| Année: |
1970 |
| Pays: |
Thaïlande |
| Mission: |
THAILANDE |
| Rédacteur: | Mgr LAMOUREUX |
RÉGION
DE THAILANDE
Situation générale
La politique intérieure
Le Parti du Peuple thaï uni, parti actuellement au pouvoir, obtint la majorité des voix lors des élections de 1969 avec 75 sièges, suivi par les indépendants avec 72 sièges et le parti démocrate 75 voix. En principe, les indépendants votent pour le gouvernement, mais il est arrivé que, sur certains points importants, plusieurs de ses membres ont voté contre ; au sein même du parti gouvernemental, plusieurs membres se sont abstenus de voter, si bien qu’il a failli être mis en minorité au moins dans trois cas. Par ailleurs, ce parti n’a pas été toujours uni concernant la politique du parti, tant intérieure qu’extérieure.
Ce fut le cas, lorsque la situation politique s’aggrava au Cambodge après la destitution du prince Sihanouk, lorsque les Viets, sortant de leurs sanctuaires, commencèrent une attaque générale contre l’armée cambodgienne. Pour pouvoir mieux défendre ses frontières du côté cambodgien, plusieurs membres du parlement, dont un bon nombre du parti gouvernemental, soutenus par le ministre de l’Intérieur, auraient voulu que le pays s’engage dans le conflit en envoyant un corps expéditionnaire ; par contre, un nombre non moins important au sein du parti, soutenu, semble-t-il, par le ministre des Affaires étrangères, était résolument contre cet engagement.
Le parti au pouvoir faillit être mis en minorité, lorsque le gouvernement décida une augmentation assez considérable des impôts sur certains produits d’importation ; le décret-loi passa à une voix de majorité. Cette augmentation était rendue nécessaire par suite du déficit de la balance commerciale et aussi pour permettre de boucler le prochain budget. Celui-ci était beaucoup plus élevé que celui des années précédentes ; même sans s’engager directement dans le conflit viet-cambodgien, le gouvernement se devait de se préparer à toute éventualité et donc augmenter les effectifs de la police frontalière, préparer un corps expéditionnaire en cas de besoin.
En principe, cette augmentation d’impôts ne visait que les produits importés dits de luxe ou qu’on pouvait trouver en Thaïlande ; mais en fait, comme l’industrie locale a encore besoin de certains produits importés, il en résulta une augmentation du coût de la vie qui mécontenta beaucoup de gens. La hausse la plus considérable frappa les voitures et les pièces détachées. Il est probable que plusieurs usines de montage de voitures vont être obligées de fermer. Cette hausse va grever assez considérablement les budgets des diocèses, surtout ceux nouvellement érigés ; en effet, dans ces diocèses, nos confrères travaillent dans des districts très étendus et un véhicule leur est absolument nécessaire pour leur travail. L’achat de voitures neuves va devenir prohibitif et le viatique ne suffira pas à l’entretien de celles qui sont en service ; le travail de l’apostolat risque de s’en ressentir. L’impôt sur l’importation de voitures est actuellement de 130 à 140 %.
Le conflit viet-cambodgien et surtout la chute de Sihanouk ont permis entre les deux pays la reprise des relations diplomatiques, rompues dix ans plus tôt.
Une coopération plus active avec la Malaisie a permis de lutter plus efficacement contre les communistes chinois qui, pour échapper à l’armée malaise, s’étaient réfugiés en Thaïlande et avaient commencé à noyauter la population de cette frontière, en majorité d’origine malaise et de religion musulmane.
En vue de diminuer les activités subversives des communistes dans le pays, le ministre des Affaires étrangères avait fait un appel à Pékin pour permettre à la Thaïlande d’avoir des relations diplomatiques, ou, tout au moins, des relations d’ordre économique avec la Chine populaire et ainsi, peu à peu, contribuer à ramener la paix dans le Sud-Est asiatique. Cet appel est resté sans réponse. Pendant ce temps, les Chinois communistes continuent à construire une route dans le nord du Laos, leur permettant d’arriver à quelques kilomètres de la frontière thaïlandaise.
Toujours en vue de rétablir la paix au Sud-Est asiatique, le gouvernement a passé un accord avec les Etats-Unis sur le retrait progressif des troupes américaines stationnées en Thaïlande. Sur les 48000 hommes ainsi concernés, 6000 quitteront le pays au mois de juillet et la grande base de Takli sera remise aux forces thaïlandaises à la fin de cette année.
Les activités subversives continuent ; elles ont pris davantage d’ampleur dans le nord et le sud. Dans le nord, il s’agit surtout de tribus montagnardes, principalement les Méos, tant du côté est, à la frontière du Laos, qu’à l’ouest, à la frontière de Birmanie. Pour mieux contrôler ces régions et permettre leur développement économique, le gouvernement fait construire des routes dans ces secteurs ; mais les terroristes ont attaqué les camps où sont basés les travailleurs et stocké le matériel de construction, brûlant plusieurs bulldozers et autres engins de construction, si bien qu’il fallut envoyer des troupes pour protéger ces camps et les machines. Très peu de nos confrères travaillent dans cette région ; mais, du côté de la frontière birmane, ceux d’entre eux qui y travaillent doivent désormais éviter ces secteurs.
Les affaires sociales
Sur le plan de l’éducation, malgré les efforts du gouvernement, il reste encore beaucoup à faire, surtout à cause de la croissance constante de la population. Le nouveau ministre de l’Education, un ancien élève des Frères de St-Gabriel, fait son possible avec le budget dont il dispose. Cette année, en raison du besoin croissant de techniciens et d’ouvriers qualifiés dans le secteur rural et industriel, il a obtenu 440 millions de baths pour y pourvoir.
Une sixième école normale supérieure sera ouverte, cette année, à Songkla, dans le sud ; elle permettra de fournir davantage de professeurs qualifiés aux collèges secondaires dont le nombre augmente chaque année. Cependant, les écoles posent un problème sérieux, surtout dans les grandes villes ; d’après les déclarations du maire de Bangkok, il y avait cette année 37653 enfants d’âge scolaire et, au mois de mai, début de l’année scolaire, 13000 seulement avaient trouvé place dans 99 écoles.
L’Eglise a déjà fourni un effort considérable sur le plan scolaire ; mais, malgré l’aide accordée par le gouvernement, il lui est difficile de le continuer, à moins d’augmenter sensiblement les rétributions scolaires : mais cette augmentation supprime automatiquement l’aide du gouvernement. Plusieurs écoles catholiques ont cependant préféré cette solution, mais elles sont devenues, la plupart, des écoles pour fils de riches ; les enfants des chrétiens pauvres ne peuvent plus y entrer et ces écoles risquent de ne plus porter témoignage du Christ et de son Eglise. Par ailleurs, si les écoles sont déficitaires, comment continuer à les entretenir ? C’est là un problème sérieux.
Sur le plan hospitalier, le gouvernement continue à consentir un effort très réel. Mais il n’en reste pas moins vrai que, si Bangkok compte un médecin pour 800 habitants, le Nord-Est n’en a qu’un pour 50000. Les médecins et infirmières travaillant dans les hôpitaux du gouvernement sont payés d’après le tarif des fonctionnaires et il faut avouer que leurs salaires ne leur permettent pas d’avoir un train de vie correspondant à leur situation sociale : aussi beaucoup de ceux qui ont les moyens ou la chance d’obtenir une bourse pour continuer leurs études à l’étranger préfèrent y rester.
Un décret-loi préparé par le ministère de l’Intérieur, permettant aux travailleurs de former des associations pour la défense de leurs intérêts, a été approuvé dans son principe par le Cabinet des ministres. Le Conseil juridique a déjà approuvé la première partie de ce décret concernant les droits des travailleurs ; mais il faut encore attendre la seconde partie pour proposer le décret à l’approbation du parlement. Les syndicats étant supprimés depuis près de dix ans, il était difficile aux travailleurs de faire valoir leurs droits ; aussi, cette nouvelle loi sur le travail, malgré les dangers de noyautage de ces associations par les éléments communisants, sera accueillie avec joie par les travailleurs. Malgré les restrictions apportées au droit de grève, au cours de l’année passée, des grèves ont eu lieu dans une dizaine d’établissements industriels. Mais, une fois cette loi promulguée, aurons-nous un seul chrétien formé, capable de prendre des responsabilités importantes dans ces associations ? Les quelques leaders que la J.O.C. a formés auraient besoin d’une formation plus poussée et plus spécialisée. Malheureusement, depuis deux ou trois ans, la J.O.C. n’a plus d’aumônier et la plupart des mouvements d’adultes n’ont pas suffisamment conscience qu’il est urgent et nécessaire de préparer des responsables chrétiens, pour prendre la place qu’il convient dans ces associations de travailleurs.
Le planning familial
En mai 1969, se tint à Chiengmai, un séminaire de la presse sur les problèmes de la population. Il était patronné par le Conseil national de la recherche ; y participaient une partie de l’élite intellectuelle du pays et des hauts fonctionnaires, tels que le ministre de l’Education. Ces personnalités adressèrent un appel urgent à la presse pour que, par tous les moyens en son pouvoir, elle persuade le gouvernement de s’occuper sérieusement du problème du planning familial. Le « National Economic Development Board », à cette occasion, mit sur pied un plan pour le contrôle des naissances. En juillet, il le présenta au gouvernement pour examen ; sans l’approuver absolument, le gouvernement cependant recommanda qu’on étende les différents services du planning familial à tout le pays et, spécialement, dans le secteur rural. En mars 1970, le gouvernement finit par approuver la proposition qui lui avait été faite d’apporter son aide aux différents projets du planning familial, qui, jusqu’alors, était financé uniquement par des organisations privées. C’est avec beaucoup de réticence que cette proposition a été acceptée, et il fallut dix réunions du Cabinet et quatre séminaires pour y aboutir. Malgré tout, le gouvernement n’a pas voulu adopter ce projet comme une politique nationale.
Il est vrai que ce problème est très sérieux ; en effet, la croissance de la population en Thaïlande est l’une des plus élevées du monde : 3,2 % par an. Il y avait 6 millions d’habitants en 1900 ; en 1970, le total atteint 36 millions ; on estime qu’à ce rythme, en 1980, il sera de 54 millions. D’après un rapport de 1’ECAFE, la clinique Chulalonkorn serait la plus grande du monde pour les appareils de stérilisation ; au cours du seul mois de mars 1969, plus de 100000 ont été distribués, dont 50000 uniquement pour la ville de Bangkok. 6 % des 4 millions de femmes mariées ont adopté un moyen technique moderne de contraception. Il y aurait 10000 stérilisations de femmes par an et 5000 pour les hommes.
J’ai l’impression que l’Eglise en Thaïlande n’est pas suffisamment consciente du problème que pose pour nos chrétiens toute cette propagande ; les questions de la sexualité dans le mariage et le contrôle des naissances sont encore un sujet tabou dont il faut éviter de parler. Cependant, quelques organisations catholiques ont fait appel à des personnes compétentes : médecins, foyers, prêtres pour éclairer les gens sur ce problème et, tout récemment, dans une des revues catholiques, des articles ont paru sur ce sujet.
Situation de l’Eglise locale
La hiérarchie
Jusqu’en 1930, la Thaïlande (anciennement Siam) ne comptait que deux vicariats apostoliques. Les Pères M.E.P. étaient seuls à travailler dans ce pays aussi grand que la France. A cette date, la mission de Rajburi fut détachée de Bangkok et confiée aux Pères Salésiens. Après la guerre, Mgr Chorin, vicaire apostolique de Bangkok, fit appel aux Pères Rédemptoristes, puis aux Jésuites. Depuis lors, plusieurs autres congrégations, tant d’hommes que de femmes, sont venues collaborer à l’extension du royaume de Dieu dans ce pays.
Actuellement, la Thaïlande compte dix diocèses, dont quatre confiés au clergé local, trois aux M.E.P., un aux Salésiens, un aux Rédemptoristes et un aux Pères de Betharram. Le dernier diocèse fondé est celui de Surathani ; ce diocèse comprend la partie sud de l’ancien diocèse de Ratburi ; il est confié aux Salésiens. A Ratburi, c’est un prêtre local qui a été nommé évêque en juillet 1960. Au cours de cet exercice, deux évêques ont donné leur démission : Mgr BAYET, m.e.p., évêque d’Ubon, qui a été remplacé au mois de mai dernier par Mgr BERTHOLD, m.e.p. L’évêque de Chanburi, Mgr SANGUAN, qui a également démissionné pour raison de santé, n’a pas encore été remplacé. Quant à Mgr Bayet, après quelques mois de congé en France, il est revenu comme simple missionnaire : il est curé dans un village de brousse et, malgré ses 70 ans, n’hésite pas à faire à pied les quatre ou cinq kilomètres qui séparent son village de la gare voisine.
Mgr Bayet étant aussi président de la Conférence épiscopale, celle-ci, au cours de sa session de décembre, a procédé à l’élection d’un nouveau président ; cette charge a été confiée à Mgr NITTAYO, archevêque de Bangkok, tandis que Mgr RAT, le dernier évêque nommé, était élu secrétaire.
Au cours de cette session, le 10 décembre au soir, tous les évêques concélébrèrent à la cathédrale pour fêter le 300ème anniversaire de la juridiction accordée aux premiers vicaires apostoliques M.E.P. sur le Siam. Au cours de cette messe, Mgr Nittayo lut et commenta la lettre que Paul VI avait envoyée à cette occasion ; il ne manqua pas de faire l’éloge des M.E.P. qui ont travaillé seuls dans cette région pendant plus de deux cent cinquante ans. Malheureusement, faute d’une information suffisante, cet anniversaire passa presque inaperçu.
Le clergé
Devant le nombre croissant des séminaristes thaïs à Penang et ailleurs (ils sont actuellement la majorité à Penang), à cause de la difficulté pour obtenir des visas et aussi pour donner aux séminaristes une formation correspondant mieux aux besoins du pays et à la mentalité des gens, la Conférence décida d’ouvrir un grand séminaire non loin de Bangkok. Les constructions doivent commencer à la fin de cette année et, en mai 1972, on y recevra le premier groupe. Ceux qui sont actuellement à Penang y resteront pour leurs études. Mais le problème le plus important, c’est de trouver pour ce séminaire un corps professoral compétent ; les évêques en sont conscients et déjà deux prêtres thaïs ont été envoyés au séminaire de Penang pour se familiariser avec les nouvelles méthodes d’enseignement. Un ou deux autres iront à Penang à la fin de cette année, tandis que quelques autres partiront prochainement pour l’Europe, afin de se spécialiser dans les disciplines qu’ils auront à enseigner. Conscients de l’importance du corps professoral pour un séminaire, malgré certaines réticences, les évêques ont accepté de sacrifier leurs prêtres les plus qualifiés.
Pour permettre la formation permanente des prêtres, la Conférence a décrété aussi qu’une session spéciale soit réservée aux jeunes prêtres ayant moins de cinq ans d’ordination.
Les traductions
Le 2 décembre 1969, on célébra le jour de la Bible. Actuellement, la plupart des traductions se font en collaboration avec les protestants. Cette journée fut décidée pour stimuler nos chrétiens à lire davantage la Bible. A cette occasion, une quête fut faite dont le produit fut versé au Comité mixte de traduction de la Bible. Grâce à cette collaboration, plusieurs livres ont déjà été traduits dans une langue accessible à nos chrétiens et vendus à un prix presque dérisoire.
La nouvelle messe est en vigueur depuis le début de l’année 1970. Le lectionnaire continue de paraître par feuillets. Certes, les traductions ne sont pas toujours parfaites et de nouvelles seront nécessaires pour permettre à nos fidèles de comprendre certains textes ; mais, dans l’ensemble, nos chrétiens sont satisfaits de la nouvelle formule.
Sur le plan liturgique, les commissions poursuivent leur tâche ; la traduction des rituels du baptême des enfants et du mariage est terminée, mais elle n’est pas encore publiée.
Les catéchistes
L’importance des catéchistes et leur formation préoccupent aussi nos évêques ; il n’existe pas d’école de catéchistes à proprement parler. La formule actuelle consiste à réunir, au cours des deux mois de vacances, les volontaires ou les personnes désignées par les Pères pour suivre des sessions. Pour suivre ces cours, qui durent en principe trois ans, il faut avoir pratiquement un niveau d’études correspondant au brevet supérieur. La plupart des participants sont des instituteurs, des institutrices ou des religieuses. Les cours visent surtout à former des catéchistes pour les enfants dans les écoles. Aussi, la plupart des catéchistes de la campagne qui ont essayé de suivre ces cours ont abandonné. C’est pourquoi, dans le Nord-Est, le P. JACQUEMIN, m.e.p., avec l’approbation des évêques de cette région, a cherché une nouvelle formule : deux ou trois fois par an, il réunit les catéchistes en fonction ou les futurs catéchistes pendant quelques jours, généralement dans une paroisse de campagne. Ces catéchistes mettent en commun leurs expériences et les difficultés qu’ils rencontrent pour exposer la doctrine aux non-chrétiens ; généralement, un questionnaire leur a été distribué à l’avance pour les aider ; c’est à partir de ces expériences et difficultés qu’on les forme, afin de les aider à mieux présenter le message dans le milieu dans lequel ils vivent.
Les moyens de communication sociale
Depuis le 1er janvier 1970, les deux hebdomadaires catholiques existant en Thaïlande ont fusionné. Il en est résulté une légère amélioration dans la présentation, mais l’ensemble de la revue reste encore dans le style « Pèlerin » d’avant la guerre. Mais rien d’étonnant à cela, car c’est toujours l’ancien staff qui est en charge ; il faudrait un personnel qualifié pour permettre d’infuser un sang nouveau à cet hebdomadaire. Nos chrétiens vivent presque toute la journée dans un milieu non chrétien et ils se posent pas mal de questions ; il faudrait que les articles de cette revue répondent davantage à leurs besoins et tiennent compte de la réalité dans laquelle ils vivent.
Mgr VAN GAVER, responsable des Mass-Media avait l’an dernier une voiture pour servir d’unité mobile pour la présentation de films dans les différents villages du Nord-Est. Le premier film, la Passion du Christ, a connu un succès inattendu, même dans les villages non chrétiens qui ont demandé qu’on le leur présente une deuxième fois. Expérience faite, une deuxième unité mobile semble nécessaire pour couvrir toute la Thaïlande. Déjà, on estime que plus de 200000 personnes ont assisté à la projection des deux films actuellement en service.
Radio Véritas, stationné aux Philippines, a commencé à émettre en thaï deux fois par jour. Malheureusement, ces émissions ne peuvent être captées que sur ondes courtes et des appareils de ce type ne sont pas à la portée de tous. Par ailleurs, des émetteurs locaux accordent une ou deux émissions religieuses par semaine. Dans ce domaine aussi, des laïcs et des prêtres qualifiés et expérimentés seraient nécessaires, mais pour le moment, Mgr Van Gaver ne dispose que d’un personnel très restreint et insuffisamment qualifié.
Fondation monastique
Lors de la réunion des supérieurs majeurs des ordres monastiques de l’Asie à Bangkok en 1968, la plupart des participants avaient souhaité la fondation d’un ordre monastique masculin en Thaïlande. Le P. VERDIÈRE, m.e.p., qui avait préparé et suivi cette réunion, désirait depuis fort longtemps lancer une fondation de ce genre. Après plusieurs démarches, il obtint que deux moines d’Europe viennent se joindre à lui : le P. DE SMET, un bénédictin belge, et un jeune frère cistercien anglais. Ils arrivèrent en Thailande au début de l’année 1970 et se mirent immédiatement à l’étude de la langue. Pendant ce temps, le P. Verdière commençait les fondations du nouveau monastère sur un terrain donné par l’archevêque de Bangkok. En septembre prochain, tous les trois iront habiter dans ce village, situé à une centaine de kilomètres de Bangkok, et chercheront ensemble dans quel sens orienter leur fondation pour qu’elle soit adaptée à la mentalité et aux habitudes de vivre des gens du pays. D’ores et déjà, quelques jeunes gens et des hommes d’âge mûr sont venus prendre contact avec le monastère dans l’intention de se joindre aux moines.
Les M. E. P. dans l’Eglise de Thaïlande
Répartition
La Région de Thaïlande compte actuellement deux Communautés missionnaires, dont l’une comporte deux Groupes (1).
1. La Communauté missionnaire de Bangkok travaille:
— dans l’archidiocèse de Bangkok (9 m.ep. présents sur 12 inscrits dans l’état de la Société).
— dans le diocèse de Nakhon Sawan (19 inscrits, 15 présents).
2. La Communauté missionnaire d’Ubon Ratchathani comporte :
— le Groupe missionnaire d’Ubon (29 inscrits, 18 présents dans le diocèse, 4 détachés au petit séminaire interdiocésain de Tharé).
— le Groupe missionnaire de Nakhon Ratchasima (14 inscrits, 11 présents dans le diocèse, 1 au petit séminaire de Tharé).
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(1) Etat de la Société au 1er septembre 1970.
En comptant le supérieur régional et l’économe régional, le total atteint 74 inscrits et 60 présents en activité dans la Région de Thaïlande.
Différentes situations
Sauf à Bangkok, où ils sont minoritaires, les M.E.P. représentent la plus forte partie du clergé, avec des différences sensibles dans les situations.
— NAKHON SAWAN : l’évêque et les pères y travaillant appartiennent tous aux M.E.P. ; pas un seul prêtre local.
— NAKHON RATCHASIMA : situation identique ; mais, au courant de cet exercice, deux jeunes Pères philippins des Missions Etrangères des Philippines sont venus rejoindre ce diocèse ; pour le moment, ils sont encore à l’étude de langue.
— UBON : situation légèrement différente, puisque le diocèse compte quatre prêtres locaux.
Dans le diocèse de Bangkok, nos confrères se sont rapidement intégrés dans le presbytérium local. Deux de nos confrères font encore partie du Conseil épiscopal, tandis que l’un d’entre eux a été élu membre du Conseil presbytéral, au même titre que les prêtres locaux et suivant les désirs de ces derniers, alors que les autres congrégations religieuses désignaient un de leurs membres pour en faire partie.
Dans tous les diocèses, nos confrères font partie des différentes commission nationales et certains y jouent un rôle assez important.
Ad Gentes
Dans le diocèse de Bangkok, par manque de personnel, nos confrères s’occupent uniquement de vieilles chrétientés, généralement ayant peu de revenus ou assez difficiles d’accès. Mais, dans les autres diocèses, la plupart sont entièrement ad gentes. Même les missionnaires qui travaillent dans les chrétientés rurales ne se contentent pas de veiller sur leurs chrétiens ; par eux-mêmes et leurs catéchistes ou les légionnaires de Marie, ils prennent contact avec les villages non chrétiens, proches ou même très éloignés. Dans le diocèse d’Ubon, deux nouveaux postes ad gentes ont été ouverts au cours de cet exercice, tandis qu’on en ouvrait deux autres dans le diocèse de Nakhon Ratchasima et un dans le diocèse de Nakhon Sawan. Grâce à la création de ces nouveaux postes, les contacts se multiplient ; contacts plutôt difficiles dans le diocèse de Nakhon Sawan, davantage axé sur les villes, mais beaucoup plus faciles dans les villages du Nord-Est : Ubon et Nakhon Ratchasima. Les catéchumènes augmentent rapidement dans ces diocèses ; mais, en raison de difficultés financières, il est difficile d’intensifier le travail commencé et d’ouvrir de nouveaux postes. Quant au personnel, il est insuffisant. Aussi, c’est avec joie que nous avons appris l’affectation d’un jeune missionnaire au diocèse de Nakhon Ratchasima et de deux autres au diocèse d’Ubon.
Communauté missionnaire de Bangkok
Archidiocèse de BANGKOK
Nos confrères du diocèse de Bangkok sont très peu nombreux et, en raison de leur nombre minoritaire, ils se sont intégrés plus facilement dans le presbytérium local. Quand, il y a plus d’un an, Mgr NITTAYO, archevêque de Bangkok, décida de tenir des réunions mensuelles pour son clergé local, tous nos confrères ont tenu à y participer et, de ce fait, les réunions purement M.E.P. ont été supprimées. Mais nous comptons reprendre celles-ci prochainement, moins souvent pourtant et suivant les besoins.
BANGKOK
MINISTÈRE PAROISSIAL
ST-LOUIS (Bangkok) PP. LABORIE Pierre
FRANCHINEAU André
N.-D. de FATIMA (Bangkok) JOLY Maurice
ROSAIRE (Bangkok) PERRAY Marcel
ST-JOSEPH (Bangkok) BACON Jean-Marie
CHAOCHET JUBIN Paul
PETRIU LENFANT Jean
ST-ROCH (Nuangkhet) BRISSON René
BANG BUATHONG et BANGPHASI ROCHEREAU Gabriel
MINISITÈRE EXTRA-PAROISSIAL
Directeur de l’imprimerie de la Mission VERNIER Gabriel
Retiré du ministère TAPIE Jean-Baptiste
A la Maison régionale, économe régional LEDUC Louis
Congé JOLY Maurice
A cause du manque de personnel dans le diocèse, la plupart de nos confrères travaillent dans de vieilles chrétientés. Les PP. LABORIE, ROCHEREAU, LENFANT, JUBIN, PERRAY tiennent toujours les mêmes postes que l’an dernier. Quant au P. JOLY, qui était à la paroisse N.-D. de Fatima à Bangkok jusqu’à son départ en congé au mois de mai dernier, il a demandé à Monseigneur d’être déchargé de cette paroisse qui a été confiée aux Oblats. A son retour, un poste moins lourd pour son âge et sa santé lui sera confié. Le P. VERNIER dirige toujours l’imprimerie de la mission. On avait espéré pouvoir confier cette œuvre à une congrégation de religieuses spécialisées dans ce genre d’apostolat, mais les démarches n’ont pas abouti. Par contre, d’ici peu, l’imprimerie changera de local et sera installée dans l’ancien évêché complètement restauré. Le P. BRISSON, qui avait travaillé jusqu’en novembre dernier à Saraburi, dans le diocèse de Nakhon Sawan, est venu rejoindre l’équipe de Bangkok et travaille à Nuangkhet paroisse rurale non loin de Petriu, résidence du P. Lenfant. Le P. BACON est toujours à la paroisse St-Joseph à Bangkok ; malgré son âge et une mauvaise santé, il est un auxiliaire précieux pour son curé.
Quant à notre doyen, le P. TAPIE, il est retiré dans l’enceinte de l’Ecole St-John. Tout au long de cet exercice, il a continué à assurer la messe du dimanche et les confessions dans la chapelle de ce quartier. Il a fêté ses 90 ans au mois de juin. A cette occasion, l’ambassade de France avait offert un dîner en son honneur, tandis que quelques jours plus tard, à la maison régionale, sur l’invitation de l’archevêque de Bangkok et du supérieur régional, plus de cent personnes, évêques, prêtres, religieux, religieuses, diplomates et autres personnalités civiles, assistaient à une messe d’action de grâce. Elle fut suivie d’un buffet pour célébrer ce joyeux anniversaire.
Diocèse de Nakhon Sawan
Durant l’exercice 1969-1970, ce diocèse fut handicapé par suite de l’absence de plusieurs missionnaires ; quatre d’entre eux étaient en congé et un autre avait demandé à changer de diocèse. Par ailleurs, la paroisse de Nakhon Sawan, étant sans titulaire depuis novembre 1968, Mgr LANGER dut assurer lui-même l’intérim, tout en contrôlant les travaux de la nouvelle cathédrale. Deux anciens Pères de Birmanie, ayant terminé l’étude de la langue, étaient venus combler en partie le vide laissé par ces départs, mais ils ne possédaient pas encore suffisamment la maîtrise de la langue pour faire un travail efficace.
Aussi, les activités de ce groupe missionnaire ont été plutôt réduites ; il faut aussi reconnaître que la situation de nos confrères dans ce diocèse est assez pénible. La plupart sont ad gentes ; les postes comme Saraburi, Lobburi, Takli, Lomsak, Savankhaloke, Tak, Mesod n’ont pas de communauté chrétienne à proprement parler. A part deux de ces villes, le nombre de chrétiens dans la ville même se réduit à trois ou quatre familles au maximum ; quant aux autres chrétiens, ils sont dispersés sur un rayon variant entre 40 et 100 km.
Comment faire pour prendre contact avec les non-chrétiens et porter la bonne nouvelle du Christ à tous ces gens qui les entourent ? C’est la question que se posent la plupart des Pères qui se trouvent dans cette situation. Quelques-uns, tant pour éviter l’oisiveté que pour avoir des occasions de contact et rendre service au pays, se sont offerts pour donner des cours d’anglais ou de français dans les lycées de l’Etat. Les autres cherchent une raison sociale de se faire accepter et connaître par les gens dans la ville où ils se trouvent. Ouvrir une école serait un moyen qui a été largement utilisé jusqu’ici, mais il suppose des ressources financières suffisantes ; il comporte aussi le danger de ne s’occuper que de son école, au détriment de l’apostolat auprès des non-chrétiens ; par ailleurs, dans la plupart de ces villes, le gouvernement possède déjà suffisamment d’écoles. Il faudrait donc une réflexion et une recherche en commun et ainsi s’entraider pour trouver une solution à ce problème. Pour plusieurs raisons et surtout faute de bâtiments suffisants pour recevoir tous les confrères, les rencontres n’ont pas été fréquentes durant l’année écoulée. Mais, au mois de juillet, le nouvel évêché-procure sera achevé, ce qui aidera beaucoup à la reprise de ces rencontres régulières.
Bangkok et Nakhon Sawan ne forment qu’une seule et même communauté, alors que les deux diocèses ont très peu de rapports communs. Bangkok ne comporte pratiquement que de vieilles communautés chrétiennes et est moins tourné vers les non-chrétiens. Nakhon Sawan au contraire est presque entièrement axé ad gentes et les quelques vieilles chrétientés qui y existent sont peu dynamiques et plutôt du genre ghetto. Une division de cette communauté en deux groupes missionnaires s’avérait donc nécessaire et les confrères des deux diocèses ont déjà accepté le principe de la séparation ; il ne reste plus qu’à obtenir la suppression juridique de cette communauté, ce qui ne tardera guère.
NAKHON SAWAN
RESPONSABILITÉS DIOCÉSAINES
Evêque Mgr LANGER Michel
Vicaire général PP. MEUNIER René
Procureur de la Mission GLORIOT Joseph
RESPONSABILITÉS M.E.P.
Supérieur régional LÉON Louis
Supérieur local BROUX Michel
MINISTÈRE PAROISSIAL
Popu- Catho- Catéchu-
lation liques mènes
NAKHON SAWAN 580 env Mgr LANGER
PP. PRÉDAGNE J.-P.
PITSANULOKE 700 BROUX Michel
HAZE Robert
BANKHAM 600 env DESCHAMPS Antoine
TAK 50 GRANGE Etienne
MESOD 80 30 QUINTARD Joseph
TYGRÉAT Gabriel
SAHUC Louis
SAVANKHALOKE 800 000 150 GARREL Isidore
LOMSAK-
PETCHABUN 300 000 120 30 LARQUÉ Victor
SANTISUK 400 30 GAUCHET Marcel
TAKLI 400 COUTAND Michel
SARABURI 80 RAPIN Claude
LOPBURI 110 BILLOT Robert
EN FRANCE
Information et animation missionnaires, pour l’Ouest GUILLOU Joseph
CONGÉ en 1969 GRANGE Etienne
BILLOT Robert
COUTANT Michel
QUINTABD Joseph
Communauté Missionnaire d’Ubon Ratchathani
I - Croupe d’Ubon Ratchathani
(Diocèse d’UBON)
L’évangélisation
A. MOYENS D’ACTION
1. Cinebus. — Mgr VAN GAVER, évêque de Khorat, et responsable des « moyens de communication sociale », a fait passer son groupe de cinéma à travers tout le diocèse. Cette unité consiste essentiellement en une Landrover, un groupe électrogène, un appareil de cinéma et un film. Ceci pour le matériel. Du point de vue humain, il y a eu un ou deux hommes: le commentateur et son aide. Le sujet du film était la vie de Jésus, plus particulièrement sa passion, sa mort et sa résurrection. En réalité, le film est beaucoup plus long, puisqu’il comprend toute la vie du Christ suivant les quinze mystères du rosaire. Cependant, c’est surtout la dernière partie qui a été le plus souvent passée. Le film a été vu dans plusieurs dizaines de villes et de villages de la mission. Le sujet est direct et l’effet produit est indiscutablement bon et très positif. C’est un moyen d’apostolat à poursuivre. Il serait bon de le reprendre, suivant les possibilités financières de la mission, sur une plus grande échelle et d’en faire suivre les effets par les laïcs.
UBON RATCHATHANI
RESPONSABILITÉS DIOCÉSAINES
Evêque Mgr BERTHOLD Germain
Vicaire général PP. JACQUEMIN Jean
Procureur PASEK Bronislas
RESPONSABILITÉS M.E.P
Responsable du groupe COSTET Robert
Économe régional LEDUC Louis
Deuxième conseiller JACQUEMIN Jean
Délégué des confrères au conseil régional THÉLIER Maurice
MINISTÈRE PAROISSIAL
Popu- Catho- Adultes Catéchu-
lation liques Baptisés mènes
UBON……………. 9 200 000 2 857 20 80 SOMXAI pr.loc.
BARBEROT Guy
VARIN DET……… 255 3 37 TENAUD Auguste
THAP THAI……… 648 2 1 ROBERT Jean-Claude
BUNGMAI, BAN
BUA………………. 1 340 17 15 RASSINIER Georges
BAN UET,
NADUN…………… 377 1 2 THÉLIER Maurice
NAKHAM………… 178 3 7 COSTET Robert
BRISSON Maurice (1)
…………………………………………………………………………………………………
UBON RATCHATHANI
AMNAT………….. 1 540 000
SESONG…………. 451 4 LE BÉZU Yves
KHEMMARAT….. 179 15 28 »
BAN LAO………… 1 012 6 3 MABBOUX André
MONG KHU NA-
CHAN NONG-
VENG……………… 1 553 1 26 GUIDON Paul
SONG JE, NONG-
KHE, DONG-
MAK FAI…………. 1 317 7 BRILLANT Henri
NON MALI………. 417 2 19 LUEN, pr.loc.
MAHASARA-
KHAM, ROI ET….. 108 GUILLEMIN Bernard
………………………………………………………………………………………………..
SISAKHET……….. 1 300 000
NONG THAM……. 980 5 Mgr BAYET Claudius
NON SAVANG…… 351 VAT, pr. loc.
SITHAN………….. 403 4 GOURNAY Jean
NONG RUNG-
TAKHOI…………. 496 2 RAGAZZI Roger
SISAKHET, KAN-
THARALAK…….. 157 BRISSON Maurice
SURIN…………… ALBANDOS Jean
MINISTÈRE EXTRA-PAROISSIAL
— Détachés au petit séminaire régional du Nord-Est, Tharé
— vice-supérieur MANSUY Georges
— professeur, directeur LAOUÉNAN Marcel
— professeur, économe DROVAL Jean
— Économe régional, Bangkok LEDUC Louis
— A la paroisse Saint-Louis, Bangkok FRANCHINEAU André
— Au diocèse de Nakhon Sawan GLORIOD Joseph
EN FRANCE
— Affecté à l’information missionnaire dans l’Ouest TRÉBAOL Joseph
— Malades BOUCHER Alain
MOISSON Jean-Marie
CONGÉ régulier COSTET Robert
_____
(1) Le P. Brisson assure l’intérim du P. Costet (congé) à Nakham. A Sisakhet, le P. Albandos assure l’intérim du P. Brisson (petit séminaire et Nakham).
2. Tracts et livres. — A l’occasion des fêtes, la commission biblique pour la Thaïlande a imprimé, en collaboration avec les protestants qui sont, dans ce domaine, très en avance, plusieurs tracts ou même des livrets illustrés. De nombreux Pères en ont fait distribuer aux chrétiens et aux non-chrétiens. Les catéchistes se sont servis de ce moyen soit pour les premiers contacts, soit pour les premiers renseignements. La Vie du Christ, composée d’extraits des évangiles en langage simple et moderne, bien illustrée, est l’un des livrets les plus diffusés. Son but rejoint celui du cinébus : faire connaître le Christ, la « voie » qui mène au Père. Ces tracts ont donné à certains l’idée de ressortir les petits dépliants composés naguère par le P. BOUCHER sur Dieu, l’âme, la religion, le péché etc., sujets très importants ici.
3. Travaux et développement. — Ces entreprises, sans être un grand « moyen » du point de vue de l’efficacité apostolique mesurée en termes comptables, n’en sont pas moins considérés par de nombreux prêtres ou laïcs comme œuvres authentiques d’évangélisation, lorsqu’ils sont menés, cela devrait aller sans dire, dans un esprit chrétien et communautaire. Ainsi semble-t-il en être des banques de buffles et d’engrais. Il en est de même des barrages et routes (cf. ci-après).
4. La Légion. — Elle est toujours un mouvement d’action missionnaire remarquable, là où elle se maintient. La crise qu’elle subit dans d’autres pays et l’impossibilité actuelle de l’adapter risquent beaucoup d’amener sa disparition ici même. Cependant, là où elle tient… plus ou moins fidèle aux directives de Dublin, mais très fidèle à l’Eglise et au concile, elle continue à porter des fruits comme par le passé. Nombreux sont les Pères thaï ou français qui lui sont restés fidèles. Il est une constatation à faire : lorsqu’elle se cantonne au manuel et reste dans le ghetto chrétien, elle s’étiole et meurt ; lorsqu’elle est évangélique et va vers les non-chrétiens, elle redevient vigoureuse.
5. Catéchistes ad gentes. — Ils augmentent de plus en plus et leur action devient de plus en plus évidente (voir plus loin).
6. Action des communautés. — La communauté de Khemmarat dirigée par le P. LE BÉZU a une action missionnaire indubitable, non par une organisation spéciale, mais parce que, nouveaux chrétiens, ses membres ressentent profondément la nouveauté de l’Evangile et la libération apportée par le Christ.
La communauté de Sithan, vieille chrétienté dirigée par le P. GOURNAY, est devenue apostolique, grâce à l’organisation et l’élan donné par le pasteur. Les « marines » du Père, qui n’ont de nom dans aucune organisation cataloguée, vont à la recherche «des brebis perdues de la maison d’Israël ». Un bon nombre de ces vieux chrétiens, plus ou moins en règle avec l’Eglise, reviennent vers le Seigneur. Ces tournées sont une occasion d’entrer en contact avec les non-chrétiens, selon la tradition des Actes des Apôtres. Ces « marines » sont des catéchistes, des légionnaires et des chrétiens de bonne volonté sans étiquette. Finalement, la chrétienté entière participe à l’action.
B. NÉCESSITÉS
1. Action commune. — Nous ressentons tous la nécessité de la collaboration… des autres à notre action. Ce besoin amène inévitablement la collaboration vraie des uns avec les autres. Nous espérons tous que Mgr BERTHOLD, notre nouvel évêque, nous dirigera dans ce sens. Les premières dispositions prises semblent l’annoncer. Il a formé différentes commissions. Ce sont les prémices d’une action d’ensemble. L’action commune avec les chrétiens est, elle aussi, nécessaire, mais elle ne se réalise qu’après la nôtre.
2. Formation. — Nombreux sont les Pères qui désirent une formation plus profonde. Les innombrables changements dans les situations concrètes de la pastorale et de l’apostolat, ainsi que la conversion amenée par le concile, nous en font ressentir la nécessité urgente.
Pour les chrétiens, il en est de même. Et leur formation repose sur la nôtre. Aucun apostolat fructueux n’est maintenant possible sans elle.
3. Moyens matériels. — Pasteurs et chrétiens ressentent la nécessité d’avoir des livres sérieux pour la présentation du christianisme aux non-chrétiens, pour la formation des adultes chrétiens et pour l’enseignement des nouveaux chrétiens. Plus ils sont aux prises avec l’évangélisation directe, plus cette préoccupation est aiguë. Des efforts avaient été faits dans ce sens, telle la traduction de la « Doctrine spirituelle de l’Evangile », de Chevignard, mais elle était trop peu connue. La traduction de 1’« Espérance qui est en nous » est aussi un instrument de travail très appréciable. L’effort biblique actuel, auquel collaborent catholiques et protestants, est remarquable. Cependant, dans les domaines fondamentaux, les urgences sont toujours nombreuses.
Nécessité aussi des moyens audio-visuels. Le cinébus et ses résultats ont ouvert des perspectives prometteuses et donc des appétits. Nécessité encore de simples images catéchétiques, moins coûteuses que des appareils et des films, mais surtout immédiatement utilisables par les catéchistes.
C. EVANGÉLISATION DANS LES POSTES
Le P. GUILLEMIN sillonne deux provinces, Mahasarakham et Roi Et, avec l’aide d’une Ami-6, dont la fidélité est devenue proverbiale de Bangkok à Xiengmai et d’Ubon à Nakhon Sawan. Elle a pris les garagistes en amitié et ne les lâche plus. Heureusement, une voiture est sur le point d’arriver ; si ce n’est demain, c’est sûrement après-demain qu’elle s’embarquera sur un paquebot ou un cargo en partance du Havre ou d’Amsterdam. Malgré les manques de fidélité de son auto, le Père circule beaucoup et fait du bon travail. Parti de zéro, il se trouve maintenant à la tête de plusieurs petits noyaux. Dans Mahasarakham, il continue ses contacts avec les milieux universitaires. Il vient d’y acheter un terrain pour y fonder un centre pour étudiants. Dans le sud, un catéchumène semble amener à sa suite un village presque entier. Converti de haute volée, il devient le catéchiste de ces gens très sensibles à la vie communautaire du christianisme et à son enseignement de la justice. Le Père travaille dans son secteur avec des catéchistes.
A Surin, le P. ALBANDOS, après un bref passage à Bangkok, vient de s’installer. Et ça ronfle déjà. Il a évidemment acheté un terrain, là où les experts laïcs disaient qu’il n’y avait pas même une maison à louer. Il a commencé à contacter les chrétiens dispersés à Xumponburi, Sikhoraphum et autres lieux, sans oublier Surin où il travaille avec une catéchiste. Là encore, contact avec les chrétiens signifie rencontre de non-chrétiens. Avec la chaleur du Basque et un sourire enjôleur, le Père se fait des amis partout, ce qui est le premier pas dans l’apostolat.
A Sisaket, le travail du P. BRISSON a été légèrement mis en veilleuse. Il a dû prendre le petit séminaire en main pendant le congé du P. Costet. Dès son arrivée, le P. Albandos heureusement est allé prêter main-forte à Sisaket. Un nouveau catéchiste, tout novice, avait commencé à travailler, mais seul et sans directives, il ne savait que faire. Depuis le passage régulier du P. Albandos, il a pris le départ et visite les chrétiens dispersés à travers la province : Sisaket, Rasi, Phaju, Khunhan, Kantharalak... Il commence à trouver le travail intéressant, car les païens viennent le trouver.
A Nongtham, Mgr. BAYET vient de prendre le travail. Depuis le départ du P. Rassinier, le poste avait été laissé seul, faute de prêtre pour y aller. Monseigneur reprend un travail jamais laissé par lui quand il était évêque. Il se met à organiser son poste. Il pense aux jeunes et leur fait un centre, il pense aussi aux moins jeunes. La Légion lui prend une partie de son temps et il a déjà repéré trois ou quatre personnes qui pourraient devenir catéchistes, et se cherche un chauffeur qui doublera, avec l’aide du Landrover, son efficacité.
Comme Mgr Bayet est moins jeune qu’il y a quelques décades, il ne peut assurer le service de deux autres chrétientés traditionnellement adjointes à Nong Tham : Non Savang et Saphan sont donc desservis par le plus jeune des prêtres thaï, le P. VAT. Lui aussi, après un passage au petit séminaire, vient juste de prendre son service. Il cherche des catéchistes et a des projets de développement : une digue pour l’irrigation.
A Sithan, le P. GOURNAY, avec l’aide d’un premier travail effectué par le P. Andréoni, a fait un recensement complet des chrétiens originaires de Sithan. Sur 120 familles nées dans le village, 70 se sont expatriées à travers toute la Thaïlande… et les 50 autres les recherchent. C’est, en gros, le travail de la communauté et des «marines » du Père. Cinq catéchistes viennent du village, quatre travaillent sur place, un cinquième à Sisaket. Plus d’une dizaine de villages non chrétiens ont été contactés, il y a des retours de chrétiens peu fervents, il y a des conversions de non-chrétiens.
En remontant vers le centre Est de la mission, on trouve le district du P. TENAUD qui a pris la succession du P. TRÉBAOL. Celui-ci, bien que n’ayant commis aucun crime, du moins à notre connaissance, a été rappelé en France et condamné aux travaux forcés. Il est devenu D.I.A.M. Nous le regrettons tous beaucoup, mais nous lui souhaitons un fructueux apostolat. A Varin donc, dans son ancien fief, le P. Tenaud joue les Rodrigue : « Aux âmes bien nées… » — air connu — avec l’aide de deux catéchistes, il continue le travail des Trébaol, Vat, Barberot, Moisson, Albandos et j’en passe, car ce coin réputé comme l’enfer de la mission n’avait jamais été très sérieusement desservi. Il dépendait de la grande paroisse d’Ubon et était servi après celle-ci. Depuis quelques années, il en va autrement ; il est érigé en district autonome et draine vers lui la campagne proche ou moins proche.
Dans la ville même, le Père et ses deux catéchistes vont rendre visite aux vieux chrétiens pour qui l’Evangile n’est plus une bonne nouvelle, car ils n’ont jamais réalisé cette bonne nouvelle. Contacts heureux quelquefois ou décevants suivant les gens rencontrés ou leur entourage. Certains chrétiens qui désireraient pratiquer leur religion en sont empêchés, à main forte, s’il le faut, par les parents non-chrétiens. La recherche de la brebis se fait vraiment au travers des ronces. Enseignement à domicile, ramassage des petits et des grands pour venir au centre, liturgie adaptée, vie de charité de la communauté chrétienne qui entraîne la communauté non chrétienne — ils ont construit ensemble, chrétiens et non-chrétiens, une maison pour une veuve — tout cela contribue à donner vie à une communauté qui ne voulait pas naître. Le Père et ses catéchistes ont aussi du travail avec les non-chrétiens qui se convertissent. Et ceci est nouveau. Le Christ est devenu peur eux le libérateur, Lui qui est plus fort que les esprits. Un des deux catéchistes, ancien instituteur et confesseur authentique de la foi, a beaucoup de relations dans les environs de Varin où il a été instituteur. Il a mené le Père dans plusieurs villages où ils ont été reçus comme de vieux amis, même par le bonze de l’endroit qui les voit d’un bon œil. Notre catéchiste et son curé se sont aussi aventurés près de Bungmai, dans un village en partie fait de chrétiens pour le moins non pratiquants. Il y a des retours et des conversions.
A l’extérieur de la ville, dans la grande banlieue est, avec un catéchiste de la « cavalerie légère » monté sur Honda 80, le Père, continuant le travail du P. Trébaol, visite un nombre assez impressionnant de villages où il y a des chrétiens ou des sympathisants. Il a même dépassé les bornes que les circonstances avaient imposées au P. Trébaol, il va au-delà de Det, jusqu’à Buntharik près de la frontière laotienne, et Namjun près du Cambodge. A Non din dam la communauté chrétienne s’accroît, mais elle a beaucoup de mal, car il faut tout défricher. Sous l’influence du Père, elle travaille en union avec la communauté non chrétienne, en vraie collaboration.
A Ubon, c’est l’usine : le P. BARBEROT est chargé de l’apostolat auprès des non-chrétiens, tandis que le curé, le P. XAI, s’occupe des chrétiens traditionnels et de l’école. Trois catéchistes à plein temps, bientôt quatre, deux anciennes religieuses catéchistes bénévoles à temps partiel. Plusieurs groupes de Légion de Marie. Réunion et « briefing » avec les catéchistes tous les samedis. Réunions régulières avec les catéchumènes. Enseignement du catéchisme, visites à domicile, messes dans les maisons pour des petits groupes. Mise en place du baptême par étapes. Plus de 80 catéchumènes, sur un terrain d’action qui comprend toute la ville, les routes d’Ammat, de Jaso, etc... Et tout cela, malgré la maladie, dont le Père ne se plaint pas.
Il est dans la mission un petit poste qui fait peu parler de lui : Nong Rung. Le curé est cependant très connu de tous pour sa joie communicative. Lorsque vous arrivez à la maison de Société et que tout le personnel est en effervescence, que vous entendez les rires qui éclatent en cascades, il n’y a qu’une réponse au phénomène, le P. RAGAZZI est là. Cette année, il a dû passer plus de temps qu’il n’aurait désiré dans notre maison. Il s’est cassé la jambe et a fait sa pénitence à Ubon… à la joie de chacun qu’il a grandement réjoui. Personne ne souhaite qu’il se casse une nouvelle fois la jambe, mais tous voudraient le voir plus souvent. Il est au bout du monde, dans un pays où la loi est un peu celle de la jungle. Il faut être lui pour y vivre, et surtout pour y travailler comme il le fait.
En remontant la rivière, dans une série de villages proches d’Ubon tels que Thap Thai, Pa yang, Pak si, on trouve le P. ROBERT. Il travaille beaucoup la question du catéchisme. Dans son poste même, il forme ses catéchistes à enseigner les enfants, et au centre, il aide le Père chargé des catéchistes en école. Tous les premiers samedis du mois, il participe à la réunion de formation de ces catéchistes. Il est en particulier chargé d’établir avec les professeurs un manuel de catéchiste pour la seconde année. Il a fort à faire car non seulement il n’existe que le manuel de l’élève, mais encore celui-ci est à corriger sur nombre de points. Certaines leçons sont entièrement à refaire.
En descendant la même rivière, chemin suivi par nos devanciers alors qu’il n’y avait pas encore de route, on trouve le district du P. RASSINIER : Bongmai, Vangkhang Hung, Ban Bua Tha, sur la rive gauche de la rivière à quelque dix kilomètres d’Ubon, puis Pak Se et Phibun à plusieurs dizaines de kilomètres en aval. Le Père a réglé de sérieux problèmes d’école, mais il est spécialiste de la question et sait comment faire. Il a construit un magnifique clocher pour son église d’où l’on peut voir Ubon et les environs.
Ban Uet a bien cru voir son curé devenir aphone. Le P. THELIER a, en effet, eu une sérieuse affection de la gorge. Depuis son retour de France, il ne pouvait plus parler... très fort, Et cela lui faisait mal. Il a résolu le problème en faisant parler les gens à sa place ou en mettant son magnétophone sur l’autel pour les chants ou peut-être même le sermon. Sa desserte, Na Dun, a subi les contrecoups de sa maladie. Le dernier diagnostic des médecins nous a heureusement rassurés : la maladie est terminée. Il ne s’agit plus que de prendre des précautions. Les confrères ont profité de ce mieux pour demander à Maurice d’être leur délégué au conseil élargi, ce dont il s’acquitte avec conscience.
Des bords du Mékong jusqu’aux limites ouest de la province, s’étend le district de Khemmarat-Sesong, dirigé par le P. LE BÉZU. Khemmarat, conduit par le Père et le vieux catéchiste Khamphun, augmente doucement. Don Jen, Ban Don et Song Khon suivent le même chemin. Mais, dans l’un ou l’autre de ces trois villages, l’apologétique trop conquérante, peut-être trop peu aimable pour ce qui n’est pas chrétien, a amené des réactions de mauvaise humeur de la part des non-chrétiens. Ce catéchiste et ceux qui le suivent ont le complexe des nouveaux convertis pour qui le Christ est vraiment le libérateur et donc, tout ce qui n’est pas le Christ, surtout ce qui les a déçus dans leur ancienne religion, est mauvais. Mais leur travail continue. Ce catéchiste devient âgé, mais il a heureusement des successeurs, anciens bonzes comme lui, sinon anciens sorciers, tous nouveaux convertis ardents comme lui. A Sesong, le travail entrepris par le P. Tenaud continue. Le sport ne continue, peut-être pas comme par le passé, mais le reste va et va bien. Auguste, le benjamin, avait commencé à lancer un ancien séminariste, il voulait en faire un catéchiste. Celui-ci n’a pas le dynamisme de ses curés, anciens ou nouveaux ; il enseigne cependant quelques personnes dans son village et a contacté d’autres personnes dans une demie douzaine de villages aux alentours. A Sesong, le P. Le Bézu a commencé les premières démarches pour obtenir une route qui ouvrirait le village au monde et permettrait des échanges plus grands. La route... spécialité du Père.
A Nongkhu, le P. GUIDON a découvert « quelque chose de formidable » comme il se doit. Un ancien « nouveau chrétien », converti il y a plusieurs décades mais baptisé seulement il y a trois ans par le P. Robert, a lui aussi été pris de zèle apostolique : nombreux sont les vrais convertis qui ressentent le besoin de communiquer leur foi aux autres, au point que ce zèle doit être un des critères pratiques de la vraie conversion de tout converti, ancien ou nouveau chrétien ; celui qui n’a pas ce zèle doit se dire que quelque chose ne marche pas dans son christianisme. Notre homme a donc converti une partie de sa famille. Tout ce monde se trouve à Nongveng, à une journée de voyage en voiture, en bateau et à pied. Un catéchiste y travaille et le Père y va tous les mois. A Nachan, qui dépend de Nongkhu, un catéchiste bénévole s’« est attaqué » à la conversion de la portion non chrétienne de son propre village. Là aussi, le P. Guidon trouve que « le Bon Dieu est merveilleux ». Il faut dire que le « Bon Dieu » en question travaille par le P. Guidon qui, lui aussi, est bon et ne craint pas sa peine. S’il n’en était pas ainsi, aurait-il pu faire ce qu’il avait entrepris à Khemmarat — continué par ses successeurs — et ce qu’il a commencé à Nongkhu ?
A Ban Lao, tout proche de Nongkhu, le P. MABBOUX vient de faire connaissance avec son nouveau poste. Avec l’aide de la Légion et de quelques chrétiens dont plusieurs désirent devenir catéchistes, il a commencé à contacter… de nouveau, (Cent fois sur le métier…), des villages environnants. L’Evangile y sera-t-il découvert comme nouveau, ressenti comme bon ? C’est le désir des chrétiens et de leur curé. Entre-temps, aidé par le P. BACON de Bangkok grand sourcier, sinon sorcier, devant l’Eternel et les hommes, le village a creusé des puits. Le curé s’est aussi lancé dans un nouveau genre d’apostolat : la photo. Il fait d’assez bonnes photos et tire le portrait de ceux qui viennent le voir. C’est une occasion d’entrer en contact.
Le P. BRILLANT continue à Song Je un travail dur et décevant à bien des égards, la chrétienté a subi des graves secousses et remonte lentement. Ecole et Crédit Union sont sources de difficultés plus que de joie. Les bâtiments de bois non entretenus ont été fort endommagés par les termites, il faut les réparer. A l’extérieur, ce qu’avaient entrepris les anciens a été recommencé. Avec l’aide d’un catéchiste plutôt bénévole, le Père visite de nouveau Dong Mak Fai, Nong Ke et plusieurs autres villages dans lesquels se trouvent des chrétiens, anciens ou nouveaux.
Développement
A Nong Rung, le P. Le Bézu avait entrepris une route qui devait permettre aux habitants de communiquer avec la grande route. Plusieurs villages non chrétiens y sont intéressés et y travaillent en même temps que les chrétiens. Le P. Ragazzi, malgré sa jambe cassée, a continué l’ouvrage et le tout sera bientôt achevé : plusieurs kilomètres de chemin carrossable pour voitures robustes et camions. Ceci signifie une plus grande possibilité économique pour tous les gens, chrétiens et non-chrétiens, du secteur.
A Ban Lao, le P. Mabboux a commencé avec le village les fondations d’un petit barrage. La retenue d’eau permettra de faire des jardins. Les autorités sont d’accord, et une aide va sans doute arriver pour seconder le travail des chrétiens.
A Song Je, le P. Brillant continue à animer un Crédit Union. Certains membres commencent à comprendre qu’il s’agit d’entraide et non de bénéfices faciles sur le dos des autres.
Tout au nord de la Mission, à Khokkhinak, le P. Luen a mené à bien un magnifique barrage pour l’irrigation. Il continue d’autre part son œuvre de développement agricole.
A Sithan, les chrétiens bien dirigés par le chef du village et secondés par le P. Gournay continuent les banques de buffles et d’engrais, entreprises naguère par le P. Andréoni.
La coopération avec les autres diocèses
Dans le nord du diocèse, près des rives du Mékong, le P. Le Bézu s’occupe régulièrement d’une petite chrétienté vietnamienne, qui relève normalement du diocèse de Tharé. Elle est d’accès relativement facile pour lui, alors qu’elle est plus loin que le bout du monde pour les Pères du diocèse voisin. A l’ouest de Khokkhinak, dans les environs de Phong Thong, les catéchistes Phu Thai du P. Inthi (Tharé) travaillent dans deux villages habités par des gens de même race et de même langue qu’eux. De son côté, le P. Guillemin va rendre visite à des chrétiens de la province de Kalasin, plus à la portée de sa voiture que de celle de Tharé.
Sessions de catéchistes
Trois sessions de formation ont réuni les catéchistes « ad gentes » d’Ubon et de Nakhon Ratchasima, chacune pendant une semaine. Une autre, tenue à Tharé, a vu venir pendant dix jours les catéchistes de toutes sortes des quatre diocèses du NE. (Udon, Tharé, Ubon, Nakhon Ratchasima). Ces sessions permettent la formation des catéchistes. Elles créent des liens d’amitié et forment un corps de laïcs plus conscients et plus efficaces. Enfin et par-dessus tout, elles créent un esprit apostolique dont on sent déjà les effets.
Ordination de Mgr. Berthold
A la suite de la démission de Mgr BAYET, le P. COSTET a été nommé évêque d’Ubon. A cause d’un état de santé incompatible avec cette charge, le Saint-Siège a accepté sa démission. Le P. BRISSON, vicaire capitulaire, a ensuite assuré la marche de la mission à la satisfaction de tous. Enfin, après une longue attente, — loin des yeux, loin du cœur —, Rome a nommé le P. Germain BERTHOLD pour la joie de tous.
Missionnaires en France
Seul, le P. Costet est en congé. Le P. Brisson l’attend avec impatience pour lui laisser la charge du petit séminaire et reprendre son poste de Sisaket.
Nos deux malades, les PP. BOUCHER et MOISSON, sont toujours près de nous par les lettres et par les prières. S’ils sont proches de nous, les prêtres, ils le sont encore plus, si c’est possible, des chrétiens qu’ils ont connus ou même qu’ils n’ont pas beaucoup connus. J’ai été plusieurs fois étonné d’entendre des chrétiens demander de leurs nouvelles et les assurer de leurs prières, alors qu’ils n’avaient eu que peu de rapports avec eux.
Séminaristes
A Tharé, les PP. MANSUY (vice-supérieur), LAOUÉNAN et DROVAL travaillent avec le P. DUPONT, de la mission de Khorat, sous la direction du P. KHAI, de la mission de Tharé. Le « processus de désengagement » est nettement amorcé et, d’ici quelques années, le séminaire sera entièrement sous la responsabilité des Pères thaï.
A Ubon, premier cycle, le P. BRISSON a pris la succession du P. VAT, parti pour la chrétienté de Non Savang : ce n’est qu’un intérim en attendant le P. COSTET.
De Penang, les grands séminaires viennent régulièrement en vacances et font chaque fois un travail pastoral. Cette année, trois Pères du grand séminaire les ont accompagnés pour voir sur le terrain, d’une part, quels sont les besoins du clergé à Ubon et, d’autre part, pour nous expliquer les buts du séminaire et ce qu’il attendait de chacun de nous. Nous avons aussi dit ce que nous pensions de la situation et ce que nous désirons.
Couvent
Le P. JACQUEMIN est aumônier du couvent. En outre, il y assure avec le P. BRISSON des cours de Bible (A.T. et N.T.) d’histoire de l’Eglise et de catéchèse.
Jean JACQUEMIN
II - Croupe missionnaire de Nakhon Ratchasima
(Diocèse de NAKHON RATCHASIMA)
Je grouperai mes réflexions sous trois chapitres qui d’ailleurs se recoupent :
1) travail auprès des chrétiens
2) travail auprès des non-chrétiens
3) développement
Travail auprès des chrétiens
Chaque Père essaye avec plus ou moins de succès, — mais beaucoup d’humilité, car les comptes rendus des confrères ont été très succincts, la majorité n’en ayant pas envoyé au responsable, — « d’insérer la vie chrétienne dans les activités quotidiennes ».
A Nakhon Ratchasima, le P. Bray signale un léger accroissement de la population chrétienne par les naissances ; quelques baptêmes d’adultes surtout des femmes mariées à des soldats américains, mais elles ont quitté la paroisse pour se rendre aux Etats-Unis. Légion de Marie et Conférence de St-Vincent de Paul sont toujours zélées.
A Nonkeo et dans le secteur, le P. Clément multiplie les lieux de culte et il semble que la vie chrétienne y ait gagné. Il insiste sur la participation à la liturgie. S’il a longtemps gardé jalousement les mélodies qu’il créait, il commence à faire participer les confrères à son charisme. Il s’attache spécialement à la formation des légionnaires et de quelques hommes futurs catéchistes.
A Ban Han, le P. Malsert a pris le biais « de l’entraide fraternelle au profit du bien commun » dans sa petite minorité catholique (150) sur un village de 3000 bouddhistes. Grenier communautaire, forage d’un puits qui a demandé trois mois de travail, lancement de la culture scientifique du coton, source de revenus moins aléatoire que la seule culture du riz. Le Père signale qu’il « y a eu un gain réel de charité fraternelle sous-tendue d’une mystique du bien commun », spécialement pendant le forage du puits. Témoignage qui a porté : « S’ils n’étaient pas chrétiens, ils n’auraient pas réussi », ont dit certains bouddhistes. Mais, hélas ! le naturel revient au galop : dès les travaux finis, l’égoïsme revit et les divisions renaissent. La conclusion du Père : nécessité de former des leaders ; une suggestion : nécessité d’un centre de formation pour adultes.
A Non Prasat, le P. Gardier s’emploie, calmement mais avec persévérance, à essayer de faire prendre conscience aux parents de leur responsabilité pour établir leurs enfants.
A Pakchong, le P. Nicolas a tenu sans découragement devant l’apathie d’une bonne partie de la communauté catholique. Depuis, il a pris son congé. Ses efforts pour ouvrir un dispensaire n’ont pas été couronnés de succès.
Travail auprès des non-chrétiens
Il semble que ce soit l’élément marquant de cet exercice, non pas au plan des efforts, mais pour les résultats.
A Bua Yai, le P. Montocchio travaille depuis deux ans. Pas de communauté catholique vraiment sérieuse au départ. Il a sillonné la région, pris contact avec les gens, en visitant les quelques chrétiens dispersés ; cette année, il a pu baptiser 51 adultes ; d’autre part, il poursuit le catéchuménat de 72 autres personnes. Son zèle, sa patience et son savoir-faire prouvent qu’il y a possibilité de travail effectif ad gentes. Il insiste beaucoup sur la liturgie dans la formation chrétienne.
Le P. Michel est, depuis l’Epiphanie 1969, à Kengkro, sous-préfecture au nord de Chayaphum. Au départ, deux ou trois familles venant du protestantisme. Il s’est astreint à chercher les contacts : il a fait son trou et l’agrandit sans mollesse. Si l’exercice ne signale que 4 baptêmes d’adultes (je crois d’ailleurs in articulo mortis) depuis juin, fin de cet exercice, il a fait de nombreux baptêmes ; le nombre de 54 catéchumènes fin juin est déjà faux, puisque les nouvelles demandes d’entrées en catéchuménat augmentent chaque semaine. Un beau presbytère a été construit avec des fonds du diocèse et une chapelle, ce que le Père désirait avant tout, on ne sait trop par quels moyens. En tout cas, une nouvelle communauté chrétienne s’agrandit.
Dans ces deux secteurs les Pères signalent qu’en dehors du travail du missionnaire, il y a le travail apostolique de la famille, la grande famille : frères, oncles, voisins ; et le travail des catéchistes, dont le besoin se fait de plus en plus sentir.
En groupe, on a été amené à remarquer que le contact avec les païens est plus facile. Pourquoi ? On ne peut donner une réponse nette. Moins de pression sociale ? Moins de complexes ? Les rapports humains sont plus faciles. Le P. Clément signale qu’un renouveau de zèle se manifeste chez les bonzes, qui vont enseigner dans les familles et non plus seulement à la pagode. Le P. Gardier, lui au contraire, remarque que les villages païens sont de plus en plus fermés, maintenant que son village est adopté dans la région (Buriram, troisième circonscription civile du diocèse).
NAKON RATCHASIMA
RESPONSABILITÉS DIOCÉSAINES Mgr VAN GAVER Alain
Evêque PP. NICOLAS Louis, démis.
Vicaire général BRAY Marius
Délégués diocésains aux commissions nationales :
— liturgie MONTOCCHIO Jean-Yves
— Bible, action sociale TAVENNEC Louis
— révision du rituel PÉAULT Jean
— musique et art sacré NICOLAS Louis
Association diocésaine des enseignants catholiques, et
formation pastorale des grands séminaristes PÉAULT Jean
RESPONSABILITÉ M.E.P.
Responsable du groupe de Nakhon Ratchasima LAMOUREUX René
MINIS TÈRE PAROISSIAL
Catho- Adultes Catéchu-
liques baptisés mènes
Pr. de Nakhon Rat-
Chasima……………… BRAY Marius
NAKHON RATCHA-
SIMA………………… 525 8 14 BRAY Marius
PAK CHONG……….. 199 6 6 NICOLAS Louis
KLANG DONG…….. 60 LAMOUREUX René
NON KEO…………… 1228 6 7 CLÉMENT Roger
BAN HAN………….. 147 1 MALSERT Robert
BUA YAI
NONGBUALAI…….. 6 MONTOCCHIO Jean-Yves
MUANG KHONG
KHOK PHET……….. 67 51 72 »
DONG KHAIENG….. 9 »
PHUTTHAISENG….. 15 »
Pr. de Buriram »
NON PRASAT……… 606 2 6 GARDIER Joseph
Pr. de Chayaphum
THA CHENG………. 27
KAENG KHRO…….. 26 4 54 MICHEL Christian
NONG BUA…………
DAENG…………….. 63
NAKON RATCHASIMA
MNISTÈRE EXTRA-PAROISSIAL
Supérieur du Petit Séminaire de Nakhon Ratchasima PP. PÉAULT Jean
Professeur au Petit Séminaire de Tharé DUPONT Pierre
CONGÉ
— Régulier ANDRÉONI Francesco
TAVENNEC Louis
— Maladie NICOLAS Louis
KELBERT Antoine
ÉTUDE DE LA LANGUE à Bangkok ESCHAVIA Pères philippins
PACURIBOT »
Le P. Bray fait travailler la Légion de Marie, la Conférence de St-Vincent de Paul. « Les visites dans un hospice de vieillards sont très appréciées des vieillards eux-mêmes et des autorités de l’établissement ». Par contre, le catéchisme chinois par correspondance ne rencontre pas d’intérêt. Un centre culturel vient d’être ouvert dans les locaux de la paroisse : exposition de dessins, de peintures, œuvres d’art diverses. La collaboration d’autres écoles de la ville semble assurée.
Le P. Malsert et ceux qui ont pu le visiter, constatent un changement d’attitude de la majorité bouddhiste du village qui était loin d’être sympathique. Son moyen de contact pour manifester l’Eglise servante : sa Landrover. Par elle, il « a pu entrer au cœur de la vie du village » : malades conduits d’urgence à l’hôpital, villageois transportés au marché au hasard des rencontres ; le chef de district lui a même confié l’urne des bulletins de vote pour les transporter à la sous-préfecture pour le dépouillement : signe de la confiance au Père. Grâce à la voiture encore, il a « pu polariser la bonne volonté des villageois, chrétiens et bouddhistes, pour la réfection de la piste et d’un pont ». Toutefois, ces multiples contacts n’ont pas dépassé le niveau des relations humaines.
A Pakchong, le P. Nicolas a soutenu à la force de ses bras le travail de la Légion de Marie, pour les contacts avec les parents d’élèves et les païens. Si les visites aux parents d’élèves sont appréciées et des visiteurs et des visités, la visite directe aux païens est beaucoup plus ingrate et suscite beaucoup moins d’enthousiasme.
Le P. Lamoureux a passé six mois à Nonbua Daeng (circonscription de Chayaphum) secteur du P. Michel. Nombreux contacts, mais séjour trop court pour un résultat. En juin, il prenait sans enthousiasme la relève du P. Nicolas.
Le P. Tavennec, remplaçant le P. Bray pendant son congé, a visité, recherché les chrétiens tièdes de Nakhon Ratchasima, et, paraît-il, ils sont nombreux, dispersés dans tous les azimuts de la ville. Il visitait aussi un secteur du diocèse en compagnie du P. Péault, mais celui-ci n’a pas continué ces visites depuis le départ du P. Tavennec en congé.
Développement
Banque de riz, métier à tisser, cours de couture chez le P. Clément, Banque de buffles chez les PP. Gardier et Michel.
Creusement de puits et réserves d’eau chez les PP. Clément, Montocchio, Michel, Gardier, Malsert. Engrais pour les rizières chez le P. Michel, pour le coton chez le P. Malsert.
Effort d’hygiène chez le P. Gardier : après avoir travaillé pendant longtemps et s’être tu, il constate une épidémie de w.c. perfectionnés nombreux dans le village.
Perfectionnement de l’élevage du ver à soie chez le P. Gardier.
Coopérative de Crédit chez le P. Bray, mais l’atmosphère est encore à la méfiance.
Le P. Montocchio insiste sur la formation des personnes, formation professionnelle : élevage de poules, réparation de montres, lampes à pression, stage de cours de couture, de coiffure, infirmerie pour ses jeunes.
Le P. Malsert a pu aider son secteur en mettant à la disposition des gens le camion du diocèse pour le transport de plants de riz.
A travers toutes ces activités diverses et hétéroclites, c’est toujours le témoignage de l’Eglise qui se veut servante. Est-ce que ce témoignage est toujours compris, c’est autre chose.
Une remarque a été faite dans le groupe au sujet de l’aide spéciale des M.E.P. à l’apostolat pour les micros-réalisations : il serait préférable de supprimer cette allocation sous cette rubrique, étant donné qu’on peut trouver de l’aide auprès d’organismes créés nombreux et ad hoc. On désirerait une aide plus substantielle pour les œuvres d’apostolat direct : formation des catéchistes, achat de matériel catéchétique, ou même installation d’un Père dans une nouvelle fondation.
Le P. Péault après avoir travaillé sur la construction, anime la vie du petit séminaire tout neuf. Il a toujours beaucoup de problèmes, mais le temps en résout beaucoup. Ses nombreuses fonctions lui laissent encore le temps d’aller donner un coup de main au P. Clément lors des grands pardons, et tous les quinze jours chez le P. Bray, en plus des cours à l’école de l’Assomption, dirigée par les Frères de St-Gabriel.
Aux dernières nouvelles, le P. Dupont vient de terminer son séjour au petit séminaire interdiocésain de Tharé pour rejoindre le Groupe de Khorat heureux de l’accueillir. Sa santé laissant à désirer, il va prendre la direction de la procure et de la vie matérielle à l’évêché-procure. Nous attendons aussi le benjamin le P. Chevalier. Nos deux Pères philippins sont toujours à l’étude de la langue à Bangkok.
Enfin Mgr Van Gaver, entre des crises de dents ou d’estomac, entoure de sa sollicitude pastorale tous les confrères. Il veille sur eux, sur le diocèse, les moyens de communication sociale à l’échelon national, cherche des collaborateurs pour cette dernière forme d’apostolat, sans oublier le plan quinquennal que nous suivons avec plus ou moins de fidélité et de succès. Ces multiples activités l’éloignent parfois du diocèse et certains confrères seraient heureux de le voir plus souvent chez eux.
La vie du groupe M.E.P.
Le groupe vient de naître, bien que juridiquement il ne soit pas encore né. Viable, ou pas viable, on ne sait pas encore.
Le Document d’orientation n’a pas soulevé un enthousiasme exceptionnel : il semble même qu’il n’a pas été lu.
Des projets sont en cours. A partir de janvier prochain, entre les retraites tous les deux mois, nous avons projeté de nous réunir pour des cercles d’études sur différentes questions : Document d’orientation, enquêtes d’Epiphanie, enquêtes sur des sujets locaux.
Le P. Gardier a été élu délégué du groupe pour participer au Conseil élargi de la Région.
Un petit effort a été fait en commun pour la substance de ce rapport. Le temps nous a manqué pour pousser plus avant notre réflexion sur la situation : succès, échecs.. : il ressort que nous devons rester persévérants et patients.
René LAMOUREUX
responsable du groupe
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