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Rapport annuel des évêques

Année: 1936
Pays: Thaïlande
Mission: Bangkok
Rédacteur:Mgr Perros

CHAPITRE VII
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GROUPE DES MISSIONS

DE L’INDOCHINE OCCIDENTALE

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I. — Bangkok.

(SIAM)


Population catholique 32.910
Baptêmes d’adultes 446
Baptêmes d’enfants de païens 993
Conversions d’hérétiques 44


L’exercice 1935-1936 n’a pas réalisé toutes les espérances que pouvait faire naître la lecture du dernier compte rendu de la Mission de Bangkok. S. Exc. Mgr Perros nous écrit que le nombre des baptêmes d’adultes a quelque peu augmenté, mais que par contre, il constate une grande diminution de baptêrnes d’adultes in articulo mortis, dûe au départ d’un de ses plus zélés médecins-baptiseurs, diminution également pour les baptêmes de la Sainte-Enfance, diminution même pour le nombre de naissances d’enfants de chrétiens, conséquence fatale de la misère générale actuelle. Cependant en 1930, la population catholique de la Mission de Bangkok était de 26.989 ; et bien qu’il ait été cédé aux Salésiens 6.500 chrétiens, la population actuelle (1936) du Vicariat de Bangkok s’élève à 32.910 : preuve évidente du bon travail fourni par les ouvriers apostoliques de cette Mission.
« Glanons, écrit Son Excellence, les faits les plus saillants relatés trop parcimonieusement dans les rapports annuels des confrères. M. Perroudon, chargé de la paroisse de la cathédrale se réjouit à bon droit de constater le développement que prend l’école paroissiale. « L’année « dernière, écrit-il, elle avait 116 enfants, elle en compte 168. L’introduction d’un cours « d’anglais, la bonne volonté des membres de 1’ « Action Catholique », l’intérêt que prend à « notre école la Sœur Supérieure du Couvent de l’Assomption, tout cela lui a donné une « impulsion qui vraisemblablement ira grandissant de plus en plus. Cette œuvre est d’une « importance capitale pour l’avenir du poste. En effet, les enfants de famille aisée trouveront « toujours auprès des Frères et des Sœurs les maîtres dont ils ont besoin pour préparer leur « avenir ; mais les enfants pauvres sont dans une situation toute différente, et si nous n’avons « pas d’école gratuite à leur offrir, comment pourrons-nous les instruire et leur enseigner la « doctrine du salut ? C’est une lourde charge mais combien consolante. M. Michel, mon bien « dévoué collaborateur, s’est donné de tout cœur à cette tâche. »
« M. Richard qui remplit les fonctions d’aumônier du Couvent des religieuses : « Amantes de la Croix », en même temps qu’il administre la chrétienté de Nonghin, a la consolation de voir plusieurs catéchumènes se préparer au baptême. Mais ne pouvant séjourner dans ce village que de temps en temps, il n’arrive pas à parachever leur instruction aussi vite qu’il le voudrait. Il constate avec peine que l’instruction religieuse dans ses écoles laisse à désirer. D’autre part, ce poste n’est pas assez important pour occuper un Missionnaire. Dans la ville voisine, à Nakhon-Pathom, chef-lieu de la province, se trouvent plusieurs chrétiens ; depuis longtemps nous désirions élever une petite chapelle pour les réunir, espérant ainsi recruter des catéchumènes surtout parmi les jardiniers du voisinage de la ville. Le rêve est enfin entré dans la voie des réalisations : M. Richard est en train de réunir les matériaux pour la construction. Daigne le Christ-Roi prendre bientôt possession de cet antique fief du prince des ténèbres ! A Lamsai, M. Durand éprouve une grande peine de ce que les Chinois sont bien plus difficiles à émouvoir que les autres chrétiens. Malgré toutes les exhortations, ils ne fréquentent pas davantage l’église les dimanches ordinaires, surtout en temps de labour et de moisson, et ils ne sont guère assidus à s’approcher des sacrements. Si le nombre des communions a augmenté cette année, c’est grâce surtout aux enfants des écoles.
« Du nord de la Mission, M. Meunier m’écrit : « Dans le secteur de Xiengmai, notre effort « pendant cet exercice s’est porté surtout sur l’instruction de nos enfants. Établir des écoles « nous serait une œuvre relativement facile s’il ne fallait pas compter avec la question « pécuniaire. Malgré tout, nous avons décidé d’élever trois nouvelles maisons afin de « permettre aux enfants des chrétiens d’étudier le catéchisme et d’apprendre à lire et à écrire. « Les postes de Müang Phan et de Müang Phrao ont donc maintenant chacun une chapelle-« école installée en des sites agréables. Le missionnaire peut y loger, y faire la classe pendant « la semaine et transformer les locaux en chapelle les dimanches et jours de fêtes. Depuis « longtemps les nouveaux chrétiens demandaient une école. L’objet de leur désir leur a été ac« cordé et ce fut pour nous une façon de répondre tacitement à toute une série d’objections « faites à nos fidèles par les protestants ou par les païens. Au Siam où les pagodes sont « extrêmement nombreuses, les habitants, surtout dans le nord, aiment ce qui se voit ; ils sont « par suite moins désorientés, lorsque venant au catholicisme, ils trouvent quelque chose qui « réponde à leurs aspirations. C’est pourquoi nous avons voulu fonder ces trois écoles « simultanément. La troisième, celle de Bosang, est plutôt un abri qu’une maison. Dans ce « village les enfants sont très nombreux, aussi les parents ont jugé que l’école de la Mission « catholique ne pourrait que rendre service à tous, et ils sont venus eux-mêmes demander « qu’on en hâte l’ouverture. La loi siamoise rend l’instruction obligatoire, mais les instituteurs « et les locaux ne suffisent pas encore. Une école catholique sera donc généralement la « bienvenue. Reste toujours la question de l’entretien des maîtres d’école ; nous la confions à « la Divine Providence.
« Les protestants américains, eux, ne rencontrent pas comme nous ces difficultés causées « par le manque de ressources. A Bosang, par exemple, dès qu’ils surent que nous voulions « fonder une école, ils s’empressèrent d’en ouvrir une avant nous. Par ailleurs, le « gouvernement siamois s’efforce de créer un peu partout des maisons d’enseignement « primaire ; si nous nous mettons en retard pour marcher dans cette voie, il nous sera bien « difficile plus tard d’attirer les enfants dans nos écoles catholiques ; il importe de ne pas « perdre de temps. Daigne la Divine Providence susciter des âmes charitables qui nous aident « par leurs aumônes à mener à bien l’œuvre des écoles. »
« Cette année, poursuit Son Excellence, nous avons perdu le doyen de nos prêtres indigènes, M. Mathias, à l’âge de 85 ans dont 53 de sacerdoce. Né de parents païens, adopté tout jeune par une fervente chrétienne qui le fit baptiser, le petit Aloysius Bun fut plus tard confié par elle au missionnaire ; celui-ci, voyant la piété et les bonnes dispositions de cet enfant, lui enseigna les éléments du latin puis l’envoya au Collège Général de Penang. Après avoir achevé ses études de philosophie et de théologie, le séminariste revint au Siam faire un stage de probation et recevoir les Saints Ordres. Prêtre, il changea de nom et prit celui de Mathias. Pendant sa vie sacerdotale il occupa différents postes, parfois difficiles ; il fut durant quelques années professeur au petit séminaire de Bangxang, puis vicaire dans la grande paroisse du Rosaire à Bangkok où il restera plus de 30 ans. D’une piété qui ne se démentit jamais, très zélé pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, il a été un modèle édifiant pour tous ceux qui l’ont connu. Les dix dernières années de sa vie se passèrent dans la souffrance qu’il supporta avec une résignation exemplaire. Belle vie de prêtre digne d’une magnifique couronne dans le ciel !
« En décembre 1935, j’ai eu la joie de conférer l’ordination sacerdotale à deux de nos élèves qui ont fait leurs études à Penang. Au mois d’août 1936, deux autres nous sont arrivés de Rome après leurs six années d’études au Collège de la Propagande. En mai nous avons reçu notre « cher nouveau », M. Joly, pour occuper une place restée trop longtemps vide à Xiengmai. Malgré tous ces précieux renforts il nous faut demander au Divin Maître d’envoyer encore d’autres ouvriers. De nouvelles fondations se préparent et pour qu’elles réussissent, il faut des apôtres dévoués, pleins du désir de sauver les âmes en faisant connaître et aimer le bon Dieu. Cette année les Religieuses Ursulines ont de nouveau organisé une retraite fermée pour jeunes filles ; y prenaient part leurs anciennes élèves surtout et celles qui étaient capables de suivre avec fruit les instructions en anglais données par le R. P. Vandenbussch S. J. Bien qu’elle ne durât que trois jours, afin de la rendre possible à des employées qui obtiennent difficilement plusieurs jours de congé consécutifs, cette retraite fit un bien considérable et montra une fois de plus ce qu’on peut obtenir en faisant appel à des volontés généreuses.
« Enfin, si nos Collèges et Couvents continuent à prospérer, nous le devons à ceux et à celles qui consacrent leur vie, avec tant de dévouement à l’éducation de la jeunesse. A tous et à toutes, ainsi qu’à nos bienfaiteurs et bienfaitrices connus et inconnus, nous adressons l’expression de notre très profonde reconnaissance : C’est grâce à leur secours, à leurs prières et à leurs aumônes que nous avons le bonheur d’enregistrer des résultats bien modestes, il est vrai, mais vraiment réconfortants. »



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