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Rapport annuel des évêques

Année: 1933
Pays: Thaïlande
Mission: Bangkok
Rédacteur:Mgr Perros

CHAPITRE VII
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GROUPE DES MISSIONS
DE L’INDOCHINE OCCIDENTALE

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I. — Bangkok.

(SIAM).

Population catholique 29.709
Baptêmes d’adultes 635
Baptêmes d’enfants de païens 1.044


Mgr Perros commencer par rendre des actions de grâces au Divin Maître qui a daigné bénir les travaux de ses ouvriers au Siam. « Les résultats obtenus, poursuit Son Excellence, sont presque tous supérieurs à ceux des années précédentes. Seul le chiffre de la population chrétienne ne correspond pas à l’augmentation qu’aurait dû produire normalement le nombre des conversions d’adultes et des baptêmes d’enfants de chrétiens. Cela provient principalement de l’exode de beaucoup de chrétiens chinois qui, gagnant peu par suite de la crise économique actuelle, ont préféré aller revoir leur patrie, emmenant avec eux femmes et enfants.
« Les épreuves cependant ne nous ont pas manqué et elles ont été de tout genre. Le bon Dieu a rappelé à Lui plusieurs de ses meilleurs ouvriers. Le 2 mars 1933, le T. Ch. Frère Martin de Tours, Directeur Principal des Frères de Saint-Gabriel au Siam, nous quittait pour aller recevoir la récompense d’un rude labeur de 32 années passées en Mission. Il faisait partie du premier groupe des Frères venus de France en 1901 : homme de foi, il puisait dans nue vie intérieure intense une énergie sans cesse renouvelée ; éducateur chrétien et conscient de sa tâche, il s’appliquait à gagner à Dieu les enfants qui lui étaient confiés ; il aimait enseigne, à l’âge de 70 ans il faisait encore un cours de mathématiques, jusqu’au jour où, à bout de forces, il dût se résigner à cesser tout travail. De là-haut il continuera à veiller, nous en avons confiance, sur l’œuvre qui lui tenait tant à cœur.
« Au mois de mai de cette année, un double deuil est encore venu frapper le Collège et la Mission : à 48 heures d’intervalle les chers Frères Joseph-Calasanz et Bernard-Marie ont succombé, l’un des suites d’une pneumonie double, l’autre d’anémie pernicieuse. Tous deux étaient encore très jeunes et donnaient beaucoup d’espoir. Le bon Dieu a voulu nous montrer ainsi que personne n’est nécessaire en ce monde et que, à vrai dire, nous ne sommes tous entre ses mains que des instruments dont Il se sert comme il lui plaît.
« Le 23 août nous avons perdu notre doyen, le vénéré M. Colombet, décédé à l’âge de 85 ans, après 62 années de séjour en Mission ! Grande et belle a été l’œuvre de notre cher confrère, fondateur du collège de l’Assomption. Chargé de la paroisse du même vocable depuis 1875, c’est lui qui l’a faite ce qu’elle est actuellement ; grâce à son initiative persévérante et inlassable, il y a crée plusieurs des œuvres générales qui contribuent maintenant à la prospérité de la Mission. Provicaire depuis 1907, il fut Supérieur intérimaire de la Mission après la mort de Mgr Vey, et réussit à mener à bonne fin les pourparlers engagés depuis plusieurs années avec le Gouvernement, dans le but d’obtenir le Décret Royal accordant à la Mission catholique le droit de posséder. Universellement connu ici, M. Colombet a contribué largement à former une ambiance que récemment un homme distingué qualifiait publiquement d’« atmosphère chrétienne au Siam. » Sa mort a été l’occasion de manifestations spontanées de cordiale sympathie envers la Mission et d’attachement reconnaissant à celui que tous vénéraient comme un grand éducateur. Son souvenir demeurera vivant au Siam. » « Memoria ejus in benedictione. »
« Enfin tout récemment nous venons de perdre un excellent prêtre indigène, le R. Père Alexis Kim, dont l’existence bien effacée devant les hommes n’en a pas été moins remplie et méritoire devant Dieu. Durant ses 23 ans de sacerdoce il a fait un bien considérable par son zèle, sa piété, son humilité, son dévouement ; ne se refusant jamais à suivre les désirs de ses supérieurs en vue du bien des âmes. Il était, de ceux qui travaillent uniquement pour plaire à Dieu ; puissions-nous avoir beaucoup de prêtres de cette trempe !
« Le Siam, jusqu’à présent si paisible, a commencé de ressentir les secousses de dissensions intestines. Il y eut d’abord le coup d’état du 24 juin 1932, qui fut d’ailleurs accompli avec calme et saris grande effusion de sang, puisqu’il n’y eut qu’un seul blessé. Le parti du peuple s’empara du pouvoir, jusque-là détenu par le Roi et les Princes. La monarchie, d’absolue qu’elle était, devint constitutionnelle : un Sénat de 70 membres assiste désormais le gouvernement et le Comité du peuple règle les affaires ou les soumet au Roi pour être signées. Le 10 décembre 1932, la nouvelle Constitution était sanctionnée officiellement par Sa Majesté ; ce fut l’occasion de fêtes populaires pendant 3 jours. L’article qui nous intéresse plus spécialement dans la Constitution est celui qui proclame officiellement la liberté de conscience pour tous, sauf pour le Roi, qui doit rester bouddhiste. Il est encore prématuré de pronostiquer quels seront les résultats du nouveau régime : l’avertir le dira.
« Parmi les événements heureux de l’aunée, signalons d’abord la visite de Mgr le Délégué Apostolique. Venant de France par Pinang, Son Excellence arrivait à Bangkok le 19 décembre, après avoir fait une petite halte dans la chrétienté de Nonghin, confiée aux soins de M. Richard. Mgr Dreyer eut à cœur de visiter toutes les communautés religieuses de la capitale et de leur apporter la bénédiction du Saint-Père ; puis, à l’exemple de Mgr le Supérieur Général, il monta à Phitsanulôk, Lampang et Xiengmaï, où la fête de Noël fut célébrée avec une solennité inaccoutumée.
« Quelques mois plus tard, fin mai 1933, nous fûmes également honorés de la visite de Mgr le Prince Ghika, protonotaire apostolique. A son retour du Japon où il avait conduit des Religieuses Carmélites pour la fondation d’un monastère à Tôkiô, cet excellent prélat a bien voulu faire un court arrêt à Bangkok, pour se rendre de là à Pinang. Nous lui sommes des plus reconnaissants de cette marque de sympathie. »
« Deux fêtes sans précédent ont été notées dans les annales de notre Mission, ce furent les noces d’or d’ordination sacerdotale du R. P. Mathias Bun, doyen de nos prêtres indigènes, et de profession religieuse de la Révérende Mère Anne de Jésus, prieure du Carmel. Le premier de ces anniversaires a été fêté dans la plus stricte intimité, par suite de l’état de faiblesse dans lequel se trouve le vénéré jubilaire ; mais celui de la Révérende Mère Prieure attira au Carmel beaucoup de visiteurs et montra la vénération universelle dont est entourée la fondatrice de ce foyer de prières. »
« Une autre joie de l’année, c’est le nombre des vocations religieuses qui ne cesse d’augmenter. Les Amantes de la Croix, dont la première maison fut fondée à Bangkok en 1670, et dont la formation a été confiée aux Sœurs de Saint-Paul de Chartres, se voient maintenant à l’étroit dans leur grand couvent du Sacré-Cœur. Les Frètes de Saint-Gabriel ont envoyé en Europe plusieurs de leurs postulants du Siam pour s’y former à la vie religieuse. Les Sœurs de Saint-Paul comptent déjà parmi elles plusieurs professes siamoises, et leur noviciat de Saint-Joseph se développe chaque année. Les Ursulines ont deux novices indigènes en France, et trois autres qui se préparent ici à devenir sœurs converses. Au Carmel, cinq novices ou postulantes à l’intérieur, et deux à l’extérieur comme tourières, font évanouir les appréhensions de certaines personnes qui désespéraient voir jamais éclore chez nous des vocations dans cet Ordre. Ne faut-il pas laisser la grâce divine agir sur les âmes ? L’Esprit-Saint souffle où il veut. Ces vocations diverses sont une source de bénédictions pour notre Mission ; puissent-elles se multiplier toujours davantage !
« Ecoutons maintenant M. Mirabel nous parler de la Mission du nord : « Après la période « des débuts, période de constructions, dit-il, est venue la période des écoles, suivie de la « période d’extension. Voici le point où nous en sommes : des écoles bien établies, comptant « plus de 400 élèves au total, un an seulement après leur ouverture ; une population scolaire « déjà passablement dégrossie au point de vue instruction religieuse, et sympathique à notre « religion, au point de fréquenter en masse nos offices religieux et d’y prendre une part « active ; un mouvement bien amorcé de protestants indigènes vers le catholicisme ; tout cela « met devant nous une magnifique perspective de fructueux apostolat. La fête la plus « remarquable de l’année eut lieu lors de la visite tic Mgr Dreyer, Délégué Apostolique, « accompagné de Mgr Perros, visite qui coïncida avec la fête de Noël. J’allai attendre Leurs « Excellences à Lampang le 23 décembre. Le lendemain 24, réception à Xiengmaï, puis visite « à la Mission. Pendant la veillée de Noël, nous organisâmes à 8 heures du soir une procession « aux flambeaux autour de l’église et dans les jardins de la Mission, tandis qu’un beau « tableau, éclairé par transparence, ornait la façade de l’église, et que de nombreuses « lanternes, dont beaucoup en forme d’étoiles, se balançaient un peu de tous côtés. La « procession était formée par les enfants des écoles, encore presque tous païens, qui « chantèrent un cantique à l’Enfant-Jésus sur l’air de l’« Ave Maria » de Lourdes. Au retour « de la procession devant, l’église, fut chanté l’« Ave maris stella » à deux voix. Alors nous « donnâmes une séance de projections en plein air, accompagnée de cantiques et de chants de « circonstance. A minuit, Messe pontificale célébrée par Mgr Dreyer : église bien pleine, belle « cérémonie, communions relativement nombreuses un nouveau poste. Le matin à 9 heures, « messe basse par Mgr Perros qui prêcha en siamois. A 10 heures 30, bénédiction du Collège « Montfort par S. Exc. Mgr le Délégué. Cette belle journée se termina par un salut pontifical. « Le 27 décembre, Leurs Excellences nous quittaient, laissant dans nos cœurs le souvenir « impérissable de beaucoup de simplicité, de bonté et d’affection qui fit du bien à tous, « chrétiens et païens.
« Le 7 mai 1933 vit une fête d’un nouveau genre, non plus à Xiengmaï cette fois, mais à 18 « km plus au nord, dans un village appelé Me-Rim. Toutes les familles protestantes de « l’endroit s’étaient fait instruire et nous devions ce jour-là conférer le baptême à un premier « groupe d’adultes. Plus de 40 chrétiens de Xiengmaï se transportèrent à Me-Rim pour la « circonstance. Vingt-neuf baptêmes furent administrés dont 18 d’adultes. M. Meunier qui a « bien voulu accepter la charge de ce nouveau poste, y prépare la construction d’une maison « assez spacieuse pour servir à la fois d’église, d’école et de presbytère. En attendant, nous « logeons quand nous y allons dans un abri dont la charpente et le plancher sont en bambou et « dont les cloisons sont en feuilles, ainsi d’ailleurs que le toit.
« Un abri du même genre sert d’habitation provisoire au Père Vincent à Xiengdao, autre « village situé à 70 km. au nord de Xiengmaï. Là aussi nous fûmes appelés par des familles « protestantes qui se préparent au baptême. Nous y avons déjà un terrain, et le P. Vincent « s’occupe à y construire également une maison devant servir en même temps de presbytère, « d’église et d’école.
« La réouverture des écoles à Xiengmaï à la mi-mai nous amena de nouveaux élèves et, « pour un temps de crise, il faut regarder cette rentrée comme bonne. »
« Au mois de mai, j’ai eu la joie de bénir deux grandes chapelles, l’une à Nônkëo près de la ligne de chemin de fer de Khôrât, à Oubone, l’autre à Banbuâthong près de Bangkok. Nônkëo est une jeune chrétienté laotienne, composée uniquement de nouveaux convertis ayant quitté leurs villages d’origine, pour échapper aux vexations auxquelles ils étaient en butte de la part des païens. Il y a trois ans, eux-mêmes avaient déjà construit chez eux une chapelle qui fui incendiée par les païens ; à cause du manque de témoins on ne put poursuivre les coupables en justice. Sans se décourager, nos néophytes cherchèrent alors une autre localité et formèrent un nouveau village ; la Divine Providence a suscité une famille de généreux bienfaiteurs, qui se sont chargés des frais de construction de la nouvelle chapelle ; Dieu les en récompensera. En ce moment, le Père Raphaël, sous la direction du Père Thomas, chef de ce district, travaille à l’établissement de l’école paroissiale. Le jour de la bénédiction de la chapelle il y eut une centaine de confirmations. Cette nouvelle chrétienté sous la protection de Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus ira en s’affermissant, nous en avons la ferme confiance. Déjà les païens des environs se montrent moins méfiants qu’au début.
« La nouvelle chapelle de Banbuâthong, succursale de Samsen, à six heures de barque de la capitale, remplace un bâtiment détruit il y a deux ans par un incendie, conséquence d’un accident fortuit. Cette reconstruction est l’œuvre de M. Tapie. Voici ce qu’il m’écrit, non sans une petite pointe de mélancolie : « D’une année à l’autre, les comptes rendus se ressemblent « fort. Ne faisant soupçonner ni la somme de travail fournie, ni les nombreux tracas supportés, « seuls quelques chiffres bien secs paraissent en relief. Et ces chiffres généralement sont « plutôt modestes, surtout ceux des baptêmes de païens. C’est donc à la lettre que se réalise « pour nous le « Euntes ibant et flebant, mittentes semina sua »… dont l’écho résonne « toujours à nos oreilles, depuis le jour inoubliable de notre départ pour les Missions. « Pourtant, est-ce à dire que le Siamois soit inaccessible à la vérité ? Non, l’affirmer serait « faux, et les faits d’ailleurs viendraient démentir aussitôt une pareille assertion.
« Il m’a été donné d’entrer en relations avec trois jeunes Siamois, tous trois anciens élèves « du Collège Saint-Gabriel. L’un, étudiant en droit, travaille au secrétariat du Conseil des « Ministres ; l’autre après avoir subi avec succès les examens dans la section « eaux et « forêts », attend sa nomination dans un poste du nord ; le troisième, enfant adopté par une « princesse, a dû interrompre ses études pour cause de maladie. Tous trois ont reçu « l’enseignement du cher Frère Martin de Tours. Or les deux premiers n’ont pas hésité à « devenir chrétiens, et cela à l’insu de leurs familles qui se seraient certainement opposées à la « réalisation de leur désir. Quant au troisième, il n’a pas craint de demander à sa protectrice « l’autorisation d’étudier la doctrine chrétienne, ce qui lui a été accordé, à condition toutefois, « de subir l’épreuve de la pagode avant de faire le pas définitif. Voilà donc trois jeunes gens « libérés de l’emprise du paganisme et décidés à embrasser la religion qu’ils croient la seule « vraie. On peut en conséquence affirmer que la grâce travaille les âmes, et reconnaître que si « l’Etat se montrait moins le protecteur officiel du bouddhisme, l’un des plus grands obstacles « à l’épanouissement de la grâce serait définitivement écarté. »
« De Banplaina, autre district annamite, M. Broizat m’écrit : « L’année a été calme malgré « la dureté des temps. Le nombre des chrétiens a quelque peu augmenté, mais la masse « païenne ne se laisse toujours guère entamer. Si nous pouvions transporter l’église à côté du « marché de Banphën, peut-être la chose serait-elle plus facile. Avec des écoles bien tenues, « l’influence de notre sainte religion ne peut manquer de s’imposer à la jeunesse. En outre, si « nous étions un de plus ici, l’administration des vieux chrétiens se ferait régulièrement. »
« M. Richard, après avoir rappelé la joie que lui a causée et l’honneur que lui a procuré, ainsi qu’à ses chrétiens de Nonghin, la visite du Délégué du Saint-Père, continue : « Parmi « les bien faits dont nous a comblés la Divine Providence, je dois signaler tout d’abord le « nombre plus élevé des baptêmes d’adultes, bien qu’il soit encore loin de ce que je désire. « Les communions de dévotion sont arrivées à un chiffre qu’il sera difficile de dépasser tant « que la chrétienté ne se sera pas davantage développée. De Nonghin, passons à Bànphasi. Là « aussi j’ai eu quelques joies, spécialement le jour où j’ai baptisé dix enfants et régularisé la « situation de quatre familles. Hélas ! il en reste encore plusieurs qui se tiennent éloignés du « divin bercail. Pour les y ramener, il serait nécessaire de demeurer là une bonne partie de « l’année, or je ne puis y séjourner ni aussi souvent, ni aussi longtemps que l’exigerait le « développement de ce nouveau poste. »
« De Nongri, M. Ollier donne des nouvelles de ses chrétiens Chinois : « La petite « Communauté de Bànna (marché situé à quelque deux heures de Nongri), s’accroît. « Dernièrement encore trois familles chrétiennes ont ouvert un petit commerce en cet endroit. « Mais comme ces 60 à 70 chrétiens sont presque tous des Chinois, l’on ne peut pas compter « sur leur stabilité ; dans quelques jours ils seront peut-être à l’autre bout de Siam ou en « Chine. »
« M. Gastal termine son rapport relatif au Collège et aux couvents par les lignes suivantes : « Le Collège de l’Assomption compte 1.767 élèves dont 350 chrétiens ou catéchumènes. « Cette année a été pour l’établissement une année d’épreuves. Le 9 septembre une petite « révolution, d’ailleurs vite réprimée, s’est produite chez les élèves. Pour être juste, je dois « dire que l’élément chrétien a été presque complètement en dehors du mouvement. Puis la « mort du Frère Martin de Tours est survenue le 2 Mars suivant. Sous un extérieur des plus « simples, ce bon directeur cachait un cœur d’or et l’intelligence d’un savant. Ce fut toujours « un religieux modèle et il laisse la réputation d’un saint. Deux mois plus tard, à la rentrée des « classes, deux autres Frères encore jeunes partirent pour l’éternité. Dans ces épreuves nos « Chers Frères n’ont pas perdu courage. Confiants eux aussi en la Divine Providence, malgré « un personnel très réduit et quelques santés chancelantes, ils ont réorganisé leurs cours et « repris sans hésitation leur labeur si méritoire. Que le bon Dieu soutienne leurs forces, leur « envoie du renfort et bénisse leurs travaux !
« Au Couvent Saint-Joseph, il y a 355 élèves dont 152 chrétiennes ou catéchumènes. Les « Sœurs de Saint-Paul s’y dévouent comme par le passé, mais elles ont été éprouvées par la « fatigue et la maladie de plusieurs d’entre elles. Et puis elles ressentent le contre-coup de la « crise économique. Mais elles aussi n’ont jamais douté de la Divine Providence, et le bon « Dieu ne les a pas abandonnées. Les anciennes élèves offrent un bouquet de 13 baptêmes « d’enfants de païens in articulo mortis. Ces petits anges ne manqueront pas de prier au ciel « pour leurs bienfaitrices et d’attirer sur la Mission d’abondantes bénédictions.
« Le Couvent de l’Assomption compte 185 élèves dont 65 chrétiennes ou catéchumènes. « Piété, régularité, travail, telles sont les caractéristiques des hôtes de cet établissement. Là « aussi nos chères Sœurs, malgré leur petit nombre et beaucoup d’épreuves, poursuivent « vaillamment leur œuvre d’apostolat. »
« Le bien continue donc de se faire en dépit des assauts de l’ennemi des âmes. Les protestants nous font une concurrence soutenue. Aux diverses sectes représentées au Siam, sont venus se joindre les Adventistes ; ils ont construit une chapelle d’aspect imposant, où ils donnent deux fois par semaine des prédications, surtout sur les textes de l’Ancien Testament. L’attrait de la nouveauté, joint à une réclame bruyante, attire bon nombre de curieux, mais sans produire chez eux, du moins jusqu’à présent, des résultats bien appréciables.
« Au mois de février dernier, à l’occasion du 25e anniversaire de la bénédiction de l’église de Chanthaboun, le Pète Simon, chargé de cette importante paroisse, a donné à ses chrétiens une retraite de 8 jours qui a produit d’excellents fruits.
« En clôturant cet exercice, nous adressons notre gratitude la plus vive, tout d’abord au Divin Maître, Auteur de tout bien, puis à nos si dévoués collaborateurs et collaboratrices, sans oublier les filles de Sainte-Ursule et les religieuses du Carmel, aux bienfaiteurs et bienfaitrices qui nous aident de leurs prières et de leurs généreux secours : Œuvres Pontificales de la Propagation de la Foi, de la Sainte-Enfance, de Saint-Pierre Apôtre, Œuvre Apostolique : oui, à tous nous renouvelons l’hommage de notre profonde reconnaissance et les supplions de nous continuer leur aide généreuse. Que Notre Divin Sauveur leur rende au centuple le bien qu’ils nous font !
« Mais il nous faut aussi du renfort en personnel. Nous nous efforçons de venir en aide à la Mission du Laos ; cette année j’ai envoyé de nouveau un autre jeune prêtre indigène très capable, prêter main forte à nos confrères dans la région d’Oubone. C’est le pauvre qui aide son frère pauvre, avec l’espoir que le bon Dieu aura pitié de tous les deux. »



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