| Année: |
1875 |
| Pays: |
Vietnam |
| Mission: |
Cochinchine orientale |
| Rédacteur: | Mgr Charbonnier |
Cochinchine orientale
1875
Nous n’avons encore reçu de ce vicariat que des nouvelles très-abrégées et de date déjà bien anciennes. Mgr Charbonnier nous les transmettait par une barque partie du Binh-Dinh pour Saigon au mois de mai, après le départ de laquelle S.G. n’espérait plus avoir d’autre occasion, les barques occupées à porter le riz du roi ne devant plus aller à Saigon cette année.
A cette époque, Monseigneur résumait les nouvelles dans les quelques lignes suivantes : « Vraiment, nous ne savons plus sous quel régime nous vivons : grande paix ; calme plat ; peur chez les chrétiens et les païens : recrudescence de haine de la part de ces derniers ; silence absolu sur le traité de paix ; voilà le bilan du jour. »
S.G., à propos du grand nombre d’extrêmes-onctions accusé sur son tableau d’administration, signalait un fléau qui avait visité le pays et fait un certain nombre de victimes parmi les chrétiens, le choléra. Ses ravages, qui s’étaient étendus plutôt sur les enfants que sur les grandes personnes, avaient cessé.
Quelques lignes écrites de la mission des sauvages, en février dernier, par notre cher confrère M. Dourisboure, nous sont aussi parvenues. « Cette année, dit-il, nous avons été bien malheureux en nouvelles : nous n’avons pas reçu une seule lettre de France. Rien de nos parents, rien de nos amis. Très-probablement, les lettres se sont égarées et perdues. Il n’est pas croyable que tout le monde se soit concerté pour garder le silence !…N’ayant reçu aucune lettre d’Europe, nous ignorons absolument ce qui se passe soit à Rome, soit en France, soit en Espagne, soit ailleurs. Par ces temps de voies ferrées et de télégraphes électriques, c’est être bien en arrière de son siècle ! Nous, pauvres sauvages, nous ne sommes pas même encore arrivés au moyen âge… »
Mgr Charbonnier a renforcé le personnel de cette intéressante, mais bien pénible mission des Ba-nhars. « M. Hugon, écrit S.G., est remonté chez les sauvages, emmenant avec lui M. Vialleton, ce qui fait quatre confrères travaillant aujourd’hui dans cette partie du vicariat. M. Dourisboure me dit à ce sujet : « Dieu soit béni ! Le voyage du bon M. Hugon auprès de Votre Grandeur a eu à peu près un plein succès : il vient d’arriver avec le nouveau confrère, et j’ai le plaisir de vous donner de très-satisfaisantes nouvelles de la santé de l’un et de l’autre. Je vois, d’après votre lettre, que V.G. n’était pas sans inquétude sur M. Hugon : soit que la joie d’avoir réussi à souhait ait relevé ses forces, soit que l’air des montagnes soit devenu nécessaire à sa constitution, il est certain qu’il se porte très-bien. »
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