Présentation Recherche Photothèque Liens Informations Formulaire de contacts Plan du site
 
Rapport annuel des évêques

Année: 1912
Pays: Vietnam
Mission: Tonkin Méridional
Rédacteur:Mgr Belleville

II. — Tonkin Méridional

Population catholique 142.404
Baptêmes d’adultes 660
Baptêmes d’enfants de païens 2.711
____


M. Abgrall, supérieur de la Mission du Tonkin Méridional, nous a envoyé la lettre suivante.
« Le 7 juillet, mourait à Xa Doai, sa résidence, notre vénéré vicaire apostolique, Mgr Belleville, au moment où lui arrivaient, de ses missionnaines et de ses prêtres indigènes les renseignements qui devaient servir de base au compte rendu annuel. C’eût été pour lui une jouissance profonde d’en prendre connaissance et de rédiger ce rapport. Le faisant à sa place, je désire le faire dans le même esprit que lui. Mais qu’il suffise de noter brièvement les résultats heureux obtenus pendant son année d’épiscopat, qui se confond, à peu de choses près, avec le présent exercice.
« Parmi les œuvres qu’affectionnait Mgr Belleville, il faut mettre en premier lieu son Grand Séminaire, où il avait passé la plus grande partie de sa vie de missionnaire, comme professeur, puis comme supérieur. Aussi, quand il dut quitter cet établissement, il y laissa son cœur. Rien, cependant, de plus pauvre que ce Grand Séminaire, qui « n’a de grand que le nom », aimait à dire un ancien supérieur de la maison : quelques misérables constructions en bois, des paillotes, et c’est tout.
« Devenu chef de la Mission, Mgr Belleville n’eut rien de plus à cœur que de pourvoir cet établissement de bâtiments plus convenables et plus dignes de leur destination. « C’est la première de nos sollicitudes », écrit-il dans le compte rendu de 1911. Par une circulaire du 1er octobre dernier, il fit appel à tous les chrétiens du Vicariat, qui répondirent à sa voix de toute leur bonne volonté. Mais le total de leurs offrandes est loin de suffire pour la construction ; car tout est à faire : chapelle, classes, maison des directeurs, habitations pour au moins soixante séminaristes, etc. Pour suppléer à l’indigence de ses chrétiens, notre Vicaire apostolique comptait sur la France, vers laquelle on se tourne, comme d’instinct, quand on est dans le besoin. Une de ses dernières paroles, quelques instants avant d’entrer en agonie, fut pour son œuvre de prédilection.

*
* *

« Sacré le 4 juin 1911, Mgr Belleville entreprit presque aussitôt la visite pastorale de sa vaste Mission : 29 paroisses sur 67 eurent l’honneur de le recevoir. Quelques notes brèves, rédigées au jour le jour, résument les impressions de cette tournée apostolique. Partout, c’est le même empressement des fidèles accourant au-devant de leur Pasteur ; partout, les confessionnaux sont pour ainsi dire assiégés ; partout les retardataires profitent de l’occasion, pour se mettre en règle avec leur conscience ; partout aussi, le cœur de l’Evêque déborde de joie au milieu des plus grandes fatigues. Un carnet spécial note les confirmations données dans chaque localité. Le chiffre total : 5.689 confirmations, n’est pas sans éloquence.
« Une des plus grandes joies de Mgr Belleville, dans ses visites pastorales, fut de constater un progrès réel en ce qui concerne la fréquentation des sacrements. Non pas que beaucoup de nos chrétiens pratiquent la communion fréquente ; ils sont trop absorbés par les exigences de la vie matérielle, et, pour la plupart, trop éloignés de l’église paroissiale. Mais de toutes les chrétientés de la vaste plaine cultivée, monte un plus fort parfum Eucharistique. Non seulement tous les fidèles, peut-on dire, se confessent et communient aux deux administrations annuelles, pour lesquelles le prêtre doit se rendre dans les diverses stations de son ressort et y passer huit ou quinze jours ou davantage, suivant l’importance et les besoins de chacune, mais encore, les dimanches et jours de fête, il y a dans chaque paroisse un nombre croissant de communions de dévotion. L’exercice actuel accuse un excédent de cent mille communions sur le précédent.
« Mgr Belleville avait pris pour devise : Sinite parvulos venire ad me. Ce choix paraît avoir été inspiré par le Décret Quam singulari. La devise n’est pas restée vaine. En ce qui concerne la communion des enfants, le progrès déjà commencé s’est accentué de plus en plus. Ce n’est pas d’aujourd’hui ni d’hier qu’on a commencé à aimer et à cultiver les âmes de ces chers enfants ; mais pour diverses considérations, et aussi à cause de la difficulté de les préparer, les pasteurs avaient été amenés à différer, un peu trop peut-être, la première communion. Depuis le Décret de Pie X, chacun s’efforce de se conformer à son esprit. Il reste cependant un point noir : comment former suffisamment ces pauvres enfants avant la première communion ? Et comment les instruire solidement après la première communion, dans un pays où, par suite de l’éparpillement des chrétientés, on les a si rarement sous la main ? C’est une grave question, à laquelle il faut trouver une solution. Mgr Belleville la voyait dans la création d’écoles paroissiales. Beaucoup de Missionnaires pensent de même ; mais ce n’est pas l’œuvre d’un jour. Que Dieu donne à notre nouveau vicaire apostolique les moyens de l’entreprendre et mener à bonne fin. Alors, nous verrons mieux encore combien le Décret sur la première communion, appliqué avec la prudence et la délicatesse que demandent le contact des âmes et la dispensation de l’Eucharistie, mérite le nom qu’on se plaît à lui donner de « décret sauveur ».
« Peut-être, dans le choix de sa devise : Laissez venir à moi les petits enfants, Mgr Belleville avait-il été guidé aussi par l’intérêt spécial qu’il a toujours porté à l’Œuvre de la Sainte-Enfance. Simple missionnaire, son attention se portait déjà d’une façon particulière de ce côté. Devenu évêque, il pensa aussitôt à l’organiser sur des bases nouvelles. Il l’annonçait dans le compte rendu de l’Œuvre de l’Exercice 1910-1911. A la retraite des prêtres indigènes, en janvier 1912, il active vivement sur ce point le zèle de ses prêtres, et, peu après, une circulaire faisait des recommandations plus instantes encore aux Missionnaires. Une circulaire plus détaillée était l’objet des études du Prélat. Il est bien regrettable qu’elle n’ait pas pu paraître, car si tout le monde comprend l’importance de l’œuvre, tout le monde aussi cherche encore le moyen de l’organiser plus solidement et d’une façon plus profitable, avec un personnel de baptiseurs et baptiseuses plus nombreux, plus zélés, plus désintéressés, plus sincères, et soumis a un contrôle sérieux, auquel l’Annamite n’échappe jamais sans danger. Quoique notre regretté Vicaire apostolique n’ait pas eu le temps de faire pour la Sainte-Enfance ce qu’il se proposait, déjà ses exhortations ont obtenu un heureux succès, et nous avons, cette année, un chiffre plus fort de baptêmes d’enfants de païens que pendant l’exercice précédent.

« L’évangélisation des païens a donné un résultat un peu inférieur à celui de l’an dernier : 660 baptêmes, au lieu de 697 du compte précédent. Ce ne sont plus les grands mouvements de conversion que nous avons connus jadis. Mais, comme on le faisait remarquer dans un des précédents comptes rendus, peut-être est-ce un fait providentiel, pour que nous puissions donner plus de soins aux vastes champs déjà mis en culture, avant d’attaquer de nouveau les grands espaces en friche.
« L’an dernier, Mgr Belleville se réjouissait de la construction de deux nouvelles églises. Cette année, sans parler des chapelles de chrétientés, il a eu la joie de voir s’élever trois églises dans des chefs-lieux de paroisse ou de district. Il nous reste néanmoins beaucoup à faire encore sous ce rapport. Que de ressources il nous faudrait, pour avoir, dans tous les chefs-lieux de paroisse, des églises convenables afin de conserver le Saint-Sacrement ! A peine le tiers de nos paroisses a ce bonheur et cette grâce précieuse.
« Je ne puis passer sous silence une des grandes joies du défunt Prélat : l’ordination de 11 nouveaux prêtres ; ce qui lui a permis de donner des vicaires à un grand nombre de curés qui, jusqu’ici, administraient seuls des paroisses de 2.500 et même de 3.000 âmes. Bientôt, une autre ordination de 9 prêtres allait renouveler sa joie. Ces chers prêtres Annamites ! leur préparation est le but principal de notre Société ; elle assurera l’avenir de notre Mission. Que Dieu rende prospère l’établissement où se forment ces prêtres issus du sol, le plus solide espoir de la régénération de leur pays. »


~~~~~~~


<< Retour page précédente



© Mepasie (missions étrangères de Paris en Asie) - Toutes les archives disponibles dans 15 pays : Birmanie, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, France, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Vietnam