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Rapport annuel des évêques

Année: 1916
Pays: Vietnam
Mission: Cochinchine Occidentale
Rédacteur:Mgr Mossard

II. — Cochinchine Occidentale

Population catholique 73.635
Baptêmes d’adultes 925
Baptêmes d’enfants de païens 4.286
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« Depuis près de deux ans, écrit Mgr Mossard, notre vie n’est plus la vie normale ; c’est une sorte de vie provisoire, en attendant qu’il nous soit possible de réorganiser ce que la guerre a bouleversé. Cette vie « en attendant » n’est guère favorable au progrès de l’évangélisation. C’est là, je pense, la cause principale du fléchissement de certains chiffres de notre compte rendu de cette année.
« Le nombre des baptêmes d’adultes est inférieur d’une centaine à celui de l’an dernier. Bien que, dans les troubles du commencement de l’année 1916, rien de bien sérieux n’ait été fait par les païens contre les chrétiens, ces troubles ont cependant occasionné un certain malaise, et des hésitations chez quelques catéchumènes. D’autre part plusieurs prêtres, chargés de l’instruction des nouveaux convertis, ont jugé plus prudent de différer le baptême de quelques-uns.
« Le chiffre des baptêmes d’enfants de païens a un peu diminué également. Par contre, nos écoles se maintiennent ; il y a même une certaine augmentation du nombre des élèves.
« Plus encore que les années précédentes, la mort a fait des vides parmi nous : deux de nos confrères mobilisés sont tombés au champ d’honneur : M. Bozec, caporal brancardier, après avoir été cité deux fois à l’Ordre du jour, a été tué par un éclat d’obus, le 27 février 1916, dans la région de Verdun. M. Boxberger, lieutenant au 61e bataillon de tirailleurs sénégalais, a été tué le 9 juillet dernier, à l’attaque de La Maisonnette, près de Péronne.
« Deux autres confrères nous ont été enlevés par la maladie et sont allés près de Dieu recevoir la récompense de leur existence entièrement consacrée aux travaux apostoliques.
« Au mois de décembre 1915, M. Dumas, qui a passé toute sa vie au séminaire de la mission, alla se reposer quelque temps à Phanthiet ; il y fut subitement pris d’un mal d’entrailles très grave, qui l’emporta en quelques jours. M. Martin, qui semblait devoir vivre longtemps encore, nous a été enlevé également par une maladie imprévue, qui n’a duré que trois ou quatre jours.
« Les confrères mobilisés à Saïgon rendaient des services aux chrétientés et aux établissements religieux de la ville et des environs ; l’un d’eux remplissait les fonctions d’aumônier à l’hôpital militaire, où il était infirmier ; tous ces confrères ont été appelés en France, comme interprètes des troupes annamites. M. Lefebvre, qui est en sursis d’appel, nous est seul resté ; pour combien de temps ? nous n’en savons rien. Que Dieu donne à la France la victoire le plus tôt possible, et rende aux missions leurs ouvriers.
« La maladie ne nous a pas épargnés. Dès les premiers mois de l’année scolaire, M. Delignon, provicaire et supérieur du séminaire, commença à souffrir ;en quelques semaines sa maladie s’aggrava et son départ pour la Françe fut jugé nécessaire. Il s’est embarqué au mois de mai avec M. Nicolas, atteint d’une grave maladie de foie.
« Malgré les vides causés par la mort, la mobilisation et la maladie, nous ayons pu, mais non sans peine, maintenir les œuvres existantes dans notre mission.
« Le séminaire compte actuellement 146 élèves ; malheureusement, la plupart de ces élèves sont encore dans les basses classes, et le grand séminaire n’a que 9 élèves en philosophie et 12 en théologie ; c’est bien peu, eu égard aux besoins actuels de la mission.
« L’œuvre des catéchistes, s’est augmentée, cette année, de 9 nouveaux ouvriers, ce qui porte à 21 le nombre total des catéchistes en fonction. L’école de Cainhum compte encore élèves catéchistes ; ces chiffres nous donnent lieu d’espérer que d’ici quelques années, cette œuvre sera en mesure de nous fournir le nombre suffisant de catéchistes pour les besoins de l’évangélisation.
« L’œuvre des écoles paroissiales a dans notre mission une très grande importance, parce que l’éducation chrétienne que les enfants y reçoivent, remplace, autant que possible, l’éducation familiale, qui n’existe pour ainsi dire pas dans bon nombre de familles pauvres. Nous avons 158 écoles, avec 83 instituteurs et 233 religieuses institutrices. Le uomhre des élèves est passé, cette année, de 9.550 à 9.900 L’école paroissiale des Frères à Mytho s’est enrichie d’un petit pensionnat, pouvant recevoir environ 80 élèves. Il serait à désirer que tous les grands centres chrétiens du vicariat fussent pourvus d’une école et d’un pensionnat de ce genre ; les parents aisés pourraient y faire donner à leurs enfants une instruction plus complète, et ne seraient plus obligés de les envoyer étudier à Saïgon, où les jeunes gens rencontrent mille occasions de se perdre. L’école Taberd compte 760 élèves, dont 446 enfants catholiques. Enfin les Sœurs de Saint-Paul de Chartres ont dans leur pensionnat, à la Sainte-Enfance, 180 jeunes filles.
« Que Dieu daigne bénir les efforts des maîtres et maîtresses chargés de donner à ces enfants l’éducation chrétienne ! Qu’Il daigne bénir les enfants et faire qu’ils deviennent de bons et fervents catholiques. »


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