| Année: |
1877 |
| Pays: |
Vietnam |
| Mission: |
Birmanie méridionale |
| Rédacteur: | Mgr Bigandet |
Birmanie méridionale.
1877
Dans une lettre adressée aux Conseils centraux de l’Œuvre de la propagation de la foi, Mgr Bigandet constate avec bonheur que les travaux de ses missionnaires n’ont pas été infructueux ; le nombre des baptêmes d’adultes s’est quelque peu accru : il y a de l’espoir pour l’avenir ; les écoles continuent de prospérer, etc.. M. Le Rouvreur a pu, grâce à la générosité d’un Anglais protestant, achever l’église où il doit exercer son ministère auprès des Malabares, qui sont en grand nombre à Rangoon et dans les environs. Quelques jours après l’inauguration de cette chapelle, Mgr de Ramatha avait la consolation d’en bénir une autre située dans le quartier de la ville, occupé par les Birmans, les Chinois, etc. Cette église est due à la générosité d’un néophyte. « Ici aussi, écrit Sa Grandeur , la main de la Providence s’est montrée d’une manière bien visible. Depuis longtemps, un homme riche avait promis de payer les frais qu’occasionnerait la construction de cette église ; il est mort avant de mettre sa promesse à exécution. Un autre a pris sa place ; la bâtisse est finie, et toutes les dépenses ont été payées.
« Notre clergé indigène se recrute progressivement . J’ai eu le bonheur d’ordonner, dans le cours de l’année , un prêtre , un diacre et un sous-diacre, et aussi de conférer les ordres mineurs à un tonsuré. Tous ont été élevés à notre collège de Pulo-Pinang.
« Nous continuons à nous fournir abondamment de livres classiques et de livres de piété en langue birmane. Nous avons réédité un excellent ouvrage de controverse entre un chrétien et un boudhiste. Un abrégé de l’histoire de l’Église est actuellement sous presse, ainsi que le livre des prières et d’autres ouvrages qui nous étaient nécessaires … »
Mgr Bigandet termine sa lettre par un trait bien intéressant ; « Un missionnaire m’écrivait, « dans le courant de cette année : – Dans une de mes courses, j’ai rencontré un bon vieillard « qui, malgré son grand âge (il prétend être âgé de 120 ans), jouit de toutes ses facultés. « Tandis que je parlais de la religion, il ne cessait de prêter la plus grande attention à tout ce « que je disais, puis, lorsque j’eus fini, il garda quelques temps le silence, comme un homme « dont l’esprit est fortement préoccupé ; enfin, appelant auprès de lui tous les membres de sa « famille, il leur tint ce langage : – La doctrine que l’on vous annonce est bien la véritable, « c’est bien celle que nos pères attendaient depuis longtemps. N’hésitez pas à l’accepter et à « devenir chrétiens. – Puis, se tournant vers le missionnaire, il ajouta : – Lorsque j’étais jeune, « j’ai entendu dire aux vieillards que les gens de l’Occident avaient emporté les livres que les « Carians possédaient autrefois, mais qu’un jour ces mêmes gens de l’Occident rapporteraient « aux Carians ces mêmes livres. » – Voilà certainement, dit à ce sujet Mgr de Ramatha, une curieuse tradition, que d’ailleurs l’on retrouve chez presque tous les Carians qui ont conservé intacte leur nationalité. » A quelle époque remonte cette tradition ? C’est ce que l’on ne saurait dire, tant que l’on ne connaîtra pas mieux l’origine de ce peuple. Espérons que cette tradition aidera ces pauvres gens à embrasser cette doctrine qu’ils attendent depuis longtemps, et à grossir le nombre des enfants de Dieu et de l’Église !
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