| Année: |
1908 |
| Pays: |
Vietnam |
| Mission: |
Tonkin maritime |
| Rédacteur: | Mgr Marcou |
IV. Tonkin maritime
Population catholique 89.000
Baptêmes d’adultes 1.092
Baptêmes d’enfants de païens 7.240
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« A la fin de cet exercice, écrit Mgr Marcou, quand nous faisons un retour l’année écoulée, notre premier mouvement, après avoir rendu grâce à Dieu, est un sentiment de vive gratitude pour l’inépuisable générosité des associés de la Propagation de la Foi. Malgré les difficultés de l’heure actuelle, malgré la multiplicité des charges nouvelles imposées à leur charité, ceux de France surtout ont continué à pourvoir à tous les besoins des missions. Nous leur devons une particulière reconnaissance.
« Nous pouvions craindre, d’après toutes les prévisions humaines, une diminution notable dans les ressources les plus indispensables aux missionnaires. Et cependant, la divine Providence a une fois de plus réalisé la parole du divin Maître : Numquid aliquid defuit vobis ? Vous a-t-il manqué quelque chose ?
« Certes, nos confrères ne sont pas dans l’aisance. Beaucoup même se sont imposé de dures privations pour ne pas laisser péricliter leurs œuvres. Mais tout missionnaire s’estime heureux de souffrir de ce côté pour avoir plus de ressemblance avec les premiers apôtres. La vie pauvre d’ailleurs a toujours attiré les bénédictions de Dieu sur le ministère des âmes.
« Cette année, malgré quelques alarmes passagères, les ouvriers apostoliques ont pu vaquer à leurs travaux d’administration, dans le calme et la tranquillité. Aussi, le chiffre des sacrements donnés, celui des communions surtout, a-t-il dépassé de beaucoup la moyenne des meilleures années.
« Daigne le bon Dieu nous continuer cette grâce de la paix ! Cependant, il faut le reconnaître, depuis la fin de la guerre russo-japonaise, il y a quelque chose de changé en Extrême-Orient. Auparavant la mainmise de l’Europe sur certains territoires semblait revêtir, aux yeux des indigènes, le caractère d’une occupation définitive. Il n’en est plus ainsi aujourd’hui. La guerre a modifié leurs sentiments. D’autres causes secondaires, trop longues à énumérer, trop délicates à analyser, ont créé, dans tout le Tonkin, un mouvement nationaliste, aux tendances antifrançaises.
« Quel sera l’effet de ce mouvement sur la prédication évangélique ? Un avenir plus ou moins prochain nous le dira, sans doute, mais, en toute hypothèse, le missionnaire catholique est placé par son ministère au-dessus et en dehors de toutes les contingences civiles et politiques. Son but unique, sa pensée constante est de travailler de toutes ses forces au salut des âmes, confiées à sa charge, et de se faire tout à tous pour les gagner tous à Jésus-Christ.
« Notre grande épreuve de l’année a été la maladie. Elle a arrêté plusieurs confrères dans leurs travaux. Elle en a forcé quelques-uns à aller au sanatorium de Béthanie, chercher le rétablissement d’une santé trop ébranlée.
« Deux bonnes récoltes successives ont fait disparaître en beaucoup d’endroits les traces de la famine, qui avait si longtemps désolé l’une après l’autre les deux provinces de ce vicariat. Il reste néanmoins une certaine gêne encore dans une partie du Ninh-binh. Aussi, M. Doumecq, provicaire, a-t-il été frustré dans son espérance de baptiser un grand nombre de catéchumènes dans cette région. Plusieurs causes y ont mis obstacle.
« La plus importante de toutes, écrit-il, est la terrible famine, dont le pays a souffert « depuis l’automne 1905. A son arrivée, elle a forcé les pauvres habitants à liquider tout leur « avoir pour assurer leur existence. Et cet avoir n’ayant pas suffi, ils ont dû emprunter et se « charger de lourdes dettes. Ici, la terre suffit à peine à nourrir ses habitants, et comme il n’y « a ni industrie, ni commerce, il est très difficile aux gens ruinés de trouver les moyens de se « relever. Des familles entières ont dû s’expatrier ; chez d’autres, le père est parti travailler « au chemin de fer du Yun-nan, et les enfants ses sont placés comme domestiques, ou ont été « vendus. Ailleurs, la maladie est venue, et elle a eu vite raison de pauvres organismes « affaiblis par de trop longues privations.
« Mes catéchumènes ont subi la loi commune. Grâce aux aumônes envoyées par des « âmes généreuses, il m’a été possible de leur venir en aide. Mais, ces secours ont été « insuffisants, et plusieurs de ces familles ont quitté le pays. Je ne sais ce qu’elles sont « devenues.
« Beaucoup de grandes personnes sont mortes. Un grand nombre d’enfants ont été « vendus. Le chiffre des catéchumènes a donc diminué ; ainsi, à Naï et à Quang-tu, il en « reste 15 ou 20 sur 60 à 70.
« Les catéchumènes restés sur place sont criblés de dettes. Quand ils ont dû emprunter « pour se sauver la vie au moment de la famine, les prêts leur ont été concédés aux taux « exorbitants de 50, 60, et 70 pour 100. Un pauvre homme, du nom de Man, a payé 250 « francs d’intérêts pour un emprunt de 45 francs.
« Dans ces conditions, malgré leur bonne volonté, ils ne peuvent se libérer, et restent « l’objet de vexations incessantes de la part de leurs créanciers. Malgré leur répugnance, ils « sont contraints de participer aux superstitions. Pour ce motif, je n’ai pas osé les baptiser « encore.
« Je ne suis nullement découragé par l’insuccès de cette dernière année. J’ai gardé « d’ailleurs les positions acquises. De plus, j’ai fait connaître notre sainte religion dans un « nouveau village, Hung-hiên. J’ai l’espoir de l’introduire sous peu dans quatre autres, situés « sur le territoire des paroisses de Yên-vân et de Thiên-duong. De temps à autre, le bon Dieu « m’envoie des joies, pour me consoler au milieu de mes travaux. Ainsi, le jour de mon « arrivée à Hung-hiên, vers 3 heures du soir, au moment où je me rendais à la maison qui « devait me recevoir, un jeune inconnu s’approche et me dit : « Père, ma mère, âgée de « soixante-dix-huit ans, est gravement malade. S’il y quelque cérémonie de la religion à « faire, je vous invite à venir de suite. » ─ Je le suis immédiatement. Je trouve la pauvre « femme râlant sur un grabat, et tout enflée. Je l’appelle et je lui enseigne les points « essentiels, nécessaires pour recevoir le baptême à l’article de la mort. Pour une personne « de sa condition et de son âge, la malade comprend facilement et comme les forces « semblent lui revenir un peu, à tour de rôle, mon catéchiste et moi, nous lui parlons de « Dieu, de l’âme, de l’obligation de faire le bien, d’éviter le mal, du bonheur du ciel, des « peines de l’enfer, etc., lorsque tout à coup elle s’écrie : « Oh ! que tout cela est beau ! « Pourquoi ai-je connu Dieu si tard, à l’heure même de la mort ! »
« Séance tenante, j’administre le sacrement de baptême à cette bonne vieille, et, quand la « cérémonie est achevée, elle se tourne vers la cloison, et toute seule elle prie à sa façon en « ces termes : « Dieu en trois personnes, je vous adore ! Je mords l’herbe et j’adore le Dieu « qui m’a créée ! O mon Dieu ! puisque je suis baptisée, je suis sûre d’être sauvée. »
« La mort ne tarde pas à venir, et l’âme, délivrée de ses liens, s’envole vers Jésus son Sauveur. » Le chef de la chrétienté de Bo-vi, Ong-Huong-Toi, est mort, lui aussi, et ses derniers moments ont fait l’édification des chrétiens. Un soir, se trouvant seul avec le missionnaire, il lui avait dit : « Je ne comprends pas toute la religion, mais je suis persuadé « que les païens n’ont pas la vérité. Aussi, je vous promets d’être fidèle jusqu’au bout, et « tous les autres vous abandonneraient-ils, moi, je ne vous quitterai jamais.
« L’administration de Bo-vi terminée, reprend M. Doumecq, je me rends à la chrétienté « voisine. Deux jours après, le catéchiste vient me dire. « Père, Ong-Huong-Toi est « gravement malade. » ─ Aussitôt, je pars le visiter et le trouve sérieusement pris. Je l’exhorte « quelques instants et lui propose le baptême. Il accepte avec grand plaisir. A mes « interrogations, il me répond avec un accent qui me touche au cœur : « ─ Oui, je crois en « Dieu le Père, en Dieu le Fils, en Dieu le Saint-Esprit. Je renonce au démon, à ses pompes, à « ses œuvres. » ─ Et quand je lui pose la dernière question : « Veux-tu être baptisé ? » il me « répond : ─ « Oui, je veux être baptisé », avec un ton d’une conviction si profonde que je ne « puis retenir mes larmes. Après mon départ, il rassemble les enfants de la chrétienté autour « de son lit pour réciter le chapelet avec lui, et les reprend doucement s’ils se trompent, ou « s’ils manquent d’attention. Enfin, un peu plus tard, sentant sa fin prochaine, il fait venir son « dernier frère encore païen, et lui dit : « Frère Tinh, je vais mourir, et je te dis ce que je crois « être la vérité. De plus, étant l’aîné de la famille, je tiens pour toi la place de notre père, et tu « me dois l’obéissance. Donc, fais-toi catholique pour sauver ton âme, et nous retrouver un « jour réunis ensemble. »
Ce sont ses dernières paroles. Quelques instants après, son âme s’envole vers le ciel.
M. Bourlet, chargé de la paroisse de Thanh-hoa, nous fait connaître la situation de cette chrétienté relativement récente. Elle remonte à l’époque de l’occupation française. Son origine est un groupe de fidèles, pauvres, accourus là dans l’espérance d’y trouver un abri sûr contre les pirates.
Absorbés par les occupations matérielles, ils ont peu de temps à donner aux œuvres de piété. Aussi leur ferveur laisse à désirer.
« Il faut ajouter à ce groupe quelques familles de commerçants et de fonctionnaires, dispersés dans les différents quartiers de la ville. Cet élément ne fusionne nullement avec les premiers, tous réunis autour de l’église. Dans de telles conditions la vie paroissiale en souffre, et, malgré les efforts du missionnaire, l’ensemble de ses fidèles est encore réfractaire à la communion fréquente. Néanmoins, cette année, il y a eu un réel progrès, grâce à quelques fêtes célébrées avec plus de solennité. Les processions du mois de mai, interrompues depuis quelque temps, ont été reprises et, pour la première fois, celle de la Fête-Dieu s’est déroulée dans les rues.
M. Bourlet note la conversion du premier notable d’un village païen, dont l’apostasie remontait à cinquante ans, au temps de la persécution de Tu-Duc. Sa nombreuse famille et peut-être une partie du village suivront son exemple et embrasseront la foi. C’est l’espoir du missionnaire. Ce village, du nom de Hoi-thôn, est situé à l’embouchure du Song-ma, le fleuve qui passe à Thanh-hoa. Ses habitants, dit-on, ont contribué à faire échapper Mgr Retord à la persécution, en l’aidant à gagner la mer pour se réfugier du côté de Cua-Bang. Puisse l’intercession de ce saint évêque leur obtenir en récompense d’entrer dans la voie du salut !
« M. Martin enregistre 62 baptêmes dans la paroisse de Phong-y, et 144 d’adultes et d’enfants de païens à l’article de la mort dans son petit hôpital. Pour nous donner un exemple des difficultés éprouvées par le missionnaire à faire pénétrer la foi dans certain milieu, il nous cite le cas suivant :
« L’an dernier, le chef de la tribu de Thach-lam, homme au caractère distingué, d’une « taille superbe, et d’une santé robuste, décoré d’une médaille d’honneur par le « Gouvernement français, parlait sérieusement de se convertir. Du moins, pour commencer, « il me donna l’emplacement d’un hameau, où je pensais établir un catéchuménat et un « hôpital. Sa femme cependant lui reprochait amèrement son inclination à la foi. Le « catéchiste voisin le visitait souvent et le pressait de prendre sa décision. Il avait même fixé « un jour pour venir me trouver et me conduire chez lui, pour régler toutes choses. Le jour « venu, je ne vis point le chef, mais, le lendemain, on m’apprit sa mort. D’après l’opinion « commune, il a été empoisonné. »
« Les différents districts du Laos comptent environ 1.500 chrétiens et 1.000 catéchumènes. Ce chiffre représente en réalité une somme considérable de travail, accompli par les sept missionnaires qui évangélisent cette région. Car les groupes chrétiens sont très nombreux, très éloignés les uns des autres, les moyens de transport et les voies de communications sont rares et difficiles. Trois ou quatre cents fidèles dans ces montagnes demandent plus de peine au prêtre que quatre mille dans la plaine.
« De plus, il n’y a pas encore de catéchistes du pays. Les Annamites, d’ailleurs, ne sont pas d’un grand secours pour le missionnaire, dans l’instruction des Laotiens, et il doit y suppléer lui-même par un surcroît de travail.
« M. Degeorge écrit de Yen-Khuong : « Notre situation est meilleure cette année. Nous « pouvons donc le présumer, notre sainte religion s’affermira de plus en plus dans toute la « région. Grâce à l’installation définitive des missionnaires à Muong-Dêng, la confiance « renaît dans la population. Les villages, dont quelques-uns étaient abandonnés, se « repeuplent. Les familles chassées par les troubles antérieurs reviennent au pays natal, et « plusieurs, dès leur arrivée, demandent à embrasser la religion que leur avait jadis prêchée « M. Pinabel.
« Cette année, quatre hameaux, jusque-là entièrement païens, ont augmenté de 97 « familles le chiffre de nos catéchumènes. Des trois sections de la commune de Muong-« deng, deux seulement avaient jusqu’ici ouvert leurs portes à l’Évangile. La troisième « restait hermétiquement fermée. Mais deux des hameaux nouvellement convertis lui « appartiennent. La place est à nous.
« Au total, nous avons actuellement 222 baptisés et 463 catéchumènes, disséminés dans « 17 postes. L’instruction de ces catéchumènes va nous demander du temps et absorber « toutes nos ressources. Car il faudra non seulement entretenir des catéchistes dans les « centres les plus importants, mais encore venir en aide aux convertis les moins fortunés. « Hélas ! que n’ai-je plus de ressources ! Je pourrais racheter sept hameaux encore païens, « dont le territoire a été vendu à un chef étranger au pays. Si nous aidions ces pauvres gens « dans le rachat de leurs terrains, ils se convertiraient, et nous aurions cent catéchumènes « nouveaux. »
« M. Canilhac, arrivé au Laos depuis dix-huit mois, s’est donné tout entier à l’étude de la langue. Il enregistre déjà cinq baptêmes et compte six familles de catéchumènes.
« S’il n’y a pas encore de mouvement général de conversions dans ce pays, cela tient à l’opposition des chefs de tribu. Ils restent rebelles à la grâce. Le peuple au contraire est bien disposé et irait volontiers au missionnaire. Mais il hésite, car il redoute la vengeance de ses maîtres.
« Une famille manifeste-t-elle le désir d’embrasser l’Évangile, aussitôt le chef intervient, et l’arrête par des menaces de révolte et de massacre des missionnaires et des chrétiens. Ces pauvres gens ont encore trop présentes à la mémoire les journées sanglantes des années 1884-1885. Ils se laissent effrayer par ces souvenirs et remettent leur conversion à plus tard.
« M. Pirot écrit de Muong-sia : « Il y a six ans, quand j’arrivai au Laos, je ne trouvais « dans tout Muong-sia que 25 familles dont 15 seulement avaient promis de se convertir. « Aujourd’hui, les familles chrétiennes ou catéchumènes sont 64. l’exercice 1907-1908 a été « marqué par une victoire de la grâce dans les trois hameaux de Ban-son, Ban-sana, Ban-« cha-khot. La lutte a été vive surtout dans le second. Le chef est le fils d’un des « persécuteurs les plus acharnés d’autrefois. Habitué à pressurer le pauvre peuple, soit pour « continuer les traditions de famille, soit par inclination naturelle, en principe il était opposé « à toute idée de conversion. Mais ses serviteurs lui déclarent nettement que s’il ne leur « permet de devenir chrétiens et de se mettre sous la protection du missionnaire, ils sont « prêts à replier leurs tentes, pour l’abandonner et retourner au Laos ; devant cette résolution « si catégorique, le chef fait contre mauvaise fortune bon cœur, et vient lui-même me « présenter ses serviteurs, en me demandant de l’inscrire lui-même, avec tous les habitants « de son village, au nombre des catéchumènes. Ces conversions portent leur chiffre à 310, « celui des baptisés est de 215.
« L’an prochain, un grand nombre de nos convertis, s’il plaît à Dieu, recevront la grâce « du baptême. En principe, pour baptiser les adultes, j’attends que la majorité des habitants « d’un village connaisse les prières et le catéchisme pour ne pas exposer une minorité « chrétienne aux tentations de participer aux superstitions privées.
« J’ai eu cette année la consolation de construire une nouvelle église. Elle est pauvre sans « doute, mais propre et solide. Mais hélas ! ici-bas, les joies sont rarement sans mélange. Le « jour où, pour la première fois, je disais la sainte messe dans mon église, la maladie « m’enlevait mon premier élève laotien. Je l’ai entendu répétant, jusqu’au dernier moment et « de lui-même, les prières que je lui avais apprises. Il est mort dans des sentiments de foi et « de piété qui m’ont surpris et édifié, vu surtout son jeune âge.
« Mes voisins de Muong-min ont fait de grands progrès. Il y a six ans, ils injuriaient les « chrétiens, et les accablaient de menaces. Aujourd’hui, ils profitent de toutes les « circonstances pour me manifester leur sympathie. Plusieurs chefs même m’ont parlé de « conversion. Puisse sonner bientôt l’heure de la Providence pour cette tribu ! »
« M. Schlotterbeck, supérieur du collège de Phu-nhac, est satisfait de ses élèves. « Cette « année comme les précédentes, écrit-il, nos élèves ont continué à avoir bon esprit. Nous « avons dû en renvoyer deux ou trois dont la conduite laissait à désirer. Mais les autres ont « donné toute satisfaction. Le chiffre des communions a dépassé 10.000. c’est une moyenne « de 100 par élève, en dix mois. Puissent-ils conserver ces habitudes de piété quand ils « seront sortis du collège !
« Au point de vue de la santé, nous avons été moins heureux. Une épidémie de béribéri « nous a contraints de licencier nos élèves trois semaines. Grâces à Dieu et aux précautions « prises pour enrayer la maladie dès sa première apparition, nous n’avons pas eu de mort à « déplorer. A leur retour, les élèves ont pu suivre le cours normal de leurs études jusqu’à la « fin de l’année. »
« L’école de français de Ninh-binh continue à prospérer, sous la direction de M. Pléneau. Notre confrère écrit : « J’ai fait tout mon possible pour inspirer plus de piété aux enfants de « l’école. Au mois de septembre dernier, nous avons eu la retraite annuelle suivie par 42 « élèves, dont 7 païens. Parmi ces derniers, quatre m’ont demandé le baptême. Je n’ai pas « cru devoir le leur accorder encore, car leur famille refuse jusqu’ici de les imiter. »
« Deux missionnaires, MM. Bourlet et Gros, continuent à donner leurs soins, avec un grand dévouement, à deux léproseries du vicariat, dont l’une, celle Tanh-hoa, est entièrement à la charge de la mission.
« Dans celle de Ninh-binh, la plus populeuse, à cause de l’allocation mensuelle du gouvernement, M. Gros est heureux de le constater, il n’y aura bientôt que des chrétiens. Les derniers païens ont demandé à s’instruire.
« Grâce au don d’une âme généreuse, dit ce confrère, j’ai pu ériger dans la chapelle de la « léproserie un beau chemin de croix. Il aidera ces pauvres malheureux à supporter avec plus « de patience leur terrible maladie, par la pensée des souffrances de Notre-Seigneur mort « pour nous sur la croix. »
« Les deux hôpitaux de Phat-diem et de Phong-y, tenus l’un par les Sœurs de Saint-Paul de Chartres, l’autre par des religieuses indigènes, ont reçu plus de 1.000 malades et distribué des médicaments à plus de 15.000 indigents. Le nombre des adultes baptisés in articulo mortis dans ces deux hôpitaux est de 186.
« Le dévouement de ces bonnes religieuses et leurs soins prodigués, avec tant de charité aux pauvres malades, sont une forme de prédication, à laquelle les cœurs les plus endurcis ne savent pas résister. Aussi, c’est le très petit nombre de leurs malades qui quittent cette vie, sans avoir été régénérés auparavant dans les eaux du baptême. »
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