| Année: |
1873 |
| Pays: |
Vietnam |
| Mission: |
Cochinchine septentrionale |
| Rédacteur: | Mgr Sohier |
Mission de la Cochinchine septentrionale.
1873
Mgr Sohier nous écrit, dans son rapport du 16 janvier 1873, que sa mission a continué à jouir d’une paix satisfaisante et que ses missionnaires en ont profité, pour travailler avec ardeur à la visite des chrétiens et à la conversion des infidèles.
Malheureusement il y a bien des obstacles aux conversions de païens. Le gouvernement annamite tolère, il est vrai, la religion, mais il en empêche la diffusion, autant qu’il le peut, pas de sourdes menées. Les chrétiens ont été inquiétés par les pénibles formalités d’un nouveau recensement, plus minutieux encore que les précédents. On demandait exactement le nombre des naissances, celui des morts, et par-dessus tout le chiffre des conversions de païens , alors que jamais on n’exige de pareils dénombrements des villages qui ne sont pas chrétiens. Bien plus, il faut que les mandarins s’informent, tous les trois mois, du nom de chaque missionnaire, de sa patrie, de ses occupations. Encore s’ils demandaient ces renseignements au missionnaire lui-même, il serait facile d’exécuter ces ordres ; mais, le plus souvent, ils s’adressent pour cela aux chrétientés, afin d’avoir par là l’occasion de les vexer et de les molester. Quelques mandarins exigent les mêmes renseignements sur les prêtres indigènes. Toutes ces perquisitions intimident les chrétiens, qui s’imaginent qu’on veut encore les disperser et les emprisonner comme autrefois. Quant aux païens , ils sont, par ce fait même, éloignés de notre sainte religion qu’ils voient dans un état si précaire.
Les chrétiens lettrés sont toujours exclus des examens publics, et ne peuvent aspirer à aucune charge. En cela, il sont traités comme de véritables parias. On comprend que , dans une pareille situation, il soit moralement impossible de convertir un village païen. Aucun personnage marquant ne peut embrasser la religion, sans perdre sa fortune et s’exposer à mille vexations de la part de son village et de ses parents. Aussi nos confrères ne recueillent-ils que quelques gens simples, pauvres pour la plupart, et encore faut-il qu’une fois convertis, ils s’expatrient de leurs villages où leur foi serait trop exposée.
Les feuilles d’administration présentent les résultats suivants :
ANNÉE 1871-1872
Baptêmes de païens adultes 68
Baptêmes d'enfants de chrétiens 857
Baptêmes d'enfants de païens 631
Confirmations 540
Confessions 47,337
Communions 47,302
Mariages 218
Saints Viatiques 356
Extrêmes-onctions 409
Le vicariat compte environ 25,187 chrétiens sur une population totale de 2,000,000 d’âmes. Ces chrétiens sont répartis entre trois provinces ; un missionnaire a la surintendance de chaque province et en est l’archiprêtre. Parmi les prêtres indigènes, les uns sont curés et les autres vicaires. Les premiers ont une certaine prééminence sur les seconds qui n’ont pas le pouvoir de dispenser au for extérieur. Cependant, ils administrent aussi un certain nombre de chrétientés plus ou moins populeuses, selon que l’exige la disposition des lieux. « Si l’on « excepte quelques petites localités, écrit Mgr Sohier, maintenant tous nos chrétiens peuvent « facilement assister à la messe, tous les dimanches et jours de fêtes, et s’approcher des « sacrements aussi souvent qu’ils le désirent. »
Les chrétiens forment environ 112 chrétientés, dont presque toutes, à l’exclusion seulement des plus petites, ont une chapelle plus ou moins convenable. Il n’y a, dans toute l’étendue du vicariat, que cinq églises assez solides et assez décentes pour que l’on puisse y server le très-saint Sacrement. Les néophytes rivalisent de zèle pour en bâtir de nouvelles et s’imposent pour cela les plus grands sacrifices, mais ils avancent lentement à cause de leur pauvreté.
Le séminaire de la mission a 33 élèves, sans compter 28 clercs, dont 2 diacres, 5 sous-diacres, 4 minorés et 13 tonsurés.
Vingt écoles de garçons reçoivent 257 élèves, et 2 écoles de filles en ont 43. Les orphelinats sont au nombre de 2, et abritent 272 enfants. Ajoutons aux établissements qui précèdent : 2 pharmacies et 2 fermes. Personnel de la mission : 1 Évêque Vicaire apostolique, 7 missionnaires européens et 37 prêtres indigènes, 7 communautés religieuses de femmes : 350 religieuses indigènes.
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