| Année: |
1915 |
| Pays: |
Vietnam |
| Mission: |
Cochinchine Occidentale |
| Rédacteur: | Mgr Delignon |
II. — Cochinchine Occidentale
Population catholique 72.462
Baptêmes d’adultes 1.132
Baptêmes d’enfants de païens 4.548
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« Au cours du dernier exercice, écrit M. Delignon, Provicaire apostolique, la mort nous a enlevé quatre confrères : deux missionnaires, MM. Verney et Bourgeois, et deux prêtres indigènes, les PP. Joseph Du et François Vang. Celui-ci est mort poitrinaire à 42 ans ; celui-là, ancien élève du collège de Pinang, avait 78 ans. Longtemps chargé de Tan Trieu, il était, en dernier lieu, curé de Chi Hoa et directeur de la maison de retraite des prêtres indigènes.
« Deux missionnaires ont dû abandonner le saint ministère. M. Montmayeur, provicaire et curé de Thu Thiem, s’est retiré au séminaire, après plus d’un demi-siècle d’apostolat ; M. Poinat prend son repos à Thu Dau Mot, où il a travaillé pendant près de 40 ans. M. Joseph Villeneuve, autrefois son vicaire, est aujourd’hui son bâton de vieillesse.
« La maladie a éprouvé aussi plusieurs de nos confrères, MM. Martin, Laurent et Renier ont dû passer quelques semaines à la clinique du Dr Angier. Ils en sont sortis guéris, mais non robustes : à leur âge et en Cochinchine, on ne recouvre pas entièrement la santé, quand on l’a une fois perdue. Espérons qu’il en sera autrement pour Mgr Quinton. Sa Grandeur, atteinte d’un paludisme rebelle à la médication ordinaire, a dû quitter la mission, le 7 septembre dernier, pour aller changer d’air à Shangai. Grâce à Dieu, le vénéré coadjuteur n’a pas eu de fièvre depuis son arrivée à la procure, et il reprend chaque jour de nouvelles forces.
« Enfin, six missionnaires ont été mobilisés. Deux d’entre eux, MM. Boxberger et Ferrières, ont été envoyés en France : le premier, lieutenant de réserve, est aux Dardanelles ; le second est infirmier à Paris. MM. Lefebvre, Barré et Brugidou, professeurs au séminaire, sont infirmiers à l’hôpital de Saigon, où ils passent le jour et, souvent aussi, la nuit. Inutile d’ajouter qu’ils ne peuvent pas faire leurs cours. Seul, M. Ferré, qui a plus de loisir, peut faire du ministère à la cathédrale.
« Heureusement pour nous, la bonne Providence a comblé les vides creusés par la mort, la maladie et la mobilisation. Elle nous a rendu M. Villeneuve, et Elle nous avait préparé une réserve de séminaristes, que Mgr Quinton a utilisée en temps opportun. Depuis le mois de septembre 1914, Sa Grandeur a ordonné 8 nouveaux prêtres, ce qui porte le nombre de nos collaborateurs indigènes à 88. Que Dieu soit béni !
« Je ne commenterai pas le tableau des résultats obtenus ; permettez-moi cependant de dire que, si le nombre de nos baptêmes d’adultes n’est pas considérable, le temps des conversions au christianisme n’est point encore tout à fait clos. Au mois de décembre 1914, 72 adultes ont été baptisés dans une chrétienté fondée en 1912 par le titulaire du district de Cai Mong. Chose curieuce à noter, le premier catéchumène de l’endroit n’a pas été jugé digne du baptême « Le « bon Dieu, dit M. Dumortier, s’est servi de lui pour nous permettre de nous établir au marché « de Giong Kec ; sa conduite aurait plutôt été un obstacle à la propagation de la religion, sans « la sagesse et le zèle des religieuses annamites, chargées de l’instruction des catéchumènes. »
« Si les païens se convertissent encore, les chrétiens, de leur côté, s’améliorent. Les confessions annuelles se sont accrues de 1.400, et les communions de dévotion, de 54.000.
« Je termine en remerciant le bon Dieu de nous avoir épargné les horreurs de la guerre. Depuis 15 mois, le pays jouit du calme ordinaire et tout porte à croire qu’il en sera ainsi jusqu’à la fin du fléau qui ravage l’Europe. »
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