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Rapport annuel des évêques

Année: 1918
Pays: Thaïlande
Mission: Siam
Rédacteur:Mgr Perros

CHAPITRE VII
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Groupe des Missions
de l’Indochine Occidentale

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I.  Siam


Population catholique 24.400
Baptêmes d’adultes 261
Baptêmes d’enfants de païens 831
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« Nous ne pouvons, écrit Mgr Perros, que remercier le Divin Maître pour les bénédictions qu’Il a daigné accorder aux ouvriers apostoliques de Siam, malgré les conditions de plus en plus défavorables au milieu desquelles s’est exercé leur zèle.
« En effet, si le nombre des baptêmes d’enfants in articulo mortis a fléchi quelque peu, le chiffre des conversions d’adultes est supérieur à celui de l’année dernière. Quant aux communions, nous en avons compté 18.000 de plus que précédemment ; c’est un signe consolateur qui prouve que la vie chrétienne augmente dans notre mission.
« En décembre dernier, nous avons eu la douleur de perdre le vénéré M. Petit. Apôtre zèlé, il s’est dépensé pendant 40 ans dans son poste de Vatphleng, qu’il a entièrement établi lui-même et dont il s’était efforcé de faire un centre dévotion au Sacré-Cœur. La belle église où repose son corps, le presbytère, la maison des religieuses, les écoles, tout est son œuvre ; si le succès ne répondit pas toujours pleinement à ses efforts, sont mérite n’en est certes pas diminué. Son inépuisable bonté, sa générosité indulgente, sa délicatesse dans la charité, le feront regretter pendant longtemps ; son ardeur à procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes laisse à tous ceux qui l’ont connu un souvenir édifiant et une grande leçon.
« J’ai dû confier son poste à M. Salmon, quoique celui-ci fut déjà chargé d’un immense district. Malgré les soucis de son administration, il y a mené à bonne fin quantité de travaux et de constructions, notamment celle d’un hôpital qui sera bientôt terminé.
« Au mois de mai, a eu lieu la bénédiction de la nouvelle chapelle du poste Nord de ce district, celui de Thamuang, presque exclusivement Chinois. La ferveur de ses néophytes m’a rempli de joie, et fait espérer de nouvelles recrues ; fait curieux, les conversions au Siam, se produisent surtout parmi les Chinois.
« Le retour de M. Carrié, placé en sursis d’appel, a soulagé M. Perbet, bien fatigué, et m’a permis de donner un aide à M. Guillou chargé de l’importante paroisse du Rosaire et des petits postes qui en dépendent. Ce dévoué confrère est encore obligé de consacrer à la Procure une partie de son temps ; il ne pouvait donc, alors qu’il étai seul, assurer à ses chrétientés tous les soins nécessaires.
« En février, nous avons béni à Sainte-Croix, la nouvelle école des Sœurs de Saint-Paul de Chartres, dont je vous ai parlé l’année dernière ; elle n’existe que depuis huit mois et elle a déjà 140 élèves, ce qui prouve bien que cette fondation s’imposait.
« Les établissements d’instruction sont avec les œuvres de charité de moyen le plus efficase de nous faire accepter et de produire un bien durable ; nous le constatons par les sympathies qu’inspirent le Collège des Frères et les écoles des Sœurs. Le nombre de leurs élèves ne cesse de s’accroître malgré les maisons similaires ouvertes par le gouvernement ou par les protestants. Pour nos écoles primaires, le chiffre des élèves varie chaque année parce que les enfants les quittent lorsqu’ils ont fait leur première communion solennelle.
« Au mois de juillet de cette année a été publiée une loi scolaire qui réglemente ces établissements soumis jusqu’à ce jour uniquement aux initiatives de leurs fondateurs ; à l’avenir, il leur faudra des instituteurs diplômés, des inspecteurs les visiteront et l’enseignement du Siamois y sera obligatoire. Ce dernier point peut paraître étrange, mais il s’explique parce qu’au Siam il y a des Chinois, des Annamites, des Pégouans, d’autres encore, qui conservent leur langue avec leurs coutumes. A ces immigrés on donne l’enseignement religieux et les instructions dans leur langue maternelle et l’avantage en est considérable. Les descendants des Annamites amenés après l’expédition militaire de 1834 comprennent toujours mieux le parler de leurs pères que le langage du Siam. Comme par le passé, nous continuerons à leur donner l’enseignement religieux dans leur langue d’origine, autant que ce nous sera possible, mais cette obligation d’un double enseignement finit par être onéreuse. Les maîtres d’école nous font défaut, l’école des catéchistes-instituteurs, fondée il y a six ans et fermée par suite de la guerre doit être rouverte dès que nous en aurons les moyens et il faut souhaiter que ce soit bientôt.
« Les Sœurs de Saint-Paul donnent l’enseignement scolaire aux filles ; nos écoles paroissiales sont tenues par des religieuses indigènes dont le recrutement augmente de plus en plus et qui reçoivent une éducation plus complète qu’autrefois.
« M. Broizat a restauré et agrandi le couvent de Samsen ; et, dans la paroisse du Nord de la ville, il a ouvert une crêche pour les enfants de païens. D’autre part, une générosité royale nous a permis de construire, à côté de l’hôpital Saint-Louis, un bâtiment spécial pour les petits moribonds qu’on nous apporte journellement. Cette œuvre de la Sainte-Enfance est maintenant bien instalée à Bangkok ; à l’extérieur, elle se développe aussi, quoique nous soyons loin des magnifiques résultats obtenus du temps de Mgr Laneau ou de Mgr Pallegoix. Enfin nous avons commencé l’intronisation du Sacré-Cœur dans les familles chrétiennes, plusieurs déjà s’y sont consacrées.
« Au séminaire, le supérieur, M. Carton, se réjouit du bon esprit des élèves et de l’application que la plupart apportent à l’étude ; la piété règne dans cette maison et avec elle tout va bien.
« Le nombre de nos catéchistes chinois a malheureusement diminué et il est difficile de trouver des hommes dévoués pour remplir cette fonction qui n’a rien d’une sinécure. Or, sans eux, il est presque impossible de faire des prosélytes parmi les Chinois.
« Le couvent de Bangxang prend une nouvelle vie ; en ce moment, une quinzaine de postulantes et de novices s’y préparent dans la paix, l’étude et le travail matériel.
« Dans les derniers mois de 1917, une inondation comme il n’y en avait pas eu depuis 1831 a ravagé une partie du Siam et anéanti des récoltes en pleine prospérité. Le riz a subi une hausse incroyable. »



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