| Année: |
1912 |
| Pays: |
Vietnam |
| Mission: |
Cochinchine Septentrionale |
| Rédacteur: | Mgr Allys |
III. — Cochinchine Septentrionale
Population catholique 58.895
Baptêmes d’adultes 1.987
Baptêmes d’enfants de païens 2.959
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« Presque partout, en Cochinchine Septentrionale, écrit Mgr Allys, les confessions ont augmenté dans de notables proportions, et les communions fréquentes, quotidiennes même, se sont multipliées. L’élan est donné et il ne paraît pas présomptueux de croire que le nombre de ceux qui s’approcheront des sacrements augmentera sans cesse. Les enfants continueront cette salutaire pratique, que les personnes déjà âgées n’acceptent qu’assez difficilement...
« Nous avons inscrit 193.794 confessions au lieu de 159.588, l’année dernière ; et 324.425 communions au lieu de 223.744, pendant l’exercice précédent.
« Les efforts des Confrères pour la conversion des païens n’ont pas été sans résultats : le chiffre des baptêmes de catéchumènes s’est élevé 1.935. Les succès n’ont pas été les mêmes partout : bien que tous aient semé, il n’a été donné qu’à un certain nombre de jouir du bonheur de moissonner.
District de Quang Binh. — « J’ai eu la consolation de constater qu’au point de vue de la ferveur, presque toutes les chrétientés de ce district étaient est progrès ; mais dans la partie Nord, dans celle qui s’étend de Dong Hoi, chef-lieu de la Province, jusqu’au Sông Gianh, rivière qui sépare la Mission de Hué de celle du Tonkin Méridional, le mouvement de conversions est à peine sensible dans les hameaux païens : l’heure fixée par la Providence ne semble pas encore arrivée.
« M. Darbon, qui ne vivait autrefois, dans son poste de Linh Thuy, que pour ses catéchumènes et ses néophytes, souffre de ne pouvoir s’implanter dans les beaux villages qui avoisinent sa chrétienté de Tam Toa. Il ne sera satisfait, et vraiment heureux, que lorsqu’il aura des néophytes à Duc Phô, Thuân Ly, Ly Nhon, etc.
« M. Allo, un de ses plus proches voisins, n’est à Ke Bang que depuis quelques mois : avec l’assistance du Père Luong, il se donne tout entier à la direction de sa fervente paroisse et du couvent indigène qui y est établi.
« La vieille et solide chrétienté de Ke Sen, sous l’énergique impulsion de M. Lavabre, s’est débarrassée de certaines habitudes qu’elle tenait de l’époque où les prêtres étaient peu nombreux : elle s’accoutume à s’approcher des sacrements. Le chiffre des confessions est bien plus élevé que les années précédentes, et certainement il augmentera encore.
« Nous ne citons, qu’en passant, les églises de Ke Hac, administrée par le P. Tuê ; de Cu Lac, Ha-Loi et Bung, administrées par le P. Câm, qui a obtenu huit conversions ; de Bô Khê, administrée par le P. Chuc ; et de Da Mai, administrée par le P. Huân ; et nous arrivons chez M. Henrion, qui a obtenu les plus beaux succès de l’exercice. Aidé de son vicaire, le P. Tuê, il a baptisé 145 catéchumènes dans les deux villages de Thach Xa et de Xuân Hoa. Il a dû pour cela batailler énergiquement. Ses efforts, unis à ceux de M. Darbon, ont obtenu gain de cause. Tout n’est peut-être pas fini ; avant que ces deux chrétientés, surtout celle de Xuân Hoa, soient solidement établies, il faudra que M. Henrion et son vicaire se donnent beaucoup de peines, et luttent contre de nombreuses influences très hostiles aux chrétiens.
« Les néophytes d’An Lac, confiés à M. Laurence et au P. Chiêu, sont constitués en village indépendant, ayant son sceau, son maire et ses rizières. MM. Laurence et Darbon, et le P. Chiêu, pourraient seuls nous dire les peines qu’ils ont endurées et les transes qu’ils ont ressenties, pendant que se décidait, auprès des autorités françaises et annamites, la fondation de cette chrétienté d’où dépend le salut de centaines d’âmes.
« Le P. Vân, titulaire de Mi Huong, a baptisé 30 catéchumènes. M. Darbon est venu à son secours, et a réussi par son intervention à soustraire ces pauvres gens à des vexations suscitées contre eux dans le but de les empêcher de se convertir.
« Enfin, le P. Thoi trouve chez ses chrétiens une docilité qui lui permet de leur infuser un peu plus de vie religieuse.
En somme, conclut Mgr Allys, ma tournée dans le district de Quang Binh, m’a procuré de bien douces jouissances : elle m’a permis de donner 940 confirmations. C’est avec un véritable bonheur que j’ai vu tous les prêtres de ce district rivaliser de zèle pour la sanctification des chrétiens, et s’appliquer à exécuter les ordres et à obéir aux désirs du Saint-Père touchant la fréquentation des sacrements, tant parmi les enfants que parmi les grandes personnes. Puisse cette ferveur augmenter encore. Je souhaite également que le mouvement de conversions qui s’est fait sentir dans la partie Sud du district, s’étende à la partie Nord, et comble les désirs de M. Darbon et de tous ses collaborateurs.
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* *
District de Dât Do. — « Le district de Dât Do, dont M. Chabanon est supérieur, avait inscrit l’an dernier 268 baptêmes de catéchumènes ; cette année, il n’en a fourni que 134. Mais il est permis d’espérer que, dans un avenir prochain, les conversions redeviendront plus nombreuses que jamais.
« A Di Loan, M. Chabanon et son vicaire, le P. Mi, n’ont pas cessé de catéchiser. Grâce à leurs efforts incessants, un très grand nombre d’enfants ont pu s’approcher de la Table de communion ; et j’ai eu le bonheur de confirmer 273 de ces petits amis de Notre-Seigneur.
« Outre les soins donnés à sa paroisse, notre Confrère a dû s’occuper de tout le district, arranger des différends qui ont surgi, et faire passer les examens aux enfants avant la première communion solennelle et la confirmation. Avec cela, il a beaucoup souffert de l’état de gêne permanente où se trouve la chrétienté de Di Loan.
« Autrefois, cette chrétienté possédait des salines dont le revenu procurait à tous les habitants le pain de chaque jour, et à un certain nombre de familles une véritable aisance. Par suite de mesures prises par le Gouvernement, ces salines ont dû être abandonnées. La population s’est trouvée, et se trouve encore, dans une situation qui voisine de très près la misère.
« Non loin de Di Loan est An Ninh, où les chrétiens sont vraiment fervents, assidus à réciter leurs prières du matin et du soir, fidèles à assister aux offices des dimanches et des jours de fête et à s’approcher fréquemment des sacrements. Malheureusement, leur curé, prêtre modèle, est empêché par l’âge et la maladie de se tenir à leur disposition.
« La paroisse d’An Do, administrée par le P. Luân, est aussi excellente, au moins pour la partie qui avoisine l’église. Elle peut figurer parmi les meilleures de la Mission. Mais le P. Luân commence à sentir le poids de ses 73 ans, et son influence se fait difficilement sentir dans les deux annexes d’An Do Dông et Liêm Công.
« Pendant le voyage de M. Izarn en France, son vicaire, le P. Bang, a pris soin des cinq chrétientés qui composent la paroisse d’An Lê. Il n’a laissé languir aucune des œuvres paroissiales dont il était chargé ; et il a entendu 4.696 confessions, chiffre magnifique pour une population de 799 âmes.
« Le P. Cuu, curé de Ba Ngoat, s’est occupé de reconstruire son église. Les travaux ont marché rapidement ; bien que la façade ne soit pas encore complètement terminée et que quelques détails restent encore à achever, les chrétiens peuvent s’y réunir pour réciter leurs prières et assister aux offices. Ba Ngoat s’est toujours distinguée par son bon esprit et sa ferveur.
« A l’opposé de Ba Ngoat, c’est-à-dire à l’autre extrémité du district, se trouve la paroisse de Ha Loi, fondée par M. Barthélemy, il y a une quinzaine d’années. Elle est sous la direction du P. Duong, qui a baptisé 76 catéchumènes.
« Ce chiffre devrait être plus considérable ; mais, l’année dernière, lors de la fondation du poste de Kim Dâu, deux chrétientés furent enlevées au P. Duong et confiées au P. Uy, qui est chargé de la nouvelle église. Nous espérons que la religion sera bientôt florissante, à Kim Dâu ; car le P. Uy est zélé et courageux.
« Van Thiên, dont le titulaire est M. Hilaire, est en progrès au point de vue religieux. Cette localité possède une des plus belles églises et un des plus confortables presbytères de toute la Mission.
« M. Neyer s’efforce, de son côté, de doter An Hoa d’une église convenable et d’un presbytère sain et solide, deux constructions devenues bien nécessaires.
« Ajoutons, en terminant cette revue du district de Dât Do, que les PP. Tân et Sanh ont baptisé 19 catéchumènes et entendu 6.850 confessions à Nam Tây, et que le P. Linh travaille à réaliser à Tân Yên le désir de son prédécesseur, M. H. de Pirey, en dotant cette chrétienté d’une église plus belle et plus grande que celle qui existe actuellement.
District de Dinh Cat. — « Depuis le départ de M. Cadière pour l’Europe, ce district est dirigé par M. Lemasle, qui administre aussi la paroisse de Cô Vuu, et, durant l’absence de M. Bonin, celle de Da Han. Le travail donné par ces deux chrétientés est considérable : Cô Vuu, outre un nombreux couvent de Religieuses indigènes, possède trois annexes, dont deux sont relativement éloignées. L’une d’elles, Lavang, est un lieu de pèlerinage très fréquenté. L’autre, de fondation récente, doit son existence à S. Exc. Nguyên Huu Bai, ministre des Travaux publics de l’Annam. Ce bon catholique a pris une concession dans un endroit actuellement appelé Phuc Môn, où il a établi 30 à 40 familles chrétiennes.
« A cause des avantages accordés à ces familles et de la facilité qu’elles ont de gagner leur vie, il paraît probable que la population de Phuc Môn s’accroîtra et formera un excellent centre chrétien.
« M. Ant. Maillebuau annonce le beau chiffre de 106 baptêmes d’adultes. Un mouvement de conversions se dessine dans le village d’An Tho, tout près de la résidence de notre Confrère. Nous avons pu y acheter un terrain, afin de construire une chapelle provisoire. Mais il est probable que la fondation de cette chrétienté sera des plus laborieuses.
« Cây Da a souffert des agissements de deux individus, venus, l’un de Saïgon, l’autre de Hué, pour embaucher un certain nombre d’habitants, ou plutôt de familles, et les emmener dans les plantations de la Cochinchine, où plusieurs malheureux sont déjà morts, emportés par la fièvre des bois.
« Beaucoup de pauvres gens se sont laissé tromper dans d’autres chrétientés, et c’est par centaines qu’ils sont partis, après avoir signé un engagement de trois ans, dont la plupart, d’après des lettres envoyées de Saïgon, ne verront certainement pas la fin. Les renseignements venus de ces plantations ont fait connaître la triste situation des émigrés, et suffiront, sans aucun doute, à arrêter ce désastreux exode.
« M. Lefèvre, qui habite Thanh Huông depuis bientôt un an, a dû, à plusieurs reprises, payer son tribut à l’insalubrité du climat. Sa santé se soutient, et il est permis d’espérer qu’il pourra travailler avec fruit dans cette portion du champ du Père de famille. Il a d’ailleurs un excellent assistant.
« Le P. Ky, curé de Nhut Tây, a été, aussi, éprouvé par la maladie qu’il a réussi à dompter. Il travaille à achever l’église commencée autrefois par M. Boillot.
« Le P. Chinh, dont la résidence est à Hôi Yen, en pays très sain, échappe facilement aux étreintes de la fièvre qui atteint ses chrétiens. Outre de nombreuses confessions, il enregistre 33 baptêmes de catéchumènes.
« A Ngô Xa, nous trouvons le P. San, qui administre 17 chrétientés ; il travaille à la construction d’une belle église, dont les matériaux ont été préparés en partie par le P. Canh, son prédécesseur.
« Pendant le séjour de M. Max. de Pirey en France, le P. Am, appuyé par M. H. de Pirey, s’est occupé avec soin de la nouvelle station de Linh Yên, qui semble appelée à devenir le centre d’une paroisse, comprenant quelques villages administrés par M. Delvaux et quelques autres de la paroisse de Ngô Xa. M. Max. de Pirey a repris la direction d’An Lông ; il se prépare à reconstruire son presbytère, œuvre très utile et bien méritoire.
« La chrétienté de Bô Liêu, très éprouvée par les massacres de 1885, s’est relevée peu à peu : aujourd’hui, elle semble plus florissante que jamais. Elle possède une belle église, commencée par M. Bonnand et terminée par M. Hilaire. M. H. de Pirey vient d’y construire un presbytère, aussi commode que solide et élégant.
« M. Delvaux désire aussi reconstruire, ou au moins réparer, son presbytère de Nhu Ly. Mais le souci de l’administration de ses nombreuses chrétientés, et les dépenses qu’il a dû faire pour achever les églises et les chapelles commencées par M. Guichard, ne lui laissent ni le loisir ni les moyens de penser à son logement. Ce cher Confrère et son vicaire, le P. Khiêt, déploient un zèle admirable pour porter les secours de la religion aux fidèles de leur district.
« Le P. Sy porte allègrement ses 76 ans. Il ne cesse d’exhorter ses paroissiens à fréquenter les sacrements, et ses avis portent de nombreux fruits de salut. Il a fait reconstruire la chapelle élevée près de la tombe où reposent les restes des milliers de chrétiens massacrés en 1885 en haine de la religion. Il a terminé l’église de Dai Lôc, dont on aperçoit, de loin, dominant les bambous, la flèche qui s’élève sur la façade. Son rêve est d’achever aussi l’église de Duong Lôc.
« Au-dessus de la ville de Quang Tri, sur la rivière de Da Han, se trouve la paroisse d’An Dôn, dont deux annexes, Trinh Thach et Na Nâm, situées au pied de la montagne, dans une plaine fertile, mais particulièrement malsaine, sont d’un accès très difficile. Le P. Quyên, qui en a été nouvellement chargé, n’a guère eu que le temps de faire connaissance avec ses ouailles. Puisse-t-il faire naître un mouvement de conversions dans ces parages où les chrétiens sont vraiment trop clairsemés.
Districts de Bên Bô et de Bên Thuy. — « La Province de Hué a encore fourni, cette année, le plus grand nombre de baptêmes de catéchumènes, 1.261 sur un total de 1.935.
Le district de Bên Bô a donné la moyenne de communions la plus élevée ; elle est de 10 par personne en âge de raison. Ce résultat est fort consolant, si on considère que près de la moitié de la population est composée de néophytes, et que tous sont obligés de gagner leur pain à la sueur de leur front.
« Quoique M. Chapuis, titulaire de Thach Binh, ait été obligé par la maladie de s’absenter pendant quelque temps, le chiffre des confessions est considérablement plus fort que celui de l’année dernière. Le nombre des catéchumènes baptisés l’emporte également sur celui de l’exercice précédent. M. Chapuis est assisté par le P. Duc, et l’administration de leurs 1.200 à 1.300 chrétiens dispersés dans 28 villages est une assez lourde charge.
« Le P. Lu s’est imposé de grandes fatigues qui ont affaibli sa santé, et il est à craindre qu’il ne puisse porter longtemps le fardeau que mettent sur ses épaules le soin de 16 chrétientés et 67 ans d’âge, dont 28 passés dans des postes difficiles.
« Le P. Du a obtenu 96 baptêmes de catéchumènes. Il a complété l’instruction de ses néophytes et s’est efforcé de les former à la vie chrétienne, faisant ainsi une œuvre aussi nécessaire et aussi méritoire que celle de la conversion des païens. Une de ses églises qu’il venait de finir, a été complètement détruite par un incendie ; il a dû s’ingénier pour en construire une nouvelle.
« Dans presque toutes les autres paroisses du district, il y a eu quelques baptêmes d’adultes. M. Guillot, entre autres, en a administré 28. Mais c’est surtout par la fréquentation des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie que les paroisses de ce district se sont distinguées. Signalons particulièrement les districts de M. Bonnand, Laffitte et Chaiget, et celui du P. Doan.
« Dans le district de Bên Thuy, le chiffre des baptêmes de païens s’est élevé à 1.014 ; le nombre des confessions a passé de 40.005 à 50.475 ; le chiffre des communions a suivi la même progression.
« M. Stœffler, supérieur de ce district, a baptisé 134 catéchumènes. Si quelques difficultés, actuellement pendantes devant les autorités provinciales, sont réglées à l’avantage de nos néophytes, comme nous sommes en droit de l’espérer, le mouvement de conversions ne manquera pas de s’accentuer. Malheureusement, M. Stœffler et son vicaire, le P. Hôi, sont très occupés avec les 2.404 paroissiens de Phu Cam.
« C’est aussi le cas de MM. Maillebuau et de son assistant, le P. Trang, qui, après avoir baptisé 145 païens, peuvent à peine arriver à instruire ceux qui demandent à se convertir, et former à la vie chrétienne ceux qu’ils ont régénérés.
« M. Etchebarne, récemment installé à Diêm Tu, qui ne comprend aussi que des néophytes, s’est employé, après avoir fait connaissance avec ses ouailles, à achever une église, à en construire deux nouvelles et surtout à visiter ses paroissiens.
« Le P. Hiên, titulaire de Su Lô, a baptisé 103 catéchumènes et achevé la belle église de Van Giang.
« M. Denis, qui est resté seul pour administrer la grande paroisse de Nuoc Man, n’a épargné ni fatigues, ni démarches, pour développer la ferveur de ses chrétiens : il est juste de reconnaître que ses efforts ont obtenu de bons résultats. Il a inscrit 60 baptêmes d’adultes.
« M. Morineau présente une fort belle gerbe de 120 baptêmes. Il a ramené dans le droit chemin plusieurs enfants prodigues qui avaient trop oublié les obligations de leur baptême. Il a réparé ou construit plusieurs églises ; de sorte que le district de Lai An occupe, sous le rapport des chapelles élevées à la gloire de Dieu, un rang privilégié.
« M. Godet, dont les deux chrétientés de Tiên Nôn et Câu Kho sont pour ainsi dire perdues au milieu des païens, a eu la joie de baptiser 118 catéchumènes.
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« Nos Séminaires, conclut Mgr Allys, nous fournissent chaque année un modeste contingent. Mais suffira-t-il toujours à combler les vides faits par la maladie ou la mort ?
« Nous nous réjouissons de la prospérité de nos écoles tenues par les Frères et les Sœurs. Les élèves de l’Ecole Pellerin sont de plus en plus nombreux ; il devient difficile de loger les pensionnaires qui se présentent de tous côtés. L’école annexe de Gia Hôi fonctionne à l’entière satisfaction de ses maîtres dévoués, qui vont désormais avoir le bâtiment qu’ils occupent à leur entière disposition : ils pourront l’améliorer et se mettre en état d’augmenter le nombre de leurs élèves.
« L’œuvre de la Sainte-Enfance, essentiellement bonne, préservatrice et — disons-le aussi, contre nos ennemis — humanitaire, sauve chaque année la vie à des centaines de petits enfants. Ils grandissent nombreux dans nos diverses paroisses et nous ne comptons plus aujourd’hui dans la Mission les familles où le père ou la mère, souvent l’un et l’autre, sont des orphelins sauvés par la Sainte-Enfance.
« En dehors de ces familles, disséminées un peu partout, nous possédons un village, Thanh Tan, exclusivement habité par des familles sorties de nos orphelinats. Ce village a une existence légale ; il a son maire et ses inscrits ; il supporte les corvées et paie les impôts, personnels et fonciers. Si rien ne vient mettre obstacle à son développement, il comptera bientôt parmi les beaux villages de la région. M. Chaiget préside à sa formation et dirige l’orphelinat établi sur son territoire. »
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