Présentation Recherche Photothèque Liens Informations Formulaire de contacts Plan du site
 
Rapport annuel des évêques

Année: 1920
Pays: Thaïlande
Mission: Siam
Rédacteur:Mgr Perros

CHAPITRE VII
_____


Groupe des Missions
de l’Indochine Occidentale

~~~~~~~


I. — Siam

Population catholique 26.462
Baptêmes d’adultes 291
Baptêmes d’enfants de païens 1.073
Conversion d’hérétique 1
____


Dieu soit loué ! L’exercice clos le 31 juillet dernier, écrit Mgr Perros, est plus consolant que les précédents ; non pas que nous ayons manqué de difficultés et d’épreuves, — c’est le complément nécessaire du travail apostolique — mais l’ensemble des résultats constatés marque un progrès sensible.
La mort a encore fait des vides parmi nous. Au mois de mars, nous avons perdu notre vénéré doyen. M. Barbier, dont la vie sainte et mortifiée était une source d’édification et de bénédiction non seulement pour le Séminaire où il passa ses dernières années, mais aussi pour
toute la mission. Un mois plus tard, un de nos prêtres indigènes était à son tour rappelé par le divin Maître.
L’accroissement relativement considérable du nombre des chrétiens, cette année, tient à l’exactitude, enfin obtenue, de quelques recensements jusqu’alors insuffisants, et aussi au redoublement de l’émigration de Chinois chrétiens.
Pour vous donner le nombre des chrétiens, je me suis toujours basé sur les chiffres, exactement vérifiés, du livre de statu animarum. Mais quoique nous fassions, nombre de chrétiens restent encore isolés au milieu des païens dans des territoires éloignés ; d’où il est légitime de conclure que le total connu est encore un peu inférieur à la réalité.

Parmi les faits saillants de l’année, notons la construction de trois chapelles : l’une élevée par le P. André, à Phitsanulok, près de 400 kilomètres au nord de Bangkok ; l’autre par M. Richard à Banpong, station de chemin de fer importante à l’ouest ; la troisième, par M. Besrest, aidé du P. Simon, dans la province d’Ajuthia, près du grand marché de Paknaï.
Au mois de juin, a eu lieu la bénédiction d’une chapelle construite depuis plusieurs années déjà par M. Carrié, vicaire de M. Perbet, à l’ouest de Pétriou, sur le bord d’un canal qui arrose de fertiles rizières où plus de 200 chrétiens sont établis définitivement. En élevant la maison d’école, l’habitation des religieuses et une maison pour le Père, on a achevé la fondation de ce poste qui, très solide, continuera de se développer. Deux mois auparavant, j’avais béni, à Nakhouxaisi, la nouvelle école de filles édifiée par M. Béchet, qui en a judicieusement établi les proportions d’après l’accroissement continuel de ses élèves. A Huaphai, au centre de la grande plaine défrichée au prix de tant de difficultés par le vaillant M. Guégo et son successeur M. Guillou s’élève maintenant une spacieuse école, dont la construction a coûté bien des tracas et des frais, car il était très difficile d’amener les matériaux dans cette région et d’y trouver de bons ouvriers.

La question des écoles nous préoccupe toujours vivement. Les exigences des règlements officiels rendaient insuffisante l’ancienne manière de procéder. Nous avons réorganisé sur des bases plus fermes qu’il y a huit ans, l’école des instituteurs chrétiens, fermée en 1914 du fait de la mobilisation. C’était le seul moyen d’avoir un personnel capable et de sauver nos écoles. Pour la même raison, il est indispensable d’orienter davantage dans ce sens la formation des religieuses indigènes chargées des écoles de filles.
Les chers Frères de Saint-Gabriel, outre leurs 1.700 élèves du collège de l’Assomption, comptent déjà 150 élèves dans l’établissement provisoire qu’ils occupent à Samsen. A Pétriou, bien que moins nombreux, ils réussissent cependant d’une façon fort satisfaisante. Quel dommage que ces chers Frères aient à souffrir eux aussi de la pénurie des vocations, à un moment où il y a tant à faire ici.
Les Sœurs de Saint-Paul continuent, elles aussi, de se dévouer avec succès à l’éducation des jeunes filles de la classe aisée, à la formation des religieuses indigènes et au soin des petits enfants et des malades à l’hôpital. Le bon Dieu en a rappelé une à Lui en septembre 1919, et plusieurs autres éprouvent la fatigue des ans ainsi que du climat. Outre le noviciat de Samsen, celui de Bangxang donne de sérieuses espérances ; il compte en ce moment 19 novices.

Je voudrais pouvoir citer de nombreux extraits des rapports des confrères ; malheureusement une modestie exagérée les empêche presque tous d’ajouter à leurs comptes rendus des réflexions utiles et édifiantes.
Voici pourtant ce qu’écrit M. Broizat : « La partie la meilleure de mon troupeau, qui est aussi la plus grande, a continué de s’approcher fidèlement des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie. J’ai là un excellent noyau, qui va se développant chaque jour, malgré les sollicitations des païens et les mauvais exemples de quelques-uns. Grâce à mes écoles, reconstruites cette année, et à mon personnel enseignant, les enfants peuvent recevoir une éducation religieuse soignée. De plus, les chers Frères ayant ouvert leur collège, j’ai là le moyen de continuer l’instruction religieuse de mes jeunes gens jusqu’à la fin de leurs études. Autrefois, ils me quittaient à douze ou treize ans pour aller aux écoles païennes ; maintenant je pourrai les suivre jusqu’à vingt ans. »
M. Richard écrit de Doukrabuang : « Loué soit le Sacré-Cœur de Jésus ! c’est le cri de reconnaissance qui sort de mon cœur en constatant les résultats de l’administration au cours de cette année. Peut être me trouvera-t-on bien exalté, car somme toute, les épis glanés que je puis offrir au Seigneur, sont en assez petit nombre ; cependant, il y avait longtemps que Doukrabuang n’avait enregistré 16 baptêmes d’adultes, et plus de 7.300 communions de dévotion. »
M. Tapie n’a pas eu autant de consolations : « L’année qui vient de s’écouler, écrit-il de Songphinong, n’a pas été favorable au développement de la vie intérieure de ma chrétienté. Par ailleurs, impossible de réunir un certain nombre d’enfants qui, dans ces derniers temps ont démesurément grandi ; or, on ne peut les avoir sans les héberger, les nourrir et les vêtir. Espérons que des années un peu plus grasses succèderont à cette année bien maigre, et qu’il deviendra possible d’ouvrir la porte à cette petite population que l’on aime de tout son cœur. »
A l’issue de notre retraite annuelle, en novembre 1919, une messe d’action de grâces solennelles nous réunissait tous, avec un grand nombre de chrétiens, pour remercier le Divin Maître du retour de nos chers mobilisés. Ce fut une vraie fête de famille d’où ne fut pas absent le souvenir de nos chers défunts tombés au champ d’honneur. Quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum. Daigne le Père des Cieux nous garder tous dans ces dispositions et nous envoyer de nouveaux ouvriers pour aider au travail : le champ est si vaste que les bras ne suffisent pas.


~~~~~~~


<< Retour page précédente



© Mepasie (missions étrangères de Paris en Asie) - Toutes les archives disponibles dans 15 pays : Birmanie, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, France, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Vietnam