| Année: |
1883 |
| Pays: |
Thaïlande |
| Mission: |
Siam |
| Rédacteur: | Mgr Vey |
Siam. 1883
Les âmes arrachées au paganisme cette année sont au nombre de 262 seulement ; cela tient surtout aux obstacles signalés l’année dernière, et qui n’ont pas diminué.
Les sociétés Ang-Ji sont toujours aussi fortes, et conti-nuent à se répandre parmi les Chinois établis à Siam. On peut même dire qu’il n’y a plus guère, parmi eux, que des affiliés à ces sociétés ou des chrétiens. Les adeptes du pro-testantisme n’existent plus, et les ministres américains ont désormais des loisirs pour s’occuper de travaux scienti-fiques. Quant aux chrétiens, ils sont généralement demeurés fidèles et attachés à leur foi.
La Mission a eu en outre le malheur de perdre un de ses bons ouvriers, le P. Lombard ; nous donnerons plus loin sur lui quelques détails biographiques.
Les événements politiques qui se sont passés au Tong--King n’ont pas été aussi sans produire beaucoup d’inquié-tude dans les esprits, et sans arrêter dans une certaine mesure le mouvement vers notre sainte religion. Qu’on le veuille ou non, on ne fera pas disparaître l’idée chez ces peuples, que la question religieuse est intimement liée à la question politique. Tous les païens, aussi bien que les néo-phytes, regardent l’intervention française en Annam comme devant être favorable ou défavorable au nom chrétien, suivant le succès ou l’insuccès de nos armes et de nos négo-ciations.
L’entreprise commencée, il y a trois ans, à Oubône, pour l’évangélisation de la vallée du Mékong, peut être considérée désormais comme ayant réussi. Le poste d’Oubône est défi-nitivement fondé, avec une petite succursale à Amnat. Le nombre des chrétiens s’élève à 70, et celui des catéchu-mènes à 150 ; en raison de circonstances particulières, ceux-ci ne recevront le baptême qu’apres 15 oui 18 mois d’épreuve.
Ce district est administré par les P.P. Ptodhomme, Rondel et Guégo, et par un prêtre indigène. Ces chers con-frères ont tous été éprouvés par la fièvre, mais surtout le P. Guégo et le prêtre indigène.
Le P. Prodhomme a fait avec le P. Rondel, dans le cou-rant de l’année, un voyage d’exploration, qui a duré plusieurs mois, jusqu’à Vien-Chan, ancienne capitale du Laos. Le résultat en a été qu’il serait avantageux de fonder un poste à Lakhône ou à Saniabouri, et un autre du côté de Nong--kay.
Si nos confrères réalisent ce projet, et que les Missionnaires du Tong-King Méridional retournent à Moung-Ngan, comme ils en ont l’espoir, ils se trouveront très rapprochés les uns des autres, ce qui pourra être d’une grande utilité pour les premiers, dont les rapports avec Bang-Kok exigent des voyages longs et dispendieux, et ne peuvent avoir lieu que pendant une saison de l’année.
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