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Rapport annuel des évêques

Année: 1875
Pays: Vietnam
Mission: Cochinchine occidentale
Rédacteur:Mgr Colombert

Cochinchine occidentale.
1875

La situation de cette Mission est à peu près la même que l’année dernière, sauf que le nombre des chrétiens s’est accru encore d’environ deux mille, dont plus de sept cents adultes nouvellement convertis. Mgr Colombert, dans le rapport qu’il nous a adressé, répartit ainsi les 43,500 chrétiens compris dans son vicariat : 40,000 Asiatiques, Annamites, Chinois ou Malabares, et 3500 Européens, militaires ou civils.
Nous extrayons du même rapport les détails suivants :
« La Mission compte 36 paroisses, plus 164 chrétientés et 150 églises ou chapelles.
« Les élèves du séminaire de Saigon sont au nombre de 150.
Aux Quatre-Temps de septembre, j’ai ordonné 23 sujets indigènes, dont 4 prêtres.
« L’école des catéchistes est fondée. Si la rigueur de la règle effraie les vocations lâches, la bonne volonté et la soumission de ceux qui persévèrent nous donnent pleine satisfaction. Le temps confirmera nos espérances, et, dans quelques années, nous aurons formé un bataillon de bons ouvriers.
« Les écoles primaires se multiplient. Elles sont actuellement au nombre de 75, et comptent 3,000 élèves, de l’un et de l’autre sexe.
« L’institution Taberd, fondée l’an dernier, pour les Européens et les métis, est prospère ; elle a moitié plus d’élèves que l’école municipale. Le gouvernement l’a subventionnée, quoique faiblement, au budget de 1876.
« Nous avons joui, cette année, d’une tranquillité relative. Un seul district a été troublé, celui de Ba-Giong, où deux chapelles et 25 maisons chrétiennes ont été brûlées par les rebelles. Les pertes sont évaluées à 25,000 fr. ; le gouvernement a donné un dédommagement égalant le tiers de cette somme.
« Les exercices du jubilé sont terminés dans un tiers des paroisses de la Mission. J’ai désigné deux compagnies de 5 ou 6 missionnaires et prêtres indigènes, qui vont successivement dans toutes les paroisses, où, pendant 6, 8 ou 10 jours, suivant le nombre de population chrétienne, ils donnent trois instructions par jour, lecture de l’examen de conscience et du Pensez-y-bien, conférences sur les qualités de la confession et les dispositions requises pour la sainte communion, ainsi que sur les conditions du jubilé. On examine et on résout les causes matrimoniales en suspens, les cas embrouillés ; on fait un pressant appel aux apostats et aux pécheurs publics, enfin tout ce qui a lieu dans les missions des campagnes.
« Nos pauvres Annamites font preuve d’une remarquable bonne volonté, et mettent presque tous un grand empressement à profiter de l’indulgence plénière du jubilé. Oubliant le boire et le manger, ils passent à l’église toute la journée et une partie des nuits ; le long des chemins, dans leurs maisons, ils observent un silence cénobitique. »
Comme on le voit, le bien se fait dans cette Mission sur une vaste échelle et par le moyen de bon nombre d’œuvres diverses que, d’ailleurs, nous ne rappelons pas toutes ici en détail, les ayant déjà indiquées précédemment. Si les conditions nouvelles dans lesquelles se trouve ce vicariat, depuis l’occupation française, ont leurs inconvénients inévitables, à cause de bien des mauvais exemples qui sont donnés aux fidèles indigènes, il paraît néanmoins incontestable que, relativement à l’ensemble, ce mal trouve une réelle compensation dans les heureux résultats obtenus.



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