| Année: |
1889 |
| Pays: |
Thaïlande |
| Mission: |
Siam |
| Rédacteur: | Mgr Vey |
CHAPITRE VI
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GROUPE DES MISSIONS DE L’INDOCHINE
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I. ─ Siam.
Population catholique 19.050
Baptêmes de païens 1.428
Baptêmes d’enfants de païens 1.349
« Nos chers missionnaires, écrit Mgr Vey, ont poursuivi le cours de leurs travaux avec zèle et dévouement. Le chiffre consolant de 1,428 baptêmes de païens, répartis entre les différentes station évangélisées, constate leurs succès. Que Notre-Seigneur en soit béni, et qu’il daigne encore augmenter, d’année en année, l’effusion de sa grâce parmi ces pauvres païens, dont le missionnaire désire tant le salut !
« A Chanthabun, j’ai eu la consolation de bénir une nouvelle église dédiée aux saints. Anges. Ce n’est qu’une construction en planches, attendant que plus tard une église en briques la remplace. Cette nouvelle station, déjà solidement établie dès sa naissance, sera, je l’espère, une consolation pour le P. Cuaz qui l’a fondée, et pour ses successeurs. Elle domine toute la baie qui sert de rade à l’embouchure du fleuve de Chanthabun. C’est là que, dans peu d’années, aboutira tout le commerce important de la province. Je suis heureux que nous ayons pu prendre pied sur ces rivages, presque déserts jusqu’à présent, et destinés à devenir une ville importante.
« A l’embouchure d’une autre rivière, celle de Tha-chin, la croix a été plantée aussi, avec l’espérance d’un consolant avenir. Le P. Piau est le fondateur de cette station. Que de difficultés ont surgi ! Mais le zèle persévérant de notre confrère a déjà triomphé des principaux obstacles. Tha-chin est un grand centre chinois, où l’on rencontre encore quelques Siamois paresseux et vagabonds, lesquels cèdent peu à peu le terrain aux immigrés chinois, plus actifs, plus travailleurs.
« A Pak-nam, embouchure du fleuve de Bang-Kok, le P. Dessalles est enfin parvenu, malgré bien des entraves et des résistances, à se procurer un terrain suffisamment spacieux pour établir une nombreuse chrétienté. Il a bâti une église, et aujourd’hui, à l’entrée de notre Siam, le voyageur aperçoit la croix, qui appelle les bénédictions de Dieu sur cette terre païenne. A Ban-xuek-nang, dans la banlieue de Bang-kok, notre confrère a reconstruit l’église, qui n’était jusqu’à présent qu’en treillis de bambou.
« A Ban-nok-khuek, dans l’ancienne chrétienté, comptant aujourd’hui plus de deux mille chrétiens, l’église construite en bois ne pouvait plus contenir les fidèles ; il a donc fallu songer à en faire une nouvelle. Nos confrères ont entrepris cette tâche, qui sera lourde. C’est le 19 mai que j’avais le bonheur d’en bénir et poser la première pierre, avec toute la solennité que les missionnaires et les chrétiens ont été capables de déployer. Daigne la Sainte Vierge, sous le vocable de sa sainte Nativité, continuer ses faveurs célestes à cette chrétienté, prospère depuis plusieurs années !
« Dans la partie nord du vicariat, le cher P. Quentric a déployé toute l’ardeur de son zèle à visiter les chrétiens, la plupart annamites, dispersés dans ces régions, depuis Muang-phrom jusque dans la province de Phitsanulok. Ses fatigues ont été récompensées par une administration pleine de fruits, et par la conversion d’un bon nombre de païens. C’est dans ces parages que se porteraient tout naturellement nos efforts, si le personnel de la mission nous le permettait. Deux endroits, Phitsanulok et Raheng sont tout particulièrement visés maintenant pour l’établissement de deux nouveaux centres importants ; mais le manque de moyens me met dans l’impossibilité de tenter l’exécution de ce projet.
« Nos confrères du Laos, sur les rives du Nam-khong, ont continué parmi les Laotiens leurs succès, achetés au prix de grandes épreuves. La peste leur a enlevé la presque totalité des bœufs, dont ils se servaient pour le voyage à Bang-kok, et des buffles, avec lesquels les catéchumènes labouraient leurs champs. C’est une grande calamité à offrir au bon Dieu. La pénurie du riz s’est fait sentir aussi. Le P. Prodhomme m’écrit : « Le riz est presque introuvable, personne n’en a à vendre. Nos jeunes gens sont partis depuis plus de deux mois avec trois barques, et ne sont pas encore de retour. Ils s’en vont de village en village, trouvant seulement quelques mesures de loin en loin. Deux mois n’ont pas suffi encore pour faire la provision. »
Nos maisons d’éducation, soit de Bang-kok, soit de la province, ont continué à donner les plus consolants résultats. Notre séminaire vient d’avoir encore quatre de ses élèves promus au sacerdoce. Le P. Fauque, supérieur, m’écrivait : « Je suis au comble de la joie, Monseigneur ; nos jeunes prêtres, que vous avez bien voulu nous laisser posséder pendant quelques jours après leurs ordination, me font éprouver une consolation indicible. Je remercie de toute la force de mon cœur Notre-Seigneur, qui m’a départitant de bénédictions. »
« Dans toutes les anciennes chrétientés ,l’œuvre de Dieu s’est continuée paisiblement ,sous la direction des confrères qui en sont chargés .Le bon Dieu en soit loué, et nous accorde la paix, afin de continuer de notre mieux le défrichement du sol ingrat ,que la sueur et les fatigues du missionnaire sont appelées à féconder !
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