaque année en trois sessions un assez grand nombre de fiancés et de jeunes foyers.
Le diocèse se préoccupa aussi de l’avenir et, malgré le manque de prêtres, vient d’envoyer à Rome pour études de théologie deux jeunes prêtres : les PP. CHIA et KOLANDEISAMY.
La communauté M.E.P.
I. — RÉPUBLIQUE DE SINGAPORE
Commençons la visite des confrères de S’pore par l’archevêché où Mgr OLÇOMENDY est toujours assisté de son parfait secrétaire, le P. GIRARD. Ce dernier cumule les fonctions de chancelier, procureur diocésain, économe régional, et ne peut guère s’absenter de S’pore. A peine le fait-il d’ailleurs, que le gouvernement français en profite pour dévaluer le franc, comme tout récemment lorsque notre économe a pris trois mois de congé bien mérités. Le P. MEISSONNIER continue à faire de nombreuses conversions par catéchisme individuel. Très influent dans les milieux intellectuels — une conversion en entraîne une autre — le P. Meis- sonnier réussit ensuite à garder contact avec la majorité de ses convertis.
Non loin de la cathédrale, au Sacré-Cœur, le P. M. ARRO, tout content d’avoir terminé son temps de professorat au collège de Penang, s’est lancé avec délices dans le travail paroissial et l’apostolat des laïcs sur le plan diocésain. Aumônier J.E.C., président de la commission catéchétique, membre de la commission liturgique, ou bien il sort d’une session, ou bien il est en train d’en organiser une autre. Délégué à l’Assemblée, il y a ouvert les yeux et les oreilles (ne parlons pas de la bouche car chacun sait qu’il est intarissable) et nous a rapporté des anecdotes savoureuses. A lui seul, le P. Arro est centre d’informations catholiques internationales.
Passons à Ste-Bernadette, où les PP. CHARBONNIER et BOUTTAZ sont tous deux vicaires d’un curé local. Le P. Bouttaz est nouveau dans la paroisse, mais l’apostolat dans les « housing-estates » n’a guère de secret pour lui, qui faisait auparavant tandem avec le P. Challet dans les grands ensembles de Mac Pherson. Le P. Charbonnier se sert de la paroisse comme base de son apostolat des laïcs à S’pore. Il s’intéresse à tous les mouvements, mais c’est surtout par le C.F.S.M. (mouvement d’action familiale et sociale) dont il est aumônier diocésain, qu’il donne une impulsion réelle, non seulement à la formation de nouveaux groupes mais, d’une façon plus générale, à la formation d’un vrai laïcat chrétien dans la ligne de Vatican II.
A Kompong Bharu, dans le quartier du port et de la gare, nous trouvons deux autres confrères à Ste-Thérèse : le P. BRYGIER, toujours apatride, citoyen du monde en somme, car aucun pays n’est intéressé à lui délivrer un passeport, s’occupe des Chinois. Il jette des regards inquiets vers le nord de sa paroisse, où la construction de grands ensembles va multiplier le nombre de ses paroissiens. Le P. NICOLAS, plus spécialement en charge des chrétiens tamil, a son violon d’Ingres : l’audio-visuel qu’il utilise surtout pour les cours de catéchisme du dimanche qui groupe à Ste-Thérèse plus de 250 enfants.
Revenons vers le centre de la ville et, dans une des plus vieilles paroisses de la ville, à Ophir Road, essayons d’accrocher le dynamique et remuant benjamin du groupe (benjamin de 38 ans, ordonné en 1955), le P. CHRISTOPHE. Il revitalise de son mieux un milieu difficile et, dès qu’il aura le temps de s’asseoir, pourra écrire un volume sur les « cas » extraordinaires qu’il s’efforce de solutionner.
Les PP. ABRIAL et TROQUIER s’occupent, à eux deux, de la paroisse voisine de St-Michel. Ils y font le travail de quatre. C’est sur leur secteur que se développe le plus grand ensemble d’habitations de S’pore : Toa Payoh. Plus de 300 000 habitants prévus et déjà plus de 100 000 installés. En attendant la création d’une nouvelle paroisse, on y dit la messe pour l’instant dans le Hall municipal, loué à cet effet tous les dimanches. De laborieux pourparlers ont permis d’acquérir un terrain et le P. Abrial, qui a l’habitude puisqu’il a bâti autrefois Ste-Bernadette, s’est vu confier la responsabilité de construire la nouvelle église. Le P. Troquier anime aussi la J.E.C. sur le plan diocésain,
MALACCA-SINGAPORE
RESPONSABILITÉS DIOCÉSAINES
Archevêque Mgr OLÇOMENDY Michel
Vicaire général Mgr BERTHOLD Hippolyte
Conseil épiscopal PP. AMIOTTE-SUCHET Louis
MUNIER Paul
CHARBONNIER Jean
Commission catéchétique ARRO Michel
Commission liturgique ARRO Michel
NICOLAS René
Procureur, Secrétaire de l’Evêché GIRARD René
RESPONSABILITÉS M.E.P.
Conseiller régional ARRO Michel
MINISTÈRE PAROISSIAL
SINGAPORE
— Cœur Immaculé de Marie, Serangoon Mgr BERTHOLD Hippolyte
— Sacré-Cœur, Tank Road ARRO Michel
— Ste-Bernadette, Zion Road BOUTTAZ Pierre
CHARBONNIER Jean
— Ste-Thérèse, Kampong Bharu BRYGIER Félix
NICOLAS René
— N.-D. de Lourdes, Ophir Road CHRISTOPHE André
— St-Michel ABRIAL Pierre
TROQUIER Jean-Jacques
— St-Etienne, Marc Pherson CHALLET René
DANION Louis
— St-François-Xavier, Serangoon Garden MUNIER Paul
— St-Vincent-de-Paul, Jalan Kayu SAUSSARD Henri
— Etoile de la Mer, Base navale FORTIER Albert
— Sainte-Famille, Katong BOURCART Jean
MAGNIN Louis
— N.-D. du Perpétuel Secours, Siglap AMIOTTE-SUCHET Louis
— St-Antoine, Mandai HUC Cyprien
SUD-MALAISIE
— JOHORE BAHRU DUPOIRIEUX Octave
— HULAI JÉGO François
— CHA’AH BINET Bernard
— LABIS BARRETEAU Claude
— SEGAMAT SAINT-MARTIN Félix
MINISTÈRE EXTRA-PAROISSIAL
Petit séminaire St-François-Xavier BARTHOULOT Pierre
Aumônier individuel d’adultes MESSIONNIER Philippe
Aumônier Boys’ Town DUFAY François
Aumônier diocésain J.E.C. ARRO Michel
Aumônier diocésain C.F.S.M. CHARBONNIER Jean
PROCURES M.E.P LOBEZ Pierre
Le P. CHALLET est curé de la paroisse voisine. Là aussi, c’est une paroisse nouvellement ouverte pour les grands ensembles de Mac Pherson. Il n’y a pas encore d’église et les fidèles se réunissent le dimanche dans le hall du couvent. Quant au curé, il réside dans une petite maison, en plain milieu de ses ouailles. Le P. L. DANION, après avoir brillamment remplacé le P. Dubois à Cameron Highlands pendant le congé de ce dernier, est venu prendre à Mac Pherson la succession du P. Bouttaz. Il n’y a pas trop de deux prêtres dans cette paroisse très peuplée, dont le curé a de plus le souci de construire la nouvelle église.
A Serangoon Garden Estate, paroisse St-François-Xavier, le P. MUNIER constata avec plaisir que, les habitations étant déjà construites, sa paroisse a l’avantage de ne pas s’agrandir. Il en profite pour consolider l’édifice spirituel.
A Serangoon, Mgr BERTHOLD, vicaire général, est en charge de la plus grosse paroisse de Singapore, et de toute la Malaisie : 10 000 catholiques. Même avec trois assistants, c’est lourd… et l’on comprend sans peine que Mgr Berthold se soit accordé cette année deux petits mois de congé en France et aille parfois se distraire, en faisant un peu de travail manuel à la ferme qu’il a établie à Ponggol.
Ponggol, nous voici au petit séminaire St-François-Xavier où le P. BARTHOULOT assure depuis plus de vingt ans la formation sacerdotale des futurs prêtres des six diocèses de la région. Le bien ne fait pas de bruit... La preuve : le succès du P. Barthoulot est plutôt dans la confiante affection de ses anciens élèves, aujourd’hui dispersés à travers toute la Malaisie.
Ne quittons pas ce coin de S’pore sans passer par Jalan Kayu où le P. SAUSSARD est encore un de ces curés de paroisse sans église. Il faut voir le centre communautaire de Jalan Kayu, au milieu d’une rue commerçante, à côté d’un bar, avec sa chapelle en sous-sol, donnant de plain-pied au rez-de-chaussée, avec salle de réunion et un minimum d’espace vital pour le curé à l’étage, pour se rendre compte de la proximité du Père avec ses gens. Là aussi, la construction de nouveaux H.B.M. va obliger notre confrère à bâtir un lieu de culte p1us spacieux. Les plans sont prêts, paraît-il. Gageons cependant que le P. Saussard gardera toujours la nostalgie de son coin populaire de Jalan Kayu.
Puisque nous sommes dans le nord de l’île, ne le quittons pas sans dire bonjour au P. FORTIER, à Sembawang. Curé de la base navale, sa préoccupation est évidemment le départ des forces anglaises. Ce départ va contraindre pas mal de paroissiens à trouver un autre emploi, ou a émigrer vers l’Inde dont la plupart sont originaires. Mais déjà le gouvernement de S’pore a prévu des aires de développement dans le périmètre de la base... et le départ des uns sera sans doute largement compensé par de nouvelles arrivées.
Allons maintenant faire un tour dans les deux belles paroisses de l’est de l’île. A la Ste-Famille de Katong, les PP. BOURCART et MAGNIN semblent ne point ressentir « des ans l’irréparable outrage ». Avec une énergie et une vitalité de jeunes, ils échafaudent projet sur projet. En fait, il y a tellement d’échafaudages sur le terrain qu’ils ont pratiquement demandé à leurs paroissiens d’émigrer temporairement dans les paroisses voisines pour la messe du dimanche, jusqu’à l’achèvement des travaux. Travaux ? Un magnifique presbytère vient juste d’être terminé... et c est maintenant le tour de l’église, qu’il faut agrandir, car aux nombreuses messes dominicales, elle ne peut contenir tous les paroissiens.
Un peu plus loin, à Siglap, le P. AMIOTTE préside aux destinées de la paroisse N.-D. du Perpétuel-Secours. Paroisse très vivante, avec toutes les organisations connues et quelques autres connues seulement du P. Amiotte. Depuis le biberon jusqu’à la tombe, tout le monde est dûment encadré et progresse joyeusement vers le Christ.
On ne peut manquer de signaler la place tenue à S’pore par le P. LOBEZ, moins sans doute par son travail de procureur que par son accueillante hospitalité des confrères et des prêtres locaux. C’est avec peine que les uns et les autres ont appris la nouvelle de son état de santé alarmant et de ses crises cardiaques consécutives. La dernière attaque a d’ailleurs conduit le P. Lobez à l’hôpital et, le docteur ayant interdit toute activité, il est parti se reposer à Mandai chez le P. Huc.
Prenons maintenant la route de la Malaisie et arrêtons-nous à Boys’town, où le P. DUFAY est aumônier des Frères de St-Gabriel et de leurs nombreux élèves. Il y est entouré de l’estime des uns et des autres. Son champ d’apostolat s’étend aussi aux Chinois de la base navale, car le P. Dufay tient à garder le contact avec la Chine, où il a laissé son cœur et sur les problèmes de laquelle il reste un des missionnaires des mieux informés.
Avant de quitter S’pore, passons à Mandai chez le P. HUC. Seule paroisse rurale de toute l’île, Mandai groupe autour de son église des cultivateurs chinois qui approvisionnent S’pore en légumes frais. Le calme de son presbytère, perché sur une petite colline, contraste avec l’animation des autres paroisses de l’île. C’est certainement pour cette raison que le P. Lobez y est venu demander l’hospitalité du curé, afin de pratiquer aussi, sans doute, un « hobby » recommandé à tous les malades du cœur : l’étude des étoiles.
2. — SUD-MALAISIE
Passons le « Causeway », la douane, et nous voilà à Johore où le P. DUPOIRIEUX est vicaire d’un curé chinois. Grand confesseur et grand instructeur de catéchumènes, après quarante ans de Malaisie et malgré une santé assez précaire, le P. DUPOIRIEUX continue avec zèle à rendre de précieux services dans cette grosse paroisse de l’Immaculée-Conception.
Un peu plus loin, au nord, nous voici dans le fief du P. JÉGO, à Kualai, poste vraiment missionnaire, où le P. Jégo a utilisé avec succès le « Catholic Welfare » (Secours catholique) comme méthode de contact et d’apostolat des non-chrétiens. Cette année, une nouvelle chapelle, construite par le Père à Pekan Nanas, est venue porter à cinq le nombre des dessertes de ce district. Le P. Jégo s’y est usé la santé, et, parti en congé en mai 1969, il essaye maintenant de « se retaper » en France, afin de nous revenir tout neuf poursuivre son apostolat.
Le secteur le plus au nord de l’Etat de Johore groupa une équipe dynamique de trois missionnaires, assez proches les uns des autres et s’épaulant mutuellement dans un apostolat difficile. Deux nouveaux postes ont été ouverts. Dans le premier, au sud du secteur, à Cha’ah, le P. B. BINET, utilisant une chapelle déjà existante, vient d’y ajouter un presbytère modeste, mais très fonctionnel. Les chrétiens, peu nombreux, travaillent surtout dans les plantations d’huile de palme de la Socfin, une des rares sociétés françaises de Malaisie. Il faut toute l’ardeur du P. Binet pour défricher le milieu ambiant, encore très loin du Christ. Dans le deuxième poste, au centre du secteur, à Labis, le P. BARRETEAU s’est installé dans la sacristie d’une vieille chapelle en planche, et, peu à peu, établit le premier contact avec les non-chrétiens. Préparant lui-même sa nourriture ou mangeant dans une boutique chinoise pour être encore plus proche du milieu à évangéliser, le P. Barreteau continue la tradition des pionniers m.e.p. Au nord du secteur, à Segamat, dans une paroisse déjà mieux établie, le P. SAINT-MARTIN, doyen de l’équipe, apporte le réconfort et la fraîcheur de son vert langage et de sa fraternelle charité. C’est sur cette note m.e.p. que nous prenons plaisir à terminer ce compte rendu annuel, espérant avec confiance que la divine Providence saura faire fructifier les efforts et les sacrifices que représentant ces divers travaux.
Pierre GAUTHIER,
Supérieur régional.
Séminaire régional de Penang
I. — Le séminaire
A la rentrée, le 20 février 1969, le séminaire avait un corps permanent de 9 professeurs, et 96 étudiants.
PROFESSEURS
PP. PALLIER (m.e.p.) Année préparatoire,
CHOONG (Penang) Première année de philo et de catéchétique,
DANTONEL (m.e.p.) Deuxième année de philo et histoire de la philo,
BLAIS (m.e.p.) Liturgie, droit canon, apologétique,
L’HOUR (m.e.p.) Ecriture Sainte,
BOSC, recteur (m.e.p.) Théologie morale fondamentale,
FELIX-FAURE (m.e.p.) Théologie dogmatique,
BALHETCHET (Singapore) Ecclésiologie,
THASANAI (Bangkok) Sacrements
COURTOT (m.e.p.) Théologie morale spéciale, bouddhisme.
Quatre de ces professeurs ne figuraient pas sur cette liste en 1968. Le P. Blais, durant les deux dernières années, suivait en France les cours de l’Institut liturgique de Paris. Les PP. Pallier, Balhetchet et Thasanai sont venus du ministère et enseignent au séminaire pour la première fois. Le P. Anselme, capucin allemand, spécialiste de l’Islam, vint régulièrement, pendant deux mois, donner des conférences.
Le P. L’HOUR, professeur d’Ecriture Sainte, a pris son congé à la fin du premier semestre.
Comme les années précédentes, 11 professeurs laïcs vinrent enseigner les langues locales : chinois, tamoul, malais et anglais.
Le 9 septembre 1969, le P. Blais, professeur de liturgie, donnait sa démission, qui fut acceptée par la Conférence épiscopale.
La principale difficulté pour constituer un corps professoral provient de la réticence des évêques à détacher pour ce ministère des prêtres ayant les qualités requises pour l’enseignement dans un séminaire.
SÉMINARISTES
A la fin de 1968, il y avait 83 étudiants présents et 5 absents. Au début de 1969, 29 nouveaux furent admis, et le total était de 96 présents et 3 absents pour différentes raisons.
Ces séminaristes appartiennent à 16 diocèses ou vicariats apostoliques et un ordre religieux (Stigmatines). 53 viennent de Malaisie, 39 de Thaïlande et 4 appartiennent à d’autres diocè-ses. Trois d’entre eux durant l’année, furent autorisés à faire des études à l’extérieur (l’un d’eux étudie les sciences économiques à l’Université de Malaisie). Deux quittèrent de leur propre gré. Un autre fut transféré au séminaire de Taipei par son évêque. A la fin de l’année, quatre étudiants thaï demandèrent à passer un an et plus en dehors du séminaire pour étudier leur vocation et cette permission leur fut accordée.
8 diacres, au terme de leurs études en décembre 1969 et janvier 1970, furent ordonnés prêtres dans leur diocèse respectif (4 de Singapore, 1 de Kuala Lumpur, 1 de Kota Kinabalu, 1 de Miri, 1 de Kuching).
II. — Evénements
L’année scolaire débuta le 20 février 1969 pour se terminer le 2 décembre, avec une coupure de six semaines en juillet-août. Tout au début de l’année scolaire, les Pères du collège envisagèrent l’idée de former une commission, comprenant des prêtres diocésains, des religieux, des religieuses et des laïcs, qui serait chargée d’adapter la formation des futurs prêtres dans le contexte de la société locale. Des représentants de différents diocèses tinrent leur première réunion, au plan national, en septembre.
Durant le premier semestre, notre chapelle fut rénovée : maintenant elle est mieux adaptée pour les célébrations liturgiques suivant le décret sur la liturgie sacrée. Elle fut inaugurée le dimanche des Rameaux par une célébration biblique, en présence de Mgr YONG.
Pour faciliter une meilleure diction et l’étude des langues, un laboratoire comprenant dix unités a été installé. Une unité fonctionne depuis le deuxième trimestre. Son coût (4 000 dollars américains = 12 000 dollars malais) a été entièrement couvert par des dons. Dix autres unités ont été commandées, mais l’argent reste à trouver.
Du 29 décembre au 1er octobre, des sessions catéchétiques pour les philosophes et des sessions œcuméniques pour les théologiens furent organisées en même temps. Durant le second semestre, les étudiants purent suivre des conférences sur le système politique aux Etats-Unis et sur la méthodologie à suivre pour les enquêtes sociales.
En novembre, le P. Dantonel participait à la conférence liturgique régionale et était élu secrétaire de cette commission.
L’année s’est terminée par la réunion générale annuelle des professeurs et des étudiants.
III. — Vie spirituelle et liturgique
VIE SPIRITUELLE
Cette année, on a pu constater un progrès remarquable sur certains points concernant la vie spirituelle du collège. Les étudiants de première année ont montré clairement une plus grande aptitude à une réflexion spirituelle personnelle pour établir un lien entre leurs études et leur vie spirituelle.
Nos étudiants y ont été aidés, ainsi que pour leur vie de prière, grâce à des contacts avec des laïcs et à travers des activités pastorales. Ceux qui font partie de groupes de révision de vie ont aussi gagné, dans la même ligne, une spiritualité plus personnelle et une intelligence plus chrétienne de leur vie.
La division des conférences spirituelles (chaque année ayant ses conférences séparément) et une plus grande participation des étudiants par des discussions et préparations communes sont aussi pour quelque chose dans ce progrès.
Cependant des difficultés demeurent. En général, on a remarqué que les étudiants man-quent d’une perspective spirituelle dans leurs jugements et dans leurs réactions. Plusieurs exercices spirituels ont été laissés à la responsabilité de chacun, et certains n’ont pas réussi à montrer qu’ils étaient suffisamment capables d’assumer cette responsabilité. Ceci est particu-lièrement vrai pour la méditation ; la plus grande difficulté est due à un manque d’entraînement à une réflexion personnelle, surtout parmi les étudiants de première année,.
VIE LITURGIQUE
Messe. L’introduction du nouveau rite de la messe a apporté une plus grande participation de toute la communauté, tant dans la préparation que dans la célébration pour toute la communauté.
Des messes de groupes ont été célébrées durant le premier semestre, à la satisfaction unanime des séminaristes. D’après un sondage fait dans la communauté, les séminaristes ont mentionné que de telles célébrations en groupe stimulaient l’unité et apportaient une meilleure compréhension de la messe, en augmentant la foi et en accentuant le lien entre la messe et la vie.
Il est regrettable qu’une expérience aussi profitable n’ait pu être faite qu’exceptionnelle-ment durant le second semestre : la Conférence épiscopale demandait que l’Instruction de Rome du 15 mai 1969 sur les messes en groupa soit suivie à la lettre, nous obligeant ainsi à célébrer la messe de groupe dans la chapelle des sœurs, seul endroit adapté, où seulement quelques groupes purent réaliser cette célébration. Nous avons conscience qu’un plus grand nombre d’étudiants auraient approfondi leur foi dans une plus grande compréhension du mystère eucharistique, si de telles célébrations avaient pu être continuées tout au long de l’année.
Une autre difficulté concernant la célébration de la messe est l’heure matinale (6 h 15), qui n’est pas pour favoriser la participation. Jusqu’ici, aucune solution à ce problème.
Les Laudes et les Vêpres sont restées la prière du matin et du soir de la communauté. Un type plus souple et une préparation active par les séminaristes ont aidé à donner à ces prières plus de sens. Cependant, la difficulté d’employer des psaumes comme prière a été ressentie par bon nombre d’étudiants, surtout parmi les jeunes.
Autres célébrations liturgiques : (services bibliques, cérémonies pénitentielles). A cause de l’importance que nous accordons à la Messe, aux Laudes et aux Vêpres, très peu a été fait concernant ces célébrations. Un grand besoin d’organiser des cérémonies pénitentielles est ressenti, et souvent par les séminaristes eux-mêmes qui, comme beaucoup de jeunes de leur génération, éprouvent une certaine difficulté à s’approcher du sacrement de pénitence. De telles cérémonies pénitentielles aideraient à faire de ce sacrement une célébration qui le rehausserait et lui donnerait plus de sens.
IV. — Les études
ORGANISATION
Le seul changement important fut l’introduction d’un cours de préparation à la parole publique pour les élèves des première, cinquième et sixième années.
Emploi du temps. Chaque étudiant a suivi une moyenne de 14 cours par semaine (en plus de deux ou trois classes de tamoul, chinois et malais ou anglais). Deux cours le matin et un l’après-midi. Officiellement, vingt heures sont réservées à l’étude personnelle. Le mercredi est le jour de sortie libre. Le samedi et le dimanche, des permissions de sorties, spécialement pour les activités paroissiales, furent accordées assez facilement.
Livres de cours. Une très grande difficulté fut de se procurer les derniers livres parus, à cause du retard de la traduction en anglais. Certains livres, commandés en Angleterre ou aux Etats-Unis en novembre 1968, arrivèrent très en retard, d’autres étaient épuisés.
Examens et compositions. Pour les matières principales, la durée de l’examen écrit était de trois heures et de dix minutes pour l’oral. Pour les matières secondaires l’examen écrit est d’une demi-heure.
Chaque semestre, les étudiants doivent faire une dissertation sur certains sujets importants pour lesquels il n’y a pas d’examen écrit, mais simplement un oral à la fin du semestre. Les étudiants sont d’ailleurs d’accord pour dire que des essais leur sont plus profitables, car ils exigent plus un travail de réflexion qu’un travail de mémoire. Quant aux examens oraux, plusieurs étudiants n’en voient pas l’utilité, ils préféreraient les passer en privé plutôt qu’en public.
LA RÉUNION GÉNÉRALE ANNUELLE
A la fin de l’année, durant deux jours, Pères et étudiants ont eu une réunion portant sur les études au collège. Voici les principales conclusions.
Les cours. En général, les étudiants en sont satisfaits. Ils ont cependant exprimé le désir que les cours soient mieux adaptés à la vie pratique. Certains ont fait ressortir la difficulté de prendre des notes durant les cours. On a suggéré davantage de travail personnel pour certains sujets et une meilleure coordination entre les professeurs.
L’étude personnelle. Les séminaristes étudient en moyenne 18 h par semaine (minimum = 15 h - maximum = 24 h). Ils rencontrent cependant certains obstacles à l’étude personnelle : le mauvais état du bâtiment, l’équipement défectueux de la bibliothèque.
Par ailleurs, les étudiants eux-mêmes ne voient pas toujours la nécessité de l’étude personnelle en vue de leur futur ministère pastoral. L’anglais, qui est la langue d’enseignement, constitue une difficulté.
Travail en équipe. La plupart des étudiants reconnaissent qu’ils ont plus de profit à travailler en équipe ; certains obstacles demeurent comme les différences de niveau intellectuel, le manque de méthode, de temps et de livres adéquats.
Il n’y a pas eu de changement majeur dans le cycle des études durant l’année passée, les résultats étant satisfaisants.
Au cours de cette réunion de fin d’année, la plus grande partie du temps a été consacrée à revoir les matières étudiées sous tous leurs aspects. Menés dans une excellente atmosphère de coopération, elle a été fructueuse pour tout le monde.
Impressions générales. La prise de conscience de l’importance des études pour leur vie de prêtre est généralement un fait accepté par les étudiants ; cependant ils demandent de plus en plus que ces études et la manière de les présenter soient en rapport avec la vie. Ils expriment le désir qu’elles soient présentées sous leur aspect concret, avec leur propre participation active. Certains professeurs ont expérimenté le travail en équipe et exprimé leur satisfaction des résultats obtenus, tout en regrettant le manque de temps pour un tel travail et aussi la différence de niveau intellectuel des étudiants.
En général, les professeurs constatent, chez un grand nombre d’étudiants, un manque d’effort ou leur inaptitude pour un travail de recherche personnelle, et aussi la grande difficulté à trouver les livres adéquats pour un certain nombre de sujets étudiés,
ANNÉE D’INITIATION
Les professeurs regrettent que manque dans les petits séminaires une préparation à la participation active, à la réflexion personnelle et à la responsabilité personnelle dans le programme de travail.
En philosophie, en général, les étudiants ne sont pas convaincus qu’il y ait rapport entre les études et la vie.
Dans l’étude du mystère chrétien et l’histoire du salut, la principale préoccupation était d’aider les étudiants à faire de leur foi et de leur vocation une réponse personnelle, un engagement au Christ, et de leur vie spirituelle une relation personnelle avec Lui ; d’où l’insistance sur une participation active par les discussions en classe, les compositions, la révision de vie. Un changement dans la manière de voir a été remarqué chez la majorité des étudiants de première année : ils ont exprimé leur satisfaction à la fin de l’année. Les professeurs ont rencontré des difficultés dues à l’anglais assez pauvre de la plupart des étudiants thaï, à l’intelligence médiocre de certains, au niveau de connaissance assez bas chez la plupart, à quelques exceptions près, et au manque d’expérience des professeurs eux- mêmes.
DIACRES
Les résultats en général semblent bons. Cependant, professeurs et étudiants semblent ressentir l’imperfection des études, à cause d’un manque d’expérience pédagogique des professeurs, à cause des difficultés de langue chez les professeurs thaï, et aussi de manque de spécialisation, et enfin à cause de l’insuffisance de livres de cours adéquats.
ETUDIANTS DE LA DEUXIÈME A LA CINQUIÈME ANNÉE
Certains professeurs ont exprimé leur manque d’expérience et souvent la difficulté de se procurer les livres d’anglais voulus. On a généralement ressenti que l’aptitude de la plupart des étudiants à la réflexion personnelle et à la recherche est plutôt pauvre et même fait défaut. Différents essais ont été tentés dans les travaux en équipe ; ils ont donné satisfaction, malgré les difficultés ; différence de niveau intellectuel et manque de temps pour une préparation convenable. Les étudiants se plaignent aussi du manque de temps pour l’étude et la réflexion personnelle, l’étude des langues et l’entraînement à la parole publique. Pourtant, un progrès certain, particulièrement dans l’enseignement de l’anglais, grâce à l’installation du laboratoire de langues, et à la compétence du professeur qui en a la responsabilité. D’autres langues vont être introduites dans ce laboratoire en 1970.
V. — La vie de la Communauté
Relation entre les étudiants. On apprécia un effort positif et sincère, de la part des étudiants, pour créer un bon esprit de communauté, malgré certaines difficultés dues à sa composition même : le nombre des séminaristes thaï s’est accru notablement cette année. De là, certains problèmes ont été davantage mis en évidence : emploi d’une langue commune (i.e. l’anglais) — différence de mentalité et de milieu culturel (rural et urbain). Une difficulté naît de ce que des séminaristes plus jeunes et de plus âgés vivent dans les mêmes lieux : les aînés sont convaincus que des responsabilités et initiatives devraient leur être accordées pour encourager un meilleur épanouissement humain.
Pères et étudiants. Des deux côtés, un effort particulier a été fait pour trouver des terrains favorables au dialogue et à la réflexion commune à l’intérieur du séminaire. A la réunion de la fin d’année, la satisfaction a été générale pour ce qui concerne l’expérience du système des réunions de classe (une fois par mois, les séminaristes avec deux professeurs), système lié à un conseil rénové des étudiants, Quant aux deux journées de la réunion de fin d’année, elles ont été menées dans un esprit de bonne volonté et de coopération, à la satisfaction de tous les intéressés.
Formation humaine. Les séminaristes, surtout les anciens, ont senti le besoin de plus grandes facilités pour exercer leur responsabilité et leur initiative personnelle, comme la meilleure préparation à leur ministère sacerdotal. Il y a un besoin de recherche et d’expérimentation dans ce domaine. Cependant, nous sentons que cet apprentissage de la liberté personnelle, à travers responsabilités et initiatives, devrait aller de pair avec une réflexion personnelle sur les attitudes et les comportements.
Les réunions de classe et la révision de vie devraient aider à atteindre ce but.
Révision de vie. Elle fut obligatoire pour les étudiants de première année. Les résultats semblent être positifs : elle a aidé les étudiants à progresser dans la réflexion personnelle et la spiritualité, et à prendre conscience de leur responsabilité envers la communauté. La révision de vie fut facultative pour les autres étudiants. A peu près la moitié de la communauté a fait partie de groupes volontaires. Malgré les résultats satisfaisants obtenus, il règne encore des malentendus et des préjugés parmi un certain nombre d’étudiants, à la suite d’une expérience passée de révision de vie.
Activités sociales et culturelles. Comme dans le passé, le comité en charge a organisé ses activités pour le bénéfice des séminaristes. Cependant, réflexion faite, on a senti que ces activités devraient davantage insister sur l’aspect éducatif.
VI. — Vie pastorale
En 1969, toute la communauté s’est engagée d’une façon plus intense dans la vie pastorale. Pour s’en rendre compte, il faut distinguer les activités pastorales exercées durant l’année scolaire et celles exercées durant les vacances, puisque le but aussi bien que les lieux sont différents.
Durant l’année scolaire. Globalement, mis à part les étudiants de première année (et en partie ceux de deuxième année) qui ont besoin de plus de temps pour l’étude des langues et les matières scolaires, presque tous les étudiants ont participé à quelque activité pastorale, sans inconvénients pour leurs études.
Tous reconnaissent qu’une activité pastorale quelconque est normale : et, parmi les différentes activités valables et sous la direction d’un professeur, chaque étudiant peut faire son choix. Il est difficile de donner une règle générale sur l’éventail des activités qu’un étudiant devrait avoir. Les étudiants faibles doivent consulter leur directeur spiritual ou leur professeur sur le moyen d’équilibrer leurs activités intellectuelles et pastorales.
Les principaux champs d’action étaient :
— l’apostolat dans les camps de lépreux et de tuberculeux,
— la visite des pauvres, en liaison avec la Société de St-Vincent-de-Paul,
— l’enseignement du catéchisme dans les écoles et ailleurs, l’aide dans les paroisses etc...
Les diacres se sont plaints que certains règlements du séminaire entravaient leurs activités sans raison. La question devra être revue.
Durant les vacances. Cette année, la préparation systématique aux activités pastorales durant les vacances a suivi le même processus qu’auparavant, chaque étudiant recevant un travail spécifique à accomplir.
Des problèmes particuliers ont été rencontrés.
— Certains curés ne tiennent pas compte des activités attribuées aux séminaristes et ils attendent d’eux qu’ils les aident seulement dans leur travail paroissial ordinaire.
— Plusieurs prêtres n’envoient pas leurs rapports après le stage pastoral.
— On manque de personnes bien entraînées pour guider les étudiants dans certaines de ces affectations, et particulièrement dans les études sociologiques.
On ressent de plus en plus qu’une année complète, et même plus, en dehors du séminaire, soit durant le séminaire, soit comme diacre, est très souhaitable pour la plupart des étudiants. Le ministère moderne requiert un grand sens de responsabilité dans l’usage de la liberté, et le séminaire, à lui seul, ne peut constituer un champ d’action pour une telle formation.
Il n’est pas publié cette année de compte rendu pour la Région de BIRMANIE.
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