| Année: |
1888 |
| Pays: |
Vietnam |
| Mission: |
Cochinchine Occidentale |
| Rédacteur: | Mgr Colombert |
II. – Cochinchine Occidentale.
Population catholique 56.000
Baptêmes de païens 1.290
Baptêmes d'enfants de païens 3.401
« Depuis un an, nous écrit Mgr Colombert, nous avons, grâce à Dieu, joui du bienfait de la paix ; la maladie et la mort ont relativement épargné nos confrères ; nous avons poursuivi notre tâche habituelle, sans événement notable.
« Heureux , dit-on , les peuples qui n’ont pas d’histoire . Heureuses aussi sans doute , et pour la même raison , les missions qui n’ont pas de récits intéressants à fournir , ni de désastres lamentables à publier , et qui ne peuvent attirer l’attention de l’observateur , qu’en présentant le tableau chifré du bien accompli , sans bruit et dans l’ombre , par une marche lente , mais progressive et continue . Il ne suffit pas , en effet , de baptiser des païens et de cataloguer des néophytes , il faut encore les former à l’esprit de foi et aux habitudes de la piété chrétienne . Ce travail est obscur et pénible , mais fructueux et salutaire .
« C’est ainsi que je trouve dans le compte rendu particulier d’un de mes confrères : 1,503 chrétiens avec une communauté religieuse , 4.700 confessions , 9.874 communions ; dans un autre compte rendu : 876 chrétiens 5.571 confessions , 5.231 communions . Je pourrais citer plusieurs autres exemples semblables . Le résultat général donne 155.800 communions pour 56.000 chrétiens . En défalquant près de 5.000 Européens qui ne pratiquent pas et les enfants en bas âge , qui sont très nombreux , nous arrivons à une moyenne annuelle de 4 communions par personne . Ce sont là , je crois , des paroisses vraiment chrétiennes et réalisant la fin de l’apostalat .
POPULATION . – « Un recensement administratif , plus exact que les précédents , porte à 1.373.000 le nombre des habitants asiatiques de cette mission . Il faut y ajouter 5,300 Européens civils , militaires ou marins . Cette population est répandue dans 11 arrondissements et partie de 4 arrondissements , comprenant ensemble 1.844 villes ou villages.
« En y comprenant les Européens , c’est à peu près un enfant de la Sainte Église sur 25 habitants . C’est quelque chose sans doute , surtout en comparant avec la plupart des missions de l’Extrême-Orient ; mais c’est 24 fois trop peu aux yeux de la foi chrétienne , qui se demande quand donc enfin tout ce troupeau entrera-t-il dans le bercail du Christ en dehors duquel il n’y a pas de rédemption .
« Le chiffre de notre population chrétienne n’augmente pas sensiblement . Plusieurs fois , j’en ai recherché la cause : la plus évidente est que nous peuplons le Ciel beaucoup plus que la terre . C’est avant tout le but final . En voici la preuve , résultant de chiffres officiels fournis par deux districts particuliers et par l’état général de la mission . La chrétienté de Mac-bac compte , cette année , 4.837 chrétiens , avec 545 baptêmes d’adultes et d’enfants nés de chrétiens ou de païens . Il semblerait , d’après cela , que le nombre des chrétiens de ce district ait augmenté notablement en 1888 . Il n’en est rien , et des 545 baptisés il reste à peine 60 survivants . Car 210 enfants , sur 215 baptisés in articulo mortis , jouissent déjà du bienfait immuable de la Rédemption ; 275 adultes ou enfants nés de chrétiens sont passés dans l’autre vie , de par le choléra ou autres maladies ordinaires . En faisant l’addition des baptêmes et la soustraction des décès constatés , il ne reste que 60 survivants , dont il faut encore retrancher ceux qui nous échappent pour diverses causes . Je trouve également dans le district de Mi-tho : 654 baptêmes et 627 décès , reliquat 27 survivants , dont plusieurs à l’hôpital . Enfin le tableau complet de la mission donne 5.450 décès en 1888 , c’est-à-dire je dixième de la population chrétienne annamite . Il n’était que de 4.300 en 1887 . L’épidémie de choléra qui a duré 3 mois , explique cette augmentation considérable de mortalité .
« La multiplication du peuple chrétien est donc très faible , comme résultat final , mais il nous reste la consolation supérieure de savoir certainement que , par exemple à Mac-bac , sur 485 défuns , plus de 300 morts avant l’âge de raison et avec l’innocence baptismale , sont allés tout droit en paradis . Sur le total général de 5.450 défunts , environ 4.000 sont morts dans des conditions aussi heureuses , et n’ont actuellement aucun regret de ne plus appartenir à l’Église militante . C’est là notre conviction et notre foi , qui nous consolent de toutes les autres déceptions .
« Et les plus tristes déceptions ne manquent pas ici à tous ceux qui ont le cœur vraiment sacerdotal . Pour répondre à une lettre encyclique du Saint-Office , en date du 18 juillet dernier , j’ai dû faire une enquête détaillée sur la situation matrimoniale des 2.300 Européens civils , et nominalement chrétiens , qui résident dans cette mission . En voici le résultat :
« Depuis 1884 , il y a eu à Saïgon 28 mariages civils , publiés par le Journal officiel , dont 23 entre catholiques et catholiques , et 5 entre catholiques et protestants .
« Depuis 1886 , il y a eu 5 divorces légaux , enregistrés à la mairie (quelques divorcés sont déjà remariés) .
« Depuis 1884 , il y a eu 63 mariages célébrés régulièrement à l’église .
« Donc , dans ces dernières années , depuis la loi Naquet et l’abaissement moral de la famille , près de la moitié des mariages contractés en Cochinchine par des catholiques européens , sont absolument nuls de plein droit , le canon Tametsi du concile de Trente étant publié à Saïgon .
BAPTÊMES D’ADULTES . – « Le nombre des baptêmes d’adultes s’est élevé à 1.290 : il est de 280 supérieur à celui de l’an dernier . C’est en partie au choléra et aux hôpitaux indigènes que nous devons ce résultat . Les hôpitaux annamites , entretenus par quelques faibles subventions et surtout par la charité chrétienne , reçoivent plus de païens que de chrétiens : ils sont ainsi un moyen pratique de peupler sinon l’Église militante , du moins l’Église triomphante .Les Sœurs de Saint-Paul de Chartres excellent dans cette œuvre méritoire et salutaire . Nos Sœurs indigènes commencent à les imiter . Le petit hôpital de Cai-mong a reçu , cette année , 153 malades , dont 39 adultes ont été baptisés in articulo mortis . Les cinq hôpitaux indigènes des Sœurs de Saint-Paul ont reçu 2.400 malades , et sur ce nombre 479 adultes ont reçu la grâce du baptême .
« Un païen , chef de Dao-lanh (bonne religion , prohibée à juste titre par le gouvernement , comme religion trop politique) , a séjourné deux mois à l’hôpital indigène de Mi-tho , dans la salle des détenus de la justice. Cet homme singulier compte depuis longtemps un bon nombre d’adeptes , qui le regardent comme une incarnation d’un ordre supérieur . Il leur enseigne à jeûner , à faire le signe de la croix les mains jointes , à réciter quelques prières chrétiennes et à débiter quelques fragments du dogme catholique , mal compris ou défigurés à dessein . C’est le petit bagage doctrinal que cet artiste a recueilli de côté et d’autre , dans ses rapports avec les chrétiens ou dans nos livres de doctrine . Pendant son séjour à l’hôpital , on lui a donné une instruction solide . Mais il paraît vouloir persévérer dans ses dogmes à lui , qui sont bien les meilleurs à ses yeux ; son affaire avec la justice une fois réglée , il sera à nouveau chef de religion , indépendant , confesseur de sa foi , et distributeur économe des aumônes de ses adeptes , qui le font vivre largement . C’est ainsi que l’on rencontre partout et toujours des sectaires petits ou grands .
BAPTÊMES D’ENFANTS . – « Le nombre des baptêmes de la Sainte-Enfance progresse peu à peu . Cette année , il atteint 3.401 , dépassant de 190 celui de l’an dernier . Je vous ai déjà dit pourquoi nous ne pouvions atteindre le chiffre de plusieurs autres missions ; il y a peu d’enfants , parce qu’il y a peu de population , et la misère ne fait pas commettre ici le crime contre nature qu’on rencontre en Chine . L’Annamite aime son enfant , garçon ou fille ; il suit la loi naturelle . Cependant les statistiques officielles nous font constater que , chaque année , dix mille enfants meurent sans baptême au milieu et tout autour de nous . Je rappelle fréquemment ce chiffre à mes confrères , afin d’exciter leur zèle à développer cette œuvre excellente .
« On organise , en ce moment , une croisade contre l’esclavage africain . Nous avons aussi la vente et l’exploitation des hommes , quoique dans de moindres proportions . Les sauvages des tribus indépendantes de la Cochinchine vendent les esclaves conquis à la guerre ou dans les razzias de tribus à tribus . Les Annamites des frontières les achètent pour en faire des serfs, dont le sort est assez malheureux . Nous avons commencé à suivre leur exemple , et , cette année , le P. Le Goff a racheté 6 enfants sauvages , pour leur rendre la liberté , les élever , les christianiser , les marier , et les fixer sur un lopin de terre , qu’il sera facile de leur procurer . Voilà le but . Ce n’est pas une œuvre facile ; le sauvage reste toujours sauvage et inconstant , son humeur vagabonde et son esprit méfiant préfèrent la pauvreté à l’aisance , les tubercules de la forêt à la marmite de riz , pourvu qu’il ait toujours la liberté des bois . Nous verrons , avec le temps , si cette œuvre peut réussir .
ŒUVRE DE FOI ET DE PRIÈRE. – « J’ai dit un mot des confessions et des communions. Les communautés religieuses en fournissent un grand nombre sans doute ; mais beaucoup également sont dues aux confrésies du Saint-Sacrement, du Saint-Rosaire et de la Bonne Mort qui prospèrent et font le plus grand bien partout où elles sont établies.
« D’An-nhon on m’écrit : « La confrésie du Rosaire a développé la ferveur parmi les chrétiens , depuis quatre ans. La procession se fait magnifiquement le premier dimanche de chaque mois, et les communions sont beaucoup plus fréquentes aux fêtes de la sainte Vierge. On se conforme exactement aux règlements de la confrésie publiés par le nouvel Ordo. »
« A Mi-tho, on a inauguré le 3e septennium de la Portioncule avec grand éclat et dévotion consolante. Nos chrétiens annamites se rendent à ces fêtes exceptionnelles avec l’empressement pieux qu’on y mettait au moyen-âge en Europe. Les confrésies du Saint-Rosaire, de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance se maintiennent bien à Mi-tho, et le mois du Rosaire y est célébré avec la même ferveur que le mois de Marie. Il en est de même dans toutes les chrétientés, où l’on a établi quelques confrésies, ces excellents moyens de sanctification, dont il me semble qu’on ne comprend pas assez l’importance, et que je souhaite vivement de voir se propager partout.
« Le desservant de Phuoc-loc me dit que le choléra a fait un bon sermon chez ses paroissiens. Cette épidémie en a expédié bon nombre dans l’autre monde, par voie accélérée, en leur laissant juste le temps de se préparer au voyage. Ça été un avis sérieux pour les survivants , frappés de terreur. A part trois, ils sont tous devenus fervents, fréquentant le confessionnal et la sainte Table pendant le danger. Ils ont certainement bien lavé leur conscience et posé un bon jalon spirituel dans leur vie. Des apostats, ayant un reste de foi, sont revenus à l’Église et à la pénitence.
SÉMINAIRES ET ÉCOLES . – « Je répéterai ce que j’ai dit les années précédentes, en vous parlant de mon séminaire dont la situation reste à peu près la même . Nous envoyons les élèves du grand séminaire passer une partie de l’année dans les chrétientés. Ils remplacent ainsi les catéchistes, que nous n’avons pas par ailleurs ; ils instruisent les catéchumènes , préparent les premières communions et les confirmations ; ils se forment ainsi à l’habitude de catéchiser, qu’ils ne prendraient pas après le sacerdoce ; ils acquièrent une certaine expérience pratique de la vie, et gagnent, en un mot, leurs galons ; en même temps ils conservent ou fortifient leur santé, qui ne peut résister à quatorze ou quinze années d’études consécutives au séminaire . L’état de l’école Taberd est toujours prospère. Elle a des élèves , des bourses de la colonie, et de nombreuses demandes pour 1889. Les constructions antérieures étant insuffisantes, on a commencé, il y a un mois, un nouveau corps de bâtiment à deux étages, de 35 mètres de long sur 15 mètres de large ; l’ensemble formera vraiment un palais scolaire.
« Je vous signale avec joie le chiffre remarquable des élèves de nos écoles, dont le total est de 7.386, non compris environ 1.200 élèves de la mission du Cambodge dans les provinces de la colonie. Il ne reste plus guère qu’une centaine de nos élèves chrétiens dans les écoles laïques et païennes du gouvernement . Nous devons une partie de ce résultat à la petite subvention que la colonie donne, depuis deux ans, aux écoles congréganistes. L’administration sait que son argent est utilement employé. Le nouveau gouverneur général a visité, en grande tenue et avec son état-major, quelques-uns de nos établissements, ce qu’aucun gouverneur n’avait fait depuis dix ans. Il s’est montré très satisfait.
« Les écoles sont un de nos moyens d’évangélisation . Nous y admettons avec empressement les enfants païens , qui y apprennent à lire dans le catéchisme, dans l’histoire sainte et les autres livres chrétiens édités en grand nombre par notre imprimerie. Naturellement les enfants racontent ces nouveautés à la maison ; quand ils ont un livre , ils le lisent tout haut dans la famille, et souvent ces premiers germes, jetés au hasard, ne restent pas sans fruits. C’est un fait d’expérience que les enfants chrétiens peuvent beaucoup pour amener la conversion de leurs parents irréligieux : ils ont les arguments de l’enfance, qui vont droit au cœur des plus endurcis. De même , les enfants païens , naturellement droits, acceptent facilement la vérité, parce qu’ils n’ont pas encore les préjugés enracinés ni les souillures morales du paganisme. Ils reçoivent donc la bonne doctrine peu à peu dans nos écoles et par nos livres ; ils la transmettent dans la famille et autour d’eux. C’est pour cela que nous les acceptons avec empressement et que nous leur distribuons le plus de livres que nous pouvons. »
A la suite de ce compte rendu général si complet. Mgr de Samosate donne quelques notes recueillies au cours de ses tournées pastorales, et que nous sommes heureux de reproduire :
« En décembre 1887, j’ai béni la nouvelle église de Mac-bac. Elle mesure 65 mètres de long et 25 de large, y compris la belle vérandah qui l’entoure de trois côtés. Établie sur un soubassement en granit de 1 mètre de hauteur, elle est en style roman, dans son ensemble bien exécuté, à part la façade un peu trop surbaissée. L’intérieur vaut mieux que l’extérieur. Les voûtes sont terminées ; les fenêtres en fer, la balustrade en fonte, les marches du chœur et le marchepied de l’autel en marbre blanc, le chœur pavé en carreaux mosaïques, imitant des tapis justaposées, le magnifique autel en bronze doré du prix de 9.000 fr. ; au fond du chœur, une riche verrière représentant le Sacré-Cœur de Notre-Seigneur, avec quatre fenêtres en mosaïque , tout cela fait un ensemble de bon goût, qui flatte l’œil et touche le cœur dans un pays de mission.
« Cette église a coûté 100.000 fr. , y compris les corvées volontaires de la chrétienté, estimées à 30.000 fr. Chaque père de famille a donné quarante-cinq journées de travail en deux ans. Les petites filles de l’école seules ont porté un million de briques à une distance de 500 mètres. Les garçons ont eu leurs corvées particulières. Les notables ont payé de leur personne et de leur bourse. Grands et petits ont montré une bonne volonté, qu’on ne trouve pas partout.
« Les chrétiens de Mac-bac sont récompensés de leur peine : ils ont maintenant une belle église, qui n’a rien de pareil à 20 lieues à la ronde. Les fêtes de l’inauguration ont été une réjouissance prolongée et commune à tous, au spirituel et au temporel. La bénédiction de l’église coïncidait avec une première communion de 450 enfants et une confirmation de 570 personnes. Je crois aussi qu’on a fait, comme d’usage, une large hécatombe de bœufs , de porcs et de gibier, et que les agapes fraternelles et bien méritées par tous n’ont pas été négligées. Il y a plus de 3.000 chrétiens réunis dans un seul village autour de cette grande église. Le presbytère est bien, les écoles comptent 215 enfants, les rizières sont fertiles, les collines très peuplées ; le pays, voisin du grand fleuve et de la mer, est salubre. C’est une chrétienté solidement établie.
« Quand j’y arrivai, en septembre 1863, je pataugeai , au milieu de la rizière, dans la boue jusqu’aux genoux ; je trouvai un hangar ouvert pour église, un vrai pigeonnier pour logis. Le logis valait bien 20 fr. et l’église 200 fr. En décembre dernier, j’ai parcouru mon ancien district : j’ai trouvé partout des chaussées larges, élevées, sablées, des ponts convenables, facilitant l’accès à l’église, au presbytère et aux écoles. Tout cela a été fait depuis vingt ans , par les chrétiens et à leurs frais, sous la direction des missionnaires.
« C’est bien là, sans doute, la vraie civilisation et cette assimilation que cherchent aussi nos compatriotes trop souvent, hélas ! par d’autres moyens. Ils reconnaisent bien la supériorité de notre méthode, simple et persévérante ; et ils savent distinguer , à première vue, un village chrétien d’un village païen. Ils distinguent aussi, et plus facilement encore, la population chrétienne de la population païenne. Le Baptême, l’éducation, la moralité, ont certainement purifié les visages, clarifié les yeux et modifié le maintien. J’ai été moi-même frappé de ce changement, à vingt-cinq ans de distance. Quand j’arrivai à Mac-bac, les enfants s’enfuyaient à toutes jambes, du plus loin qu’ils m’apercevaient ; les femmes quittaient la chaussée pour s’enfoncer dans la rizière, tournant le dos et regardant de travers. L’an dernier, en parcourant le village, j’avais peine à trouver passage au milieu de l’escorte joyeuse et bruyante de la jeunesse. Loin de fuir, les femmes venaient , sur le chemin, saluer respectueusement et gracieusement ; elles étendaient des nattes et s’y agenouillaient pour recevoir la bénédiction. Ce n’étaient plus mes Macbaciens de 1863 !
« J’ai béni aussi, il y a quelques mois, la jolie petite église de Ba-giong. Cette chrétienté est beaucoup moins considérable que Mac-bac, et l’église plus petite. Elle n’a coûté que 6,000 fr. Mais elle a demandé un effort considérable de la part des chrétiens , qui, malgré leur pauvreté générale , ont transporté gratuitement tous les matériaux à une distance de 3 kilomètres. Elle est bâtie dans un lieu salubre, sur une colline sablonneuse , à 3 kilomètres du chemin de fer qui la relie à deux ou trois chrétientés. Elle fait bon effet dans le pays, et aucune pagode ne l’égale aux environs.
« Le jour de l’inauguration, les chrétiens étaient tous là , à l’église et au banquet. Ils n’assistent pas souvent à pareille fête, et bien volontiers ils la prolongèrent le plus possible. Les païens étaient là aussi, et plus nombreux que les chrétiens . Les notables de tout le pays étaient accourus pour voir quelque chose d’extraordinaire et pour dîner. Ils montèrent à cheval pour aller au devant de l’Évêque, le saluèrent à la mode du pays, assistèrent respectueusement à la cérémonie religieuse, et s’en allèrent chez eux, lestés et contents. Puissent-ils revenir à cette petite église et y demeurer toujours ! »
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