| Année: |
1884 |
| Pays: |
Vietnam |
| Mission: |
Cochinchine septentrionale |
| Rédacteur: | Mgr Caspar |
Cochinchine septentrionale .
1884
Nous ne reviendrons pas sur le tableau qui a été fait précédemment de la situation politique dans le royaume d’Annam. Placée au centre et comprenant la capitale même de ce royaume, la Cochinchine septentrionale a éprouvé d’une manière toute spéciale le contre-coup des événements dont elle a été, avec le Tong-King occidental, le principal théâtre. Bien que l’occupation de Hué par les troupes fran-caises ait mis un terme à la persécution, cependant le maintien au pouvoir des ennemis de notre sainte religion, l’impunité des coupables, les rumeurs sinistres qui cir-culent dans le pays, les calomnies auxquelles les chrétiens sont en butte, toutes ces causes réunies, nous écrit Mgr de Canathe, nuisent grandement au progrès de la foi et em-pêchent les conversions .
Quoique peu proportionné au zèle des missionnaires et à leur désir, le nombre des baptêmes d’adultes est, néan-moins, beaucoup plus élevé que l’année dernière. En 1883, il n’avait été que de 93 ; cette année, il est de 188 . Espé-rons qu’une fois la paix rendue à cette mission, elle n’aura plus rien à envier sous ce rapport à celles qui l’avoisinent.
« Le nombre des paroisses ou plutôt des chrétientés, nous écrit Mgr Caspar, a augmenté, soit parce que d’an-ciennes stations qui avaient été détruites par la persécution, se sont relevées de leurs ruines, soit parce que de nouvelles ont été fondées dans plusieurs localités, grâce à la con-version de leurs habitants.
« Les églises ou chapelles sont pour la plupart couvertes loi de chaume, les ressources de nos chrétiens ou de la mission ne pouvant suffire à élever des temples dignes de Celui qu’on y adore.
« Les deux séminaires sont installés provisoirement dans de bien modestes habitations, mais c’est tout ce que notre pauvreté nous a permis de faire ; en revanche, grâce à la direction qui leur est donnée par des missionnaires remplis de zèle, ils nous font concevoir de sérieuses espérances pour l’avenir. L’éducation de nos séminaristes ne laisse rien à désirer, tant sont dévoués les soins que prodiguent à cette œuvre les cinq confrères qui en sont chargés .
« Une ordination faite dans le courant de cette année nous a mis à même de remplacer un prêtre qui vient de mourir. Il nous en faudrait encore plusieurs autres pour aider ceux qui, par suite de leur âge ou de leurs infirmités, ne peuvent plus suffire à leur besogne.
« Avec la nouvelle situation politique qui nous est faite, l’œuvre des écoles va prendre une importance majeure. Les autorités françaises demandent des écoles, et si nous ne nous empressons pas de les satisfaire, nous risquons de voir s’établir ici, plus tôt que nous ne voudrions, des écoles laïques, telles qu’il est permis de n’en pas désirer.
« Des hôpitaux indigènes seraient aussi à fonder, mais les ressources font complètement défaut, à ce point même qu’une installation de 5 à 10 lits de malades nous serait actuellement impossible... »
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