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Rapport annuel des évêques

Année: 1931
Pays: Thaïlande
Mission: Bangkok
Rédacteur:Mgr Perros

CHAPITRE VII
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GROUPE DES MISSIONS
DE L’INDOCHINE OCCIDENTALE

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I. — Bangkok.

Population catholique 27.811
Baptêmes d’adultes 578
Baptêmes d’enfants de païens 1.088
Conversions d’hérétiques 2


Dès le début de son compte rendu Mgr Perros nous donne quelques précisions sur l’érection de la Mission de Rajaburi. Cette nouvelle Mission, détachée du Vicariat de Bangkok en 1930, est confiée aux RR. PP. Salésiens de Turin ; elle comprend cinq provinces siamoises d’une étendue de 112.300 kilomètres carrés, avec une population totale de 2.065.000 âmes, dont 6.800 sont chrétiens ; son premier Supérieur est le R. P. Passotti nommé en février 1931. « Fidèles aux traditions de notre Société, dit Son Excellence, les missionnaires de Siam, après avoir fondé et développé des chrétientés dans une région qui, il y a quatre-vingts ans, était encore entièrement païenne, ont mis au courant et guidé les nouveaux ouvriers évangéliques, puis se sont retirés pour commencer ailleurs de nouvelles fondations. Leurs successeurs de la nouvelle Mission ont hérité des districts qui comptaient parmi les plus beaux de notre Vicariat, avec trois grandes églises en briques, six chapelles en bois, pourvus chacun de maisons pour les missionnaires, pour les Religieuses, d’écoles de garçons et de filles, ainsi que de terrains de rapport pour l’entretien des chrétientés et des œuvres existantes ou à fonder. En outre, il y a un certain nombre d’agglomérations chrétiennes, de formation récente, non encore pourvues de chapelles, mais susceptibles d’un prochain développement. La population du Vicariat de Bangkok se trouve ainsi ramenée cette année à ce qu’elle était en 1923.
« Si l’on compare les chiffres des comptes rendus successifs, on constate que le total de la population chrétienne n’augmente pas comme il le devrait normalement. Ainsi, cette année, le nombre des baptêmes d’adultes joint à celui des baptêmes d’enfants de chrétiens (défalcation faite des décès) se monte à 1.013, tandis que l’augmentation indiquée pour le total de la population catholique par rapport à l’an dernier n’est que de 822. En certaines années même, la divergence est encore plus notable. La différence en question provient de ce que parfois la pauvreté ou le tempérament nomade amène des chrétiens à s’expatrier dans l’espoir de trouver ailleurs le moyen de gagner plus facilement leur vie ; d’autre part, il arrive que le prêtre, depuis peu de temps dans un poste, n’a pas encore fait connaissance avec tous ses chrétiens inscrits au Status animarum, dont une partie est disséinée à des distances parfois considérables ; c’est le cas spécialement des pêcheurs, par exemple à Banpeng et à Bangkham, dont la statistique présente cette année une diminution d’un tiers sur la population de l’an dernier. En réalité, la population chrétienne de la Mission est supérieure à la statistique.
« Passant maintenant aux résultats obtenus pendant l’exercice 1930-31, nous avons tout d’abord à remercier le Divin Maître : les baptêmes d’adultes ont atteint un nombre que nous ne connaissons plus depuis de longues années. Les chiffres des communions sont en croissance constante. Si le bouddhisme se réveille et fait de nouveaux efforts de propagande, par contre, notre sainte religion est connue davantage, elle aussi, et compte des âmes animées d’un véritable zèle pour la conversion des païens.
« Les épreuves cependant n’ont pas manqué, elles sont le complément providentiel des consolations. Au mois de septembre, nous perdions M. Calenge. Rentré en France depuis quelques mois sur l’ordre du médecin, il éprouvait déjà une amélioration sensible, lorsqu’une crise d’hémorragie l’emporta au moment même où il se disposait à se rendre au Sanatorium de Montbeton. C’est le vingt-cinquième missionnaire de Siam décédé depuis l’année 1912 !
« A ce deuil sont venus se joindre deux désastres matériels déplorables : l’incendie de la chapelle de Banpeng au commencement d’une nuit de septembre 1930, et celui de la chapelle de Bangbuathong en juin 1931 après-midi, au moment d’une chaleur torride. Accidents fortuits ou dus à la malveillance, on n’a pu le savoir pour aucun des deux cas. Ces chapelles, toutes deux construites depuis quelques années seulement, en bois de première qualité, de dimensions qui en faisaient de véritables églises, représentaient une valeur considérable et ne pourront être remplacées d’ici longtemps. Car la crise économique se fait sentir à Siam d’une façon jusqu’ici inconnue ; le riz, qui est la principale source de revenus du pays, est tombé à un prix inférieur de plus de la moitié au prix ordinaire ; le change de l’argent étant à un taux très élevé, les cultivateurs ,obligés pour la plupart d’emprunter jusqu’à la récolte, n’arrivent pas à vendre leurs produits à un prix suffisant pour couvrir leurs frais de culture ; le commerce languit, nombre de maisons sont en faillite, c’est la misère partout. Nos confrères s’efforcent de maintenir leurs œuvres, chacun dans la mesure du possible, confiants dans la divine Providence qui n’abandonne pas ses enfants. C’est une crise, elle passera, mais au bout de combien de temps... ? En attendant, elle s’aggrave de jour en jour.
« Nous ne nous contentons pas de maintenir ce qui existe, nous avons à cœur de profiter des circonstances favorables pour nous étendre davantage. Dans la province de Khorat, qui jusqu’à présent se montrait si stérile, le P. Thomas, secondé par un jeune prêtre le P. Raphaël, a eu la joie d’instruire et de baptiser un groupe considérable de Laotiens de cette région. Les difficultés ne leur ont pas fait défaut ; les néophytes ont eu à subir des vexations interminables de la part de ceux qui étaient hier leurs amis. Pour les soustraire au danger provenant de ces assauts continuels, le missionnaire les a amenés à quitter leur domicile pour venir fonder un nouveau village, près d’une station du chemin de fer de Khorat à Oubone : ce sera la première chrétienté intermédiaire sur cette longue ligne qui traverse une région encore peu habitée.
« Nos écoles sont bien fréquentées, même par un certain nombre d’enfants païens, qui apprennent ainsi à connaître le catholicisme. Les succès aux examens officiels prouvent la capacité et le dévouement de nos instituteurs et institutrices.
« L’œuvre des catéchistes, que nous nous sommes efforcés de développer ces deux dernières années, donnerait d’excellents fruits si nous avions des ressources suffisantes pour assurer leur traitement annuel. M. Guillou, qui en est spécialement chargé, m’écrit : « J’ai le « regret de vous avouer que nous sommes loin du résultat que nous croyions pouvoir espérer. « Mais nous devons remercier Dieu de nous avoir permis de reprendre les visites aux hôpitaux « chinois dont l’accès nous était interdit depuis plus de vingt ans. Si, par ailleurs, le succès n’a « pas couronné nos efforts, cela tient en partie aux idées antichrétiennes propagées par les « journaux et les clubs. Il semble pourtant qu’à Bangkok ce mauvais esprit tend à diminuer. Il « y a aussi la question pécuniaire ; à 30 ticaux, soit 300 lires par mois, 3.600 par an, pour un « catéchiste, où trouver les ressources nécessaires en avoir plusieurs et constituer une œuvre, « surtout avec la dépression actuelle ? »
« Dans les collèges de garçons et de filles, le nombre des catéchumènes osant s’affirmer comme tels est en augmentation. En outre, il y a un certain nombre d’élèves qui, non seulement suivent les cours de religion communs à tous, mais étudient réellement la doctrine, sans le laisser paraître, par crainte de leurs parents qui les retireraient s’ils savaient que leurs enfants ont le désir de se faire chrétiens.
« Le fait saillant de l’année a été la fondation de la nouvelle chrétienté de Xiengmaï, à 750 kilomètres au Nord de Bangkok. Depuis longtemps je désirais cette fondation ; il y a treize ans, nous avons commencé à nous établir à Phitsanoulok, à 400 kilomètres au Nord de Bangkok ; ce poste se développe peu à peu. Cette année, les circonstances étant favorables, nous avons acquis de nouveaux terrains à Xiengmaï pour y établir, outre la maison du missionnaire et la chapelle, un collège pour jeunes garçons et un autre pour jeunes filles : ce dernier est en voie de construction. Les Religieuses Ursulines, déjà si appréciées à Bangkok, ont accepté avec une générosité tout apostolique de fonder un établissement à Xiengmaï ; nous leur en sommes profondément reconnaissants. Les Chers Frères de Saint-Gabriel n’osent pas encore aller de l’avant, surtout à cause de la pénurie du personnel. Espérons que la divine Providence viendra à notre aide et nous permettra de pouvoir établir le collège tant désiré Cette chrétienté de Xiengmaï n’a pu être commencée comme le sont ordinairement nos nouveaux postes, qui débutent petitement par un noyau de quelques fidèles vivant dans un milieu païen et faisant peu à peu tache d’huile autour d’eux. Ici les protestants établis depuis 1863 jouissent d’une grande influence : ils ont chapelles, hôpitaux, écoles, léproserie. C’est pour nous opposer à leur propagande, soutenue par l’argent d’Amérique, que nous avons fait l’impossible pour prendre pied dans cette grande ville, la seconde du royaume. Nous avons bon espoir, bien que ce soit une lourde charge matérielle, mais Dieu est notre confiance !
« Cette année j’ai eu la joie de bénir trois nouvelles chapelles : l’une construite par M. Broisat dans la chrétienté de Chaochet en remplacement de l’ancienne qui tombait en ruine, les deux autres à Banlao et à Nongri commencées par le P. Edouard, actuellement prêté à la Mission du Laos, et terminées par ses successeurs, le P. Gabriel et M. Olier.
« L’ancienne procure de la Mission va être remplacée par une nouvelle tout à fait moderne, spacieuse, dont la construction a été confiée à une maison de premier ordre, sous la direction de notre dévoué procureur M. Chorin. Nos anciens seraient ébahis s’ils pouvaient voir avec quelle rapidité et quelle perfection se font les constructions au vingtième siècle, alors qu’il y a vingt ans à peine le missionnaire était obligé de s’improviser lui-même non seulement architecte, mais encore entrepreneur, surveillant de travaux, voire même ouvrier. Désormais les missionnaires de Siam auront ici place et tranquillité pour faire leur retraite annuelle.
« Voici ce que m’écrit M. Tapie chargé de la paroisse Saint-François-Xavier à Samsen « L’année qui vient de s’écouler ressemble aux précédentes, surtout si l’on s’en tient aux « résultats exprimés par les chiffres : un peu plus par ici, un peu moins par là. Dieu continue à « régner sur les âmes qu’il s’est choisies, mais pas de victoire éclatante à signaler. Voilà pour « le bilan spirituel. Pour le matériel au contraire, l’année aura été vraiment exceptionnelle et « restera marquée d’un jeton noir dans mon souvenir. D’abord, perte complète de la moisson, « marasme dans les affaires à Banbuathong ; cela ne suffisant pas, un incendie venant « anéantir la chapelle-école de la chrétienté, et, pour couronner le tout, un malheureux procès « qui, même gagné, n’aura pas rapporté que des lauriers. Somme toute, la situation n’est pas « brillante, ni réconfortante pour celui qui est en charge de ce poste. »
« De Lamsaï, M. Fouillat me mande : « Pour l’année 1930-1931, la situation du poste au « point de vue piété est à peu près la même, se maintenant à un niveau assez satisfaisant, sans « progresser beaucoup : un bon nombre de chrétiens sont loin de l’église et ne peuvent pas « faire leurs devoirs aussi souvent qu’ils le voudraient ; même en allant faire l’administration « chez eux, on ne peut pas leur demander la ferveur qu’ils pourraient avoir si l’on était sans « cesse avec eux. Cela est vrai surtout de ceux qui vivent dans un milieu païen, et c’est bien le « cas du grand nombre. Au point de vue économique, l’année est perdue, l’inondation étant « arrivée subitement et avec une force non ordinaire, tous les champs sont sous l’eau. A la « grâce de Dieu ! »
« M. Durand envoie son compte rendu annuel : chez lui dans l’ensemble, le progrès de ses chrétiens dans la ferveur continue ; il pourrait être plus accentué et il serait à désirer que la masse fût plus vivante et plus agissante. Pour arriver à ce résultat, dit-il, il a voulu donner plus d’éclat à nos fêtes principales et aux cérémonies du culte ; il a établi les processions du Saint-Sacrement et de la Sainte Vierge qui n’avaient pas encore eu lieu dans cette chrétienté. Ces jours-là, toute la paroisse est présente ; daignent le Sacré-Cœur et la Sainte Vierge rendre ses chrétiens plus fervents et faire d’eux un levain au milieu de leurs compatriotes païens. M. Durand me cite le fait d’un vieux Cambodgien marié à une païenne qui n’a pas encore consenti à se faire chrétienne ; il a voulu que ses deux filles soient chrétiennes et n’hésite pas à faire un très long trajet pour conduire à l’église celle qui est déjà baptisée, l’autre étudiant avec ardeur la doctrine et les prières ; l’une et l’autre sont très bien disposées et manifestent même le désir de se consacrer à Dieu complètement, véritables fleurs écloses en plein milieu païen. Pour ce qui regarde Thakhien, M. Durand est moins satisfait ; dispersés parmi les païens, trop peu nombreux pour se soutenir mutuellement, les chrétiens de ce poste ne sont pas encore le ferment dans la masse infidèle, ils se laisseraient plutôt entamer par l’esprit ambiant ; plusieurs familles sont indifférentes et oublient peu à peu le chemin de l’église. Notre confrère ne s’en décourage pas ; il sème, d’autres récolteront.
« M. Richard, que l’érection de la nouvelle Mission de Rajaburi a déchargé de son district, donne les détails suivants sur sa nouvelle chrétienté de Nonghin et sur le poste qu’il est en train d’installer à Bangphasi : « De Nonghin, peu de chose à dire, sinon que le travail, sans « être absorbant, est plutôt pénible du fait qu’il consiste à donner une formation chrétienne « non seulement aux enfants, mais encore à leurs parents. Aucun missionnaire n’ayant résidé « ici à demeure, les chrétiens sont moins instruits, on s’en aperçoit bien vite ; mais en vérité « on ne peut exiger d’eux ce qu’on est en droit de demander à ceux qui ont toujours les prêtres « avec eux. Jadis l’instruction était trop intermittente et ne durait pas suffisamment longtemps « pour des enfants à l’intelligence peu éveillée ; il faut maintenant remédier à cela et « convaincre les parents que leurs enfants sont des êtres humains créés par Dieu pour arriver « au bonheur céleste, que, partant, il est de leur devoir de les envoyer à l’école et au « catéchisme... Mais c’est surtout de Bangphasi que je voudrais vous entretenir. C’est un petit « marché, bien intéressant, situé au milieu de la plaine qui s’étend à perte de vue sur la rive « gauche du fleuve de Nakhonxaisi. C’est par M. Guillou que j’ai appris l’existence de « chrétiens dans cette région. Déchargé de mon ancien district, conservant seulement la petite « chrétienté de Nonghin, je tournai mes regards, vers Bangphasi, et je résolus d’aller visiter « ces quartiers inconnus de moi. Je trouvai plusieurs familles chrétiennes ayant construit des « maisons assez confortables au milieu de la plaine sur le chemin de Banglen à Banghasi ; je « fis connaissance avec elles. A Bangphasi même, au marché, je trouvai un certain nombre de « chrétiens chinois. Grande fut leur joie à la vue du missionnaire ; depuis leur installation ils « n’avaient pas eu souvent l’occasion de recevoir un Père chez eux. Ils me traitèrent de leur « mieux et m’invitèrent à passer quelque temps chez eux. Une chambre fut aménagée à « l’étage d’un magasin, avec un autel provisoire. Mais pour moi il s’agissait alors d’un simple « voyage d’exploration, je voulais voir et me rendre compte par moi-même de ce qu’il serait « possible de faire. Je promis donc à mes hôtes que je reviendrais sous peu, et je leur fixai le « jour, afin qu’ils puissent avertir les chrétiens des environs.
« A mon second voyage, j’eus le bonheur de régénérer dans les eaux du baptême plusieurs « petits enfants. Depuis lors, j’y allai une fois par mois, mais je ne pouvais y demeurer que « quelques jours à chaque voyage. Mon ministère se trouvait quelque peu entravé par ce fait « qu’il fallait traverser un magasin pour accéder jusqu’au missionnaire, et cela répugnait à « quelques-uns. Les chrétiens eux-mêmes reconnaissaient les inconvénients de cette situation, « et ils se proposèrent d’y mettre fin en construisant une chapelle. Une souscription fut « ouverte. Outre la chapelle, ils désiraient avoir une école, afin de n’être plus obligés « d’envoyer leurs enfants au loin pour étudier. Le produit de la souscription ne suffisant pas « pour construire deux locaux, il fut décidé qu’on construirait une chapelle qui servirait en « même temps d’école. Les travaux de construction ne purent commencer de suite, il fallait « attendre la fin de l’inondation. Entre temps, je pus trouver une personne capable de remplir « les fonctions d’institutrice. On aménagea au marché une chambre qui pût servir de salle de « classe en même temps que de logement pour la maîtresse. La demande d’ouverture de « l’école fut rédigée sans tarder, et l’autorisation officielle arriva peu après.
« La construction de la chapelle ne put commencer que vers le mois de mars, les travaux « ont pris fin en juillet 1930. « Des donations des chrétiens de Nakhonxaisi, venant s’ajouter à « la souscription ouverte précédemment, ont permis de couvrir les frais, mais il reste à trouver « ce qui est nécéssaire pour le saint sacrifice. En attendant je me sers de ma chapelle portative. « J’ai fait le recensement des chrétiens pratiquants qui habitent soit le marché de Bangphasi « soit les environs. En dehors de ces chrétiens, que je connais, on m’a signalé d’autres « familles, mais qui seraient plutôt tièdes ; rien d’étonnant à cela quand on sait qu’un voyage « à leur paroisse d’origine ne prend pas moins de trois jours. Réveiller leur foi endormie, les « ramener à la pratique de leurs devoirs religieux, régulariser certaines situations « matrimoniales, voilà le premier travail qui s’impose. Pour arriver à ce résultat, il faudrait à « Bangphasi un confrère jeune, fervent, zélé, capable de courir à travers la plaine à la « recherche des brebis égarées ou perdues. »
« M. Carton, Supérieur du Séminaire, remercie Dieu de ce que l’année s’est écoulée dans le calme et la tranquillité. « Il y a eu, écrit-il, quelques sorties d’élèves, chose inévitable, « j’allais dire nécessaire, puisque l’élimination doit se produire surtout pendant les années de « Petit Séminaire, L’augmentation du nombre des communions semble indiquer un progrès du « côté de la piété. Après une expérience de quatre années, on peut avancer sans crainte « d’erreur que le programme des études approuvé par Votre Excellence en janvier 1928 est « bien en rapport avec les forces physiques et intellectuelles de nos élèves. Depuis la secousse « de 1927, il n’y a plus eu de malades sérieux. Si, à la fin du premier semestre de 1931, « quelques élèves se sont trouvés fatigués, cela tient moins aux études qu’à la chaleur « exceptionnellement forte que nous avons eue cette année. » M. Carton se réjouit des bonnes nouvelles venues de Rome au sujet des trois séminaristes de Siam qui étudient présentement au Collège Urbain, et auxquels un quatrième va se joindre incessamment. Onze autres séminaristes se trouvent à Pinang, et nous avons une grande dette de reconnaissance envers les confrères du Collège Général pour leurs efforts dévoués ; c’est la divine Providence qui acquittera cette dette, nous le lui demandons dans nos prières constantes pour nos bienfaiteurs.
« Nous sommes également très reconnaissants à tous nos dévoués collaborateurs et collaboratrices, les Frères de Saint-Gabriel, les Sœurs de Saint-Paul, les Ursulines, le Carmel :
tous et toutes, dans le champ d’action qui leur est assigné, travaillent avec dévouement à la gloire du divin Maître. Cette année a vu la bénédiction de la première pierre de la chapelle du Carmel ; quand aurons-nous le bonheur de voir la chapelle elle-même ? En attendant, le petit local qui en tient lieu est déjà un foyer de prières ardentes où beaucoup d’âmes viennent demander à Notre-Seigneur de le connaître et de l’aimer davantage. Le noviciat des Sœurs de Saint-Paul compte, outre plusieurs novices, un bon nombre de juvénistes déjà pleines de bonne volonté. Le noviciat des Amantes de la Croix, au Couvent du Sacré-Cœur, voit aussi les vocations religieuses augmenter d’une façon consolante. Le Couvent de Samsen étant destiné à devenir une école de jeunes filles, un nouveau Couvent est en voie de construction au Sud de la ville.
« Toute la Mission de Siam prend une vive part aux douleurs de notre Père commun très aimé, le Souverain Pontife. Les tristes événements d’Italie, d’Espagne et d’autres pays ont eu un pénible retentissement chez nous. En apprenant les attentats criminels par lesquels les ennemis de Dieu et de son Eglise s’efforcent d’empêcher l’action catholique, nous avons redoublé de prières pour obtenir le secours divin. Outre l’Association Catholique pour jeunes gens, qui existe ici depuis plusieurs années, nous avons fondé un groupement semblable pour jeunes filles : les adhérents sont en petit nombre, mais la qualité vaut mieux que la quantité.
« Avant de terminer ce compte rendu, j’ai à cœur d’exprimer notre profonde gratitude à tous nos bienfaiteurs, connus et inconnus, Directeurs et Associés des Œuvres Pontificales de la Propagation de la Foi, de la Sainte-Enfance, de Saint-Pierre Apôtre. Ce sont leurs prières et leurs aumônes qui nous permettent de faire l’œuvre de Dieu. Qu’ils soient tous remerciés pour leurs générosités passées et qu’ils veuillent bien nous continuer le même concours à l’avenir !»



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