| Année: |
1883 |
| Pays: |
Vietnam |
| Mission: |
Cochinchine orientale |
| Rédacteur: | Mgr Van Camelbeke |
Cochinchine Orientale.
1883
Nous n’avons pas reçu le compte-rendu des travaux de nos confrères pour l’année 1883 ; c’est pourquoi nous devrons nous borner à relater les quelques événements par-venus indirectement à notre connaissance.
Et d’abord, mentionnons la belle moisson de 2180 bap-têmes de païens, obtenus dans le courant de l’année 1882, et qui n’ont encore figuré sur aucun de nos tableaux annuels, cette Mission s’étant trouvée jusqu’ici d’une année en retard sur les autres Missions.
La lettre commune de l’année dernière annonçait l’éloi-gnement, que nous espérions devoir être momentané, de Mgr Galibert, de sa chère Mission, pour cause de maladie. Nous avons cette année la douleur d’annoncer que ce digne évêque a été enlevé, à la fleur de l’âge, à l’affection de ses Missionnaires et de ses néophytes.
Le veuvage de cette église n’a pas été de longue durée : notre cher confrère, le P. Van Camelbeke, qui, à deux reprises différentes, avait déjà administré la Mission, d’abord en l’absence de Mgr Charbonnier, et en dernier lieu depuis que Mgr Galibert avait dû s’éloigner, a été nommé par le Saint-Siége, Vicaire Apostolique et évêque titulaire de Hiérocésarée.
En attendant, le cher provicaire avait pris les mesures nécessaires pour combler les vides faits par la mort dans les rangs du clergé indigène. Sur son invitation, Mgr Colombert a bien voulu se transporter au Binh-Dinh, pour y faire une ordination de deux prêtres, un diacre, un sous-diacre, trois minorés et neuf tonsurés.
Cette Mission a ressenti, elle aussi, le contre-coup de l’expédition française au Tong-King.
A la suite de l’évacuation du port de Quinhone par notre consul et son escorte, le mandarin de la justice de la pro-vince de Binh-Dinh donna libre cours à sa haine contre les Français, en excitant les païens contre les chrétiens.
Enhardis par ces encouragements, des païens firent prisonnier un prêtre indigène, qui traversait leur village. Les catéchistes et les gens de son escorte, au nombre de seize, furent mis à la cangue, et conduits comme des malfaiteurs à la citadelle, où résident les grands mandarins. Durant tout le trajet, la foule ameutée ne ménagea à nos confesseurs ni les injures ni les menaces. Le mandarin de la justice lui-même ne craignit pas de traiter le prêtre de la façon la plus ignominieuse, et de faire frapper cruellement les catéchistes et les néophytes.
Il ne s’est pas arrêté là, et, de concert avec les lettrés, il a mis ensuite tout en œuvre pour ruiner et anéantir plus de 15 nouvelles chrétientés, fondées par le P. Panis, et qui donnaient les plus belles espérances.
Aux dernières nouvelles, les chrétiens de la province de Quang-Nam étaient, eux aussi, sous le coup de la persécution.
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