| Année: |
1884 |
| Pays: |
Vietnam |
| Mission: |
Coimbatour |
| Rédacteur: | Mgr Bardou |
Coïmbatour. 1884
« Le vicariat de Coïmbatour, nous écrit Mgr Bardou, se compose de trois régions territoriales bien distinctes : les montagnes des Neilgherries, avec leurs vastes plateaux, où règne un climat toujours tempéré ; le pays Maléalam, visité chaque année par des pluies abondantes qui font sa richesse ; et le collectorat de Coimbatore, généralement pauvre et dénué parce qu’il est peu arrosé.
« Sur toute l’étendue du vicariat nos chrétiens indigènes parlent la langue tamoule. Car sur les montagnes, où la population est fort mêlée, les aborigènes qui parlent une autre langue, ne forment qu’une petite minorité, jusqu ici restée inaccessible à nos missionnaires. Le reste se com-pose pour la plupart d’artisans et de serviteurs, attirés à la suite des nombreux employés anglais et venus de la plaine. Quant à nos chrétiens du Maléalam, ils sont origi-naires du pays tamoul qu’ils ont quitté à diverses époques, principalement lors des famines qui arrivent périodique-ment dans l’est de la péninsule, forcés qu’ils étaient de chercher ailleurs que sur le sol natal un moyen de sub-sistance.
« Nous avons quatre résidences ou districts sur les mon-tagnes ; quatre encore dans le Maléalam ; et dix dans les plaines de Coimbatore.
« Le plateau des Neilgherries , à une élévation de six à neuf mille pieds au-dessus du niveau de la mer, comprend, avec les pentes descendant vers les plaines, le district d’Ootacamund, desservi par les PP. Biolley et Béroulle ; celui de Wellington, station militaire dont le chapelain est le P. Foubert ; Coonoor qu’occupe le P. Villien, et Gu-dalur cédé récemment par la mission du Maïssour, poste confié au P. Baldeyrou .
« Les précieux avantages du climat des Neilgherries en ont fait comme un lieu de plaisance, fort recherché par les hauts officiers du gouvernement de S. M. Britannique. Le gouverneur de la présidence de Madras y passe la ma-jeure partie de l’année, à l’abri des épidémies et des cha-leurs tropicales de la plaine. Le commandant en chef a réussi à s’y fixer définitivement avec son état-major. Les autres officiers, civils et militaires, y passent tout le temps dont ils peuvent disposer. En outre, de toute l’Inde, bien des personnages y viennent aussi faire leur séjour de vacances.
« Mais, hélas ! ce n’est pas là le champ où s’exerceront surtout le zèle et la sollicitude de nos confrères ; les catho-liques sont une exception fort rare parmi ces favoris de la fortune, dont la presque totalité appartient à l’hérésie. _ Pour trouver les catholiques, il nous faut descendre quelques degrés dans l’échelle sociale et les chercher parmi les employés subalternes. Les Européens créoles, East--Indiens, forment d’ailleurs un noyau assez important qui se développe constamment . Généralement animée d’un bon esprit, pourvu qu’on la préserve du venin hérétique ou athée des écoles protestantes, cette portion du troupeau console son pasteur par son assiduité aux offices et par la fréquentation des sacrements .
« Cependant le gros de la population catholique se com-pose des indigènes ; il y en a environ 5,000 répartis dans les quatre districts. Parmi eux, un quart environ appartient à diverses castes d’artisans et de cultivateurs, occupés dans les plantations de café, thé, chinchoua, et mêlés de quelques employés de bureau ; le reste se compose de parias. Le paria est le serviteur titré de l’Anglais ; quelques-uns toutefois ont appris à vivre indépendants, soit à l’aide de petites industries, soit par le travail .
« Dire un paria (style d’Europe), c’est marquer le dernier degré de l’échelle sociale : il ne sera donc pas inutile de noter en passant que, dans cette caste de déclassés, le divin Maître s’est plu à faire briller la lumière de l’Évangile aux yeux d’un grand nombre. Or la foi purifie l’homme et l’en-noblit ; aussi n’est-il pas rare de voir les plus hauts person-nages protestants, très désireux de s’attacher et de con-server pour serviteur le paria catholique.
« L’œuvre de relèvement parmi eux n’est point parfaite sans doute ; nos néophytes ont leurs faiblesses ; mais l’on peut dire que, parmi ses frères en religion, le paria catho-lique se signale par sa générosité de caractère et son atta-chement à sa foi. Aussi nos cinq confrères de la montagne ne manquent pas de travail, et ils sont heureux et con-solés de leurs peines, lorsque, aux jours de grandes fêtes, ils voient les fidèles se presser autour de la table eucharistique.
« Le nombre des chrétiens indigènes s’accroît et par l’im-migration et par les nouvelles conversions, qui sont du moins constantes, si elles ne sont pas nombreuses, autant que nous le souhaiterions. Nos confrères ont baptisé à Oota-camund 32 catéchumènes, à Wellington 11, à Coonoor 7, et à Gudalur 12 . Il y a eu aussi respectivement 12, 3, 2 et 3 abjurations de protestants et 70 baptêmes d’enfants moribonds. Ces petits anges doivent le bonheur du ciel à
la sollicitude des Sœurs missionnaires de Marie.
« Nos zélées religieuses se donnent aussi mille peines pour distribuer le bienfait de l’éducation, tant à la jeunesse de la haute classe européenne et des classes moyennes, qu’aux filles indigènes. — De leur côté, les confrères font leur possible pour l’éducation des garçons.
« A Coonoor , il y a une bonne école, fréquentée par près de deux cents enfants, chrétiens ou infidèles. Cette école est la plus importante de l’endroit, et les confrères ont pu la maintenir sur un bon pied, malgré les efforts plusieurs fois répétés, que les ministres protestants ont faits pour la détruire.
« A Ootacamund , outre l’école indigène établie depuis longtemps, les confrères en ont ouvert cette année une nouvelle pour les East-Indiens et les Européens de la classe moyenne. Elle commence bien, et nous espérons qu’elle se développera peu à peu et donnera de bons résultats.
« Dans le pays Maléalam , nous avons 6,000 chrétiens, répartis en quatre districts : Atticoudou, desservi par les PP. Pottier et Terrat ; Palghat , où est le P. Gudin ; Sittoor et Vadaccancherry dont prennent soin trois prêtres indigènes.
« Les trois quarts de la population chrétienne se composent de Vannières , venus anciennement du pays tamoul . Ce sont de rudes cultivateurs, qui par leur travail assidu sont parvenus à une grande aisance ; plusieurs même ont acquis d’assez riches propriétés dans ce Maléalam, région très fertile, où il est inouï que les pluies de la mousson ouest aient jamais fait entièrement défaut . C’est pourquoi, au point de vue matériel, cette caste a prospéré plus que n’importe quelle autre caste de chrétiens.
« Mais je ne pourrais en dire autant, si je les considère sous les autres rapports. Tout chez eux dépend des chefs de caste, qui auprès de leurs gens ont une très grande influence ; la masse du peuple les suivra presque aveuglé-ment, pour le bien comme pour le mal ; et comme plusieurs des chefs sont loin d’être exemplaires, l’administration de ces chrétiens est difficile et pénible. Ils ont la foi et ne se feront pas protestants ; l’hérésie a bien cherché à les entamer, mais, grâce à Dieu, elle n’y a point réussi .
« Ils n’ont pas, hélas ! la même antipathie pour le schisme ; leur esprit peu cultivé et prompt à la révolte s’y jette, dès qu’il est contrarié. Avant 1857 , quelques-uns de leurs villages avaient fait venir un prêtre schismatique goanais, et cela à plusieurs reprises. Même en 1860, n’ayant pas voulu se soumettre à une punition infligée par le Vicaire apostolique, ils se révoltèrent et eurent pendant trois ans un prêtre intrus. Heureusement qu’au passage de Mgr de Saba, commissaire pontifical, ce prêtre fut obligé de quitter nos parages, et depuis lors aucun de ces prêtres goanais n’y a plus résidé.
« Toutefois, nous sommes obligés encore de prendre nos précautions ; car le caractère insoumis et turbulent de ce peuple le pousse aisément à la révolte. Cette année-ci même, nous en avons éprouvé de fâcheuses conséquences.
« Il faut savoir que la caste des Vannières , bien que mise au rang des castes tamoulères, en est une des moins con-sidérées dans l’opinion publique. C’est pourquoi nous n’avions jamais pu admettre leurs enfants ni au séminaire, ni au couvent des religieuses indigènes. Toutefois, ces dernières années, le bien-être matériel dont ils jouissent, les avait un peu rapprochés des chrétiens de castes plus élevées ; de plus, par suite des mesures du gouvernement anglais, les préjugés de caste s’affaiblissent tous les jours ; aussi avions-nous pu nous relâcher un peu de notre sévé-rité envers leurs enfants, et, il y a trois ans, nous admî-mes au couvent plusieurs filles des chefs de cette caste. Cette admission avait, il est vrai, déplu à plusieurs chré-tiens, quelques-uns même s’en étaient formalisés ; pourtant tout se calma, et nous avions fait un pas en avant .
« Les Vannières, satisfaits de voir leurs filles admises au couvent, voulurent aussi faire entrer leurs garçons au séminaire. C’était trop se presser ; à chaque demande qu’ils m’en faisaient, je répondais que le moment opportun n’était pas encore venu . A la rentrée d’octobre 1883, ils insistèrent de nouveau, mais je ne voulus pas condescen-dre à leur désir. Récalcitrants par caractère, ils montèrent les têtes et menacèrent de se révolter. Redoutant les grands maux que souffre la masse du peuple par la révolte de quelques entêtés, je fis sonder les dispositions de plusieurs chefs des castes les plus élevées ; tous furent d’avis qu’il était préférable d’admettre un enfant de cette caste, pour prévenir les funestes effets d’un schisme; et en conséquence, à Pâques, j’admis au séminaire un enfant Vannier .
« Mais il est hasardeux de se fier aux hommes. Précisé-ment un des principaux qui avaient conseillé de recevoir cet enfant, se fit le chef de l’opposition et décida les parents des enfants de bonne caste à les retirer. Nous dûmes ainsi licencier le petit séminaire, et il ne nous reste que les grands séminaristes, c’est-à-dire quatre minorés, trois tonsurés, et un diacre. Voilà où l’entêtement des castes nous a réduits, et je n’ose encore rassembler les petits séminaristes; car, si je refusais l’enfant Vannier , toute cette caste se révolterait ; d’autre part, si je l’admettais, les enfants des plus hautes castes n’y viendraient pas, et notre séminaire perdrait beaucoup dans l’estime publique. Nous devons patienter, jusqu’à ce que l’effervescence des esprits soit calmée.
« Dans le district d’Atticoudou, le P. Pottier, aidé du P. Terrat, baptise tous les ans un bon nombre de catéchu-mènes ; la plupart sont de pauvres gens qui, ne pouvant vivre dans les pays de l’est, émigrent vers ces régions plus fortunées. Ce confrère a un grand avantage, assez rare parmi nous ; il possède des ressources particulières qui lui permettent de soutenir, longtemps après le baptême, les nouveaux venus, et ainsi ils peuvent mieux se former aux pratiques chrétiennes. Cette année, il a pu baptiser 60 catéchumènes.
« Palghat est desservi par le P. Gudin ; ce confrère s’est industrié de son mieux pour faire du bien aux chrétiens ; il prend soin d’une école de garçons, et d’une autre pour les filles; celle-ci est tenue par trois Sœurs indigènes. Il s’occupe aussi avec zèle de la conversion des païens; il en a baptisé 17.
« Dans ces parages, nous avons deux autres districts, Sittoor et Vadacancherry ; trois prêtres indigènes les admi-nistrent . Cette année ils ont eu 16 baptêmes d’adultes.
« Le collectorat de Coimbatore est un des plus pauvres de la présidence de Madras. Les canaux d’irrigation y étant peu nombreux, le terrain à rizières est insuffisant, et les pluies des moussons s’y faisant peu sentir, les récoltes n’y sont généralement pas abondantes. C’est pourtant dans les plaines de cette région que nous avons le plus grand nombre de nos chrétiens ; ils sont environ 12,000 dissé-minés dans dix districts. Au nord-ouest,. Codivély, Men-thoor, et l’orphelinat de la Sainte-Enfance ; à l’est Caroor, Erode, Carmattampatty et Pallapaléam ; Darabouram au sud-est ; enfin Coimbatore avec Savéripaléam pour annexe.
« Codivély est une des plus anciennes de nos chrétientés. Les PP. Robert de Nobili et le bienheureux J. de Britto l’administrèrent . On lit, en effet, dans le recueil des lettres édifiantes, que ces Pères avaient dans ces parages de nom-breux chrétiens, tisserands de leur métier. Ce sont bien maintenant les descendants de cette même caste ; ils en ont les qualités, et aussi, les défauts. Doux par caractère, ils sont bienveillants pour leur prêtre ; mais ils se noient dans les moindres difficultés, ce qui suscite chez eux de petites querelles sans fin .
« Ils paraissent être moins nombreux qu’ils ne l’étaient anciennement, si on s’en rapporte aux lettres des mission-naires. Il est à croire qu’à la suppression de la Compagnie de Jésus, se trouvant abandonnés de leurs prêtres, une partie d’entre eux retourna au paganisme. Une autre partie aura aussi disparu lors des guerres désastreuses de Tip-poo, qui faisait prendre les chrétiens pour les expatrier ou les jeter en prison, dans le but de les faire apostasier. Quoi qu’il en soit, ces tisserands chrétiens ne comptent guère que 1,200 âmes dans ces parages, et avec 600 autres chrétiens de diverses castes, ils forment le district de Codi-vély. Les PP. Pageault et Guerpillon les administrent .
« Les païens de ce district ne nous sont pas opposés ; plusieurs même viennent exprimer leurs sentiments de déférence au missionnaire, quand ce dernier fait la visite dans les villages chrétiens ; mais on ne remarque encore chez eux aucun désir d’embrasser notre sainte religion. Dès qu’on met la conversation sur ce sujet, ils répondent qu’ils ne le peuvent, sous peine d’être chassés de leur village et de toute leur parenté. Il n’y a pas de doute que la caste ne soit un des plus grands obstacles à la diffusion de l’Évangile dans ce pays ; aussi n’avons-nous ordinaire-ment que les pauvres et les délaissés.
« Menthoor est un district de 1,500 âmes environ, répar-ties dans six villages. Le P. Lefeuvre a le soin de ce district. Les chrétiens sont des cultivateurs de la caste des palli ; ils se tirent d’affaire, pourvu que les saisons soient pas-sables. Comme ils ne possèdent ni étangs ni canaux d’irri-gation, leurs récoltes dépendent entièrement des pluies, qui sont plus ou moins abondantes. Ils ont un grand avan-tage sur les chrétiens de Codivély, c’est d’être indépendants des païens, car chaque famille cultive son petit bien .
« Dans ce district se trouve notre orphelinat agricole sous la direction du P. Filère. Là, non plus, il n’y a aucun moyen d’irrigation, et nous devons attendre tout de la pluie que le bon Dieu veut bien nous envoyer.
« Sur les montagnes qui avoisinent la ferme, se trouve une tribu de vellages . Ces indigènes ont plusieurs coutumes tout à fait particulières. Chez eux, les veuves peuvent se remarier, ce qui n’est permis dans aucune autre branche de la même caste ; chez eux encore, le divorce est permis, tant à la femme qu’à l’homme, tandis que chez les vellages des plaines il n’est permis qu’à l’homme. En outre, les enfants du premier lit suivront toujours leur mère et seront considérés comme les enfants du dernier mari .
« Pendant longtemps, nous n’avions pu avoir de chré-tiens parmi eux ; mais le P. Filère a réussi à les entamer depuis cinq à six ans, et chaque année il a le bonheur d’aug-menter le nombre de ses ouailles. Aujourd’hui, ils sont une centaine, et nous espérons que, dans peu d’années, nous aurons parmi eux une bonne et assez nombreuse chrétienté. Pour le moment, ils sont sans chapelle, et descendent les pentes escarpées de la montagne, pour venir assister à la messe le dimanche à la chapelle de l’orphelinat.
« Caroor , avec quatre chrétientés, est confié au P. Ri-chard. Cette année, ce confrère a bâti une assez grande chapelle dans un village habité par près de 400 chrétiens. Il doit aussi en construire une autre à Néroor , petite chré-tienté de parias. Ces pauvres gens cultivent les rizières de riches brahmes, dont ils sont comme les esclaves ; ils sont très ignorants, et le Père a. beaucoup à faire pour relever leur moral .
« Erode est aux soins d’un prêtre indigène assez zélé ; mais qui, ayant subi une opération pour recouvrer la vue, est obligé de se ménager, c’est pourquoi il n’est chargé que de ce seul endroit .
« Darabouram est desservi par le P. Berthon . Ce con-frère a transformé son église. Il a, cette année, baptisé 13 catéchumènes.
« Carmattampatty , où réside le P. Lemarchand , est l’ancien chef-lieu du Vicariat .
« Palapaléam , détaché précédemment de ce district, est confié aux soins du P. Peyramalle. Ce confrère dont la santé laisse à désirer, s’est donné beaucoup de peine pour orner son église.
« Les chrétiens de ces deux districts sont très attachés à la religion ; beaucoup d’entre eux s’approchent souvent des sacrements ; leur allure a quelque chose de tout à fait chrétien. Mais malheureusement, les païens des environs sont sourds à toute exhortation ; ils sont d’autant plus obstinés à rejeter la vérité, qu’elle leur est connue depuis plus longtemps, et les conversions parmi eux sont fort rares.
« Coimbatore , centre du Vicariat, est une ville de 40,000 habitants. La chrétienté y est toute récente ; en 1860 , il y avait à peine 300 catholiques. Les néophytes ont augmenté peu à peu, et aujourd’hui nous comptons 1,200 âmes dans la ville même. Ce nombre est peu élevé pour un centre de missions ; pourtant, le progrès est bien marqué, et si le bon Dieu continue à nous bénir, il est à espérer qu’après une autre période de vingt-cinq ans, nous aurons ici une belle chrétienté de plusieurs milliers d’âmes.
« Si le nombre des fidèles s’est accru , les œuvres pareil-lement se sont développées. En 1860, l’église était com-mencée, et une maison servait de procure ; c’était tout . Depuis, on a construit une école, le séminaire, l’orphelinat, la résidence des missionnaires, le couvent des Sœurs indi-gènes, celui des Religieuses européennes ; enfin, un petit séminaire pour les enfants des chrétiens.
« En résumé, le bien se fait lentement . Puisse le Sei-gneur exaucer les désirs de tous les confrères, et faire produire au centuple le petit grain de sénevé qu’ils sèment péniblement, et qu’ils arrosent de leurs sueurs ! »
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