| Année: |
1874 |
| Pays: |
Vietnam |
| Mission: |
Cochinchine orientale |
| Rédacteur: | Mgr Charbonnier |
Cochinchine orientale .
1874
Les communications de cette Mission avec le dehors sont assez difficiles . Ce sont des barques qui , descendant de temps en temps les fleuves pour leur commerce , sont aussi les intermédiaires pour les correspondances de nos missionnaires . C’est ce qui fait que les courriers ne sont point réguliers ; aussi n’avons-nous pas de ce Vicariat , de nouvelles postérieures au mois de juillet .
Mgr Charbonnier , dans un compte rendu très-restreint , nous parle des alarmes au milieu desquelles lui et ses missionnaires ont vécu , pendant plusieurs mois . Il n’était bruit de toutes parts que de projets de massacres de chrétiens , de pillages et d’incendies de la part des lettrés secrètement soutenus par les mandarins . M. Galibert écrivait de Quang-Nam à Sa Grandeur le 21 juin : « Serons-nous massacrés comme on le dit ? Je n’en sais rien : ce qu’il y a de certain c’est qu’on forge des lances depuis quelques mois et que les armes de plusieurs petits mandarinats ont été mises à la disposition des lettrés . Pous moi , je n’en ai aucune ; la croix de missionnaire me tiendra lieu de tout . Je suis disposé ; s’il le faut , à mourir au milieu de mes chrétiens … mourir dans de telles circonstances , c’est mourir pour la foi . »
« Les mêmes bruits circulent , dit Mgr Charbonnier , dans la province de Quâng-Ngâi et en bien d’autres endroits . Cependant , chacun est encore à son poste et fait son devoir le mieux qu’il peut . Nous espérons en Dieu et tâchons d’éviter toute démarche imprudente . Nous prions , non-seulement pour nous et pour ce pauvre royaume , mais aussi pour vous , pour la France , pour l’Église et pour le Saint-Père . »
Les craintes de Sa Grandeur et de ses missionnaires ne se sont heureusement pas réalisés , et cette maison n’a pas eu à déplorer les massacres qui ont ensanglanté récemment celles du Tong-King . Le ministère de la prédication a pu s’y continuer sans trop d’entraves , et nous espérons que désormais il s’y exercera en toute liberté .
La Mission des sauvages ba-nhars est toujours dirigée par M. Dourisboure . Si quelques endroits offrent là des tristesses au cœur apostolique , les dispositions de plusieurs de ces bons sauvages lui procurent aussi des consolations . M. Hugon partage au milieu d’eux les travaux de M. Dourisboure . « La fièvre d’acclimatation , écrivait ce cher confrère , s’est emparée de moi , mais tout cela est passé ; me voilà sorti triomphant de l’épreuve et naturalisé sauvage . Il y a ici bien des épreuves à supporter . Quand je parle de ma misère au P . Dourisboure : « J’ai vu pire » me répond-il . Je n’ai encore pour église que ma cabane . Ah ! qu’il serait à désirer qu’il nous arrivât au plutôt plusieurs coopérateurs. »
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