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Rapport annuel des évêques

Année: 1873
Pays: Thaïlande
Mission: Siam
Rédacteur:Mgr Dupond - Martin

Mission de Siam.
1873

Depuis l’envoi de notre dernier compte rendu , un grand deuil a frappé la mission de Siam par la mort de son premier pasteur, Mgr Dupond, décédé à Bangkok, le 11 décembre 1872, après 33 ans d’apostolat. Le pieux et zélé Vicaire apostolique, après avoir passé à Rome les quelques mois qu’a durés le Concile du Vatican, s’était hâté, après la proclamation du dogme de l’infaillibilité pontificale, de regagner sa mission, bien que déjà il sentît les première atteintes du mal qui nous l’a enlevé. Pendant les longues années de sa carrière apostolique, Mgr Dupond entreprit d’utiles et importants travaux. C’est à lui notamment qu’est dû l’établissement à Bangkok de la mission chinoise, qui donne actuellement les plus consolants résultats et prend chaque jour un nouvel accroissement.
M. Martin dirige aujourd’hui la mission de Siam, en qualité de supérieur. C’est de lui que nous recevons les détails qui suivent sur l’état actuel de la mission.
Les nombre des baptêmes d’adultes en 1873 dépasse un peu le chiffre des mêmes baptêmes en 1872. C’est un heureux succès ; mais d’un autre côté le choléra est venu visiter le pays. Ce terrible fléau, bien qu’en beaucoup d’androits il ait aussi bien contre les chrétiens que contre les païens, a cependant, en plusieurs localités, épargné complétement les premiers au grand étonnement des païens.
A Juthia, berceau de la Mission de Siam, se trouve une petite église en briques bâtie par Mgr Pallegoix sur l’emplacement d’une élise plus vaste et plus ancienne dédiée à saint Joseph. Les murs à demi ruinés de l’ancien édifice entourent la petite église, et c’est à peine s’ils garantissent, contre la présence des animaux immondes, les sépultures nombreuses dont les pierres tumulaires se voient encore aujourd’hui sur le sol exposé aux injures du temps. Le missionnaire qui réside à Juthia a conçu le dessein de relever l’ancien édifice sur ses anciens fondements fort solides encore, et de donner ainsi un abri convenable aux précieux restes des anciens missionnaire inhumés en ce lieu. Pour réaliser ce projet, M. Perraux rachète les terrains qui avaient anciennement appartenu à la mission, il y appelle de nouveaux chrétiens, et comme leur nombre augmente chaquejour, il se propose de rebâtir l’ancienne église pour remplacer l’autre qui se trouvera insuffisante. Le difficile est de réunir les fonds nécessaires pour relever ces ruines. « Il est vrai, nous écrit M. Martin, que l’ancien édifice était dédié au « grand et puissant protecteur de l’Église universelle, à saint Joseph, et que, quand on objecte « à M. Perraux qu’il n’a pas d’argent pour entreprendre cette œuvre, il répond, comme le curé « de Lourdes à l’architecte qui s’effrayait des dimensions d’un plan qu’on lui présentait : « Mais, saint Joseph est assez riche !… »
Le district de M. Rabardelle est celui qui, cette année, a donné le chiffre le plus élevé de baptêmes d’adultes. Le souvenir du vieux talapoin dont la conversion est connue, et qui vient de mourir tout dernièrement, est comme un stimulant, qui amène les païens sensés à étudier la religion que le bonze suivit dans les dernières années de sa vie. Cet élan ne sera pas ralenti. Deux neveux du défunt sont revenus récemment de Piang, où ils ont terminé leurs études philosophiques, et l’on a tout lieu de croire qu’ils continueront avec succès l’œuvre commencée par leur oncle : la conversion des disciples de Boudha.
Dans les provinces de l’Est, sept ouvriers apostoliques travaillent sur un espace de 60 à 80 lieues de long. Là, le sol est plus ingrat, et les conversions plus difficiles que dans la partie occidentale. On y fait pourtant d’heureuses tentatives : M. Schmitt vient d’y bâtir une belle église ; M. Guégo, ayant acquis quelques terrains, y a placé plusieurs familles païennes pauvres et endettées : il leur distribue des outils, des buffles, tout ce qu’il faut pour l’agriculture, cherchant à prendre d’abord ces pauvres gens par les biens de la terre, pour leur faire goûter ensuite les vrais biens que procurent la connaissance et la pratique de la religion. Dieu a béni déjà cette entreprise et plusieurs baptêmes ont été célébrés parmi ces colons ainsi recrutés.
Pour compléter le tableau de l’état des oeuvres dans la Mission de Siam, nous donnons ici les chiffres des catalogues d’administration en 1871-1872 et en 1872-1873.

ANNÉE 1871-72 AN. 1872-73
Baptêmes de païens adultes 105 209
Baptêmes d'enfants de chrétiens 345 351
Baptêmes d'enfants de païens 48 31
Confirmations 394 181
Confessions 9,245 13,089
Communions 9,016 9,019
Mariages 85 84
Saints viatiques 75 115
Extrêmes-Onctions 90 213

La Mission, sur une population païenne d’environ 7 ou 8 millions d’âmes, compte à peu près 10,000 chrétiens. Les districts sont au nombre de 15, et les églises ou chapelles au nombre de 22.
Le grand séminaire compte 7 élèves, et le petit séminaire 31 ; 11 élèves font en ce moment leurs études au collège de Pulo-Pinang.
Le personnel de la Mission se compose ainsi qu’il suit : 1 Supérieur ; 21 missionnaires européens, 6 prêtres indigènes, 16 catéchistes et une quinzaine de baptiseurs. Enfin trois communautés religieuses de femmes comptent une trentaine de sœurs.





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