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Rapport annuel des évêques

Année: 1912
Pays: Vietnam
Mission: Cochinchine Occidentale
Rédacteur:Mgr Mossard

II. — Cochinchine Occidentale

Population catholique . 70.596
Baptêmes d’adultes 1.081
Baptêmes d’enfants de païens 5.034
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Mgr Mossard se trouvant fatigué, a prié un de ses Missionnaires de rédiger en son nom le présent compte rendu.
« Le dernier exercice, écrit ce cher Confrère, a été pour le Clergé et pour les fidèles de notre Mission une année d’épreuves. De novembre 1911 à juin 1912, la mort nous a enlevé cinq Missionnaires et un prêtre indigène ; plusieurs Confrères ont dû aller en France pour rétablir leur santé. Pour combler tant de vides, trois jeunes prêtres indigènes ordonnés en mars dernier ! Aussi, Mgr le Vicaire apostolique a-t-il été obligé de faire en son personnel de nombreuses mutations.
« Nos chrétiens, de leur côté, ont été, à peu près partout, en proie à la disette. Débilités par une nourriture insuffisante, ils offraient aux épidémies un terrain tout préparé. En certains endroits, comme à Phan Thiêt et à Tan An, la peste et le choléra décimèrent littéralement la population.
« Malgré les privations et la misère, nos fidèles, grâce à Dieu, ne se sont pas attiédis à son service. En 1910-1911, nous avions eu 248.095 confessions ; en 1911-1912, le nombre s’en est élevé à 283.495. Les communions ont augmenté dans une proportion plus considérable ; de 444.403, elles ont passé à 511.420. Cela tient, évidemment, à la docilité avec laquelle prêtres et fidèles observent les prescriptions et directions du Saint-Siège, relatives à la communion fréquente ou quotidienne et à l’admission des enfants aux sacrements de Pénitence et d’Eucharistie. Dans la seule paroisse de Tan Dinh, M. Génibrel compte 10.000 communions de plus que l’an dernier. « C’est, dit-il l’enfance et la jeunesse qui contribuent « surtout à ce contingent. Que le bon Dieu les bénisse, ces chers enfants, et leur donne la « grâce de la persévérance.
« Les baptêmes d’adultes ont été, cette année, un peu plus nombreux que l’an dernier ; mais les deux tiers ont été administrés à des mourants, et un tiers seulement à des catéchumènes proprement dits. C’est là un désavantage que viennent heureusement compenser les 2.585 catéchumènes qui restent encore à baptiser. M. Bourgeois accuse dans le district de Ben Tre un mouvement extraordinaire vers notre sainte religion. « Nous sommes « débordés, écrit-il, mes vicaires et moi, par le mouvement toujours croissant de conversions « qui se manifeste dans la région de Ba Tri, au sud du district. C’est le sang du Bienheureux « Marchand et du Bienheureux Gagelin, tous deux apôtres de la région, qui nous vaut cette « riche moisson. Dans un village, nous avons jusqu’à 300 inscrits. Le mouvement s’étend déjà « sur sept villages..., partout avec des notables en tête. » Plaise à Dieu que la récolte réponde aux espérances du laboureur.
« Si l’on considère qu’en ce pays les habitants sont disséminés dans les immenses rizières qui le composent, il est facile d’imaginer le travail que donne la préparation de milliers d’adultes au saint baptême. Malgré leur nombre et leur bonne volonté, les Missionnaires et les Prêtres indigènes chargés des chrétientés ne suffiraient pas à l’accomplir. Ils y seront aidés par les grands séminaristes et par les catéchistes de Cai Nhum.
« Les séminaristes sont naturellement fort prisés comme catéchistes ; ils ne sont jamais assez nombreux pour satisfaire tous les Pères qui demandent leurs précieux services, et cependant ils sont une trentaine en Théologie. Les dernières rentrées du Petit Séminaire ayant fourni une centaine de jeunes recrues, il y a lieu d’espérer, pour un avenir peu lointain, un Grand Séminaire encore plus peuplé. Cette soudaine abondance de jeunes séminaristes élève en proportion le budget de l’établissement ; mais l’importance de l’œuvre et le besoin, chaque année plus impérieux, de prêtres indigènes, justifient amplement les sacrifices pécuniaires faits pour nos Séminaires.
« L’école de Cai Nhum compte 13 catéchistes, qui instruisent les catéchumènes dans onze postes différents. Leur travail est également bien apprécié. « Si, cette année, j’ai quelques épis « à présenter à Votre Grandeur, écrit à Monseigneur M. Martin, je le dois, en grande partie à « un petit Thây, que m’a procuré M. Hay. Il a su prendre le cœur de quelques égarés et les « amener dans le bon chemin. De plus, il a installé à Ba Tra une petite école, où, au bout de « peu de temps, les enfants ont pu apprendre le catéchisme et se présenter à la sainte Table. Il « serait à désirer que l’œuvre des catéchistes puisse se développer et nous fournir une plus « grande quantité de ces précieux auxiliaires. » Puisse le vœu du bon Père se réaliser !
« A cette avant-garde de l’armée du Christ, qui va chercher et instruire les païens chez eux, il faut ajouter les Religieuses de Saint-Paul de Chartres, qui, dans leurs hôpitaux, sauvent les âmes lorsqu’elles ne peuvent guérir les corps. Elles ont eu, cette année, plus de 500 baptêmes d’adultes.
« Les Sœurs en religion continuent, dans leurs orphelinats et dans plusieurs écoles paroissiales, à donner une éducation soignée et une bonne instruction aux enfants que la Providence ou les familles leur confient.
Les Frères des Ecoles chrétiennes ont plus de succès que jamais. L’Institution Taberd compte 604 élèves dont la moitié sont païens. L’école paroissiale de My Tho a 140 élèves.
« Nos Religieuses indigènes tiennent la plupart des établissements de la Sainte-Enfance qui relèvent directement de la Mission. Mais leur principal rôle est d’enseigner les enfants dans nos écoles paroissiales. Elles en dirigent 68 et donnent l’instruction a plus de 3.000 enfants. Environ 140 d’entre elles sont employées à cette œuvre si nécessaire. Elles y apportent de la bonne volonté, et en même temps une compétence intellectuelle qui, sans être très étendue, est cependant très rare chez les femmes indigènes. Le Gouvernement ayant créé, ces dernières années, quelques écoles de filles indigènes, oblige les institutrices à se munir d’un certificat d’aptitude, exigible à partir du 1er janvier 1914. Dans nos couvents, novices et professes, même des Religieuses d’un certain âge, se préparent avec ardeur à conquérir ce brevet, sans lequel on ne leur permettrait plus d’enseigner. Espérons que beaucoup d’entre elles l’obtiendront et pourront ainsi continuer à rendre grand service à la Mission.

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« Voilà, en raccourci, le tableau de nos œuvres et la nomenclature de nos ouvriers. Il en manque encore un, cependant, qui n’est pas le moins, actif : je veux parler du Carmel. De cette sainte maison s’élève chaque jour un nuage embaumé de ferventes prières qui retombent ensuite sur nos œuvres en une pluie de grâces abondantes et fécondes. Notre Carmel est composé de 32 professes, dont 3 Européennes, 1 Macaïste et 28 Annamites, et de 3 novices et 3 postulantes. Fondé en 1860, sous les auspices de Mgr Lefebvre, il atteignait, l’an dernier, sa 50e année d’existence. Plusieurs professes indigènes arrivaient en même temps à leur Jubilé de vie religieuse. A cette occasion, un Triduum y fut célébré solennellement, au milieu d’une foule sympathique et recueillie de fervents chrétiens. Le Carmel est si universellement connu et vénéré des indigènes, voire même des païens ! Il n’est pas rare de voir ces derniers venir y demander aux Religieuses les secours de leurs prières, et leur apporter, en retour, des présents de toutes sortes. Plaise à Dieu de nous conserver cette précieuse maison, pour soutenir toujours par ses prières le courage des ouvriers du Seigneur et leur assurer la victoire ! »
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