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RICHARD Pierre
(1910-1993)
[3599] RICHARD Pierre, Joseph, naquit le 26 mai 1910 à Comimont, dans le diocèse de Saint Dié (Vosges), dans une famille de 6 enfants (4 garçons et 2 filles), d'un père contre-maître chef de filature. Le jeune Pierre fit ses études primaires dans son village avant d'entrer au Petit Séminaire de St Dié où il fit de solides études secondaires.
En 1929, il entra au Grand Séminaire diocèsain où il reçut successivement le sous-diaconat le 7 juillet 1933, le diaconat le 24 décembre 1933 et la prêtrise le 11 juillet 1934. Après 3 années de ministère dans le diocèse de St Dié, comme vicaire à la Basilique St Martin d'Épinal, il put obtenir de son évêque, Mgr. Louis-Augustin Marmotin, l'autorisation de solliciter son admission dans la Société des Missions Étrangères de Paris où il entra le 13 septembre 1937.
Au cours de son année de probation, il reçut sa destination pour Huê (Indochine), le 29 juin 1938, et il s'embarqua à Marseille, sur l'Athos II, le 15 septembre 1938, avec une vingtaine de jeunes "partants".
Arrivé le 10 octobre 1938 à Tourane, il fut accueilli par le Père Guy Audigou avant d'être reçu à l'évêché de Huê par Mgr. François Lemasle : celui-ci lui imposa le nom indigène de Phan, jadis porté par le bienheureux François Jaccard, dont on fêtait, cette année là, le centenaire du martyre (il devait être canonisé plus tard).
Sans tarder, il fut nommé à Phu Cam, comme vicaire du Père André Chapuis, pour s'initier à la langue et à un ministère quelque peu complexe dans une paroisse où tout le monde pratiquait. Son zèle trouva par ailleurs à s'exercer dans les deux établissements scolaires du second degré de la mission : l'Institut de la Providence où il faisait 4 heures de latin par semaine, et l'Institution Ste Jeanne d'Arc où il animait une section féminine de la jeunesse étudiante chrétienne.
Entre temps, l'ancien vicaire d'Épinal lançait en ville l'idée d'une conférence de St Vincent de Paul dont il expliqua le fonctionnement, le 4 février 1939, au cours d'une scéance de bienfaisance, organisée à l'"Accueil", grande salle polyvalente des Pères Rédomptoristes canadiens.
Plus tard, à la mi-août 1939, il accompagna Mgr. Lemasle à Hanoi pour participer à la seconde des Semaines Sociales, animée par le R.P. Fernand Parrel.
Entretemps, le second dimanche de mai 1939, il avait accepté de prononcer le panégyrique de Ste Jeanne d'Arc en présence des fonctionnaires et des colons de la capitale impériale.
Craignant alors de se laisser un peu trop accaparer par l'apostolat auprès de ses compatriotes, Pierre Richard sollicita, en juillet 1939, d'aller se plonger dans le milieu rural, à Thuy Cam, comme vicaire du R.P. Raphaël Fasseaux, curé de Nuoc Ngot. Sous son égide, il affronta le problème -nouveau pour lui- des conversions en milieu animiste.
L'année suivante, en juin 1940, le Père Richard accepta d'aider le R.P Jean Groleau à diriger une colonie de vacances de jeunes eurasiens, pour le compte de la Direction de l'Enseignement.
Cependant, en septembre 1940, Pierre Richard fut nommé professeur au Petit Séminaire d'An-Ninh. Cet utile contact avec le futur clergé de Huê sera malheureusement interrompu, le 9 mars 1945, par le coup de force japonais dont l'une des conséquences sera de concentrer toute la population française à l'intérieur de Huê. Le Père Richard en profita pour réintégrer l'Institution Jeanne d'Arc des Soeurs de St Paul de Chartres dont il assura l'aumônerie, en même temps que des cours de mathématiques pour leurs élèves, ainsi que l'aumônerie de l'antenne hospitalière installée dans leurs locaux.
Par ailleurs, les événements politiques, loin de se calmer, allaient aboutir au début de 1947 au siège de Huê par les troupes nord-vietnamiennes. Cela donna l'occasion au Père Richard de seconder le curé âgé de la paroisse voisine, St François Xavier, le R.P Paul Darbon, avant de lui succéder peu après.
Dès qu'une paix relative fut revenue, le Père Richard put prendre, en France, un congé régulier (16/8.48 à 1/10.49). L'intérim de sa fonction de curé fut assuré par le R.P. Louis Eymard.
De retour à Huê -en avion avec le R.P Joseph Pierron- le Père Richard reprit son poste de curé de la "paroisse française" de Huê, tout en visitant assidûment les malades de l'hôpital de Huê. Il cumulera cette fonction avec celle de supérieur local du groupe des missionnaires du vicariat apostolique, du 6 février 1952 au mois de mai 1955, en liaison avec Mgr. Jean Baptiste Urrutia qui avait succéder à Mgr. Lemasle.
L'année suivante, en 1953, le Père Richard eu l'occasion de s'acquitter avec tact de ce rôle, lors de la visite officielle du Père Georges Cussac, assistant du supérieur général, chargé d'étudier sur place la situation des confrères et de préciser l'esprit des nouvelles constitutions de la Société MEP.
Pour ce qui était de la cure de St François Xavier, le Père Richard avait prudemment prévu deux plans quinquennaux de réfection de l'église et de modernisation de l'église, ce qu'il exécuta avec l'aide éclairée du R.P Jean Oxarango.
Cependant cette charge paroissiale, cumulée avec les visites assidues aux malades de l'hôpital n'avait pas été sans altérer la santé du Père Richard. Il souffrait, notamment, de coliques hépatiques. C'est pourquoi il obtint de ne pas renouveler son mandat de supérieur local en mai 1955. D'autre part, le départ massif des civils de l'Administration française et celui du contingent militaire dont le Père assurait l'aumônerie, amenèrent le curé de St François Xavier à renoncer à sa charge et même, à solliciter de Mgr. Urrutia l'autorisation de son affectation à l'Aumônerie militaire au début de l'année 1956.
Le Père Richard commença par assurer, non loin de Saïgon, au Cap St Jacques, l'aumônerie d'un groupe assez nombreux de jeunes eurasiens. Ceci fait, il rentra définitivement en France, le 6 mai 1956.
Ses affectations successives le menèrent d'abord en Algérie, près de Sétif, à la base militaire d'Ain-Arnat où il exerça une influence bénéfique sur le corps expéditionnaire, tant chez les cadres que chez les malades.
Enfin, c'est au Val-de-Grâce qu'il s'emploiera, jusqu'à l'extrême limite de ses possibilités, à l'apostolat fécond qui lui vaudra de nombreux éloges officiels.
Déjà atteint d'une kérato-conjonctivite qui allait s'aggraver jusqu'à la quasi complète cécité, le courageux aumônier du Val-de-Grâce aura la joie de célébrer, le 7 juillet 1959, son jubilé d'argent sacerdotal. Sa jovialité légendaire lui avait toujours permis de relever le moral des malades et de les conduire, bien souvent, à de touchants "retours" au Seigneur.
L'âge de la retraite vint pourtant interrompre ce ministère accaparant en l'année 1973, en lui valant le titre d'"Aumônier suppléant des Hôpitaux militaires" et, plus tard, le 12 avril 1974, celui d'"Aumônier honoraire des Armées".
Cette retraite trouvait, néanmoins, le Père Richard disponible en dépit des atteintes progressives de la cécité, pour des remplacements dans les paroisses de Paris, et pour des visites à ses chers malades.
D'abord installé en famille à Montreuil-sous-Bois, il y fêta en 1984, son jubilé d'or sacerdotal. Puis il logea au 87 bd Soult, dans le 12è arrondissement. Il y rédigera, le 30 avril 1992, un testament olographe -malgré sa vue déficiente-. C'est au Val-de-Grâce qu'on le transportera et qu'il rendra son âme à Dieu, le 7 décembre 1993.
Références bibliographiques
AME 1938 p. 224. CR 1938 p. 235. 1940 p. 91. BME 1937 p. 747. 1938 p. 635. 770. 789. 847. photo p. 701. 1939 p. 361. 514. 874. 1940 p. 570. 1941 p. 56. 1949 p. 246. 247. 784. 1950 p. 130. 1951 p. 502. 1953 p. 196. 583. 1954 p. 787. 1018. 1955 p. 342. 343. 780. 1956 p. 355. 377. 894. 1959 p. 278. Hir N° 142/2. EC1 N° 363. 383. 451. 464. 472. 600. 654. NS. 55P250. 181/60.
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