| Année: |
1969 |
| Pays: |
Thaïlande |
| Mission: |
THAILANDE |
| Rédacteur: | Mgr NICOLAS |
REGION DE THAILANDE
Situation générale
Situation intérieure
La promulgation de la nouvelle Constitution en juin1968 et les élections qui suivirent en février 1969 constituent un des événements les plus importants pour la Thaïlande durant l’année écoulée.
Depuis près de dix ans, une Assemblée Constituante travaillait à la rédaction d’une nouvelle Constitution ; on désespérait de la voir promulguée un jour, mais, le 20 juin 1968, elle le fut par décret royal. Comme il était prévu que des élections devaient suivre 240 jours après la promulgation, le Parti de la Révolution au pouvoir proclama que la loi martiale était en partie supprimée, tout au moins en ce qui concernait les réunions politiques de plus de cinq personnes, pour permettre la préparation des élections. Depuis la prise du pouvoir par le Parti de la Révolution, toutes les élections avaient été pratiquement supprimées, même sur le plan municipal. En septembre 1968, eurent lieu les élections municipales pour la ville de Bangkok ; le parti du gouvernement fut largement battu, puisque 22 sièges sur 24 reviennent aux démocrates, parti de l’opposition ; mais il faut avouer toutefois que la participation des votants ne fut que de 20 %. Aux élections générales de février 1969, le parti du gouvernement l’emporta pour l’ensemble du pays mais, à Bangkok, il obtint très peu de voix.
Un deuxième fait, important pour la vie du pays, c’est la subversion communiste : elle s’était aggravée au cours des derniers mois de 1968 : après une certaine accalmie, elle semble gagner en profondeur, puisque le ministère de l’Intérieur vient de déclarer que 40 provinces sur 75 sont atteintes par le mouvement.
La subversion communiste est assez forte, tant dans le sud que dans le nord et le nord-est. Il semble cependant qu’elle soit plus forte dans le sud : pour le moment, plusieurs provinces sont atteintes, la plupart proches de la frontière de Malaisie et peuplées de musulmans, plus ou moins favorables à un rattachement avec la Malaisie. Des embuscades ont lieu fréquemment dans ces provinces, où l’on compte plus de 1 000 terroristes, dont beaucoup viennent de Malaisie.
Dans le nord, la subversion est menée par les Méos, tribu montagnarde vivant dans les forêts qu’ils dévastent pour cultiver leur riz ; ils sont aidés et entraînés par des Chinois et des Vietnamiens du nord.
Dans le nord-est, on a l’impression que les activités subversives se sont ralenties. Elles sont dirigées par des Thais laotiens, encadrés ou, tout au moins, soutenus par les Vietcongs. Cependant le parti communiste thaï a fait savoir qu’il avait l’entière responsabilité des diverses opérations dans le nord-est : il a revendiqué l’attaque contre la base d’Udorn, ainsi que contre celle d’Ubon quelques mois plus tard. Ces attaques, qui n’ont pas été très sérieuses, prouvent que la subversion pourrait menacer toutes les bases importantes utilisées par les Américains pour attaquer le Vietnam. Et il est apparu clairement que les Vietcongs ont pris part à ces attaques et qu’ils ont été aidés par les réfugiés vietnamiens, au nombre de plus de 30 000 résidant dans le nord-est.
Pour lutter contre la subversion dans le sud, le gouvernement a fait distribuer des terres à plus de 15 000 familles non musulmanes venant d’autres secteurs du pays, tandis qu’il renforçait les forces, de sécurité. Ailleurs, les forces mobiles de développement rural continuent à ouvrir des routes, bâtir des dispensaires, creuser des puits, etc....
Mais, en même temps, les Etats-Unis fournissaient à la Thaïlande des nouveaux modèles de chars, d’auto-mitrailleuses et d’autres armes plus modernes pour permettre au pays de lutter plus efficacement contre les terroristes.
Relations avec les autres pays
Sur le plan de la politique étrangère, peu de changements. La Thaïlande a pris une position plus ferme encore vis-à-vis du problème du Vietnam, en y envoyant un corps expédition- naire. Par ailleurs, si elle a mis à la disposition des Etats-Unis plusieurs bases aériennes importantes, elle ne tient pas à ce que les Etats-Unis soient impliqués directement dans la lutte contre la subversion ; les forces spéciales américaines ne sont ici que pour aider à l’entraînement des troupes thaïes. Par ailleurs, après le passage en Thaïlande du Président Nixon, des pourparlers ont été entamés pour le retrait progressif de quelques unités U.S.A., non impliquées directement dans la guerre du Vietnam.
Affaires sociales
Comme tous les pays qui ont des troupes étrangères sur leur territoire, la Thaïlande commence à réaliser que des problèmes d’ordre social créés par cette présence devaient surgir tôt ou tard. En effet, 40 000 militaires américains sont stationnés en Thaïlande, sans compter les permissionnaires du Vietnam qui viennent y passer une semaine de repos. Même si les journaux et les autres moyens d’information ont parfois exagéré les incidents survenus, il n’en reste pas moins vrai qu’une tension existe et, chez certains, un vrai sentiment d’animosité à l’égard des Américains.
La loi concernant l’immigration demeure inchangée : le quota est de 200 personnes par an et par nationalité ; mais, dans certains milieux officiels, une forte pression agit pour modifier la loi existante et restreindre le nombre d’immigrants : on voudrait également que davantage de professions soient interdites aux étrangers. Par contre, d’autres milieux désireraient qu’on élargisse la loi actuelle pour permettre aux étrangers d’investir davantage et profiter aussi de la coopération d’experts plus nombreux. C’est dans ce sens que le conseil de l’Education nationale a abondé, car le secteur de l’éducation aurait besoin d’un nombre considérable de professeurs de langues étrangères.
La population de Bangkok-Thonburi poursuit sa croissance : en avril 1968, elle dépassait déjà les 3 millions, représentant le 1/10 du pays ; quant à la population totale du royaume, elle dépasse largement les 33 millions. D’après une enquête de la B.I.T., la population totale s’élèvera à 39,4 millions en 1971 ; sur ces millions supplémentaires, 2,3 millions sont supposés passer en secteur non rural, portant le nombre de travailleurs de 14,8 à 17,1 millions.
Education
Malgré les progrès considérables obtenus au cours des sept dernières années, et surtout dans l’enseignement, il reste beaucoup à réaliser. Malheureusement, le budget est loin de suffire aux besoins et le nombre d’écoles n’a pas augmenté selon les prévisions. Par ailleurs, pour des raisons d’ordre économique et de promotion professionnelle, le nombre des professeurs et des instituteurs est loin d’être suffisant, surtout dans les campagnes.
Cependant, une nouvelle université est presque achevée dans le sud, portant à trois le nombre des universités de province. Par ailleurs, un décret-loi promulgué récemment autorise la création d’universités privées, mais, pour le moment, personne n’a encore usé de ce droit… Les 14 collèges ou universités de l’Etat ne peuvent, pour le moment, accepter que 8 000 nouveaux étudiants par an sur les 25 000 qui se présentent aux examens d’entrée : théoriquement, il faudrait 700 millions de bath et 12 ans pour satisfaire à tous les besoins de l’Université et former suffisamment de professeurs. Pour répondre au nombre croissant d’élèves dans les écoles, il faudrait 14 000 professeurs et instituteurs de plus par an pour le primaire et le secondaire.
Situation économique
Durant le plan quinquennal (1961-1966), la production agricole a augmenté de 5,5 %, mais en 1967 elle était en baisse de 2,2 % à cause de la sécheresse, et en 1968 l’augmentation n’arrivait pas à 5 %. Il s’en est suivi une diminution des exportations, une baisse du revenu national brut : celui-ci a été affecté en outre par la baisse des prix du riz sur les marchés internationaux.
Le budget estimé pour l’année fiscale 1969 est de 23 690 millions de bath, en augmen-tation de 11% sur le budget précédent. Le quart de ce budget est destiné à la défense nationale et à la sécurité intérieure : le ministère de l’Intérieur reçoit la plus grosse part, avant le ministère du Développement et celui de la Guerre.
L’agriculture est tributaire du régime des pluies et surtout dans la région du nord-est, et les travaux d’irrigation réalisés ces dernières années ne peuvent remédier à cet état de choses. En 1967, à cause de la sécheresse, la production de riz avait baissé de 17 % ; cette année, la récolte semble prometteuse : on espère pour 1969 une augmentation de 3 millions de tonnes de riz, qui ne couvrira pas tous les besoins, Au début de la saison, les pluies étaient insuffisantes pour les travaux de la rizière, et des villages entiers se sont vidés de leurs jeunes, partis en ville ou vers d’autres secteurs plus favorisés, pour gagner un salaire d’appoint et permettre à leurs familles d’acheter le riz nécessaire. La Thaïlande est devenue l’un des pays producteurs et exportateurs de maïs ; grâce aux contrats passés avec le Japon, les marchés sont assurés pour de nombreuses années. La production était de 1,35 million de tonnes en 1968. 16 % de la superficie cultivée en maïs bénéficient du système d’irrigation.
La Thaïlande est loin d’être un pays industrialisé, mais de nets progrès ont été réalisés dans le domaine de l’industrie. En 1967, plus de 200 nouveaux établissements industriels ont été ouverts représentant 1 500 millions de bath d’investissements. Ce développement se poursuit ; durant le mois d’avril 1969, le ministère de l’Industrie a autorisé l’ouverture de 165 nouveaux établissements industriels, avec un capital de 130 millions et permettant d’employer plus de 2.260 personnes : durant ce même mois, autorisation était donnée à 35 autres établissements d’agrandir. La consommation d’énergie électrique augmente toujours. Durant l’année 1968. l’équipement des usines hydrauliques s’est amélioré : de nouvelles usines thermiques ont été montées. Pour subvenir aux besoins futurs, il a été décidé de créer une source d’énergie nucléaire, dont les travaux d’implantation ont commencé.
Le gouvernement poursuit son programme d’équipement routier, dont l’importance straté-gique et économique est évidente : cette année 500 kilomètres de routes nationales de première classe sont en voie d’achèvement. En 1971, ce réseau des routes nationales sera de 12 300 km (contre 10 500 km en 1968).
La Société des chemins de fer thaïlandais vise à moins dépendre de l’étranger : elle fabrique ses propres wagons. Une nouvelle ligne Bangkok-Satahib est en projet. Satahib, énorme port construit pour des besoins militaires, grâce à cette ligne, soulagera le trafic du port de Bangkok, devenu insuffisant pour les besoins actuels et que l’on continue, à agrandir.
Enfin, le tourisme continue d’être une source importante de revenus pour le pays : plus de 350 000 touristes et 70 000 permissionnaires américains du Vietnam ont visité la Thaïlande durant l’année écoulée, apportant au pays un revenu supérieur à 920 millions de bath.
En résumé, la Thaïlande est en voie de développement et elle a obtenu des succès dans cette voie sur plusieurs points. Mais ce développement et ce progrès risquent d’être ralentis considérablement par la subversion communiste, qui oblige le gouvernement à réserver une part considérable du budget pour lutter contre le terrorisme. Enfin, ce progrès risque de piétiner à cause de l’augmentation rapide de la population.
Situation de l’Eglise locale
Durant l’exercice écoulé, il n’y a pas eu d’événements importants dans la vie de l’Eglise de Thaïlande. Celle-ci est à l’image du pays et de ses habitants : elle progresse, mais lentement. Ses progrès sont peut-être plus lents encore que dans les secteurs publics du pays, mais, pour autant, ce n’est pas l’immobilisme.
Nouvelles structures
La Conférence épiscopale, qui comprend les dix évêques de Thaïlande, a mis en place plusieurs structures qui devraient permettre une plus grande unité d’action pour tout le pays. En juin 1968, elle nommait Mgr LANGER m.e.p. de Nakhon Sawan responsable de tout l’apostolat des laïcs. Plusieurs mouvements avaient exprimé le désir de coordonner leurs efforts et de ces désirs est né le Conseil national des laïcs pour l’apostolat. Espérons que ce ne sera pas une structure de plus, sans lien avec la vie réelle.
Durant ce même exercice, la Conférence donna mandat à Mgr KIÊN, archevêque de Tharé, de prendre les dispositions nécessaires en vue de la fondation d’un grand séminaire en Thaïlande. Ce projet est en cours d’exécution ; un terrain a déjà été acheté. Pour le moment, nous ne savons pas encore qui fera partie du corps professoral. Actuellement, la Thaïlande a plus d’une soixantaine de grands séminaristes à Penang et à Rome.
Cette même conférence a décidé de faire fusionner les trois revues catholiques existantes pour n’en faire qu’une qui soit de qualité. Ce projet sera mis en exécution au début de 1970.
La Commission pour l’aide sociale, présidée par Mgr DUHART, évêque d’Udorn, a fait un effort spécial au cours de cet exercice pour développer les « crédit-union » à travers tout le pays.
La Commission liturgique est présidée par Mgr SANGUAN, évêque de Chantabun : son animateur est le P. MOLING, s.j. Il faut reconnaître que cette commission ne chôme pas et, en collaboration avec la commission de la Bible, elle a publié beaucoup de traductions pour les différentes cérémonies liturgiques. Les traductions étaient parfois d’un style trop relevé et n’étaient pas toujours comprises par le commun des fidèles : la commission s’en est rendu compte et elle s’est de nouveau mise au travail pour établir de nouveaux textes plus simples, qui seront bientôt publiés. Un lectionnaire pour tous les jours de l’année et pour les dimanches et fêtes paraît tous les deux mois : la commission s’est aidée de la nouvelle traduction populaire de la Bible, faite en collaboration avec les protestants. Tous les livres ne sont pas encore traduits, mais cette collaboration met à la disposition des fidèles des textes compréhensibles et très bon marché.
Les Supérieures majeures des congrégations féminines ont formé une Union qui porte déjà ses fruits : elle a organisé de nombreuses sessions de formation pour les différentes congrégations qui en font partie. L’un des projets de l’Union, c’est d’ouvrir un noviciat commun.
C’est aussi à l’initiative de quelques religieuses que l’on doit la traduction de la plupart des textes conciliaires. Toutefois ces traductions ont été trop rapidement faites et n’ont été que ronéotypées. Espérons que, bientôt, une équipe de prêtres, de religieux, religieuses et laïcs s’attelleront à une nouvelle traduction, plus à la portée de nos fidèles.
Dans les diocèses où le nombre de prêtres est peu élevé, c’est tout le presbytérium qui fait partie du conseil presbytéral. Ailleurs, comme dans le diocèse de Bangkok, par exemple, on a procédé par élections ; quant au nombre de prêtres devant faire partie du conseil, c’est tantôt l’évêque, tantôt le presbytérium lui-même qui l’a fixé.
Dans certains diocèses, ces conseils ont lieu trois à quatre fois par an avec un programme bien défini : ailleurs, les membres du conseil viennent aux réunions sans savoir à l’avance quel sera l’ordre du jour. Il faut avouer que ces structures nouvelles sont dues plus souvent à l’initiative du clergé lui-même qu’à celle des évêques. Certains, parmi ces derniers, ne voient pas la nécessité de tels conseils ou craignent que leur autorité ne soit mise en question. Il est encore difficile de juger des résultats pratiques obtenus par ces conseils, mais déjà, il faut reconnaître que, dans certains diocèses, ils ont permis un dialogue plus ouvert avec l’évêque et contribué à un meilleur esprit dans le presbytérium.
Evénements
Le 4 décembre 1968, à l’occasion de l’anniversaire du Roi, tous les évêques de Thaïlande sont allés présenter leurs vœux à Sa Majesté. C’est la première fois qu’un événement sembla-ble est à signaler dans la vie de l’Eglise de Thaïlande. Jusqu’ici, la hiérarchie se faisait représenter par l’un ou l’autre prêtre qui accompagnait une délégation de l’Association Catholique.
Au début de décembre 1968, se tint près de Bangkok une rencontre de tous les supérieurs majeurs d’ordre contemplatifs d’Extrême-Orient : ils étaient 47 présents. C’est au cours de cette rencontre que le P. Thomas MERTON est décédé subitement, Le P. VERDIÈRE, m. e. p. participa à la réunion ; c’est lui d’ailleurs qui s’occupa de la préparation matérielle. Une des résolutions prises durant cette rencontre fut d’aider à l’établissement d’un ordre contemplatif de style nouveau en Thaïlande. Dans ce but, deux moines doivent arriver, au début de l’année 1970, pour se joindre au P. Verdière en vue d’une telle fondation. Mgr NITTAYO, archevêque de Bangkok, leur a déjà promis un terrain situé à plus de 100 km de Bangkok.
Du 17 au 20 mars, une session de formation organisée par le P. FRISQUE avec la collaboration du P. KÉROUANTON, m.e.p., eut lieu près de Bangkok. Le thème en fut l’évangélisation : les conférences étaient en français, aussi le nombre de participants ne fut pas très élevé ; cependant, il y eut 49 participants, dont les m.e.p., 8 religieux de quatre congrégations différentes et 7 religieuses de quatre congrégations différentes. Cette session fut un succès, et la majorité des participants furent d’accord pour qu’on organise des sessions de ce genre, mais sur des sujets plus pratiques.
Un autre événement à signaler, c’est la mort du Frère Hilaire s.g., à Bangkok à l’âge de 87 ans. Il était retiré au collège de l’Assomption où il avait travaillé toute sa vie. Il fut le premier directeur de ce collège quand les M.E.P. le confièrent aux Frères de St-Gabriel. Très doué pour la langue, il composa plusieurs poésies en thai et, actuellement encore, on utilise le manuel de base qu’il composa pour enseigner les premiers rudiments de la langue aux Thaïs eux-mêmes. Il est également l’auteur d’un ouvrage en français intitulé « L’histoire des ambassadeurs thaïs en France ».
En avril 1969, on fêta à Ayuthya, l’ancienne capitale du Siam, le 300e anniversaire de la paroisse. Mgr l’archevêque de Bangkok, de qui relève cette paroisse, chargea l’Association Catholique d’organiser la fête. Mais un changement de date, qu’on ne put annoncer à temps, fit que cette fête passa presque inaperçue, et relativement peu d’évêques, de prêtres et de fidèles y participèrent. Le Saint-Père avait envoyé un message à cette occasion et l’Associa-tion Catholique fit paraître un livre-souvenir, rappelant les origines de cette paroisse, la première des M.E.P. en Extrême-Orient, et tout le travail accompli en Thaïlande par la Société depuis cette date.
Le 27 avril, la télévision, la radio et les journaux nous apprenaient que le gouvernement de Sa Majesté le roi de Thaïlande avait décidé de nouer des relations diplomatiques avec le Vatican. Cette décision est le résultat de l’aboutissement des multiples contacts établis par les précédents délégués apostoliques, spécialement Mgr GORDON et Mgr PEDRONI et peut-être plus encore Mgr LOFTUS, chargé des affaites après le départ de Mgr Pedroni, et Mgr JADOT, le délégué actuel. En août, ce dernier a été nommé pro-nonce tandis que le gouvernement thaïlandais se prépare à nommer un ambassadeur au Vatican.
Enfin, le nombre des diocèses en Thaïlande est passé de 9 à 10, par la division du diocèse de Ratburi dirigé jusqu’alors par Mgr CARETTO. Ratburi sera le siège d’un diocèse qui sera confié au clergé local, tandis que Mgr Caretto s’établira plus au sud, à Suratani. Quant au nombre des évêques, il passera bientôt à 11, la démission de Mgr BAYET ayant été acceptée. En attendant qu’un nouvel évêque soit nommé, le P. Maurice BRISSON a été nommé vicaire capitulaire du diocèse d’Ubon. Quant à Mgr Bayet, actuellement en congé, il compte revenir bientôt pour travailler comme simple missionnaire dans l’une des paroisses de son ancien diocèse.
En lisant les rapports de chaque groupe missionnaire et les statistiques qui les accompa-gnent, on remarquera que dans les trois diocèses confiés aux M.E.P. : Ubon, Nakhon Ratchasima et Nakhon Sawan, nos missionnaires sont de plus en plus « ad gentes ». Si ce travail de contact direct avec les non-chrétiens semble plus facile dans le Nord-Est, où les conversions suivent assez rapidement, il n’en est pas de même dans le diocèse de Nakhon Sawan. C’est un travail de patience qu’il leur faut accomplir, sans résultats immédiats et sans communauté chrétienne pour les soutenir. Il faudra un effort spécial et un encouragement de tout le groupe missionnaire pour les aider à continuer dans la foi et l’espérance. Si certains diocèses n’éprouvent pas un besoin urgent de jeunes missionnaires, d’autres au contraire en auraient plus que besoin, et je souhaite que parmi les nouveaux partants de 1970. quelques-uns soient destinés à la Thaïlande.
Louis LEON,
Supérieur régional.
Les communautés missionnaires M.E.P.
Communauté de Bangkok
1. ARCHIDIOCÈSE DE BANGKOK
Depuis la création du nouveau diocèse de Nakhon Sawan, plusieurs ont tendance à penser que les m.e.p. sont complètement absents du diocèse de Bangkok ; il n’en est rien. Au moins dix de nos confrères travaillent encore dans ce diocèse sans compter le Régional, son Econome et des jeunes confrères qui tout en étudiant la langue donnent un coup de main dans quelques paroisses.
Malgré la cession de 12 départements au diocèse de Nakhon Sawan. l’archidiocèse de Bangkok, que dirige Mgr NITTAYO, est encore étendu : 18 331 km2 de superficie avec une population de plus de 4 millions 500 000 habitants, dont plus de 3 millions pour les deux villes jumelles Bangkok-Thonburi. Quant au nombre de catholiques, il s’élève à 45 550, dont plus de 25 000 dans la capitale.
Il y a dans le diocèse 35 paroisses, dont 29 avec curé résident sans compter plus de 34 chapelles.
Le nombre de prêtres travaillant dans le diocèse est de 43, tandis que 17 grands séminaristes étudient à Penang ou à Rome.
Où travaillent nos confrères dans ce diocèse ? Trois d’entre eux sont en province et le reste en ville de Bangkok.
Le P. JUBIN est à une centaine de kilomètres au nord de Bangkok dans la plaine. Pour accéder à sa résidence, il n’a qu’un moyen : le bateau. Mais les bateaux sont beaucoup plus rapides qu’autrefois, si bien qu’il peut se rendre chez lui en quatre heures. Le P. Jubin est en charge d’une vieille chrétienté d’origine vietnamienne qui se dépeuple de plus en plus. Les métiers traditionnels de ces chrétiens, pêche et élevage de porcs, ne leur permettent plus de vivre honnêtement, aussi beaucoup sont attirés par la capitale, Malgré tout, le poste est doté d’une école primaire-secondaire assez importante. Les anciens bâtiments en bois menaçant de s’écrouler, le Père, après avoir obtenu les fonds nécessaires de Monseigneur, s’est mis à bâtir un grand bâtiment en dur qu’il pourra inaugurer au début 1970.
Le P. ROCHEREAU, n’est pas très éloigné de Bangkok : en une heure, il est chez lui, Sa résidence principale, Bangbuothong, est sise au bord d’un canal. L’extension de son école lui donne pas mal de tracas, mais cela ne l’effraie pas trop, et il s’est mis à construire de nouveaux bâtiments dans sa résidence secondaire où, tous les dimanches, il se rend pour assurer la messe et enseigner le catéchisme,
Le P. LENFANT n’est pas très éloigné de Bangkok non plus, et une nouvelle route récem- ment terminée a raccourci la distance d’une dizaine de kilomètres. Il réside à Petriu, petite ville sise au bord du fleuve Bangkapong qui sert de limite aux diocèses de Bangkok et de Chantburi ; son voisin le plus proche est juste en face sur l’autre rive. Le Père a depuis quelque temps la charge de deux autres paroisses devenues vacantes à la suite de la mort de leurs pasteurs, deux prêtres thaïs assez âgés.
A Bangkok, le P. JOLY est toujours curé à Notre-Dame de Fatima. Cette paroisse, un peu excentrique, a sur son territoire plusieurs chapelles dont les titulaires ne prennent en charge que ce qui est intéressant. Depuis de longues années, le P. Joly a toujours accueilli avec joie des jeunes missionnaires étudiant la langue. Tous ont pu profiter de son expérience et de son bon accueil. Le Père pense prendre son congé l’année prochaine et laisser la paroisse à de plus jeunes.
Le P. RAPIN réside à Bangsake, sur l’autre rive du Menam Chao Paya, dans une vraie plantation de cocotiers. Quelques centaines de chrétiens habitent autour de la jolie petite église qu’il y a bâtie, mais la plupart sont dispersés sur plusieurs kilomètres. L’an passé, en rentrant chez lui, le Père a été attaqué par des bandits qui l’ont laissé pour mort sur le terrain. Heureusement, il a la tête dure et a pu se rétablir assez vite. Le P. Rapin quittera bientôt sa paroisse pour aller rejoindre le diocèse de Nakhon Sawan.
La P. PERRAY réside toujours au Rosaire ; il est assistant dans cette immense paroisse chinoise. Son désir a toujours été de s’occuper des chrétiens dispersés et, depuis de longues années, il assurait la messe chez les chrétiens sur la route de l’aéroport. Monseigneur lui a donné ce qu’il faut pour construire une chapelle définitive. Il continue aussi à s’occuper de son cours de catéchisme par correspondance et, malgré tout ce travail, pendant toute la construction de la nouvelle maison régionale et l’absence de l’économe régional en congé, il a accepté de donner un coup de main pour faire les comptes des confrères.
Reste aussi la paroisse St-Louis. Cette paroisse, à cinq minutes de la maison régionale, est confiée aux M.E.P. par contrat. Depuis 1967 c’est le P. LABORIE qui en est le curé. C’est une paroisse très importante ; fondée en 1958, son territoire était primitivement rattaché à la cathédrale : elle compte actuellement près de 4 000 chrétiens. Elle a la charge de deux écoles primaires-secondaires avec plus de 1 000 élèves par école. Cette année, le Père a ouvert une école commerciale ; celle-ci utilise les bâtiments de l’école des garçons. Par ailleurs, il y a sur le territoire de la paroisse deux autres écoles catholiques : l’une primaire et l’autre commerciale, toutes deux tenues par les Frères de Saint-Gabriel. En outre, comme l’Hôpital St-Louis touche à la paroisse, celle-ci en a pratiquement la charge. Aussi le travail ne fait pas défaut aux Pères résidant dans cette paroisse. Depuis deux ans, les vicaires se sont succédés trop rapidement : la plupart n’y étaient que pour continuer à achever l’étude de la langue. Mais bientôt, le P. Laborie aura un assistant définitif en la personne du P. ALBANDOS qui devrait arriver à Bangkok vers la fin de l’année.
Outre ces Pères en activité, deux autres sont retirés du ministère. Il s’agit du P. BACON et du P. TAPIE. Le P. Bacon, primitivement à Khorat, est revenu dans son ancienne paroisse St-Joseph à Bangkok, où le nouveau curé a été très heureux de l’accueillir. Le P. Bacon lui rend de grands services : gardant la résidence, c’est presque toujours lui qui va aux malades lorsqu’on vient appeler le curé.
Le P. Tapie, notre doyen, est retiré à l’école St-John où le directeur, un de ses anciens paroissiens, a mis un bungalow à sa disposition. Malgré son grand âge, 89 ans, le P. Tapie est toujours actif : il enseigne plusieurs catéchumènes et le dimanche assure le service dans la chapelle voisine, où plus de 200 personnes assistent à la messe.
Louis LEON,
Supérieur régional.
2. DIOCÈSE DE NAKHON SAWAN
LA COMMUNAUTÉ M.E.P.
La communauté de Nakhon Sawan a pris naissance en 1967 par démembrement du diocèse de Bangkok. Cette communauté est constituée uniquement de Pères m.e.p. français sous la direction d’un évêque m.e.p., Mgr LANGER.
Le nombre des missionnaires de ce groupe varie souvent par le transfert des Pères qui sont encore à Bangkok et viennent se joindre au groupe, suivant les besoins et les délais fixés avec l’évêque de Bangkok. On y compte actuellement environ une quinzaine de Pères, tous en activité.
Comme tout groupe qui démarre et tout diocèse qui se fonde, notre communauté cherche encore sa forme et ses structures,
Pour parvenir à une unité de travail, d’esprit, nous avons commencé les réunions mensuelles de façon régulière. Ces réunions se font chez Mgr Langer, les premiers mercredis de chaque mois. Malheureusement, les installations matérielles ne permettent pas des rencontres prolongées, comme il serait souhaitable. Nos réunions commencent le matin et se terminent dans l’après-midi. C’est vraiment un minimum et trop peu. Dans ce peu de temps, nous essayons de caser tant bien que mal notre programme : bréviaire, commentaire d’un livre ou causerie par l’un d’entre nous, lecture de Bible et carrefour sur un sujet prévu le mois précédent et supposé préparé par chacun.
Les sujets des carrefours portent sur l’étude du milieu où nous avons à travailler, l’enseignement des catéchismes, le contact avec les milieux non chrétiens, la liturgie, etc…
Le rapport de ces carrefours est rédigé ensuite et envoyé à chacun avec le programme de la prochaine rencontre.
Les groupes d’étude et de recherche n’existent pas encore. Pour ce qui est des sessions extraordinaires, c’est une affaire traitée par le supérieur régional lui-même.
Michel BROUX,
Supérieur local.
LES PAROISSES
Dans ce diocèse, quatre paroisses seulement ont une communauté assez importante ; les autres postes sont de fondation récente et ne constituent pas de vraies communautés : ils sont composés de familles chrétiennes très éloignées les unes des autres, parfois à plusieurs dizaines de kilomètres,
1. — Nakhon Sawan. C’est le siège de l’évêché. Dans cette ville résident l’évêque, Mgr LANGER, et le P. GLORIOD, actuellement procureur de la mission. Le P. René BRISSON était curé de la paroisse jusqu’en novembre 1968. Il avait comme assistant le P. DUHART, qui, après avoir participé aux travaux de l’Assemblée générale comme délégué des mission-naires, a été rappelé pour le Service des Procures. Quant au P. BRISSON, il n’est pas remplacé, c’est Mgr Langer lui-même qui a pris en charge la paroisse.
Cette paroisse a deux écoles primaires-secondaires, tenues l’une par les Frères de la Salle et l’autre par les Sœurs de Saint-Paul de Chartres. Par ailleurs, elle a de nombreuses dessertes. Au total 750 chrétiens environ.
2. — Bangkham. C’est une vieille chrétienté au bord d’un canal sans issue durant la saison sèche. Comme à Nakhon Sawan, presque tous les chrétiens sont d’origine vietnamienne métissés de laotiens. Avec les diverses stations dispersées le long de ce canal, le nombre des chrétiens s’élève à 570 environ. Cette chrétienté est dotée d’une école primaire-secondaire mixte avec plus de 800 élèves. C’est surtout par l’école que l’Eglise est connue dans ce secteur, Le P. BILLOT en a été le curé jusqu’à son départ en congé, au mois de mars dernier. Il a été remplacé par le P. Antoine DESCHAMPS.
3. — Banpeng. Un peu plus au sud de Bangkham se trouve Banpeng. Ce village, sis au nord du Ménam Chao Paya, n’était desservi que par les bateaux ; depuis l’an dernier, la magnifique route nationale, qui passe à 200 mètres du village, permet au curé du lieu l’emploi d’une auto pour visiter les nombreuses dessertes de cette chrétienté. C’est le P. René MEUNIER qui en est le curé : il est aussi, depuis mai 1969, le vicaire général du diocèse. Les chrétiens du village, comme la plupart des chrétiens d’origine vietnamienne, sont plutôt pauvres, la pêche et l’élevage du porc n’étant plus rentables. Pour aider ses chrétiens et les encourager à faire autre chose, le Père a monté une porcherie modèle ainsi qu’un poulailler, mais en utilisant des moyens à la portée des villageois. Quels seront les résultats ? L’avenir le dira.
Banpeng compte plus de 600 chrétiens avec les dispersés ; le nombre en diminue chaque année : ne pouvant trouver de quoi vivre sur place, plusieurs émigrent vers les villes ou vers d’autres zones rurales.
4. — Pitsanuloke. C’est une ville importante à plus de 200 km au nord de Nakhon Sawan. Outre de nombreuses écoles primaires-secondaires d’Etat et privées, elle a une école normale supérieure.
Le P. GARREL a été le curé de cette chrétienté pendant de longues années jusqu’à son départ en congé en mars 1968. Le P. BROUX a pris la succession, tandis que le P. HAZE, responsable du secteur Saraburi-Lopburi jusqu’en novembre 1968, est venu le rejoindre à cotte époque. La chrétienté qui compte 700 chrétiens environ est surtout composée de Chinois d’origine hakka. Ce groupe chinois a été longtemps travaillé par les communistes, et cela explique que si peu de chrétiens pratiquent à l’heure actuelle.
La paroisse possède une école primaire-secondaire importante comptant près de 1 000 élèves. Le P. Haze enseigne à l’école, tandis que le P. Broux donne des cours de français dans les classes préparatoires à l’Université des écoles du gouvernement.
5. — Tak. Quant aux autres postes, ils sont tous de création relativement récente. Au nord, Tak est le domaine du P. GRANGE. Il y a établi une école primaire-secondaire, il y a près de 10 élèves, pratiquement tous non chrétiens, à l’exception d’une dizaine. Quant à la chrétienté, elle ne compte guère plus de 50 chrétiens, y compris les dispersés.
6. — Mesod. De Tak, si on se dirige vers l’ouest, on arrive à Mesod par une route magni-fique qui sera terminée dans quelques mois : c’est l’un des tronçons de la future route inter- continentale Paris-Pékin. Mésod est sur la frontière de Birmanie. C’est le centre de la mission cariane. Fondée par le P. VERDIÈRE, il y a quelques années, elle compte aussi une école primaire-secondaire, où les jeunes Carians do la montagne viennent étudier le thai. C’est le P. QUINTARD qui a la charge de ce secteur.
Mais le P. Quintard n’est pas souvent à Mesod pour la bonne raison que les Carians vivent dans la montagne : régulièrement, il va les visiter, passant chaque fois un bon mois parmi eux. Le seul village chrétien carian est à six jours de marche de Mesod ; aussi n’est-ce pas une sinécure que ces voyages dans la montagne avec des villages éloignés les uns des autres de plusieurs heures de marche.
Le P. TYGRÉAT, un ancien de Birmanie, est venu rejoindre le P. QUINTARD au début de 1969 et c’est lui qui le remplace durant son congé.
7. — Savankhaloke. De l’ouest, revenons au nord de Pitsanuloke, où réside le P. GARREL ; tout en étant l’aumônier d’une forte communauté des Sœurs du Sacré-Cœur de Bangkok qui y ont une école primaire-secondaire assez importante, il visite les chrétiens dispersés dans les deux départements limitrophes. Pour une population totale de 800 000 habitants, il compte 145 chrétiens dispersés dans cet immense secteur.
8. — Lomsak et Petchabun. Tout à fait à l’est de Pitsanuloke, c’est le domaine du P. LARQUÉ, Lomsak et Petchabun. Ces deux postes sont tout nouveaux, trois ans à peine. Sur une population totale de plus de 300 000, il n’y a que 116 chrétiens disséminés un peu partout, mais cette année le Père a plus de 50 catéchumènes. Une magnifique route, qui sera terminée dans un mois, relie désormais Lomsak à Bangkok, facilitant ainsi le travail du Père.
NAKHON SAWAN
RESPONSABILITÉS DIOCÉSAINES
Evêque Mgr LANGER Michel
Vicaire général PP. MEUNIER René
Procureur de la mission GLORIOD Joseph
RESPONSABILITÉS M.E P.
Supérieur régional LÉON Louis
Supérieur local BROUX Michel
Vice-supérieur régional VERDIÈRE Edmond
MINISTÈRE PAROISSIAL
Population Catholiques Catéchumènes
NAKHON SAWAN BRISSON René
Mgr LANGER Michel
BANGKHAM 570 env. BILLOT Robert
DESCHAMPS Antoine
BANPENG 600 env. MEUNIER René
PITSANULOKE 700 BROUX Michel
HAZE Robert
TAK 50 18 GRANGE Etienne
MESOD QUINTARD Joseph
TYGRÉAT Gabriel
SAVANKHALOKE 800 000 145 GARREL Isidore
LOMSAK et PET-
CHABUN 300 000 116 50 LARQUÉ Victor
SANTISUK 400 GAUCHET Marcel
TAKLI 400 COUTAND Michel
SARABURI-LOPBURI 200 SAHUC Louis
BRISSON Maurice
CONGÉS PP. RAPIN Claude
FRAPPIER André
BRISSON René
9. — Santisuk. Un peu plus au sud, c’est Santisuk, la chrétienté du P. GAUCHET. Cette chrétienté se trouve en pleine forêt ; elle est constituée par des chrétiens du diocèse d’Ubon qui, ne pouvant plus vivre dans leur village par suite de la sécheresse, étaient venus s’établir dans la forêt. Le P. Larqué fut leur premier curé et après avoir, malgré des difficultés inouïes, réussi à bâtir une église, une école et un logement pour le Père et les religieuses, il a laissé ce poste au P. Gauchet. Les chrétiens dépassent les 400 et l’école, bâtie voici plus de deux ans, a pu être ouverte enfin cette année, grâce aux démarches multiples du P. Larqué.
10. — Takli. A 60 km au sud de Nakhon Sawan, il y a une grosse base américaine, Takli. Le P. COUTAND a la charge de ce poste qui comporte également plusieurs dessertes. Ce secteur compte environ 400 chrétiens. Le P. Coutand assure aussi l’aumônerie de la base. Le P. SAHUC le remplace pendant son congé ; ce dernier était chargé jusque-là de Savankhaloke et il est probable qu’au retour du P Coutand, le P. Sahuc ira renforcer l’équipe Quintard-Tygréat à Mesod.
11. — Saraburi et Lopburi. Tout à fait au sud du diocèse, reste le secteur Saraburi-Lopburi. Jusqu’en novembre 1968, le P. Haze en avait la charge ; le P. Haze étant monté à Pitsanuloke, le P. René BRISSON, primitivement à Nakhon Sawan, a pris ce secteur en charge. Les chrétiens y sont très dispersés comme partout ailleurs et leur nombre ne dépasse pas beaucoup 200. Il n’y a ni écoles, ni communauté d’aucun genre.
Louis LEON,
Supérieur régional.
Communauté de Ubon Ratchathani
1º DIOCÈSE DE UBON RATCHATHANI
EVANGÉLISATION EN MILIEU NON CHRÉTIEN
Un progrès certain par rapport à l’année dernière, c’est que deux confrères ont été envoyés en milieu quasi totalement non chrétien. Ce sont les PP. BRISSON et GUILLEMIN, travaillant, le premier dans les provinces de Sisakhet et Surin, le second dans celles de Mahasarakham et Roiet. De ces quatre provinces, trois étaient signalées dans le rapport de l’année dernière comme presque pas touchées par l’évangélisation et n’ayant pas encore de missionnaire résident, et cela pour une population d’environ 2 000 000 d’habitants. Quelque chose a donc été fait qui porte déjà des fruits.
Sisakhet et Surin. — Cependant, les premiers fruits ne sont pratiquement jamais des conversions de non-chrétiens, mais plutôt le raccrochage des chrétiens dispersés. Le P. BRISSON signale : « Les missionnaires protestants, qui partent de zéro, malgré leur zèle et les moyens énormes de diffusion d’une presse très bien faite, ne semblent pas payés de retour. Le prêtre catholique, lui, part à la recherche des brebis perdues ou tout simplement dispersées : grand problème de la diaspora ; des chrétiens venant de communautés chrétiennes anciennes et possédant toute l’armature de paroisse : église, école, prêtre, religieuses, etc... doivent partir pour gagner leur vie, ou à cause de leur situation (gendarmes, professeurs, docteurs, etc.). Ces chrétiens gardent plus ou moins, assez fortement tout de même dans les débuts, la nostalgie de l’église-mère de leur enfance. Ils y retournent volontiers une fois ou deux par an, pour faire leurs Pâques ou à l’occasion de la fête de l’église ; ils en profitent pour prendre un bain religieux : sacrements, offrande de messes pour les défunts et baptême d’un enfant né depuis quelques mois. C’est pour les enfants que le problème se complique. Ces enfants nés dans la diaspora sont déjà séparés d’une génération de la communauté chrétienne et les liens se distendent très vite. Ils sont baptisés, c’est tout. Pour l’école, les fréquentations, l’éducation, ils sont baignés dans l’ambiance païenne, leur nouveau milieu de vie. Au moment du mariage, le conjoint sera tout naturellement un païen du milieu.
Quant à l’organisation du ministère paroissial, le P. Brisson écrit dans son rapport : « Deux chrétientés ont la priorité et sont administrées chaque semaine. Sisakhet est donc le poste central. Chaque samedi matin, je quitte ce centre en jeep pour Khun Han (70 km) où je fais le catéchisme à deux adultes catéchumènes et trois enfants de chrétiens. Puis, je gagne vers midi Kantharalak (encore 90 km) : messe à 5 h de l’après-midi. Le dimanche matin après la messe de 8 h. je reprends la route pour Sisakhet (de nouveau 70 km) où j’arrive pour midi. La messe à Sisakhet est à 16 h. Le reste de la semaine, ou bien je reste à Sisakhet pour les catéchismes (une catéchumène et 8 enfants de chrétiens), ou bien je visite un centre de diaspora, surtout Rasi-Salai. »
« Le culte se réduit à la messe : il n’y a de chapelle qu’à Sisakhet et Kantharalak. Ailleurs, je dis la messe chez l’habitant, à l’heure qui leur convient : cela n’a rien de solennel, mais c’est familial au possible. Il n’y a aucune organisation d’Action Catholique. Le premier effort consiste à amener les chrétiens à cet acte du culte hebdomadaire qu’est la messe. Ils s’en étaient déshabitués depuis des années et s’en trouvaient fort aises. Quant aux catéchumènes (hormis le cas de Khun Han où il n’y a pas de mariage à la clé), ça reste des motifs de mariage à régulariser. »
Mahasarakham et Roiet. — Quant au P. GUILLEMIN, il se livre à peu près au même travail que le P. Brisson dans les deux provinces de Mahasarakham et de Roiet, avec résidence principale à Mahasarakham, où il loue un bungalow en attendant de construire quelque chose d’adéquat. Par contre, il a déjà construit une petite chapelle à Non Wen où il a un groupe de chrétiens. Il faut dire que le P. Guillemin n’a pu commencer son travail que depuis quelques mois, ayant été retenus en France par l’Assemblée générale où il était délégué d’Ubon, puis par un séjour à l’hôpital pour une opération, et un court séjour de convalescence dans sa famille. Maintenant, il met les bouchées doubles : il a « prospecté », et visite régulièrement 108 chrétiens dispersés et a commencé l’instruction de 17 catéchumènes. Il entretient d’excellentes relations avec les missionnaires protestants, en particulier ceux de la dénomination C.M.A.. assez nombreux dans le secteur.
En plus des PP. Brisson et Guillemin, les missionnaires qui se sont trouvés les plus « libérés » pour aller aux non-chrétiens et aux chrétiens dispersés de la diaspora, sont les PP. TRÉBAOL, à partir de la petite chrétienté de Varin. ROBERT et BARBEROT, puis GUIDON, dans le secteur Sessong-Nadun-Khemmarat, et LE BÉZU à partir de Nong Rung.
Le P. TRÉBAOL signale 172 chrétiens dans son centre de Varin avec 6 catéchumènes adultes et 2 enfants. De plus, il a lui aussi retrouvé des chrétiens dispersés en pas moins de douze endroits différents, de part et d’autre de la route Varin-Deth, souvent à plusieurs kilomètres (de marche à pied) de la route. Ces chrétiens dispersés sont au nombre de 56 avec, en plus, 20 catéchumènes. Le P. Trébaol dit la messe à intervalles réguliers à six endroits différents au moins. Outre ce dur travail, plus ou moins « ad gentes », il assure à Varin et environs un non moins dur travail de pastorale, quand on songe aux 40 couples en concubinage, 3 couples séparés et 3 en adultère du district (Varin même est ville de garnison, ce qui explique bien des choses !). L’ensemble de ces couples totalise 138 enfants, dont 35 baptisés seulement. De plus, la pratique religieuse à Varin même est de 12 % seulement, mais le P. Trébaol n’est là que depuis deux ou trois mois seulement ! En dehors de Varin, la pratique religieuse monte à 95 % grâce aux visites régulières. Pas étonnant que le P. Trébaol soit tombé malade : heureusement il s’est vite remis.
Dans le secteur Sessong-Nadun-Khemmarat-Amnat, plusieurs confrères se sont succédé dans le courant de l’année. D’abord, le P. ROBERT, signalé à ce poste dans le rapport de l’an dernier, y a continué un travail acharné et épuisant pour un secteur aussi vaste et pour un seul homme : le P. BARBEROT est venu le seconder jusqu’à son départ en congé, en fin septembre. Le P. Brisson assura quelque temps la messe du dimanche à Nadun, puis le P. Guidon, aidé du P. Tenaud, vint prendre la relève du P. Robert, parti en congé bien mérité au mois d’avril. Ce secteur, en plus des petites chrétientés de Sessong et Nadun, a été augmenté de la lourde charge de la grande chrétienté de Nongkhu-Nachan, 1 127 chrétiens. Ce grand secteur comprend aussi bien sûr pas mal de chrétiens dispersés et visités de plus en plus régulièrement, et 25 catéchumènes.
De son côté, le P. LE BÉZU continue à mener de front son travail d’organisation et de défrichage dans le secteur Nong Rung-Takkoi-Nong Din Dam, avant d’aller prêter main-forte aux PP. Guidon et Tenaud, et de passer son district au P. Ragazzi (et le village de Nong Din Dam au P. Trébaol). Le P. Le Bézu va lui aussi aux chrétiens dispersés et aux non-chrétiens : il indique un total de 27 catéchumènes. Le P. Le Bézu lui aussi, comme le P. Trébaol, a eu une mauvaise grippe, contractée sous les coups de soleil et les averses de la saison des pluies : mais heureusement, lui aussi s’en est bien remis.
PASTORATION DES CENTRES CHRÉTIENS
Les centres d’Ubon-ville, Song.Je, Bàn Lao et Non Mari, de même que le petit séminaire débutant avec la classe des plus jeunes séminaristes, sont tenus par nos confrères thaïs les PP. XAI, BUNRUANG, LUEN et VATH.
Les confrères m.e.p. les plus accaparés par le service des chrétientés ont été les PP. MABBOUX, RAGAZZI et BRILLANT dans le groupe d’Ubon, le P. GUIDON déjà cité pour Nongkhu dans le groupe d’Amnat, et les PP. RASSINIER et GOURNAY dans le groupe de Sisakhet. Malgré cet accaparement, ces confrères n’en ont pas moins gardé ou renoué des relations avec ceux de leurs chrétiens dispersés dans la diaspora, quand c’était possible, et ils se sont aussi activement occupés de contacts avec les non-chrétiens, soit directement, soit par l’entremise des mouvements d’Action Catholique comme la Légion de Marie, toujours forte de ses 3 Curiae et 35 praesidia. (Il y a en plus à Ubon même un groupe de Saint-Vincent de Paul et, ici et là, des groupes d’auto-développement à orientations encore plus ou moins indécises, mais certainement à suivre avec beaucoup d’intérêt.)
Le P. MABBOUX est chargé d’un vaste district comprenant les chrétientés de Bungmai, Bàn Bua Thà, Paksé Noi et Phinum. Ses efforts, joints à ceux de ses légionnaires, ont donné des résultats, concrétisés en particulier par 10 baptêmes d’adultes et une vingtaine de catéchumènes. Notre confrère regrette qu’il n’y ait pas assez de catéchistes formés et travaillant à plein temps. Il en faudrait en particulier un pour la chrétienté de Phinum, dispersée parmi les non-chrétiens. L’école de Bungmai, tenue par les religieuses « Servantes de Marie », d’Ubon, compte 232 enfants dont une vingtaine de non chrétiens. Les enfants de Bàn Bua Thà, au nombre de 67, sont amenés chaque jour en bateau à l’école de Bungmai et ramenés le soir chez eux. Pour leur permettre de prendre à midi un repas substantiel, une cantine a été créée. Le P. Mabboux ne néglige pas non plus le développement du pays sur le plan matériel. Il écrit : « Quelques aménagements pratiques ont été réalisés au cours de cette année. A Bungmai, l’eau a été amenée à la maison des religieuses et de là, à l’école. A Bàn Bua Thà une digue de 20 m de long sur 4 m de haut a été construite pour retenir de l’eau qui permet d’arroser le jardin toute l’année et de nourrir des poissons. D’autres projets sont à l’étude, en particulier l’achèvement du forage d’un puits ».
UBON RATCHATHANI
RESPONSABILITÉS DIOCÉSAINES
Évêque Mgr BAYET Claudius *
Évêque nommé PP. COSTET Robert *
Vicaire général BRISSON Maurice *
Procureur PASEK Bronislas
Commission de liturgie (responsable diocésain) TRÉBAOL Joseph
RESPONSABILITÉS M.E.P.
Supérieur local BERTHOLD Germain
Économe régional LEDUC Louis
MINISTÈRE PAROISSIAL
Popu- Catho- Adultes Catéchu-
lation liques baptisés mènes
District d’UBON 920 000
VARIN, DETH 228 26 TRÉBAOL Joseph
NAKHAM 178 PASEK Bronislas
BUNGMAI 1 340 10 20 MABBOUX André
THAPTAI 632 1 RAGAZZI Roger
BAN UET, BAN DONG 372 3 Mgr BAYET Claudius
District d’AMNAT 1 540 000
SONG JE 1 192 3 * BUNRUANG, pr. thaï
BRILLANT Henri
NONG KHU 1 374 25 ROBERT Jean-Claude
NACHAN GUIDON Paul
SESSONG-NADUN 960 ROBERT Jean-Claude
BARBEROT Guy
BAN LAO 965 BRILLANT Henri
MAHASARAKHAM
ROIET 108 GUILLEMIN Bernard
District de SISAKHET 1 300 000
NONG THAM 1 388 6 RASSINIER Georges
SI THAN 365 9 GOURNAY Jean
NONG RUNG 571 27 LE BÉZU Yves
SISAKHET, SURIN 157 4 BRISSON Maurice
RESPONSABILITÉS EXTRA-PAROISSIALES
Petit séminaire régional, Tharé
— Supérieur PP. COSTET Robert
— Professeurs FRANCHINEAU André
MANSUY Georges
BERTHOLD Germain (1)
TENAUD Auguste (1)
— Aumônier des Servantes de Marie et directeur de l’orphelinat BERTHOLD Germain
ÉCOLE DE LANGUE
A Bangkok LAOUENAN Marcel
DROYAL Jean
EN FRANCE
Affecté à l’Information en France ALBANDOS Jean
Congé régulier LEDUC
THELIER Maurice
ROBERT Jean-Claude
Congé de maladie BOUCHER Alain
MOISSON Jean-Marie
________
* Mgr BAYET a démissionné en 1968. Le P. COSTET, évêque d’Ubon en août 1969, présenta sa démission en raison de son mauvais état de santé. Rome accéda à sa requête et demanda aux prêtres du diocèse d’Ubon de choisir parmi eux un vicaire capitulaire, en attendant la nomination du successeur de Mgr Bayet. Le P. BRISSON a été nommé.
(1) Jusqu’au 15 mars 1969.
Le P. RAGAZZI a bien employé son temps dans le secteur Thabtai-Payang-Paksi. Lui non plus n’a pas négligé le développement matériel, en aidant ses gens à s’aider eux-mêmes et à organiser une espèce de coopérative, déjà lancée par le P. Mabboux, pour permettre aux chrétiens de se procurer des pompes à moteur pour l’irrigation de leurs champs. Au point de vue spirituel, le P. Ragazzi s’est beaucoup donné à la formation en profondeur de ses gens, à la visite régulière des chrétiens dispersés et aussi de non-chrétiens dans son île et au-delà.
Le P. BRILLANT, revenu de congé au mois de décembre 1968, est rentré d’abord dans son ancien poste de Bàn Lao. Il faut avant tout, signaler que le P. Brillant a passé son congé à chercher de quoi construire une nouvelle église à Bàn Lao et qu’il a pleinement réussi. Ceci fait, il s’en va travailler plus loin, d’abord à Bàn Uet pour quelques mois, en remplacement du P. Thelier, puis dans la grande chrétienté de Song-Je, dont il est nommé chef de poste au mois de mai de cette année 1969. A Bàn Uet, repris ensuite par. Mgr BAYET lui-même, on signale 3 catéchumènes et les activités ordinaires de visite des chrétiens et de contacts avec les non-chrétiens qui forment la moitié du village. Un groupe de Légion de Marie y est à l’œuvre. A Song-Je, le P. Brillant a commencé immédiatement un travail fructueux. Il faut dire qu’il connaissait bien le terrain, ayant déjà tenu et profondément marqué ce poste pendant plusieurs années, avant d’être nommé à Bàn Lao où il passa quelques années avant son congé. A Song-Je aussi, il y a 3 catéchumènes et le P. Brillant pousse activement les contacts avec les non-chrétiens, secondé par ses groupes de Légion de Marie et, dans un autre sens, par un groupe d’auto-développement. On peut faire confiance au P. Brillant et à son dynamisme pour ne pas laisser chômer toua ces gens de bonne volonté.
Dans le groupe de Sisakhet, le P. RASSINIER s’est montré l’homme de la situation (quoi qu’il en dise) dans son vaste district de Nong Tham, Non Sawang et Bàn Saphan. Secteur délicat à cause des gangs de voleurs de buffles, dont certains chrétiens font partie quand ils ne les contrôlent pas eux-mêmes, et à cause d’autres atavismes pas très orthodoxes, qui existent d’ailleurs aussi ailleurs. Mais le P. Rassinier sait faire face à toutes les situations et paye de sa personne sans compter pour visiter ses chrétiens et non-chrétiens dans plusieurs villages, éloignés les uns des autres et reliés par de bien mauvaises routes à peine praticables, surtout à la saison des pluies et même pour sa jeep. Il a 6 catéchumènes dans le secteur et plusieurs groupes de Légion de Marie. Le P. Rassinier insiste beaucoup pour la formation en profondeur des chrétiens.
Son voisin, le P. GOURNAY, do la chrétienté de Sithan, est un organisateur-né qui a tout de suite vu ce qu’il y avait à faire dans son nouveau poste où il est depuis son retour de congé en février de cette année. Le P. Gournay écrit : « Sur le plan social, nous avons continué à essayer d’améliorer le niveau de vie de nos riziculteurs en les aidant à se procurer de l’engrais à des prix avantageux. En achetant en gros, un plein wagon, et en laissant les gens payer à la récolte, je leur ai permis de réaliser un gain de plus de 40 %. Le chef du village est le président-secrétaire de la coopérative de crédit de Sithan, j’en suis le modeste trésorier. Le nombre des adhérents à notre coopérative a doublé ainsi que celui des sacs d’engrais. Des non-chrétiens viennent profiter des avantages de notre organisation, cela fait partie de l’apprivoisement. Ce n’est pas encore de l’évangélisation. Pour faire du développement nous avons entrepris une campagne de propreté. Dans les maisons, les filles en étaient chargées : les gosses, les jeunes gens et les hommes devaient faire la propreté autour de la ferme et sur les chemins. Il n’y avait plus une tarte de buffle ». Le P. Gournay signale dans le même domaine la construction d’une porcherie modèle. Aidé par une religieuse experte et zélée, Mère Suzanne, des Servantes de Marie, il fait participer toute la jeunesse du village, méthodiquement et dans un souci d’éducation bien comprise, à toutes ses entreprises de « développement », sans oublier bien sûr l’église elle-même et son terrain.
Ayant ainsi souvent les enfants près de lui, le Père leur fait en général deux séances de catéchisme par jour. Il signale que les occasions de contacts avec des non-chrétiens de passage sont assez nombreuses, et lui-même va en tournée dans les villages païens des environs. Son petit dispensaire est aussi une occasion de contacts. Le Père signale 9 catéchumènes et plusieurs situations irrégulières arrangées avec plusieurs baptêmes de non-chrétiens à la clé. Un excellent groupe de Légion de Marie le seconde dans ses efforts. « Ce sont surtout, écrit-il, les hommes et les jeunes gens de la Légion qui m’accompagnent pour visiter les chrétiens dispersés dans les villages bouddhistes. J’ai été bien reçu partout et nos visites ont porté des fruits de conversions ».
EVÊCHÉ — PROCURE
Mgr BAYET, bien que démissionnaire, continue comme par le passé son lourd travail d’administration du diocèse et de président de la Conférence épiscopale de Thaïlande (et secrétaire en fait de cet organisme). Il a continué d’assurer l’intérim de postes dont les titulaires sont en congé. C’est ainsi qu’il s’occupe régulièrement du poste de Bàn Uet et qu’il va de temps en temps à Bàn Lao dont le P. Luen est chargé « ad intérim ». Monseigneur tient aussi souvent à aller prêter main-forte aux confrères les plus chargés à l’occasion des fêtes. Prochainement, il représentera la Conférence épiscopale de Thaïlande au Synode.
Le P. PASEK, procureur expert et actif, s’occupe aussi de la petite chrétienté de Nakham et va dire une messe à la base américaine tous les dimanches soirs. De plus, le P. Pasek a été un des animateurs les plus qualifiés de nos réunions bi-mensuelles. Soit dit en passant, nous espérons être arrivés à établir une meilleure formule pour les réunions d’étude en nommant un président des débats et un secrétaire et en suivant un processus plus discipliné de discussions pour mieux cerner les sujets au programme.
SÉMINAIRE RÉGIONAL DE THARÉ
Au 1er juillet 1969, les confrères suivants étaient au séminaire :
Les PP. COSTET, supérieur, FRANCHINEAU, économe, MANSUY, professeur, DUPONT (de Nakhon-Ratchasima), professeur.
Le P. Costet, en plus du travail déjà lourd du supériorat, enseigne la Bible, l’histoire de l’Eglise et le français. Il fait la plupart des lectures spirituelles. Le P. Franchineau fait les comptes, approvisionne la maison et enseigne du français et du catéchisme. Une lourde charge est celle d’infirmier qu’il assume avec un dévouement total et… le sourire. Le P. Mansuy a enseigné l’anglais et la Bible, a fait des lectures spirituelles et assure la direction spirituelle, qu’il partage avec les PP. Franchineau et Dupont. Le P. Dupont, revenu au mois de mai d’un congé bien mérité, et bien employé, s’est « reconverti » de professeur de latin en professeur d’anglais. Il enseigne aussi le catéchisme et tient les comptes des séminaristes. Les PP. TENAUD et BERTHOLD ayant été rappelés à Ubon, Mgr KIEN archevêque de Tharé, a accepté de mettre le P. PIXIT, de son diocèse, au séminaire comme vice-supérieur, professeur d’anglais, de catéchisme, de catéchétique, de chant et lui aussi, directeur spirituel.
LES CATÉCHISTES
Le P. JACQUEMIN nous est revenu après un stage complet de deux à trois ans à l’Institut supérieur de catéchétique de Paris. Aussitôt arrive, au printemps, il s’est mis à l’œuvre, en commençant par visiter tous les postes, prospectant leurs besoins et leurs possibilités, prenant contact avec les catéchistes volontaires et avec les anciens catéchistes ne travaillant plus comme tels, organisant des réunions d’information, puis des sessions de formation dans le diocèse d’Ubon et, sur leur demande, dans les diocèses voisins de Nakhon-Ratchasima et Tharé. Cette activité débordante a eu raison, mais pour un temps seulement, des forces physiques du P. Jacquemin qui a dû prendre le chemin de l’hôpital, puis se forcer à un certain temps de convalescence. Si, heureusement, il est prêt maintenant à reprendre son travail, il faudrait qu’il se ménage un peu. En tout cas, le travail commencé a éveillé un vif intérêt et suscité l’enthousiasme de nombreux hommes d’âge mûr, de religieuses, d’instituteurs et d’institutrices, de jeunes gens et de jeunes filles désirant se consacrer à cet apostolat. Cela ne peut pas ne pas porter des fruits.
LE COUVENT DES SERVANTES DE MARIE
Le P. BERTHOLD, rentré du séminaire de Tharé après treize ans et demi passés là-bas, a pris la relève du P. GUIDON à la fin mars et continué le travail de formation des novices : conférences spirituelles, formation à la liturgie, enseignement de I’Ecriture Sainte, de la catéchétique, de l’histoire de l’Eglise aux novices. Ce travail de formation est important quand on pense que les Servantes de Marie assurent elles-mêmes la formation religieuse par l’enseignement du catéchisme de plus de 2 000 enfants des écoles du diocèse. L’aumônier du couvent enseigne lui-même le catéchisme aux juvénistes de première année, arrivées cette année au nombre de 45. Les juvénistes rentrées les années précédentes sont au nombre d’environ 60, les postulantes 9, les novices 13, les professes 126. Une autre activité de l’aumônier est la direction de l’orphelinat : il compte actuellement 47 enfants et il en a confié 30 au cours de l’année à des parents d’adoption.
LES CONFRÈRES M.E.P. RÉSIDANT EN THAILANDE
En dehors du diocèse d’Ubon et du séminaire de Tharé, les PP. LEDUC, DROVAL, et LAOUENAN sont à Bangkok et le P. GLORIOD, à Nakhon Sawan.
Le P. Leduc s’est acquitté à la satisfaction et à la reconnaissance générale de ses fonctions d’économe régional, toujours prêt à rendre toutes sortes de petits et grands services aux confrères. Son activité incessante et parfois ingrate lui a bien mérité le congé dont il jouit actuellement.
Les PP. Droval et Laouënan, venus de Birmanie, ont continué l’école de langue tout en participant activement au ministère pastoral de la capitale. Le P. Laouënan va remplacer le P. Mansuy au séminaire de Tharé à partir du 15 juillet.
Le P. Gloriod, secrétaire-procureur du diocèse de Nakhon Sawan, et bien qualifié pour ce poste délicat, n’oublie pas pour autant ses confrères d’Ubon et vient de temps en temps nous rendre des visites sympathiques et appréciés.
CONFRÈRES EN FRANCE
Les PP. LEDUC, THELIER et ROBERT sont en congé régulier. Le P. Thelier a dû prolonger son séjour en France pour raisons de santé ; nous espérons qu’il se rétablira le plus vite possible. D’autre part, tous les confrères ont compati à la douleur du P. Robert à l’occasion de la mort de sa mère et nous nous sommes unis à lui par la prière.
Les PP. BOUCHET, MOISSON et ALBANDOS continuent à travailler pour les Missions en France. Le P. Albandos nous reviendrait paraît-il. Qu’il soit le bienvenu !
Le P. SCHMIDT, au service du diocèse de Strasbourg, garde toute notre sympathie.
Germain BERTHOLD,
Supérieur local.
2. DIOCÈSE DE NAKHON-RATCHASIMA
La sécheresse pourrait servir de commun dénominateur aux principaux soucis des confrères durant cet exercice ; elle s’est ajoutée à l’aridité habituelle de l’apostolat en milieu bouddhiste, augmentant le travail sans accroître les résultats.
Le nouvel évêché, placé dans notre plus grande ville, devrait éviter cet inconvénient. Or, le jour même de sa bénédiction, des camions-citernes étaient venus de Bangkok, à 250 km de là, pour ravitailler Khorat assoiffée. De nombreux invités, surtout de la capitale, étaient venus se joindre aux officiels pour cette cérémonie.
A la paroisse, les camions-citernes de 20 tonnes de l’armée américaine se sont prodigués au bénéfice de plus de 2 000 élèves, dont plus de 100 pensionnaires. Les rapports entre le camp et la paroisse sont nombreux avec mutuel échange de services. Plusieurs paroissiennes furent baptisées à l’occasion de mariages, après quoi elles ont émigré. Le P. BRAY, après un rapide passage en France, doit retrouver des amis aux U.S.A. et sûrement songer aux moyens de construire un hôpital pour remplacer son dispensaire qui a dépassé les 100 000 consultations depuis son ouverture. Son suppléant, le P. TAVENNEC, outre le soin de la paroisse, qui n’est pas une sinécure, assure des cours de français à l’école et s’occupe des chrétiens dispersés au sud du diocèse.
A Non Kèo, le P. CLÉMENT, un vétéran du Vietnam, mais faisant ses premières armes en langue siamoise ou laotienne, a vu l’exode massif surtout de ses jeunes, car la plupart de ses familles n’ont même pas récolté un boisseau de riz. Des secours importants et rapides lui ont permis de les aider par des travaux d’intérêt public qui tout en assurant le riz quotidien sont un investissement pour l’avenir : réfection des chemins du village, creusement de deux grands réservoir qui devraient au moins assurer l’eau potable, et quelques essais plus ou moins heureux de culture comme l’arachide, élevage de poulets, confection de nattes, etc... L’ingéniosité du Père et son dévouement pour ses gens lui ont gagné tous les cœurs.
A Non Prasat, grande liesse au retour du P. GARDIER rentrant de congé. De nombreuses occasions se sont présentées à lui d’installer de nouvelles familles à la recherche de terrains plus faciles à trouver par suite de la disette. Autres travaux, le creusement d’un réservoir comme à Non Kèo, ou de puits disséminés dans le village, tâche momentanément suspendue faute de fonds. Mais l’œuvre maîtresse est la construction d’une grande et solide école, qui devrait délier les siècles, malgré la tempête qui renversa les colonnes le premier jour.
A Ban Nan, le P. MALSERT a poussé avec succès ses gens à cultiver du coton, voire même des champignons, mais surtout il a montré une persévérance presque héroïque pour creuser un puits. Un premier essai n’ayant rien donné, il recommença plus loin un puits de 10 mètres de profondeur sur 2 de diamètre, et trouvant le débit insuffisant, il continua par un puits artésien de 30 mètres par un procédé artisanal rudimentaire, lent mais efficace. Encouragés par son exemple, huit de ses paroissiens se sont associés pour faire de même et, depuis trois mois, y travaillent chaque jour : on ne peut que souhaiter le succès à tant d’efforts. On ne peut énumérer les divers incidents techniques de l’entreprise, mais l’esprit d’équipe de ces gens qui, d’eux-mêmes, se retrouvent ainsi pour cette œuvre commune est déjà un magnifique résultat.
A Pakchong, chez le P. NICOLAS, plusieurs familles nouvellement venues ont été obligées de repartir, par suite du marasme dans le commerce dû à deux années consécutives de mauvaises récoltes dans la campagne environnante. Par contre, les familles venues plus tôt, et qui avaient les épaules plus solides, semblent devoir s’enraciner. Dans les deux écoles, même difficulté pour percevoir les écolages ; moins de pensionnaires aussi, mais de beaux résultats aux examens qui, à Pakchong surtout, remplissent les classes. En attendant les autorisations nécessaires, les tournées médicales dans les villages ont été interrompues et le dispensaire n’a pas encore été ouvert : d’ailleurs les infirmières canadiennes sont en congé dans leur pays natal.
Après avoir perfectionné son anglais à Paris, le P. DUPONT a repris ses nombreuses heures de cours au séminaire de Tharé, où il veille aussi sur nos quelques dix petits séminaristes.
Les trois plus jeunes Pères dont il nous reste à parler ont l’honneur et, je crois, la joie d’être des pionniers en faisant du neuf, ouvrant de nouveaux postes, allant « ad gentes ».
NAKHON RATCHASIMA
RESPONSABILITÉS DIOCÉSAINES
Evêque Mgr VAN GAVER Alain
Vicaire général PP. NICOLAS Louis
Commission liturgique MONTOCCHIO Jean-Yves
MINISTÈRE PAROISSIAL
Popu- Catho- Adultes Catéchu-
lation liques baptisés mènes
NAKHON RATCHA- 495 10 15 TAVENNEC Louis
SIMA PÉAULT Jean
PAK CHONG 243 6 10 NICOLAS Louis
KLANG DONG 60 1 »
NON KEO, etc 1 150 13 6 CLÉMENT Roger
BAN HAN 138 1 3 MALSERT Robert
THA CHEN 25 »
BUA YAI 24 3 73 MONTOCCHIO Jean-Yves
NON PRASAT 300 000 576 11 8 GARDIER Joseph
KENG KHRO 87 23 11 MICHEL Christian
MINISTÈRE EXTRA-PAROISSIAL
Supérieur du pré-séminaire, N. Ratchasima PÉAULT Jean
Professeur, petit séminaire, Tharé DUPONT Pierre
CONGÉ
— régulier BRAY Marius
ANDREONI Francesco
LAMOUREUX René
— de maladie KELBERT Antoine
Le P. MONTOCCHIO, à Bua Yai, compte sans doute le moins de baptisés, mais administrera le plus de baptêmes dans l’année qui vient, car il prépare des catéchumènes en trois groupes, très distants les uns des autres. S’il est mal logé dans une simple boutique au marché, il est heureusement bien monté avec une jeep diesel neuve, qu’il fait circuler beaucoup dans le nord-est du diocèse quand les chemins ne sont pas trop détrempés. Lui aussi a aidé un groupe de catéchumènes fort pauvres à creuser un réservoir. Il est en outre notre délégué compétent pour les traductions ou les questions liturgiques.
Aussi mal logé, pas encore doté de véhicule, mais bientôt, semble-t-il, le P. MICHEL se dépense au nord-ouest du diocèse à Non Kèo. La sécheresse a fait émigrer un groupe de ses catéchumènes, pour qui, grâce à l’appui d’un catéchiste fort précieux, il a trouvé des rapports d’appoint, tels que petits commerces ou sciage de bois. Ailleurs, il reprend en mains des catholiques, dont les enfants n’avaient pas été catéchisés, tout en instruisant certains voisins intéressés par notre religion.
Le P. PÉAULT, à deux minutes de l’évêché avec sa Honda, dirige les premiers pas de nos petits séminaristes pour leurs trois premières années d’études avant de rejoindre leurs aînés à Tharé. Ils suivent d’ailleurs les cours du collège mitoyen de l’Assomption, dirigé par les Frères de Saint-Gabriel. Au bord de la rivière, avec pompe et deux réservoirs pleins à ras bord, on pourrait penser que lui au moins est épargné par la sécheresse ; chez lui, c’est la caisse qui est à sec, si bien qu’au lieu du bâtiment « fonctionnel » d’abord prévu, il a dû se contenter de replanter une ancienne maison laotienne ou, provisoirement, il s’entasse avec ses dix-huit dirigés.
Cette esquisse semblera bien sèche, un peu terre a terre. On y parle peu de conversions, d’évangélisation, ou de pastorale, le social semblerait primer, sinon exclure, les autres plans ; il n’en est rien : sans doute la nécessité, l’urgence ont obligé les confrères à un effort spécial et rapide dans ce sens. Mais leur rôle essentiel reste spirituel, tous et chacun s’ingénient à rendre leur communauté plus rayonnante ou missionnaire, grâce surtout à la Légion de Marie ou les groupes de jeunes. A l’échelon diocésain par ailleurs, un plan quinquennal a été établi ; même si tous les objectifs ne sont pas atteints, il indique dans quel sens orienter les efforts. Les réunions du conseil pastoral ou du presbytérium donnent à chacun l’occasion d’exprimer sa pensée, nos laïcs commencent à devenir un peu plus conscients de leur rôle et de leur responsabilité, mais ce n’est encore qu’embryonnaire. De séances de cinéma, avec de beaux films religieux en couleurs, ont pu être donnés en plusieurs villages grâce à un « cinébus », et semblent très appréciées. A condition d’être préparées, exploitées, suivies, elles permettent des prises de contact dans les milieux païens où pourra germer la Bonne Nouvelle.
La retraite prêchée par le P. PLASSON, du Prado, et le recyclage effectué par le P. FRISQUE, de la Mission de France, en compagnie du P. KÉROUANTON, nous ont réajustés à l’Eglise vivante et toujours actuelle. L’ambiance très unie et fraternelle entre les confrères du diocèse semble un atout précieux pour aller de l’avant.
Louis NICOLAS.
Supérieur local.
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