| Année: |
1914 |
| Pays: |
Thaïlande |
| Mission: |
Siam |
| Rédacteur: | Mgr Perros |
CHAPITRE VII
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Groupe des Missions
de l’Indochine Occidentale
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I. — Siam
Population catholique 24.200
Baptêmes d’adultes (1)
Baptêmes d’enfants de païens
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« Le manque de renseignements précis, écrit Mgr Perros, m’empêche de vous adresser un compte rendu détaillé pour l’exercice 1913-1914, qui prenait fin l’avant-veille de la déclaration de guerre. Obligé de quitter le Siam, au commencement d’août, et de revenir en France comme mobilisé, avec onze de mes missionnaires, j’ai déjà eu la douleur de voir deux de mes plus jeunes ouvriers apostoliques payer, l’un de sa vie, l’autre de sa liberté, l’obéissance aux lois de la patrie. M. Sommelet est tombé frappé de cinq balles, en relevant des blessés sur le champ de bataille ; M. Cavaillé, prisonnier de guerre en Allemagne, offre ses prières et ses souffrances pour notre chère France et pour la mission qu’il connaît à peine, car il a dû la quitter deux mois et demi après y être arrivé. Que notre divin Sauveur daigne nous accorder à tous la force et l’énergie nécessaires pour supporter l’épreuve !
« Le fait saillant de l’année a été le décret royal du 1er juillet 1914, réglant définitivement une question depuis longtemps pendante, et qui était une source de difficultés fréquentes entre la mission et le gouvernement siamois, voire même parfois, entre la mission et des chrétiens. Ce décret, qui complète celui du 27 août 1909, établit la situation, jusqu’alors assez vague, des terrains, dits « concessions » à Bangkok et à Paklat. Ces terrains avaient été accordés autrefois par certains rois de Siam pour que les chrétiens, sujets siamois, pussent s’y grouper et y avoir domicile, à l’exclusion des non-catholiques et des catholiques qui ne sont pas sujets siamois. Le décret de 1914 reconnaît la mission comme véritable propriétaire, sous les conditions susdites, de ces terrains de concession, et lui accorde l’autorité nécessaire pour faire respecter ces conditions. De cette façon, les églises de Saint-François-Xavier, de Sainte-Croix et du Rosaire à Bangkok, et celle de Paklat sont entourées d’un terrain inaliénable, sur lequel un certain nombre de chrétiens, trop pauvres pour acheter eux-mêmes un terrain, peuvent s’établir, à proximité de l’église et des écoles catholiques.
(1) Le tableau des résultats obtenus à Siam ne nous est pas parvenu.
« Dans mes tournées pastorales au cours du dernier exercice, j’ai été heureux de constater que la ferveur de nos chrétiens pour recevoir la sainte Eucharistie continue d’augmenter. Le triduum, que nous avons célébré dans toute la mission, du 22 au 26 juillet, en union avec le Congrès eucharistique de Lourdes, nous a fourni l’occasion d’aviver encore la piété de nos fidèles envers le très Saint-Sacrement.
« Au Collège de l’Assomption, le nombre des élèves dépasse 900 ; mais cet établissement si florissant a été durement éprouvé, d’abord par la longue maladie du cher Frère Vincent, et ensuite par le départ de sept autres Frères, mobilisés an même temps que nous.
« Au couvent Saint-Joseph, nos dévouées religieuses de Saint-Paul de Chartres ont perdu une de leurs Sœurs, arrivée depuis peu, et qui promettait beaucoup pour l’avenir. Que la volonté du divin Maître soit faite !
« En janvier dernier, je chargeai M. Fouillat et M. Broizat de faire un voyage de reconnaissance à Xieng-mai, ville importante qui sera le point terminus de la ligne de chemin de fer du Nord. Nos deux confrères rapportèrent des renseignements favorables, qui nous encouragent à préparer l’avenir de ce côté ; mais que de difficultés nous aurons à surmonter pour arriver à la réalisation de nos projets !
« J’ai dû consentir à me priver du concours de M. Romieu, qui utilisera désormais son habileté et ses talents à l’imprimerie de Nazareth. L’intérêt général de nos missions, auxquelles cette belle imprimerie rend tant de services, ne me permettait pas de refuser le sacrifice qui m’était demandé, si grand que fût l’embarras qui devait an résulter pour moi et ma mission.
« Je suis navré en écrivant ces lignes, et en songeant à l’état où les événements actuels réduisent mon vicariat. Quand pourrons-nous retourner à Siam ? Comme les disciples ballottés par la tempête, pendant que le divin Maître dormait sur la barque, nous ne pouvons que nous écrier : Domine, salve nos ! »
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